Genre: slash / lemon (-16)

Résumé: Adam est convoqué dans le bureau de son patron.

Monsieur le Directeur


Il était tard, il avait vraiment envie de rentrer chez lui. Besoin, plutôt. S'affaler sur son canapé, télécommande à la main, un sandwich dans l'autre, et ne plus bouger pendant des heures, voilà qui lui faisait envie. Cette idée se dessinait dans son esprit, de plus en plus clairement à mesure que les minutes défilaient.

Il n'avait pas envie d'être là. Son boss l'avait encore convoqué pour une raison débile. Il allait encore s'en tirer avec un avertissement verbal et une tape dans le dos, au mieux. Au pire, avec une légère claque sur les fesses et un joyeux "à demain".

Il n'aimait pas ça du tout. Il aimait son job, mais pas son boss. Il n'aimait pas la crise, qui décimait les résolution de changement, de promotion et d'espoir, mais qui pour l'instant épargnait sa boîte, encore heureux. Il aimait se contenter de peu, de sa petite vie et de son job, mais là, c'était plus tellement satisfaisant. Il ne voulait pas plus, il voulait mieux.

"Mon petit Adam, vous êtes arrivé trois fois en retard, ce mois-ci."

Déjà, tu m'appelles pas mon petit, songea Adam.

"Je crois avoir suffisamment compensé en heures supp'", dit-il à la place, alors que monsieur le directeur s'installait à son bureau, après avoir ôté sa veste.

"Effectivement", en convint ce dernier. "Vous ne voyez aucune autre raison qui pourrait expliquer cette convocation?"

Je suis viré?

"Non, je vois pas."

"Adam..." fit monsieur le directeur en joignant ses mains sur son bureau, observant son employé avec une expression bizarre, qui frisait l'attendrissement.

"Je sais pas, quelqu'un s'est plaint?" insista ce dernier.

"Julien", lui dit son boss, confirmant ainsi sa crainte.

"Julien", répéta Adam, l'air interdit.

"À cause de ce qu'il a vu l'autre soir."

"Quel autre soir, non! Il peut pas se plaindre de ça! On avait tous les deux fini notre journée, ça s'est passé en dehors de la boîte, je l'ai pas provoqué ni rien, il était là, moi j'étais dans ma caisse, qu'est-ce qu'il..."

"Je sais."

Adam se figea sur sa chaise. Alors il n'avait aucune raison d'être ici. C'était plus que débile, cette histoire. Ou alors c'était pour une autre raison?

"Alors quoi?" demanda-t-il tout haut. "Je suis viré? Vous pouvez pas faire ça, et vous pouvez pas non plus me filer un avertissement, vous savez aussi bien que moi que c'est de la discrimination, c'est carrément illégal, même Julien risque..."

"Stop, Adam, s'il te plaît."

"Vous venez de me tutoyer."

Il ne savait pas trop pourquoi il venait de lui rétorquer ça. Débile, c'était le mot du jour. Il maîtrisait ce vocable à la perfection, il le vivait, c'était sa philosophie.

"Je l'ai viré", lui apprit son supérieur.

"Vraiment?"

"Oui, comme trois autres de tes collègues. Notre activité est en baisse, comme tu le sais, j'ai donc fait le nécessaire. J'en ai profité pour sélectionner les indésirables, et ne garder que le personnel efficace."

Adam observa son patron, qui le fixait d'un regard toujours aussi bizarre. Un attendrissement qui s'était mué en... désir. Non, enfin. Quoi que... Merde, il avait remarqué des trucs, il s'était fait des films, mais de là à penser que ça pouvait être vrai... C'était pas possible, il l'aurait su.

Alors les claques sur les fesses, cet espèce de harcèlement sexuel qui n'en était pas un... c'était donc ça...

Monsieur le directeur s'adossa à son siège de directeur, le regard profond, la respiration lente. Ses mains ôtèrent de son pantalon sa chemise blanche, puis s'attaquèrent à sa ceinture.

Adam se risqua d'un oeil à surveiller ses gestes, et de l'autre à guetter un piège dans son regard bizarre. Il déglutit difficilement sa salive. Quelque chose se passait dans son propre corps, en bas de son ventre, entre ses jambes.

Monsieur le directeur ouvrit sa braguette, y passa sa main gauche, qu'il glissa sous... slip ou caleçon?

"La porte est fermée", murmura-t-il.

"Oui", fit Adam.

Il prit une profonde inspiration, et ne parvint pas à l'expirer. Il fixa son boss en se concentrant sur sa vision périphérique et son pouvoir de déduction sur les choses qu'il ne voyait pas directement. Le mouvement de va et vient sous le pantalon, les cuisses qui s'écartaient un peu plus derrière le bureau...

Il se leva et écarta ce qui se trouvait sur le bureau pour s'y agenouiller. Il prit son boss par le col et le souleva de son siège. Monsieur le directeur se redressa et pencha légèrement sa tête en arrière pour se laisser embrasser. Puis il se leva, éloigna sa chaise d'un coup de talon et débarrassa Adam de sa veste avant de lui enlever son t-shirt. Ils s'embrassèrent sauvagement, le pantalon du boss tomba à ses chevilles, celui d'Adam fut balancé un peu plus loin après qu'il se soit assis sur le bord du bureau, puis leurs sous-vêtements dévoilèrent leur intimité, et un tiroir s'ouvrit.

Le boss en sortit un sachet de capote et en arracha l'emballage tandis qu'Adam continuait de l'embrasser en le masturbant. Il lui avait pris le manche et le sentait grandir sous ses doigts. Son pouvoir de déduction sur les choses qu'il ne voyait pas directement était immense.

"Monsieur Fabian, je peux vous tutoyer, maintenant?"

"Il ne s'agit pas de prendre des mauvaises habitudes", lui souffla son boss juste avant de reprendre ses lèvres et d'aller chercher sa langue dans sa bouche.

Adam, en laissant traîner ses mains entre leurs deux corps à présent brûlants, sut que la capote était en place avant même de se sentir glisser un peu plus au bord du bureau. Il rapprocha la chaise d'un pied et le posa dessus. Son patron lui prit l'autre jambe et s'enfonça dans cet espace offert. Il pénétra son employé lentement, par petits à-coups, avant d'y aller franchement, jusqu'au bout.

Adam se mordit la lèvre inférieure, et échappa ses premiers gémissements. La queue de Monsieur Fabian allait et venait en lui, dans un rythme qui devint régulier. Il s'accéléra, puis se ralentit, jusqu'à ce qu'ils jouissent, l'un après l'autre. Capote pleine, torses maculés de sperme.

Ils s'embrassèrent encore. Pas envie de réfléchir.

Ils remirent ça aussitôt.

Ce qui se serait passé s'ils avaient réfléchi? Pareil.

Adam n'avait plus envie de rentrer, sa vision de télécommande et de sandwich s'était éteinte. Il ne voyait plus que son boss, le tas de capotes dans son tiroir, sa queue en érection, ses muscles qui se tendaient sous sa peau, et son caleçon avec des petits soleils dessus.

...La fin...