En attendant le chapitre 6 de MdK, un petit texte qui commence à dater...



Puisque pour ainsi dire le fleuve passe

S'étendant en de longs méandres vers l'infini

Du moins croit-on, mais de fait

A peine l'horizon franchi il s'arrête.

*

Brumes et chimères, peut-être n'est-il qu'illusion

Ce fleuve dans lequel se noie un papillon

Ces ailes humides ne peuvent plus voler

Tout juste peut-il encore par la pensée s'élever.

*

Il rêve de temps anciens

Temps où dans son cocon, tout n'était que beauté

Temps qui n'a peut-être jamais existé

Et sur la rive, une fleur passe.

*

Ses pétales rouges sont des espoirs

Sur lesquels le papillon aimerait se poser

Mais trop éloigné, il n'a que des regrets pour crier

Sa rage, sa haine et sa frustration.

*

Et sur le courant que rien n'arrête

En un instant il l'a oubliée

Du moins le croit-on car sa voix est inaudible

Perdue dans le hurlement du vent

Qui balaie plaines, champs et forêts.

*

Les flots s'accélèrent.

Les vagues se font plus hautes

Et alors que la tempête se prépare

Le papillon ferme les yeux.

*

Dérivant sur une herbe coupée

Trempé, oublié et abandonné.

*

L'horizon se rapproche de lui

Tandis que du ciel gris et encombré

De son œil perçant l'épervier voit

Mon pauvre papillon pleurer.