Mon voisin

Auteur : Nicolina

Avertissement : Yaoi, POV, Lime.

Disclamer : Les personnages sont à moi.

Dédicace : Cette fic est pour une amie très chère, Pilgrim. Pil, cette fic est pour toi, merci d'être toujours là.

Voici la suite avec un POV de Mathieu.

Je vous souhaite bonne lecture à tous.

Partie 2 : POV de Mathieu

J'ai encore du mal à croire ce qui m'arrive. Quand j'ai rencontré Thomas, j'étais loin de me douter de ce qui se passerait. La seule chose dont j'étais sûr, c'est qu'il m'attirait. Me retrouver à côté de lui a été une véritable chance pour moi. Il s'est montré, froid, distant. Il ne m'écoutait pas, je le sais, mais je ne pouvais m'empêcher de parler.

Quelque chose me disait qu'il n'était pas si méchant que ça. D'ailleurs, il m'a montré qu'il ne l'était pas. Finalement, il avait accepté de me faire visiter la ville et peu à peu, il m'a laissé entrer dans son univers. Et une fois que j'y étais, je savais que je ne pourrais plus en sortir.

Je n'ai pas regretté de l'avoir embrassé, j'avais simplement peur qu'il me rejette, qu'il ne veuille plus que l'on soit amis. Mais Thomas n'est pas comme ça. Il est tolérant, il préfère aller de l'avant et réfléchir calmement à la situation. On a continué à se fréquenter, il est resté le même et ce jour là, il m'a donné sa réponse. Une réponse qui m'effrayait, mais qui m'a soulagé. Finalement, il était prêt à faire du chemin avec moi et pas seulement en tant qu'ami.

-Je te trouve bien silencieux, dit Thomas.

-Je réfléchissais.

-Ah oui ? A quoi ?

-A ce qui s'est passé ces derniers jours.

Il pose une main sur la mienne. Nous sommes dans ma chambre et nous essayons de faire nos devoirs. Je dis bien essayer car nous nous arrêtons sans arrêt pour nous regarder. On n'est pas très démonstratif, on ne s'embrasse pas tout le temps, on n'est pas tout le temps l'un contre l'autre et on ne se montre pas en public, mais on sait qu'il y a quelque chose, on sait qu'on est ensemble. Seulement, je sais que Thomas n'est pas du genre à jouer les romantiques, même s'il est adorable avec moi.

-Tu sais qu'on a contrôle demain ? Demande-t-il.

-Comme si ça te gênait, Monsieur, je me fous de tout.

-Ca ne m'empêche pas de prendre mes études au sérieux.

-C'est vrai que tu es plutôt bon. Tu te donnes le genre cancre parce que ça fait bien.

-Tu parles trop, tu sais. Je ne me prends pas la tête, c'est tout.

-Je vois, dis-je en souriant.

Il ne se prend pas la tête, mais il prend quand même le temps de réussir. Nous nous replongeons dans nos devoirs et ses doigts m'effleurent par moment, provocant une sensation électrique des plus agréables. Comment veut-il que je me concentre s'il fait ça ? Je me relève, un peu engourdi. De toute façon, j'ai quasiment fini.

-T'en es où ? Demandais-je.

-J'ai fini.

-Tu as fini ?

-Oui, depuis une bonne demi-heure.

-Hein ? Déjà ? Mais tu faisais quoi alors ?

-A part te déstabiliser ? Dit-il en souriant. J'écrivais.

Je m'assois en tailleur sur le lit. Parfois, j'ai l'impression d'être insignifiant à côté de lui. Il fait tout rapidement et bien. Moi, je dois passer du temps. Je baisse la tête. Il prend même le temps d'écrire.

-Tu écris quoi ?

-Une histoire, dit-il simplement.

-Ca, je m'en doute, quoi comme histoire ?

-Rien de spécial.

Je le vois rougir et je me demande de quoi. Je reste un moment à l'observer alors qu'il me tourne le dos.

-Tu me feras lire ?

-Non, dit-il sèchement.

-Pourquoi ?

-Parce que c'est personnel.

-Je croyais qu'on était…

-Ensemble ? Demande-t-il en se tournant vers moi.

J'acquiesce sans un mot. Pourquoi j'ai l'impression parfois qu'il se moque de moi. Son regard est froid, comme avant, pourtant il se rapproche de moi, ses mains m'entourent soudainement et il m'attire vers lui. Son visage trouve la base de mon cou et il commence à poser un baiser qui me fait perdre un peu pied.

-J'ai pas fini mes devoirs, dis-je en tremblant.

-Je m'en fiche. Je les ferai pour toi, si tu veux.

-Ne raconte pas n'importe quoi. Thomas…

Il s'éloigne finalement. Je ne sais pas s'il est déçu. Mais s'il l'est, il ne le montre pas. Au lieu de ça, il s'installe devant le bureau et recommence à écrire. Je ne peux m'empêcher de sourire. Je retourne à mes devoirs et les termine près d'une demi-heure plus tard. Alors que je me relève, le corps endolori d'être resté dans la même position, je constate que Thomas m'observe.

-Tu me regardes depuis longtemps ? Demandais-je un peu gêné.

-Assez longtemps. Tu n'as même pas fait attention.

-J'étais trop occupé à finir mes devoirs.

-Je t'ai dit que je pouvais les finir.

-Et moi, je te dis non.

Il hausse les épaules et il se remet devant le bureau. Je me lève finalement et m'approche de la fenêtre. J'ai besoin d'un peu d'air. Je l'ouvre et il commence à grogner.

-C'est obligé ? Demande-t-il.

-Tu es vraiment casanier, je trouve.

-Pff !

Je regarde les alentours et alors que je regarde les voitures passer, je sens Thomas me serrer contre lui.

-Arrête, on pourrait nous voir.

-Personne ne regarde.

-Mais quand même, dis-je en refermant la fenêtre et m'éloignant de lui.

Je me rassois sur le lit et il me pousse brutalement pour que je m'allonge. J'avoue que je n'aime pas quand il fait ça. Il se met sur moi et me prend dans ses bras. Son visage est enfoui dans mon cou et je peux sentir son souffle chaud. En fait, je crois qu'il a besoin de tendresse, peut-être beaucoup plus que moi. Après tout, il a tendance à se montrer distant avec tout le monde, alors je crois qu'il recherche de temps en temps un peu d'affection.

-Thomas ?

-Hum ?

-Tu m'étouffes.

-Pardon, dit-il en se redressant.

Il me regarde, ses yeux bleus m'observent avec sérieux. Je me demande à quoi il pense. Bien vite, je comprends qu'il a envie de m'embrasser. Ses lèvres se posent sur les miennes. Nous nous embrassons avec plus de ferveur qu'au début, il y a plus de désir, mais ça me fait un peu peur, je l'avoue. Je ne sais pas jusqu'où nous irons. Il se redresse et me prend dans ses bras. Je peux à peine bouger.

-T'es vraiment mignon, dis-je en souriant.

-Oh ! La ferme, dit-il un peu gêné.

Finalement, je me demande qui est le plus timide de nous deux, parfois.

*******

Bientôt Noël. Gabrielle est surexcitée, apparemment, elle adore cette période de l'année, si bien qu'elle nous a traînés dans les magasins pour faire les emplettes de Noël. Elle n'est pas au courant pour Thomas et moi, nous nous sommes faits discret depuis presque deux mois, maintenant. Thomas et moi en sommes à un stade, où il est difficile d'être discret. Il prend un malin plaisir à m'embrasser dans des endroits publics, mais toujours à l'abri des regards. Je suis persuadé qu'un jour, quelqu'un nous verra, et ce jour-là, je ne sais pas ce qui arrivera.

-Vous êtes à la traîne les garçons, dit Gabrielle. Allez, soyez plus motivés.

Malgré son enthousiasme à nous motiver, nous restons derrière elle. Thomas semble ailleurs pour l'instant. Il regarde autour de lui avec un peu de nostalgie. Je ne peux m'empêcher de le regarder, si bien que je ne vois pas le réverbère devant moi et je me le prends en pleine face.

-Ouah ! Ca fait mal.

-Je confirme, dit Thomas en venant vers moi. Ca va aller ?

-Hum ! Mouais.

-Tu étais dans la lune. C'est pas dans tes habitudes, dit-il.

Il regarde mon visage, pour voir si tout va bien. J'ai juste mal, mais je dois avec une sale tête. Il pose sa main sur mon nez et je grimace, ça fait mal.

-Ca n'a pas l'air d'être cassé, dit-il. Mais fais attention la prochaine fois.

Sa main effleure ma joue et je comprends qu'il l'a fait exprès et je suis content qu'il ait fait ce geste. Sentir sa peau contre la mienne me rassure, même si c'est pour quelques secondes. Je ne peux m'empêcher de sourire.

-Ca va Mathieu ? Demande Gabrielle.

-Oui, ça va. Ca m'apprendra à rêvasser, dis-je en grimaçant.

-Un vrai boulet, dit Thomas.

Je sais qu'il ne le pense pas, quoique… C'est son genre de dire ces choses-là, mais je sais parfaitement ce qu'il ressent pour moi. Nous reprenons notre route en silence, jusqu'à arriver devant un magasin où ils vendent de tout. Nous commençons à arpenter les rayons. Thomas est près de moi. Il regarde les objets, mais je sais que ça ne l'intéresse pas. Moi pourtant, je regarde attentivement. Peut-être que je trouverai quoi lui offrir et je viendrai lui acheter plus tard. Sa main m'effleure, puis nos doigts s'enlacent timidement. Il n'y a personne autour de nous.

-C'est nul, franchement, dit-il.

-Quoi donc ?

-De nous être fait traîner par Gabrielle dans les magasins. Je préfèrerais aller à la librairie.

-Moi aussi.

-Et en plus, elle nous a lâchés. Je suis sûr qu'elle est en train de fouiner un peu partout. Si tu veux mon avis, on n'a pas fini.

-C'est bien possible, dis-je en souriant.

Il lève la tête vers moi. Je sais qu'il n'aime pas que je sois plus grand que lui, mais je n'ai pas choisi. Il fait une moue réprobatrice et nous finissons par reprendre notre chemin dans les rayons à la recherche de notre amie. Nos mains se sont lâchées, il y a un peu de monde, à présent. Nous retrouvons Gabrielle dans un rayon peluche et Thomas ne peut s'empêcher de soupirer.

-Si tu comptes nous offrir ça, tu fais une grossière erreur, dit Thomas.

-C'est pas pour toi, idiot. Je cherche un cadeau pour mon neveu.

Il hausse les épaules, mais je sais qu'il est exaspéré qu'elle prenne autant de temps pour choisir des cadeaux. Finalement, nous sortons du magasin. Et bien entendu, nous portons les sacs de Gabrielle.

-J'aurais dû m'en douter, tu voulais juste que l'on joue les porteurs, grogne Thomas.

-Non, mais ce n'est pas de ma faute, si vous n'achetez rien.

-Mais bien sûr. Bon, maintenant, c'est moi qui décide, on va à la librairie.

-T'en as pas marre des livres ? Demande Gabrielle.

-Non, il y a un nouveau manga qui est sorti et je veux me l'acheter et il me manque encore des informations pour mon livre.

-Pff ! Pour un livre que tu ne veux même pas faire lire, je trouve que tu te prends trop la tête.

-Je veux faire ça bien, tu peux comprendre ça, non ? Le reste n'a pas d'importance.

Nous arrivons à la librairie et nous nous retrouvons chacun de notre côté. Thomas est parti au rayon manga, Gabrielle a fini devant les romans à l'eau de rose et moi je me retrouve devant le rayon fantastique. Je regarde vaguement, je me demande ce que je vais bien pouvoir acheter à Thomas pour Noël. Je ne le connais pas beaucoup. Je ne sais pas vraiment ce qu'il aime. Ca m'angoisse un peu, en fait.

En fin d'après-midi, nous atterrissons dans un café. Gabrielle a dévalisé les magasins, moi j'ai acheté quelques livres et cd et Thomas seulement un livre. Nous quittons Gabrielle devant chez elle et nous reprenons le bus pour rentrer chez nous. Sur le chemin du retour, Thomas m'attrape un doigt et je ne peux m'empêcher de sourire. Je sais que je devrais le lâcher, mais j'ai envie de le sentir près de moi.

-On se voit demain ?

-Je croyais que tu devais écrire ? Demandais-je.

-Oui, mais on peut se voir quand même et j'aime sentir ta présence quand j'écris.

Je le regarde un peu surpris et constate qu'il est en train de rougir. Je sais qu'il n'aime pas trop montrer ses sentiments.

-En fait, t'es timide, dis-je en riant.

-N'importe quoi. Tu dis encore des bêtises.

Nous nous arrêtons devant chez moi et je ne peux m'empêcher de prendre sa main, quelques secondes. Il détourne la tête et je ne peux m'empêcher d'être heureux. Nous nous séparons sans un mot. Je crois que c'est mieux comme ça. Il aurait fini par se fâcher, j'en suis certain.

*********

Thomas marche devant moi, il disparait. On vient de se disputer. Pour une bêtise, bien entendu. Enfin, une bêtise… c'est beaucoup dire. Il croit que je sors avec quelqu'un d'autre, parce qu'il m'a vu discuter avec une fille. C'est vrai que je n'ai jamais vraiment parlé à d'autres personnes, je ne me suis rapproché de personne, à part Thomas et Gabrielle.

Pourtant, c'est juste parce que je n'en avais pas envie, mais je n'ignore pas les gens quand ils viennent me parler. Et cette fille, voulait me parler, pour me demander de sortir avec elle. J'ai refusé bien entendu, sûrement pas assez rapidement, car j'ai bien compris que Thomas nous observait. Il ne m'a pas parlé pendant près de deux heures et les seuls mots qu'il a prononcé ont été « hmm » et « ouais » ou « non ».

Nous sommes rentrés et il m'a tout balancé à la figure sans me laisser le temps de m'expliquer. Thomas est comme ça, il se fâche assez vite et visiblement, il est très jaloux. Et moi, je n'ai pu m'empêcher d'hausser la voix, si bien qu'il est parti sans plus un mot, se renfermant sur lui-même, comme d'habitude. Je rentre à la maison et je claque la porte. Mon père me crie dessus.

-Mathieu, ce n'est pas une façon de rentrer.

Je ne dis rien et monte dans ma chambre. Je m'écroule sur mon lit. Quel idiot ! Il tire des conclusions sans me laisser le temps de m'expliquer. Je me redresse et je sors mes affaires de mon sac et je tombe sur ses carnets. Je les prends pour regarder la couverture et d'un seul coup, je ne peux m'empêcher de les jeter. Qu'est-ce qu'il m'énerve parfois. Je me relève pour les ramasser et je les mets sur ma table de nuit. Je ne sais vraiment pas ce que je vais faire. M'excuser ? Je ne suis pas en tort. Il se fait des idées. Pourtant, il va bien falloir faire quelque chose.

**********

-Qu'est-ce qui vous arrive tous les deux ? Demande Gabrielle. Vous ne vous parlez plus depuis quelques jours.

Je ne dis rien. Thomas non plus. Gabrielle semble exaspérée par notre manque de coopération. Thomas ne m'a pas attendu pour partir depuis trois jours. Il m'en veut vraiment.

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais vous devriez en discuter pour trouver une solution. Vous êtes pitoyables tous les deux.

Je soupire, avant de me lever. J'entends Gabrielle me demander de revenir, mais à quoi bon ? De toute façon, ça ne changerait rien. Il ne veut plus que je sois près de lui. Il m'ignore complètement et ça il sait très bien le faire. Je ne lui ai toujours pas rendu ses carnets, je ne sais pas comment m'y prendre puisqu'il a décidé que je ne faisais plus partie de sa vie. Il m'en veut pour une broutille, ça m'énerve.

Nous retournons en cours et Thomas tourne irrémédiablement la tête à l'opposé de moi. Ca me fait mal qu'il fasse ça. Il n'a donc rien compris. Ou alors, il jouait simplement avec moi. Après trois heures interminables de cours, nous rentrons et alors que nous sommes devant chez moi et qu'il commence à rentrer chez lui, je lui attrape le bras.

-Lâche-moi, dit-il.

-Pas avant qu'on ait parlé.

-Il n'y a rien à dire.

-Au contraire. Tu agis comme un imbécile, jaloux. Viens chez moi, on va discuter.

-Non.

-Tu n'as pas le choix.

Il me regarde un peu surpris. Je prends rarement un ton autoritaire, mais là, je n'ai plus le choix. Je le tire par le bras, je me fiche si quelqu'un nous voit. J'arrive tant bien que mal à le faire entrer chez moi et à le faire monter dans ma chambre. Je ferme la porte à clé pour que l'on soit tranquille.

-Maintenant, tu vas m'écouter, il ne s'est rien passé.

-Mais bien sûr. Elle n'était pas dans tes bras, peut-être ?

-Oui, mais c'est elle qui est venue vers moi et si tu étais resté jusqu'au bout, tu aurais vu que je l'avais repoussé.

-Pas assez vite, dit-il en bougonnant.

-Pardon ?

-Tu ne l'as pas repoussé assez vite, dit-il plus clairement.

-Je ne pouvais pas le jeter, non plus. Je lui ai dit que c'était impossible. Tu tires toujours des conclusions hâtives. Je n'ai même pas pu m'expliquer, tu t'es braqué.

Il ne dit rien et je comprends que j'ai marqué un point. Il a les bras croisés et il ne me regarde pas. On dirait vraiment un gamin. Malgré son assurance, il est en fait fragile. Je m'approche de lui et il se raidit.

-Arrête ça, tu me gaves.

-Regarde-moi.

Il détourne irrémédiablement le regard et ça me peine de le voir comme ça, par ma faute. Je l'oblige à me regarder, puis, je le prends dans mes bras. Que puis-je faire d'autre ?

-Je t'aime, Thomas.

Il se tend encore plus dans mes bras. Je ne pense pas qu'il s'attendait à ce que je lui dise ces mots, mais j'avais besoin de le faire, pour le rassurer.

-Ne dis pas n'importe quoi, dit-il.

-Je ne dis pas n'importe quoi. Je t'aime.

Il me repousse et s'assoit sur le lit. Je le vois regarder la table de nuit avec ses carnets posés dessus. Je l'observe un moment avant de me poser près de lui.

-C'est n'importe quoi, dit-il.

-Quoi ?

-Que je sois jaloux comme ça. C'est pas… moi. Je me sens nul.

-Ca veut dire que tu ressens quelque chose pour moi.

-Ouais, sinon je ne serais pas avec toi.

Je le prends dans mes bras et cette fois, il se détend enfin. Je l'embrasse doucement, pour ne pas l'effrayer, mais finalement, c'est lui qui m'embrasse plus franchement et il finit par se mettre sur moi et m'embrasser le cou, ce qui me fait un peu perdre la tête.

-Thomas… Atte…

Mon cerveau ne répond plus, je crois. Je n'ai pas envie de le repousser. Ses mains sont sous mon T-shirt et il me caresse doucement. J'adore le sentir contre moi, qu'il soit dans mes bras, qu'il m'embrasse comme il le fait.

-Je t'aime, Thomas.

Il ne dit rien et continue de m'embrasser un peu partout. Je sens sa bouche partout sur mon torse et je ne peux m'empêcher de réagir. Il revient à mes lèvres et nos regards se croisent. Je plonge dans ses yeux bleus et j'acquiesce à sa demande muette Alors qu'il continue à me caresser, sa main descendant toujours plus bas, jusqu'à arriver au point de non retour. Il me fait vibrer, complètement et sous ses mains, je ne suis plus maître de rien.

**********

Thomas semble toujours tendu, même si nous avons passé un cap, ce jour-là. J'étais à lui, j'en étais sûr, mais il me semblait si loin parfois. Un jour, il était tendre, le lendemain, il me repoussait sans que je ne comprenne. Je crois qu'il lutte avec ses sentiments. Il ne sait pas ce qu'il doit faire. Il est perdu.

Finalement, Noël est arrivé et je lui ai trouvé quelque chose, mais j'ai comme un gros doute. Je pense lui offrir ce soir, avant que nous allions dîner en famille. Je dois le rejoindre chez lui et je suis un peu nerveux. J'ai mon cadeau à la main et alors que je sonne chez lui, sa mère vient m'ouvrir. Elle semble ravie de me voir.

-Thomas est dans sa chambre, dit-il. Tu peux aller le rejoindre.

-D'accord, merci.

Je me suis souvent posé la question, à savoir où était le père de Thomas. Il ne m'en jamais rien dit en tout cas. J'entre dans la chambre doucement et retrouve Thomas, assis à son bureau, en train d'écrire, comme d'habitude. Je me rapproche doucement, je suis persuadé qu'il ne m'a pas entendu. J'ai refermé la porte derrière moi. Thomas est totalement concentré.

-Tu me fais lire ? Demandais-je au dessus de son épaule.

Il sursaute et manque de tomber en arrière. Je retiens la chaise et il me regarde d'un œil noir.

-Je t'ai déjà dit que je n'aimais pas que tu arrives derrière moi en silence.

-Je sais, désolé. Mais un éléphant ne t'aurait pas détourné de ce que tu faisais.

-Probablement, mais ce n'est pas une raison.

Il bougonne encore et je ne peux m'empêcher sourire en le voyant comme ça. Il regarde quelque chose au niveau de ma main et je constate que c'est le cadeau que je veux lui faire pour Noël.

-C'est pour moi ? Demande-t-il.

-Oui, dis-je en rougissant.

-Cadeau de Noël ?

J'acquiesce sans un mot, alors qu'il prend le paquet. Il commence à l'ouvrir et ça m'angoisse un peu. Je ne sais pas si ça va lui plaire, s'il ne va pas me jeter ce cadeau à la figure. Je recule, peu sûr de moi et finit par m'asseoir sur son lit, en attendant qu'il ait fini. Il ouvre la boite et en sort le pendentif tribal que j'ai choisi pour lui. Je sais qu'il me regarde, mais moi, je ne le regarde pas. Il se lève, je vois ses pieds avancer vers moi. Il me relève doucement la tête, ses doigts soulevant mon menton. Finalement, nos yeux se croisent et son regard me semble indéfinissable.

-Merci, dit-il en se penchant pour m'embrasser.

Quelques secondes suffisent pour me faire perdre pied. Il recule et me sourit.

-Ca me plait si c'est ça qui t'inquiète. C'est pas que j'aime les bijoux, mais c'est assez discret et puis, ça vient de toi.

-Ah ! J'étais pas sûr que ça te plaise.

-Tout ce qui vient de toi, me plait.

Je dois rougir. Il dit toujours des mots surprenants. Il me tend soudain quelque chose. Je le regarde, il a l'air gêné.

-C'est ton cadeau, dit-il. J'étais pas sûr de l'avoir terminé avant Noël.

-Tu as écris… quelque chose pour moi ?

-T'emballes pas, c'est pas grand-chose. Mais, tu me diras ce que tu en penses.

-Bien sûr, dis-je en souriant chaleureusement.

Je prends le livre entre mes mains. Il a écrit cette histoire pour moi. Je me lève et l'embrasse.

-Je t'aime Thomas.

Il pose ses lèvres sur les miennes sans un mot. Ce n'est pas pour maintenant, mais je serai patient. Je sais qu'il préfère parler en écrivant et qu'il a justement écrit cette histoire avec son cœur.

-Je vais devoir rentrer, mes parents vont m'attendre.

-Oui, et mon père ne devrait pas tarder.

-Ah ! Je ne l'ai jamais vu, dis-je.

-C'est normal, il ne vit pas ici. Mes parents ont divorcé, il y a deux ans.

Je le regarde un moment, mais je comprends qu'il ne m'en dira pas plus. Je l'embrasse une dernière fois avant de partir et lui me serre tendrement dans ses bras.

-On se voit demain ? Demande-t-il.

-Oui, bien entendu.

*********

Deux mois après Noël, les choses n'ont pas beaucoup évolué. Thomas est toujours distant avec moi, même s'il me montre des marques d'affection assez souvent. Seulement, j'ai vraiment l'impression que quelque chose le bloque. Je ne pense pas que ce soit le fait que l'on soit deux hommes. Je pense simplement qu'il a dû mal à savoir ce qu'il ressent vraiment, ou plutôt, il ne sait pas comment maîtriser ses sentiments.

Alors, moi je m'éloigne aussi, peu à peu et ça ne lui plait pas. Je me permets de voir du monde, de discuter puisque lui préfère écrire. J'ai lu son histoire, elle m'a bouleversé, j'ai lu tous ses sentiments, le problème, c'est que ça ne me suffit pas, même si c'est une belle preuve d'amour.

-Il y a quelque chose qui ne va pas, constate Thomas.

-Comment ça ?

-Je parle de nous, Mathieu.

Je lève mon nez de mes devoirs. Thomas est assis en tailleur. Je suis persuadé qu'il a terminé. Il a vraiment de la chance.

-On s'éloigne, dit-il.

-Je sais.

-Pour quelle raison ?

-Tu ne le sais pas ?

-Toi tu le sais, dit-il.

-Et tu devrais le deviner, ce n'est pas difficile. Notre situation n'évolue pas, Thomas. On en reste toujours au même stade.

-Nous ne sommes que des adolescents, Mathieu.

-Je le sais, mais je croyais qu'on avait… passé un cap la dernière fois. Enfin, je ne te demande pas d'aller jusqu'au bout, mais je ne sais plus si tu m'aimes ou non. Tu restes distant, parfois je me demande si on est vraiment ensemble.

Il me regarde, un peu surpris, puis baisse les yeux. Je crois que j'ai visé juste. En fait, il n'est pas prêt à aller plus loin, pas prêt à me dire je t'aime.

-Je comprends, dit-il. Je ne suis pas doué pour exprimer mes sentiments.

-Je sais, c'est pour ça que je reste patient, mais ça ne pourra durer longtemps.

-Je vois.

Il se lève et doucement, je le vois prendre ses affaires. Je ne fais rien pour le retenir, même si j'en ai très envie. Pourtant, je comprends. Je comprends qu'il a besoin de prendre du recul, par rapport à notre relation. Même s'il était convaincu de ce qu'il ressentait, il est du genre à douter et dès qu'il se sent acculé, il recule. Je reste un moment à regarder la porte et je sens mes larmes qui commencent à couler. C'est ridicule, je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher.

**********

Quelques jours ont passé. Thomas a fait comme si de rien n'était, même si nous ne nous sommes plus embrassés, plus touchés, depuis. Il y a comme un fossé entre nous depuis ce jour. Pourtant, j'ai encore envie d'y croire.

-Viens chez moi, dit-il.

-Quoi ?

-Ne me fais pas me répéter, ça m'agace.

-D'accord.

Je n'aime pas quand il est comme ça. Il me ferait presque peur. Il était comme ça au début, quand on s'est rencontré. Nous allons dans sa chambre et je me sens tendu. Je pose mon sac et à peine ai-je relevé la tête qu'il m'embrasse comme un fou, comme si on ne s'était pas vu depuis des années et j'ai un peu l'impression que c'est le cas. Ces quelques jours de séparations ont été difficiles autant pour lui que pour moi, on dirait.

-Thomas…

-Je t'aime, dit-il.

J'écarquille les yeux et je l'observe en me demandant où est le mensonge dans ces mots, mais je ne vois que des yeux bleus sincères. Il ne plaisante pas. Je ne peux m'empêcher de sourire de soulagement.

-Je suis désolé, dit-il. J'avais peur. Je…

-Je sais, le coupais-je. Ne t'en fais pas, je comprends. Je t'aime Thomas. Vraiment.

-Moi aussi. Je ne veux pas te perdre.

Entendre ses mots sortir de sa bouche, ça me rassure, je me sens heureux tout à coup. Nos lèvres se rejoignent, doucement, puis avec plus de fougue. Si c'est ça le bonheur alors faites que le temps s'arrête pour que je puisse le serrer dans mes bras pour toujours.

Fin !