Children of Hope

Partie 1

TREIZE

« Ils sont fiers d'eux ces adultes en blouse blanche immaculée, me traînant de salle d'examen en salle de test. Moi…Moi, je suis fatigué »

Tiré par l'adulte qui ignorait tout de ce qu'il pensait, l'adolescent se laissait emporter d'un endroit à un autre. Ce garçon maigre à l'air chétif ne prêtait pas attention à ce qui l'entourait ni à ce que l'on disait de lui. D'ailleurs ce n'était jamais à lui que les adultes s'adressaient. Ils parlaient juste de lui comme d'un nouveau jouet. Une voix lui ordonna de s'asseoir sans bouger sur une table d'examen. Il obéît.

« Je sais qu'il faut être patient, que la précipitation n'engendre que le chaos. Je ne suis pas assez fort pour fuir cette prison et j'ai beaucoup à y découvrir »

Il leva les yeux. Un miroir au plafond lui renvoya son reflet : l'image d'un adolescent brun aux cheveux fous et désordonnés, au regard vert transparent aussi froid et inexpressif qu'un masque de jade. Ses vêtements cachaient mal sa dénutrition et les privations dues à sa situation d'avant.

« Oui…Il est trop tôt pour repartir. Je ne survivrais pas. Ici, même si c'est une prison, je peux apprendre ce qui est nécessaire à la survie »

Un adulte vêtu de blanc, revenait avec un tas de vêtement bleu foncé qu'il lui ordonna d'enfiler. Une fois fait, un autre le rejoignit avec sur un plateau des instruments étranges.

Le premier adulte lui commanda de s'allonger et le maintint alors que l'autre s'affairait autour de sa hanche droite. Il n'avait pas peur de la douleur physique, ni des hommes en blanc, ni de ce qu'ils pouvaient lui faire.

« Ils tâtonnent. Ils ignorent ce qu'ils font. Ils ne maîtrisent rien et ils feront sûrement des erreurs. Je suis leur jouet mais je ne serais ni une erreur ni un succès. Je serais libre !! »

Epuisé, malgré sa résistance hors norme, le garçon ferma les yeux et sombra dans un monde sans rêve, coupé de l'extérieur où se décidait son avenir.

Un homme d'une quarantaine d'année, à l'air sévère et froid entra dans la salle d'examen et salua les deux infirmiers d'un simple hochement de tête.

« Ah ! Professeur Miguel, le nouveau vient d'être inscrit en tant que treizième éveillé. Nous venons de pratiquer la pose de l'implant. »

« Bien … Avez vous déjà des informations ? » Demanda l'homme habillé de noir qui venait d'entrer dans la salle .

« Rien que les données fournit par les autorités extérieures » Dit le premier technicien en tendant un dossier mince à l'homme qui feuilleta rapidement le contenu de la pochette.

« Bien. Assez prometteur. A-t-il posé des difficultés ? » Continua d'interroger le professeur remontant ses lunettes sur son nez.

« Aucune. Il a été docile et n'a pas opposé la moindre résistance à tous nos tests et analyses »

« Hum! Avez- vous déjà des conclusions ? » Demanda Le professeur Miguel

« Pas pour le moment » Répondit un des infirmiers.

« Dommage » Formula le professeur en fixant le garçon qui semblait dormir paisiblement. Il signa les feuilles que lui tendait l'un des infirmiers.

« Où a-t-il été affecte ? » Demanda- t- il avant de s'éloigner.

« Il a été envoyé dans la section primaire mais… » Hésita le deuxième homme en blanc n'osant faire part de son avis à son patron.

« Mais ? »

« Mais, professeur, il n'y a qu'une chambre de libre. Celle du paria »

« Du paria ? Oh! Avez-vous déceler une quelconque incompatibilité ? » Demanda l'homme en noir avec une lueur d'intérêt dans ses yeux ce qui en aiguisa la couleur bleu acier.

« Non mais nous n'avons pas assez de données pour affirmer… » Reprit l'infirmier

« Je vous donne l'autorisation de l'affecter avec Dix. » Trancha l'homme sans plus d'hésitation.

« Professeur… » Objecta l'infirmier que tout ceci semblait rendre nerveux.

« Obéissez messieurs ! »

Il sortit de la pièce

« Bon sang.. . Sans être sûr des résultats, nous faisons peut être la pire erreur de notre vie. » Ne put se retenir de lancer l'infirmier qui avait tenter d'éviter l'affectation de l'adolescent.

« Peut- être…Mais les ordres sont indiscutables. » Reprit le technicien en recommençant à pianoter sur son clavier

Le garçon gémit et se réveilla. Ils se tournèrent vers lui. L'infirmier lui fit signe de le suivre.

Il chancela encore traverser par la douleur et suivit l'homme qui lui attrapa le poignet.

« Viens, je te conduis à ta chambre… » Ordonna l'homme malgré ses réticence.

Sans un mot, il suivit l'infirmier au travers des couloirs très lumineux, sans vue sur l'extérieur. Touts les murs étaient peints en blanc sans aucune décoration.

Parfois aux intersections, où se trouvait des espaces d'attentes, de larges lignes de différentes couleurs indiquaient une direction particulière. Le garçon repéra quatre bandes de couleurs différentes. L'homme qui l'accompagnait, l'informa qu'après chaque sortie de sa section, il devrait y retourner en suivant la bande de couleur jaune. Tout dans ce lieu semblait aseptisé. Il n'y avait rien d'inutile, rien pour rendre l'endroit accueillant et beau. Tout y était fonctionnel. Seul les bruits réguliers des moteurs de différentes machines et ordinateurs troublaient le silence du bâtiment.

« Finit pour aujourd'hui apparemment. Je n'en suis pas mécontent. J'ai faim et je suis épuisé. Tout ici respire la prison. Peut importe le décor et ce qui se trame ici, quand je serais prêt, rien ne me retiendra !! »

ONZE

« Enfin un nouveau visage. Je ne serais plus la dernière et le pôle d'attraction des regards et des hostilités. Dois-je l'en avertir ? Enfin, je ne suis plus la petite dernière ! »

Onze fixait le garçon brun et chétif que l'infirmier venait de faire entrer dans la section.

Un peu plus petit qu'elle, il semblait pourtant avoir son âge. Il avait l'air calme et fatigué.

Normal jugea-t-elle, il venait de l'extérieur. La vie était dangereuse là-bas. Ici ce n'était pas le même danger. Il fallait juste être très méfiant et tout ce passait bien. L'infirmier la remarqua et l'appela.

« Onze, voici un nouveau de ta section : Treize. Tu lui expliqueras le fonctionnement quotidien et lui indiqueras sa chambre. »

« Entendu » Répondit-elle en hochant la tête alors que l'homme s'éloignait déjà « Pardon, mais à quelle chambre est-il ? »

« Pour le moment installe le avec Dix. Obéis ! Il n'y a pas d'erreur. »

Il avait rajouté cette dernière phrase en voyant son air ahuri et étonné quand il avait annoncé la chambre de Dix. Il s'éloigna sans plus d'explication, refermant la porte de la section sur lui. Tous les regards convergèrent alors vers le nouveau.

« Soit le bienvenu à l'Eden » dit-elle puis se retournant sans plus de politesse, elle reprit « Suis-moi … »

Elle commença à avancer au milieu du couloir suivit par le nouveau. Tous ceux qu'ils croisèrent, portaient le même uniforme. La seule différence, sur le leur il y avait un numéro à la place du prénom dans le coin en haut à gauche de leur tunique.

« Bon, c'est à moi de t'expliquer le fonctionnement et le règlement de la section primaire. Si tu as la moindre question, interromps moi et j'essaierais de te répondre… » Commença la jeune fille comme si elle lui récitait une leçon bien apprise.

Il hocha la tête regardant les autres autour d'eux sans montrer plus d'intérêt que ça.

« Super » pensa-t-elle « Encore un glaçon, mais il comprendra vite où est son intérêt… »

Le garçon s'arrêtât devant la pièce centrale laissant transparaître de la surprise. Contrairement au reste de la section qui était peinte du même blanc que le reste du bâtiment. Cette pièce centrale était remplie de plantes vertes, et de fleurs qui embaumaient l'air d'un doux parfum.

« Qu'es ce que c'est ? » Demanda-t-il surpris et visiblement émerveillé.

« Le jardin. Ca ne sert à rien mais c'est un endroit agréable. Il paraît que dehors c'était tout comme ça. Il y a longtemps … Viens, je dois te montrer le réfectoire et la salle de cours. »

Il eut du mal à s'arracher à la contemplation de l'espace vert et à reprendre la route.

« Un jardin ? Il y a peut-être plus à apprendre ici qu'il n'y paraît au premier coup d'œil.

Elle est classée dans la même catégorie que moi, et porte un numéro inférieur au mien. Etrange, nous sommes si différents… » Se dit-il rattrapant la jeune fille et l'examinant d'un peu plus prêt.

L'adolescente devait être un peut plus âgée que lui. Elle était plus grande et moins mal nourrit. Ses cheveux roux et raides étaient coupés courts, au carré. Elle le fixait comme pour l'évaluer avec des yeux d'un coloris plutôt rare: un rouge transparent et limpide comme l'éclat d'un rubis.

« Elle me sort le complet discours d'arrivé sans aucun baratin inutile et sans se montrer amical. Pourquoi le serait-elle, d'abord ? Amie, ennemie ? Ce qui est sûr, c'est que mon arrivée l'a soulagée. »

ENTRETIEN A TROIS

Onze s'arrêta devant la porte d'une chambre dans un couloir en tout point semblable à ceux qu'ils avaient traversé depuis l'entrée de la section. Treize avait remarqué que le lieu où il allait vivre pour un temps, s'organisait autour du jardin. Au plus prêt de lui, il y avait les salles de cours et le réfectoire. Sur un périmètre extérieur se regroupaient des couloirs menant vers les passages rejoignaient grâce à des sas le centre. Il remarqua qu'elle hésitait.

« Dois-je l'avertir ? A-t-il une chance de ne pas lui faire plus de mal que de bien. Je crois que j'ai peur… »

Treize l'observait. Le comportement de la fille ne lui semblait pas adapté. S'il s'agissait de sa chambre, elle devait le lui dire et le laisser en prendre connaissance. Il distingua deux emplacements sur la porte : l'un était rempli, il y était écrit Dix et l'autre était vide.

« Ma chambre ? » demanda-t-il

Elle hocha seulement la tête, reculant d'un pas pour le laisser passer en premier.

Il eut l'impression qu'elle avait peur de quelque chose. Comme le meilleure moyen pour s'en assurer, c'était d'entrer, il ouvrit la porte.

« Bien … »

Il ne remarqua rien d'anormal : 2 lits, 2 bureaux, 2 armoires et 2 tables de chevet ; une porte donnant sur un cabinet de toilette. Rien d'autre. Les deux lits se faisaient face et les bureaux étaient contre le mur du fond éclairé par des lampes automatiques. Tout était fonctionnel. Il n'y avait rien de beau ou de personnel. A part… Il aperçut une forme recroquevillée dans le coin le plus obscur de la pièce.

« Je pense que ce lit est le mien » dit Treize en s'asseyant sur celui de droite.

La fille entra à son tour hochant toujours la tête fixant l'étrange ombre qui se replia encore plus sur elle-même.

« Voilà un nouveau, Dix. Il dormira avec toi ici… » Expliqua-t-elle à la forme qui ne bougea pas.

« Tu lui …Tu lui as parlé ? » Demanda une voix triste et lasse provenant de la forme tremblante.

« Non… J'ai estimé qu'il devait se faire sa propre opinion » répondit Onze sur un ton qu'elle voulait ferme et rassurante.

« Non ! En fait, tu as eu peur » reprit la voix résignée.

Elle allait dire que non pour le rassurer quand le nouveau l'interrompit.

« Oui » énonça-t-il « Elle a peur mais cela ne veut pas dire qu'elle est tord »

« Comment ça ? » Reprit la petite voix.

« Il ne faut jamais accepter les informations données sans en évaluer le fondement et les réalités. Tout peut être remis en cause. Tout peut être détruit ! » Expliqua-t-il en s'allongeant sur son lit.

« Les réalités ? » Répéta la fille en fronçant les sourcils incrédule.

« Chaque point de vue est une réalité différente. Chaque remise en question est une destruction de soi. Chaque changement est un nouvel espoir » annonça le colocataire de Treize en se redressant à l'autre bout de la pièce.

Le nouveau-venu hocha la tête avec un sourire. Il fixa avec beaucoup d'intérêt le garçon qui sortait de l'obscurité et qui semblait penser comme lui.

« Une question » dit-il s'adressant à elle, sans se relever de son lit. « Pourquoi ne nous ont-ils pas laissé nos identités ? »

« Nous sommes différents » répondit-elle « Nous leur faisons peur. Ils croient nous maîtriser. Nous et même les orphelins sans numéros en nous parquant ici à Eden »

« C'est tout exact!» approuva le nouveau souriant de plus belle.

« Alors nous resterons ainsi éternellement ? » Questionna Dix apparaissant enfin dans la lumière plongeant son regard doré dans le leur.

Tous trois eurent un sourire entendu. Ils ne savaient pas encore comment ni quand.

Mais ils étaient d'accord sur un même point : ils ne se laisseraient pas enfermer ici jusqu'à la fin de leur vie.

« Je m'appelle Leira » dit la fille rousse.

« Mon nom est Yael »dit le garçon aux yeux dorés.

« Et moi Swan » dit le nouveau.

DIX

Quelques heures plus tôt dans la journée, Dix marchait dans les couloirs, seul au milieu des autres, qui s'écartaient de lui méfiant.

« Il n'y a rien. Rien que des questions sans réponses. Une interminable attente, pas une vie. Tous ici ont peur !! J'ai peur. Les autres me rejettent. Personne ne cherche à comprendre ce qui terrorise notre âme. Les autres n'ont pas besoin de moi. Je suis différent … Trop différent… »

Il revenait comme eux des cours obligatoires et se dirigeait vers sa chambre où il s'enfermerait comme tous les jours fuyant tout contact inutile.

« Même les autres numéros ont peur. Ils sont méfiants à mon égard. Onze qui essaye de nous unir face aux normaux, a peur aussi. Peur de moi, peur pour moi. Je ne cherche pas à comprendre. Je ne veux pas souffrir inutilement. La souffrance n' a pas à être gratuite ! »

Puis, alors qu'il tentait de se reposer sur son lit Treize et Onze étaient entrés dans la chambre. Il avait juste eut le temps de se cacher, craignant qu'il ne s'agisse des autres. De ceux qui venaient régulièrement passer leur colère et leu frustration sur lui. Mais il avait fait la connaissance de cette étrange garçon qui semblait partager son point de vue.

« Maintenant, j'ai une réponse. Un début de réalité, de vie. Il me l'a apportée, mais il ne sait rien de moi. Il m'accepte ou je l'ai laissé entrer dans mon univers, mais ce n'est rien. Rien qu'un début. Les faux-pas sont encore possible. La nuit n'est pas passée et je ne sais pas si je supporterais une nouvelle déchirure… »

Onze est repartit les laissant seuls face à face. Ils restèrent un moment à s'observer de loin.

« Et après ? Faut-il tout changer de suite parce qu'il est là où attendre encore. Je ne le connais pas. Il ignore tout de moi, de la vie ici, de ce qui va lui arriver cette nuit. Je devrais peut-être lui dire, mais alors… Alors il pourrait me repousser ! Non, je ne peux pas !! Même si demain il m'en veut plus encore. Oui… Oui ce risque me semble plus acceptable. »

Il n'était plus recroquevillé dans un coin de la chambre, mais assis à son bureau, il travaillait ses cours. Treize était toujours allongé sur son lit et semblait dormir.

En fait lui aussi réfléchissait à son nouveau camarade de chambre et sa nouvelle vie.

« Il est plus jeune que moi et à moitié détruit. Seul… Seul au milieu de tant de personne. Est ce en lien avec la vie ici ? Avec son passé ? En tout cas je ne me laisserais pas détruire… »

La voix du garçon s'éleva, interrompant ses pensées.

« Il est l'heure de dîner » annonça-t-il doucement.

« Bien, je te suis. »

Treize remarqua l'hésitation du garçon à franchir la porte. Dix soupira et le guida au travers des couloirs vers le réfectoire. Treize en profita pour continuer à l'observer ainsi que les lieux.

Plus petit que lui assez fin et nerveux, il semblait pouvoir se déplacer sans bruit à une vitesse vertigineuse comme si se trouver dans le couloir était source de danger pour lui. Dix se faufilait et disparaissait, ne prêtant plus attention à son nouveau compagnon, concentré uniquement sur la traversé du couloir. Ses cheveux blancs et souple, coupé court comme ceux de Onze, servaient de repère à Treize. Le nouveau avait croisé une seule fois le regard ocre du garçon : il semblait se méfier de tout ce qui l'entourait.

Après avoir détailler son compagnon de chambre, Treize observa tout ce qui se trouvait autour de lui dans l'unique but d'en apprendre un peu plus sur cette Eden. Il remarqua des caméras de surveillances perfectionnées qui ne les quittaient jamais de vues. Où qu'ils soient dans la section, ils étaient filmés.

Dix s'arrêta à un mètre de la porte d'entrée du réfectoire où il fut rattrapé par Treize. Il se tourna vers lui le visage triste. Treize eut l'impression que le garçon se souvenait enfin de sa présence.

« Je pourrais presque croire qu'il cherche à me semer mais… Non, il est juste comme ça ! Heureusement que j'ai des repères comme sa chevelure… » Pensa Treize avec un étrange sourire mi-amusé mi-étonné.

« Pardon » s'excusa le garçon aux cheveux blancs, comme s'il venait de réaliser qu'il avait faillit le semer.

« Aucun problème. On entre ou pas ? »

Dix soupira et entra. Comme il s'agissait d'un self, Treize s'engagea tout de suite derrière lui.

Quand il prit la direction d'une table, Treize remarqua que tous les regards étaient braqués sur eux. Il nota aussi que les tables étaient séparées entre ceux ayant un numéro et les autres. Dix partit s'asseoir à une table vide au fond, à l'écart de toute les autres. L'entrée du garçon aux cheveux blanc semblait avoir jeté un froid dans la cantine.

Toutes les conversations s'étaient tues et les regards qui se posaient sur lui, étaient loin d'être amicale. Tout cela surprit le nouveau venu qui avait crut que tous les numéros se serraient les coudes. Treize le suivit et s'assit en face de lui, ce qui déclencha des murmures désapprobateurs aux autres tables.

« Il aurait pu aller avec Onze et les autre. J'ai vu qu'elle lui avait réservé une place non loin d'elle. Leur silence et leur attitude ne lui ont pourtant pas échappé. Pourquoi s'est-il assis avec moi alors qu'il a dû remarquer leurs regards emplis de colère, de haine à mon égard… »

Alors que Dix se faisait ces réflexions, Treize lui suivait un autre cheminement de pensée

« Il y avait assez de place pour nous deux à la table des numéros. Leurs regards en disent long sur ce qu'ils pensent de Dix. Ils vont achever de le détruire ! Et les adultes bien intentionnés regardent, observent, testent et le laisse mourir. »

« Après je rentre directement mais…heu » Dit le garçon en face de lui, après un effort surhumain et en lançant des regards inquiets de tous cotés.

« Je te suis. Je suis fatigué et j'ai hâte de dormir. »

Dix eut un regard triste et fatigué avec une lueur d'inquiétude. Il hésita à révéler ce qui lui valait les brimades des autres, mais il n'eut pas la force d'aller jusqu'au bout et se contenta de hocher la tête tristement résigné. Il se leva suivit par Treize. Une voix anonyme retentit alors dans la salle :

« Dit le nouveau numéro… Demain, si tu es encore là et sain d'esprit, tu comprendras qu'il y a des monstres pour lesquels on ne peut rien… »

A suivre…