Poème désordonné, sanglant, dansant, tentant d'illustrer ma façon de réagir aux mauvaises nouvelles. Ecrit dans une période troublée et sombre


Arabesques sanguines

Elle tourbillonne sur la piste
Heureuse du vent dans ses jupes.
Elle tourne sans s'arrêter,
Savourant cette liberté
Prolongée

Danseuse solitaire,
Le nez au ciel
Ses cheveux tourbillonnants
Attirent l'œil du passant.

Mais soudain dans le noir
Un éclair de poignard
Voile rouge, un faux pas,
Mais elle reprend la cadence
Et se renvole

Danseuse solitaire,
Le nez au ciel
Ses cheveux tourbillonnants
Masquent à tous les flaques de sang

Elle ne sait pas sa blessure,
Ignore qu'elle va tomber
Même si ses forces s'épuisent
Elle continue de tourner
Jusqu'au bout

Danseuse solitaire,
À cœur ouvert
Ses pensées tourbillonnantes
Masquent à tous les flaques de sang

Arabesques sanguines
Sur le plancher poli
Oscille la silhouette.
Pieds agiles d'un cadavre
Qui s'ignore

Danseuse solitaire
Condamnée
Son âme blessée au vent
Laissera bientôt s'envoler ses tourments

On peut la croire sans sentiments
Elle est juste à retardement
Les blessures ne l'atteignent pas
Jusqu'à ce que la musique s'arrête.
Puis s'écroule

Pantin solitaire
Désarticulé
Ses larmes tourbillonnantes
Diluent un peu les flaques de sang

Lève toi, lève toi, lève toi !

O. Grandjean
22 février 2009