Cette histoire appartient en totalité à Nouradila. Je connais cette histoire depuis ses tout début et après une réponse positive de son auteur ( à savoir que j'avais le droit de vous la faire découvrir ) je vous la livre.^^

Il y a 19 chapitres jusqu'à maintenant mais Nouradila écrit présentement la suite. Je postes les chapitres déjà en ligne ailleurs et Nouradila va ajouter les autres.

J'espères que vous aurez autant de plaisir à suivre les aventures de Joanna que moi.^^


Chapitre 1

Introduction


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La chaise a volé à travers la pièce et s'est ecrasée dans un fracas de bois et d'acier contre le tableau.

Un pot de craies a fendu les airs, comme au ralenti, puis a explosé dans un nuage de poussière blanche. Des larmes chaudes finissaient leur route sur mes joues rendues rouges par l'émotion. J'ai retiré mes lunettes, il y avait des gouttes de larmes dessus. J'aime pas quand il y a des gouttes sur mes verres de lunettes, ça me fait loucher. Le souffle court, Daniel me tournait le dos, les deux mains sur le bureau. Je voyais son dos qui se soulevait et s'affaissait en un rythme saccadé. Je l'ai vu essuyer violemment ses yeux de sa main droite. J'ai remis mes lunettes, baissé les yeux. J'aurais peut-être du me taire. Mais en même temps, c'est lui qui a insisté pour savoir ce qui se passait, sans quoi j'aurais bien volontiers gardé mon secret jusque dans la tombe. Mais il avait voulu savoir, et moi je ne pouvais rien lui refuser. Résultat, du beau mobilier de l'Education Nationale bousillé. Je gardais les yeux fixés sur mes vieilles basquets, attendant qu'il fasse le premier pas. Je ne l'avais jamais vu énervé comme ça. Je n'avais jamais vu personne énervé comme ça. J'ai écarté mes doigts, regardé mes mains, comme chaque fois que je n'en reviens pas de ce qui m'arrive. Comment les secondes de ma vie avaient-elles pu s'enchaîner de façon à me mener à ce moment précis? Etais-je destinée depuis ma naissance à me retrouver dans cette salle de classe avec Daniel, à lui avouer mon secret le plus intime, et à le regarder perdre son sang-froid?

Mais me poser ces questions là ne me sert à rien, sinon à chercher des réponses à des questions qui n'en n'ont pas besoin. La philosophie, ça me donne le mal de mer.

Un an plus tôt, septembre 2007.

Comment reconnaître les filles bien dans leur peau?

Facile. Je connais un moyen infaillible.

Postez-vous aux toilettes et observez. Les filles bien dans leur peau mettent dix minutes à faire pipi, puis elles sortent, fraiches, rapides, pleines d'assurance, leurs cheveux tombant souplement dans le dos. Elles se postent devant le miroir, se lavent très vite les mains puis se recoiffent longtemps. Ou devrais-je dire, se re-décoiffent.
Les filles bien dans leur peau se passent la main dans les cheveux pour les décoiffer. Coincer une mèche derrière l'oreille, ça, elles connaissent pas... non, elles, elles les envoient vers l'arrière du crane, en passant la main dedans, et donnent des coups de tête dans le vide de temps en temps pour les empêcher de retomber. Chaque fois qu'elles bougent leur tête, les cheveux virevoltent gaiement, pleins de santé. Et surtout, détail important, lorsque l'on se redécoiffe il faut bien faire attention à ce que notre coude soit au dessus de notre visage. Sinon, ça le fait pas.
Les filles bien dans leur peau peuvent draguer un garçon sans que celui-ci ne s'en rende compte.
Quand une fille se recoiffe devant un garçon, c'est qu'elle le drague en essayant de lui faire voir à quel point elle est féminine. Ça s'accessoirise souvent d'une voix douce, un peu ronronnante, et d'une légère inclination de la tête. Le garçon, être primaire et naif, n'y voit que du feu.
Mais ce que je préfère, c'est la parade nuptiale des garçons et des filles qui font semblant d'être bien dans leur peau. Drôlissime. La fille, d'humeur à rigoler (comme toujours dès qu'un garçon plus grand qu'elle est dans le coin), pousse le garçon, qui, mains dans les poches (les garçons ne savent pas où mettre leurs mains, mais heureusement les baggys existent avec des poches), rit bouche fermée. Puis, d'un coup, il lui saisit les poignets et la force à reculer. Que de joie, que d'extase pour la fille qui a obtenu ce qu'elle voulait! Le garçon est en train de lui montrer sa force virile, ce qui prouve qu'il veut l'impressionner, ce qui prouve qu'il n'est pas insensible à son charme. La fille rit à gorge déployée, les cheveux devant les yeux, puis lorsque le garçon la lache elle reprend son souffle le plus fort possible et remet ses cheveux en arrière dans une pale imitation de la fille vraiment bien dans sa peau.

Les filles timides et sans beaucoup d'assurance se comportent d'une façon totalement différente. Elles ne mettent que deux minutes à faire pipi, sortent vite, se lavent les mains, jettent un vif coup d'œil à leur reflet, s'aplatissent les cheveux à la vitesse de la lumière puis s'en vont. Ces filles là ne draguent pas. Si (par malheur) un mâle convoité se trouve dans les parages, elles deviennent muettes, rougissent, et s'aplatissent les cheveux.

En résumé, la différence entre une fille bien dans sa peau et une fille qui ne l'est pas, c'est que la première se décoiffe alors que la seconde se recoiffe.

Je m'appelle Joanna Deschamps, j'ai 17 ans et je m'aplatis les cheveux.