La vérité au fond de ses yeux

Auteur : Nicolina

Date de création : Lundi 26 octobre 2009

Avertissement : Yaoi (Histoires entre hommes, si ça vous dérange, vous savez ce qu'il vous reste à faire), Lime, Lemon, POV de Samuel

Disclamer : Les personnages m'appartiennent.

Petit mot : Voici une nouvelle histoire de Samuel et David, beaucoup plus poussée que d'habitude avec un lemon. ( Ce qui est très rare venant de moi) J'espère que vous apprécierez.

Dédicace : Merci Pilgrim pour tout ce que tu fais pour moi, d'être là et de me soutenir. Cette histoire n'aurait certainement pas existée si je ne t'avais pas connue.

Bonne lecture à tous !

-Samuel, arrête de soupirer.

Je regarde Sarah qui semble exaspérée par mon comportement. Mais, je n'y peux rien, j'en ai marre d'être ici. En plus, il est tard et il n'y a personne. Et malheureusement, je n'ai pas le choix, si je veux avoir de l'argent, il faut que je travaille.

-C'est bon, je vais en salle, nettoyer.

-Arrête de jouer les martyres, si ça ne te plait pas, tu n'as qu'à te trouver un autre travail.

-Ce n'est pas si simple. Des jobs d'étudiants, ça ne court pas les rues.

-Mais, quand on veut, on peut.

-Mouais, dis-je en la regardant.

Je contourne le comptoir et m'empare du balai. Il faut vraiment que je trouve autre chose. En plus, je dois encore réviser, et ça m'énerve. Je regarde la salle vide, enfin presque vide. Il reste un homme assis à une table, qui sirote ce qui semble être une bière. Je le regarde attentivement, costume cravate, plutôt élégant, très grand si j'en juge sa posture. Des cheveux noirs, mais je ne peux pas voir ses yeux. Il a de longues mains qui tiennent son téléphone portable dernier cri. Un téléphone que je ne pourrai jamais me payer. On peut se demander ce qu'il fait dans un endroit pareil. Je retourne au comptoir.

-Tu as vu le mec, là bas ? Demandais-je.

-Oui, il vient souvent ces derniers temps.

-Ah ! J'ai pas remarqué.

-Tu ne remarques jamais rien de toute façon.

-C'est pas très gentil ce que tu dis. Franchement, qu'est-ce qu'un homme aussi classe fait dans un fast-food.

-Aucune idée, dit-elle. Allez, dépêche-toi, on va bientôt fermer. Profites-en pour aller lui dire.

Je grimace. Et puis quoi encore ? Pourquoi c'est à moi de le faire. Je soupire en voyant qu'il est inutile de discuter avec Sarah. De toute façon, elle m'obligera à y aller. Je m'approche prudemment de lui. C'est nul, mais je suis impressionné. Il a une prestance qui me donne envie de partir en courant.

-Monsieur ? Demandais-je.

Il relève la tête et je reste un moment bouche-bée devant ses yeux. Des yeux bleus que je n'avais jamais vus avant.

-Oui ? Demande-t-il avec une voix grave.

-Heu… on va fermer.

-Ah ! Très bien. Merci.

Il se lève et me sourit. Pourquoi est-ce que je me sens si impressionné ? Surement parce qu'il est plus grand que moi et qu'il a beaucoup de charisme.

-Bonne soirée, dit-il.

-Bonne soirée, répétais-je.

Il passe la porte et je retourne près de Sarah. Vraiment bizarre ce type.

-T'en fais une tête, dit Sarah. Tu as vu un fantôme ?

-Mais non, bon, on ferme ?

-Oui, c'est bon, pas la peine d'être agressif.

Nous finissons notre service et je peux enfin rentrer chez moi. Il était temps. Je m'écroule sur mon lit. Quelle soirée bizarre !

*******

-Y'en a marre, dis-je en posant ma tête sur mes livres. Je n'y arrive vraiment pas.

Je galère vraiment avec mes cours. J'en ai marre, je devrais peut-être m'arrêter et trouver un travail. D'ailleurs, je devrais en changer. Sarah a raison, si j'ai vraiment envie de ne plus travailler dans ce fast-food, il me suffit de chercher autre chose. Mais en ces temps difficiles c'est compliqué de trouver un travail avec des horaires aussi flexible.

Mon téléphone sonne et je décroche.

-Oui, papa, dis-je.

-Comment vas-tu ?

-Ca va.

-Non, ça n'a pas l'air, dit-il inquiet.

-Je suis fatigué, c'est tout. Travailler tard ne m'aide pas vraiment.

-Je comprends, mais tu sais, tu n'es pas obligé de travailler, ta mère et moi, on peut très bien…

-Hors de question, le coupais-je. Je dois être indépendant.

-Je comprends. Mais n'en fais pas trop.

-D'accord. Je vais essayer. Bon, je dois te laisser, à plus tard papa.

-A plus tard.

Je raccroche et retourne à mes cours. Il faut vraiment que je me trouve un autre travail. Il en va de ma santé mentale. Je me lève, et décide d'aller faire un tour pour me changer les idées. Je flâne dans les rues, doucement et finis par atterrir dans une librairie. Je regarde les derniers livres sortis et entend malgré moi quelque chose d'intéressant.

-Tu as mis l'annonce.

-Oui, je l'ai mis. Je pense qu'elle ne restera pas très longtemps. Le travail ne court pas les rues.

Ca c'est sûr. Je me retourne et regarde les propriétaires. Est-ce que j'oserais leur demander ? J'ai vraiment besoin de changer de travail. Je m'approche du comptoir.

-Je peux vous aider ? Demande le propriétaire.

-Heu… en fait, je vous ai entendu parler d'annonce.

-Vous cherchez du travail ?

-Oui, mais je suis encore étudiant.

Le propriétaire me regarde attentivement. Je ne suis pas sûr de lui convenir. Il ne recherche certainement pas une personne sans expérience et surtout un étudiant.

-Nous avons besoin de quelqu'un à mi temps, dit-il. Les horaires d'un étudiant sont aléatoires, il me semble.

-Oui, dis-je un peu gêné.

-Vous avez votre emploi du temps sur vous ?

-Heu… non, mais je n'habite pas très loin. Je peux aller le chercher.

-Allez-y, on verra si vos horaires peuvent correspondre.

-Vous êtes sérieux ?

-Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ? Demande le propriétaire. J'ai besoin de quelqu'un rapidement et vous tombez bien.

-D'accord, je reviens tout de suite.

Je sors de la librairie, trop heureux de cette aubaine. J'espère vraiment que ça va aller. C'est ma chance. J'arrive à mon appartement quelques minutes plus tard, fouille dans mes affaires. Je regrette de ne pas ranger plus souvent, mais j'en ressors avec mon emploi du temps. J'arrive à la librairie, un peu essoufflé et temps mon emploi du temps. Il le regarde attentivement.

-Ca pourrait aller, dit-il. Par contre, vous devrez travailler tous les jours.

-Ce n'est pas grave, dis-je. Du moment que j'ai mes soirées pour réviser.

-Je comprends, les études, c'est important. Pour l'instant, je vous prends à l'essai, on verra bien par la suite.

-D'accord, dis-je en souriant.

-Vous commencez la semaine prochaine.

-D'accord.

Je ne peux m'empêcher de sourire, trop heureux d'avoir trouvé un travail si rapidement. Maintenant, il ne me reste plus qu'à prévenir le restaurant où je travaille que je ne reviendrais pas la semaine prochaine. Et c'est justement ce que je m'apprête à faire, le soir même, puisque je dois travailler.

-Tu as trouvé un travail ? Demande Sarah. Comment tu as fait ?

-J'ai eu de la chance. Les propriétaires d'une librairie près de chez moi, cherchaient quelqu'un pour travailler.

-C'est vrai que tu as de la chance.

-C'est sûr.

Ce soir, je suis heureux. Je sers les clients avec bonne humeur et alors qu'il n'y a presque plus de clients dans la salle, je constate que l'homme en costume cravate est encore là.

-Il passe vraiment son temps, ici, dis-je à Sarah.

-Oui, on dirait bien. J'ai toujours l'impression qu'il attend quelque chose.

Comme la dernière fois, je vais lui dire qu'on va fermer. Mais cette fois, je ne me sens pas impressionné. Je lui dis calmement que nous allons fermer et il s'exécute. Il semble un peu contrarié. Ses yeux bleus semblent embêtés. Je ne sais pas pourquoi. C'est plutôt bizarre. Il sort et je chasse bien vite cette vision de mon esprit.

*******

Le lundi suivant, je commence enfin mon nouveau travail. Je suis vraiment trop heureux et j'avoue que ça me plait énormément de travailler, entouré de livres. Je commence par ranger des livres, prenant un escabeau pour ranger ceux qui sont les plus en hauteurs. C'est fastidieux comme travail, car il faut les ranger au bon endroit, et ranger ceux que les clients ont déplacés. Mais, ça ne me gêne pas. Je regarde un peu partout. Il n'y a pas beaucoup de clients, mais il est encore tôt.

Je fais plusieurs allers retour dans la réserve, les bras chargés de livres. Je les pose sur une étagère pour pouvoir les ranger au fur et à mesure et alors que je commence à descendre de l'escabeau, je glisse sur une des marches et alors que je pense tomber, je sens quelque chose derrière moi qui me retiens. Je regarde la personne qui vient de m'éviter un regrettable accident et tombe sur deux yeux bleus. C'est pas vrai, l'homme du fast-food.

-Heu… merci, dis-je en retrouvant la terre ferme.

-Aucun problème. Faites attention la prochaine fois.

-Oui, dis-je simplement.

Je le regarde un peu surpris alors qu'il s'en va. Je n'en reviens pas qu'il soit ici. Il est toujours aussi impressionnant et encore plus quand il est debout. Je le regarde qui cherche un livre et il semble qu'il finit part trouver ce qu'il chercher. Il va au comptoir et c'est à ce moment que je décide, qu'il est temps que je retourne au travail. Et cette fois, je fais très attention à ne pas tomber des marches. C'était déjà assez gênant de se faire sauver la mise par quelqu'un.

*******

J'ai arrêté de travailler au fast-food, et maintenant c'est à la librairie que je le retrouve. Sarah m'a dit qu'il ne venait plus au restaurant depuis que j'étais parti. Ca commence à me foutre la trouille, parce qu'il vient à la librairie à chaque fois que j'y travaille. Je suis en train de me demander si ce n'est pas moi qu'il suit. C'est vraiment flippant. Et en plus, je n'arrive pas à me concentrer sur mes cours, je pense constamment à lui, ça m'énerve. Je me lève et j'entends la sonnette de mon appartement. Je vais ouvrir et tombe sur Mathieu, mon ami d'enfance. Je regarde derrière lui.

-Gwen n'est pas avec toi ?

-Elle attend dans la voiture.

-Elle attend quoi ?

-Ce soir, on va en boite et c'est non négociable, dit mon meilleur ami.

-Mais j'ai du travail.

-Tu as toujours du travail. Ca fait un moment qu'on ne s'est pas vu.

-On se voit à la fac, je te signale.

-Ce que je veux dire, explique Mathieu, c'est qu'on ne sort plus tous les trois ensemble, alors va te changer et on t'emmène. Ca te changera les idées. Et c'est pas la peine de dire non, sinon Gwen monte.

-Ok ! C'est bon.

Ca ne sert à rien que j'insiste. Si Gwen s'y met, elle risque de me faire une scène et je n'en ai aucune envie. Je vais me changer et nous finissons par aller dans la boite du coin. Je prends un coca, de toute façon, je sais très bien que je devrais ramener les deux autres et ils vont finir chez moi de toute façon. Je les connais. C'est toujours comme ça.

-Ne fais pas cette tête, dit Gwen. Tu n'es pas à un enterrement.

-Mais j'avais du travail.

-Je sais, mais il faut te détendre aussi. Tu vas finir avec un ulcère à l'estomac si tu travailles trop.

-N'exagère pas.

-Je n'exagère pas, dit Gwen. Allez, viens danser.

-Non, je…

Elle me regarde d'un air noir, et je comprends qu'il est inutile d'insister. Je me lève et commence à danser avec elle. Je n'en ai vraiment pas envie, mais bon, maintenant que j'y suis… Alors que je commence enfin à m'y faire, je sens quelque chose me frôler. Je regarde autour de moi, j'ai dû rêver. De toute façon, il y a du monde. On frôle beaucoup de gens. Je danse à nouveau, et cette fois, je sens quelque chose qui me pince les fesses, je me retourne et c'est là que je le vois.

-Sam, ça va ? Demande Gwen.

-Ouais, tu m'excuses, j'ai… une envie pressante.

-Heu… d'accord.

Je traverse la foule difficilement. Il est encore là, j'en suis persuadé. Mais pourquoi ? Est-ce que c'est bien lui qui a fait ça ? Je veux savoir. Est-ce qu'il me suit comme je le pense ? J'arrive dans les toilettes, je l'ai vu entrer j'en suis sûr, et pourtant il n'y a personne. Quoiqu'il est peut-être dans les cabines. Je m'apprête à repartir quand je sens des bras m'entourer.

-C'est moi que tu cherchais, dit une voix grave.

Je me retourne vivement et je vois encore ses yeux bleus. Il sourit, c'est vraiment bizarre. Je me dégage de son étreinte.

-Pourquoi tu me suis ? Demandais-je.

-C'est toi qui m'as suivi.

Je ne dis rien, lui non plus. Dans le cas présent, oui, c'est moi qui l'ai suivi. Il finit par se rapprocher de moi et j'avoue ça me met en colère. Il me tire soudain par le bras et m'emmène dans une cabine et ferme la porte. D'un seul coup, ma colère retombe et je commence à avoir peur. Il me sourit, un peu trop.

-Laisse-moi sortir, dis-je.

-Tais-toi.

Je suis complètement effrayé, mais j'essaie toute de même de sortir. Il me repousse et sans que je comprenne, il finit par m'embrasser. Sa bouche me fait taire et je suis incapable de bouger. Sa main gauche prend mes poignets et je ne sais plus ce que je dois faire. Il continue à m'embrasser et je reprends conscience au moment où il essaie de passer sa langue dans ma bouche. Je tourne la tête.

-Laisse-moi.

Il ne prend pas en compte mes protestations, car il m'embrasse à nouveau et tout d'un coup, je sens sa main se poser sur mon entrejambe. C'est pas vrai. Qu'est-ce qu'il fait ? Je me débats, mais sa main sur mes poignets est ferme et je suis complètement coincé. L'endroit est étroit et je ne peux plus bouger. Je le sens ouvrir ma braguette et sa main droite finit par trouver ce qu'elle cherche. J'émets un hoquet de surprise quand sa main commence à caresser mon sexe et avec un air de dégoût, je constate que je réagis malgré moi. Je ne peux m'empêcher de gémir, gémissements étouffés par sa bouche qui continue à m'embrasser. Ses va et viens me font perdre la tête. C'est pas possible, qu'est-ce qui m'arrive ? Les sensations sont tellement intenses que je finis par jouir dans sa main.

J'halète sans pouvoir me calmer. Il m'a lâché. Je n'en reviens pas. Je le regarde alors qu'il porte sa main droite à sa bouche. Je le regarde complètement hypnotisé alors qu'il goute ma semence. Il est malade ce type, c'est ça. Je suis tombé sur un malade. Il sort de la cabine de toilette et moi j'y reste encore un moment, avant de me rhabiller. Je tremble, c'est horrible. Je veux rentrer chez moi. Je finis par sortir des toilettes et je rejoins mes amis.

-Eh ! Ca va pas ? Demande Gwen. Tu es blanc comme un linge.

-Je crois que je suis malade, dis-je. Je vais y aller. Mais vous pouvez rester, je vais rentrer à pied.

-Tu es sûr que ça va aller ?

-Oui, c'est bon. A plus tard.

Je sors de la boite. Je crois que je tremble encore. En fait, je ne sais pas trop. A moins que ce ne soit le froid. Il s'est mis à pleuvoir. C'est bien ma veine. Pourtant, au lieu de me presser, je prends mon temps. J'ai envie de chasser ces images de ma tête, pourtant, je n'arrête pas d'y penser. Qu'est-ce qui m'a pris de le suivre ? Je suis vraiment un imbécile. J'aurais dû me douter que c'était louche.

********

Je n'ai quasiment pas dormi depuis trois jours. Je suis malade, la grippe d'après le médecin. J'ai pris froid juste après être allé en boite. J'ai vomi toute la nuit et pleuré aussi. J'ai du mal à oublier ce qui s'est passé dans ces toilettes. J'ai encore du mal à croire ce qui s'est passé. Résultat, je suis coincé chez moi, j'ai dû prévenir mes patrons. Heureusement, ils se sont montrés compréhensifs. On ne peut rien faire quand on est malade. Mais je me sens mal, encore et ce n'est pas que la maladie. Je me redresse, mais retombe vite sur mon oreiller. Je somnole à moitié, si bien que j'ai l'impression d'entendre la porte de mon appartement s'ouvrir. Je finis par m'endormir. Même si c'est un voleur, je ne pourrais rien faire de toute façon. J'ai l'impression d'être mort.

Je me réveille quand je sens quelque chose sur mon front. Ca me fait du bien, j'ai l'impression que ça calme ma fièvre. Mais qui est là ? J'ouvre les yeux et je prends à peine conscience que ce sont des yeux bleus qui me regardent. Ses yeux bleus. Je me relève brusquement, mais la tête me tourne et il m'aide à me recoucher.

-Dégage de chez moi, dis-je.

-Ce n'est pas gentil, ça fait deux jours que je m'occupe de toi.

-Pardon ?

Je me relève, un peu, aidé par lui. Deux jours ? Ce n'est pas possible. Ca veut dire que ça fait deux jours qu'il est là, à me surveiller.

-Je n'ai pas besoin de toi, dis-je.

-Je sais, dit-il. Mais, je voulais juste t'aider.

-En t'introduisant chez moi.

-La porte n'était pas fermée et je m'inquiétais.

-Tu t'inquiétais de quoi ? Que j'aille raconter ce que tu m'as fait ? Aucun risque, je ne suis pas fou.

-Je suis désolé, dit-il. J'ai perdu la tête. Mais je…

-Je ne veux rien savoir. Tu n'as pas arrêté de me suivre et tu m'as… Dégage de chez moi.

Il se lève et je constate qu'il s'en veut réellement. Ses yeux ne mentent pas. Il me désirait ce soir là, je le sais bien. J'ai même vu une pointe de frustration. S'il avait pu aller plus loin, il l'aurait fait, je le sais. Mais il s'est retenu, ou presque. Il sort de la chambre et j'entends la porte de mon appartement s'ouvrir, puis se refermer. Pourquoi je me sens mal tout à coup ? Après ce qu'il m'a fait, je devrais être en colère, alors pourquoi ce n'est pas le cas ? Pourquoi ses yeux me hantent-ils à ce point ?

******

Quelques jours plus tard, j'ai pu enfin retourner à la fac et reprendre mon travail. Il n'est pas revenu et ce n'est pas un mal. Et pourtant, je n'arrête pas de penser à lui. Il n'est pas revenu non plus à la librairie. Je l'avoue, je l'ai souvent cherché du regard, m'attendant à le voir passer la porte avec son air charismatique. C'est bien ce que je pensais, j'ai vraiment perdu la tête. Il m'a vraiment faire perdre la tête.

-Samuel, vous pouvez aller chercher ces livres dans la réserve ? Demande le propriétaire.

-Oui, dis-je en prenant la liste.

Je vais dans la réserve et commence à récupérer tous les livres. Et malgré moi, mes pensées se tournent vers cet homme mystérieux. Je ne connais même pas son nom, mais ça devrait m'être égal. Après ce qu'il m'a fait… Je ne peux même plus prendre ça pour excuse, parce que je ne lui en veux pas tant que ça. Je n'ai pas oublié, mais j'ai vu tellement de sincérité la dernière fois. Je me fais sûrement avoir, il joue sûrement avec moi, mais le fait qu'il ne vienne plus, me fait penser qu'il regrette vraiment.

Je reviens dans la librairie avec les livres et je manque de les faire tomber, quand je l'aperçois au comptoir, des lunettes noires à la main et son téléphone de l'autre. Il discute avec le gérant et je m'approche prudemment. Je me sens gêné. Le revoir me fait un choc, je ne peux pas le nier. Je passe derrière le comptoir et pose les livres près du propriétaire.

-Samuel, est-ce que tu peux aller chercher ce livre, c'est pour monsieur, dit-il en le désignant.

-Oui, j'y vais.

Je ne le regarde pas, je n'y arrive pas, mais je sais que lui n'arrête pas de m'observer. Je sens ses yeux bleus sur moi. Ca me fait frissonner, rien que d'y penser. Je reviens avec son livre et m'aperçois que c'est un livre de cuisine. Je grimace en me disant qu'il n'est pas du tout du genre à cuisiner. Je reviens au comptoir.

-C'est pour offrir, dit-il en souriant.

-Vous voulez qu'on vous l'emballe ? Demande le propriétaire.

-Si ça ne vous gêne pas.

-Pas du tout. Samuel tu t'en occupes.

-Oui.

Je prends le livre et tourne le dos à cet homme, qui m'observe sans cesse. J'ai envie de lui dire d'arrêter, mais il reste un client. J'ai l'impression que son regard me brule. Je ressens vraiment des choses bizarres et mes pensées se tournent vers ce qui s'est passé. J'ai l'impression de sentir ses mains sur moi, comme la dernière fois. J'essaie de me calmer. Il me rend fou. Je lui tends le paquet et il effleure mes doigts. Je ne peux empêcher un frisson de me parcourir. Je crois que je suis en train de rougir, parce qu'il n'arrête pas de me sourire. Il finit par s'en aller et je me sens soulagé d'un seul coup.

-Samuel, tout va bien ? Vous êtes tout rouge. Vous ne couvez pas encore quelque chose ?

-Non, non, tout va bien, dis-je en retournant à mon travail. Tout va très bien.

*******

Je vais m'arracher les cheveux si ça continue. Je me prends la tête sur mes cours. J'ai envie de faire tout autre chose, si bien que je finis devant la télévision à regarder un film. Je n'ai pas encore mangé, je ne sais même pas si j'ai faim. J'ai mangé tard à midi et j'ai grignoté pendant que je révisais mes cours. Je sais que ce n'est pas bien, mais j'avais faim à ce moment là. Je me lève et constate que le frigo est vide. Il va vraiment falloir que je pense à aller faire les courses. Et alors que je regarde dans les placards, j'entends la sonnette. Je vais ouvrir et je me fige en voyant la personne devant moi, ce qui ressemble à un repas à la main.

-Tu as faim ? Dit-il.

-Heu… Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je voulais te voir.

Je fronce les sourcils, mais bizarrement, je suis content de le voir. Je le laisse entrer alors que je sais que je ne devrais pas, mais c'est plus fort que moi.

-Un japonais, ça te va ? Dit-il alors que je referme la porte.

-Tu n'étais pas obligé, dis-je. D'ailleurs, je ne vois même pas pourquoi tu es là.

-Je te l'ai dit, je voulais te voir. C'est pour me faire pardonner.

D'un seul coup, je le trouve beaucoup moins charismatique. Il semble plus décontracté et il a abandonné son costume cravate pour un jean et un T-shirt. Il a l'air beaucoup plus jeune et je me demande quel âge il peut bien avoir. Nous nous installons devant la télévision. Je ne sais pas du tout pourquoi je ne le mets pas dehors, mais bon… j'avoue que c'est agréable de dîner avec quelqu'un et les sushis qu'il a ramenés sont délicieux. Nous ne parlons pas de la soirée, je ne sais pas quoi dire de toute façon et il ne semble pas vouloir parler non plus. Nous regardons tranquillement le film que j'avais commencé, et c'est à ce moment là que je finis par m'endormir.

*******

Il fait chaud, très chaud. C'est bizarre. Je bouge pour essayer de me dégager de cette source de chaleur, mais elle revient à moi. Je n'aime pas avoir trop chaud dans mon lit, ça me fait transpirer. Mais je ne comprends pas pourquoi j'ai si chaud. Je n'ai pas mis le radiateur pourtant. J'ouvre les yeux. Je ne me souviens même pas être allé me coucher. Je sens quelque chose dans mon dos, quelque chose qui bouge et alors que je me retourne et constate que c'est lui, je tombe du lit pour m'éloigner et c'est à ce moment qu'il se réveille. Ses yeux bleus endormis me font rougir. Encore un nouvel aspect de sa personnalité.

-Qu'est-ce que tu fais dans mon lit ? M'écriais-je.

-Il était tard, alors…

-Tu t'es dit que tu pouvais dormir avec moi. Tu ne pouvais pas prendre le canapé ?

-C'est plus confortable ici et puis, tu as un lit deux places.

Je grogne et me relève. Je constate que je suis en caleçon. Et en plus, il m'a déshabillé.

-Sors de mon lit.

Il me regarde un peu surpris, mais s'exécute et soudain, je me sens rougir. Il est totalement nu. Je reste un moment à le regarder trop surpris. Il a dormi avec moi, à poil et sans la moindre gêne. Je détourne le regarde, mais malgré moi, je ne peux m'empêcher de l'observer. Il vient vers moi et je ne bouge pas.

-Au fait, je m'appelle David, dit-il.

Toujours nu, il m'observe, un peu amusé et je ne peux m'empêcher d'avoir chaud. Je vois son érection qui commence à apparaitre et je me sens encore plus gêné, parce que malgré moi, je ne peux m'empêcher de réagir. Il s'avance vers moi, comprenant ce qui se passe et finit par me faire asseoir sur le lit. Je ne réagis pas et je le laisse faire, toujours hypnotisé par son corps, trop beau pour être vrai. Il finit par se mettre à genou devant moi et je commence à angoisser à l'idée de ce qu'il va faire. Pourtant, je ne bouge pas, je ne le repousse pas. Il est un peu plus hésitant que la dernière fois.

Il finit par poser ses mains sur moi, doucement. Je le vois passer sa main droite sur ma cuisse et je frissonne malgré moi. Encouragé, il pose sa main sur mon sexe dressé. J'ai du mal à croire ce qui se passe, mais je n'ai pas envie de le repousser. Il me caresse doucement, en me regardant dans les yeux et moi je détourne la tête, gêné. Je le sens qui s'avance et soudain, je sens sa langue sur moi, qui commence à me lécher, et je sens sa bouche me sucer doucement, alors que je gémis malgré moi. C'est bon, trop bon. Il fait ça lentement et je ne peux empêcher mes mains de se perdre dans sa chevelure brune et l'obliger à aller plus vite. Et soudain, je prends conscience que j'ai envie de le voir et je baisse les yeux pour l'observer, son visage est rouge et ses mouvements sont rapides. Il m'excite c'est indéniable. J'adore voir son visage comme ça et rien que d'y penser, de le voir, je viens dans sa bouche, sans que je ne puisse me retenir.

Il se relève lentement, alors que j'ai du mal à reprendre mes esprits. Je le regarde, les yeux embrumés par la jouissance. Je vois son érection et détourne les yeux. Je ne sais pas si j'en suis capable.

-Je peux utiliser ta salle de bains ?

Je le regarde, un peu surpris, avant d'acquiescer. Il entre dans la salle de bains. Il a bien compris, et pourtant, je ne sais pas… Je crois que j'ai envie de lui. Je m'approche de la porte de la salle de bains, je ne l'ai pas entendu la fermer, mais j'entends parfaitement ses gémissements. J'ouvre la porte doucement. J'ai envie de le voir et là, le spectacle me fait reculer. Il a une main sur son sexe et l'autre… ses doigts le pénètrent. Je reste figé devant ce spectacle incroyable. Et malgré moi, je sens mon excitation revenir. Il est si vulnérable en cet instant, si soumis. J'ai du mal à croire que c'est le même homme que j'ai rencontré au restaurant.

J'avance doucement et m'agenouille devant lui. Il est perdu dans son excitation. Je ne sais même pas s'il m'a vu et quand sa main droite se pose sur mon bras, je comprends ce qu'il veut de moi. Ses yeux bleus me regardent avec envie et pas besoin de mot, je ne sais déjà plus où j'en suis. Je me rapproche de lui, j'ai envie de lui et il a envie de moi. Il écarte un peu plus les jambes pour me laisser l'accès et doucement pour ne pas lui faire mal, je le pénètre. Une sensation bizarre, il est si chaud et si étroit que je ne sais plus vraiment ce que je fais. Il se serre soudain contre moi et je finis par toucher son sexe alors que le mien fait des va et viens en lui, doucement, puis plus rapidement. C'est si bon, que je n'arrête pas de gémir son nom.

-David…

Il ne dit rien, mais je comprends dans ses gestes qu'il aime ça et il m'oblige à aller plus vite toujours plus vite. Ses gémissements me font perdre la tête. Ses yeux bleus sont remplis d'excitation et bientôt je me répands en lui, tandis que lui jouit entre nous, sa semence nous recouvrant.

Je reste un moment sans bouger, essayant de recouvrer mes esprits, avant de me retirer. Il me prend dans ses bras et je m'aperçois que je tremble. Nous nous levons ensemble et je manque de tomber. Il me rattrape dans ses bras et nous allons prendre une douche, en silence. Je me serre contre lui et apprécie d'être dans ses bras musclés. Je sais que c'est dingue, ce qu'on a fait, mais je n'arrive pas à regretter. Je n'ai jamais ressenti ça avant. Nous finissons par nous recoucher et le lendemain, il part sans un mot, mais je sais qu'il reviendra.

*******

Il est revenu, chaque jour, et nous avons fait l'amour souvent. Il est beaucoup plus tendre avec moi, c'est vraiment bizarre. Mais à présent, il y a quelque chose qui me tracasse. Il vient sans cesse chez moi, il me montre qu'il m'aime, mais il ne m'a encore rien dit sur lui. Je lui ai raconté pas mal de choses sur moi, mais lui ne me dit jamais rien. Il ne fait que m'écouter et me poser des questions. Tout ce que je connais sur lui, c'est son prénom.

Je relis plusieurs fois la même phrase. J'en ai assez. Je referme mon livre avec rage. De toute façon, ça ne sert à rien que je continue, je n'arrive pas à me concentrer. Jusqu'ici, ça ne m'avait pas gêné et maintenant, je crois que j'ai envie d'en savoir plus. J'entends la porte s'ouvrir et il entre. Depuis quelques temps, je ne vois quasiment que lui, même si je n'oublie pas mes amis. Ces derniers se demandent ce qui m'arrive et je n'ai pas osé leur dire.

-Tu ne révises pas ? Demande David.

-Non, j'en ai marre.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette.

-Si ça va.

Nous nous asseyons sur le canapé. Ca y'est, je suis énervé et je crois qu'il le sent parce qu'il ne reste loin de moi, il ne me touche pas.

-Dis-moi ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose ?

-Non, c'est moi, je m'énerve tout seul.

-Pourquoi ?

-Pourquoi tu ne me dis jamais rien sur toi, dis-je soudainement. Je te parle souvent de moi, mais moi je ne connais rien de toi.

-Je vois, alors c'est ça qui te contrarie ? En fait, tu ne m'as jamais posé de questions alors je croyais que ça ne t'intéressais pas.

-Bien sûr que ça m'intéresse, m'indignais-je.

-Tu sais, je n'aime pas m'imposer, j'attends que les gens me posent des questions pour y répondre. J'avais envie de t'en dire plus, mais comme tu ne me posais pas de question, alors j'en déduisais que tu ne voulais pas savoir.

-Je veux savoir, dis-je en détournant la tête. Quel âge as-tu ? Quel est ton nom de famille ? Quel est ton métier ? As-tu des frères et sœur ?

-Eh bien, que de questions. J'ai vingt huit ans, je m'appelle David Andoria. Je suis conseiller financier et j'ai un frère plus jeune.

Je le regarde. Il m'a dit ça tellement facilement, que j'ai envie de me frapper de ne pas lui avoir demandé plus tôt.

-Conseiller financier ?

-Oui.

-Et tu vis où ?

-Tu veux que je t'y emmène ?

-Oui.

Il se lève et me tend la main. Je la prends sans hésiter. Je m'approche de lui et il me prend dans ses bras. Comment ma vie a-t-elle pu changer à ce point ? J'ai du mal à croire que j'ai succombé à ses yeux, mais je ne sais pas… quoiqu'il m'ait fait, je n'arrive pas à le repousser.

Nous sortons en voiture et une dizaine de minutes plus tard, nous arrivons dans un quartier résidentiel où s'alignent une multitude de maisons tout aussi impressionnantes les unes que les autres. Nous arrivons devant un portail qui s'ouvre à notre arrivé et d'un seul coup, je me sens très mal à l'aise. Ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais. Sa vie est encore plus classe que je ne l'avais pensé, mais j'aurais dû m'en douter. Des costumes hors de prix, un téléphone qui l'est tout autant et puis, il est conseiller financier. Nous sortons de la voiture et d'un seul coup, je ne sais plus si j'ai envie d'en savoir plus. Nous entrons dans la maison et le luxe de cette maison, commence à me faire peur. Il m'emmène dans le salon et nous nous asseyons sur le canapé. David va nous chercher de quoi boire et je ne peux m'empêcher d'observer la pièce.

-Voilà, c'est chez moi, dit-il en tendant un verre.

-Oui.

Je sais qu'il me regarde, mais je reste le nez rivé sur mon verre. Je ne bois pas, je ne fais rien. Je me sens juste mal à l'aise. D'un seul coup, il prend mon verre et le pose sur la table basse en verre. Ca va faire des marques, mais il ne semble pas s'en préoccuper. Il m'oblige à me lever et m'emmène dans sa chambre. Une grande chambre, beaucoup trop grande, presque impersonnelle. J'ai envie de partir. Je ne me sens vraiment pas à l'aise.

David me prend dans ses bras. Je sais qu'il essaie de me détendre. Il m'embrasse, je sens ses lèvres douces sur les miennes. Ses mains me touchent partout. Il enlève ma chemise, mais je ne sais pas, je n'ai pas envie.

-Non, dis-je soudainement.

David me regarde. Je détourne les yeux et il me serre à nouveau contre lui, mais je me dégage de lui.

-Je veux rentrer, dis-je.

-D'accord, dit-il.

Je sens de la déception dans la voix.

-Non, je rentre seul. J'ai besoin de marcher un peu.

-

Samuel…

-Ce n'est rien, j'ai juste besoin… d'être seul.

Je ne le regarde pas alors que je quitte sa maison. Le portail est resté ouvert. Je ne m'attendais pas à ça. Je me sens bête. Ma réaction était idiote, mais je ne sais pas… voir sa façon de vivre m'a fait comprendre qu'on était différent, que je ne connaissais vraiment pas sa vie. Et je me demande maintenant ce qu'il fait avec moi. Il pourrait avoir une famille, une femme qui l'aime, des enfants, plutôt que de perdre son temps avec un mec encore à la fac. Je me sens vraiment minable.

******

David n'arrête pas d'appeler, de passer chez moi. Il trouve toujours porte close. Je suis depuis trois jours chez Mathieu. Il a bien voulu m'accueillir. Le seul endroit où je ne peux pas me cacher, c'est la librairie et à chaque fois qu'il vient, je vais dans l'arrière boutique. Je sais que je suis nul, mais j'ai peur, peur de lui. Et je ne sais pas pourquoi.

Je sors de la librairie, il est tard. Je rentre doucement, quand je sens que quelqu'un me prend le bras et m'oblige à monter dans une voiture. Après avoir regardé autour de moi, je constate que c'est la voiture de David. Il est monté rapidement à la place du conducteur et démarre la voiture, fermant les portes à clé.

-Laisse-moi descendre.

-Pas avant qu'on ait parlé.

Il conduit calmement, heureusement. Je pensais qu'il serait plus nerveux. Nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin dans un endroit désert où il n'y a presque personne qui passe. Il fait nuit et c'est bien. Je n'ai pas envie de voir ses yeux et pourtant, il me force à le regarder. Ses mains prennent mon visage et je ne peux que plonger dans ses yeux bleus.

-Pourquoi tu me fuis ? Qu'est-ce que j'ai fait.

-Tu n'as rien fait, dis-je en essayant de fuir son regard.

-Alors quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Rien… c'est moi, je suis un imbécile.

-Tu veux qu'on arrête ? Demande-t-il avec une angoisse dans la voix.

Je le regarde. Qu'on arrête ? Je ne sais pas. Il me lâche et mon silence a l'air de lui faire comprendre que c'est le cas.

-Ce n'est pas… ce que je veux, dis-je finalement. Mais j'ai pris peur.

-Tu as pris peur ? Pourquoi ?

-Voir où tu habites, ça m'a effrayé. Je me suis demandé… pourquoi tu étais avec moi. Tu pourrais avoir une famille. J'étais mal à l'aise.

-Tu es vraiment idiot. Je n'ai pas été dans un fast-food tous les jours parce que j'aime ça, dit-il. C'est parce que tu étais là. Pareil pour la librairie. J'ai dérapé en boite, et j'ai même eu peur que tu me détestes.

-Tu veux dire…

-La première fois que je t'ai vu, j'ai compris que c'était toi que je voulais et personne d'autre. Je t'aime, Samuel.

Je le regarde un peu surpris par sa déclaration. Il m'embrasse soudainement et pris au dépourvu je ne ferme même pas les yeux. Son baiser se fait plus intense et je me laisse enfin aller. Alors, c'était ça depuis le début. Je n'ai rien compris, mais je suis un imbécile, non ? Il se recule et me sourit.

-Tu es rassuré ? Demande-t-il. Je ne veux pas qu'on se sépare sur un malentendu.

-Oui, ça va mieux. Excuse mon comportement. J'étais juste en plein doute, parce que… je… Je crois que je t'aime aussi. Je ne me serais pas comporté ainsi, sinon.

-Je comprends. On rentre ?

J'acquiesce avec timidité. J'ai du mal à croire que je lui ai dit que je l'aimais. Tout au long du chemin, je ne peux m'empêcher de le regarder. Ses yeux bleus croisent les miens alors qu'il s'arrête devant mon appartement, ou plutôt notre appartement. Nos regards se croisent et je vois la vérité au fond de ses yeux bleus.