Titre : Comme une roue

Claimer (Ouaip, pourquoi je vais 'disclaim' quelque chose qui est à moi ? O.o) : Cette histoire et ces personnages m'appartiennent, etc. :D

Résumé : Oh, alors vous voulez le mode d'emploi pour être un antisocial ? Faire et dire ce qu'il ne faut pas quand il ne vaudrait mieux pas ? Entre autres vous mettre à dos votre patron dès votre première rencontre ? Vous avez frappé à la bonne porte. A part ça ? Enchanté, je m'appelle Justin.

Note : Une nouvelle histoire ! :D Désolée, cette histoire me hantait l'esprit, je la publierai donc en parallèle avec 'Bonded'. Bonne lecture !

…oOo…

La porte claque derrière moi et je me baisse pour enlever mes chaussures. Quand je me redresse, la profonde inspiration que je prends me fait avaler une bonne quantité de la fumée qui flotte dans l'appartement, ce qui me fait tousser pendant dix bonnes secondes.

Soit c'est de l'encens, soit…

Je fronce les sourcils.

-Angie !

Un bruit au bout du couloir me fait deviner qu'elle est dans le salon.

Angie, c'est ma colocataire depuis trois ans, elle est un peu particulière dans le genre hippie/bad girl. Oui, moi aussi je me suis toujours demandé comment elle faisait pour combiner ces deux personnalités. Elle est spéciale je vous dis. (En fait, je pense qu'elle est schizophrène.)

Je la trouve bien dans le salon, assise à même le sol en train de fumer… du narguilé.

-Angie…

-Huh ?

Elle lève sur moi un regard hagard.

-Oh, hey ! Euh…

Elle semble réfléchir un instant.

-… Franckie ! Haha ! Tu vas jamais me croire mais j'ai failli oublier ton prénom !

… Non, jure ?

Je la regarde d'un air dubitatif s'esclaffer et presque crever en s'étouffant avec sa propre salive.

Elle a dû fumer assez longtemps pour s'intoxiquer le cerveau.

Je m'abstiens de lui signaler que 'Franckie', c'est le prénom de son ex et que le mien c'est Justin. Oui, comme dans 'Justin Timberlake', merci bien.

Bref, ça ne servirait à rien vu son état, donc je me contente de me débarrasser de mes affaires sur le canapé et de me laisser tomber dessus.

D'après ce que j'ai cru comprendre, pour se défaire de son addiction à la marijuana, elle a trouvé comme alternative d'en faire une addiction au narguilé. De vous à moi, je me demande comment elle a eu l'idée.

C'est un investissement qui lui coûte plus cher, c'est vrai, mais elle a l'argent. Oh, pardon. Ses parents ont l'argent.

Vous voyez, Angie est la fille du Cheikh d'un petit royaume dans les environs de Brunei. Son vrai nom est d'ailleurs Yasmine Djeynaba Al-Nuur. Mais elle insiste pour qu'on l'appelle Angie.

S'il vous plaît, ne me demandez pas pourquoi. Je n'en ai aucune idée.

Je disais donc que ses parents ont parfaitement les moyens de financer ses lubies, le reste ne les intéresse pas du moment que ses frères sont là pour assurer la succession.

Un poids qui fait s'enfoncer le canapé à côté de moi me sort de mes pensées.

C'est Angie qui vient de s'asseoir et elle a l'air un petit peu plus lucide. Un tout petit peu.

Elle me sourit avec chaleur. Ses yeux noirs légèrement bridés me sourient aussi et je ne peux pas empêcher la commissure de mes lèvres de se relever un peu en réponse.

Elle est belle Angie. Elle a une peau caramel foncé et de longs cheveux ondulés d'un noir aussi profond qu'une nuit sans lune.

Elle dit toujours qu'elle est un cocktail exotique entre l'Afrique, le Moyen Orient et l'Asie…

… Et je lui réponds toujours que la modestie n'est pas une maladie mortelle. Elle peut en avoir sans crainte.

Oui, Angie a parfois besoin qu'on lui remette les pendules à l'heure.

Elle tend le bras et vient plonger ses doigts dans ma masse capillaire couleur d'automne.

-Dis… T'aurais pas besoin d'une coupe de cheveux ? Tu sais, je pourrais…

-Non., la coupais-je sans ménagement. Mais merci quand même.

Il est hors de question qu'elle s'approche de moi avec un objet tranchant. Je la trouve trop instable pour ça.

-Ooooh… Dommage.

Pendant un instant, elle a l'air toute triste, puis elle retrouve aussitôt sa gaieté.

-Je t'accompagnerai chez le coiffeur ce week-end inchallah !

-Si tu veux…, acquiesçais-je mais une pensée me fait reprendre :

-En fait, je ne sais pas trop si je pourrai. C'est la folie en ce moment au bureau. Je n'ai pas une minute à moi.

-Ah oui, vous changez de patron, c'est ça ? Dit-elle d'un air compatissant.

Je suis épaté qu'elle ait retenu ça la connaissant.

-Oui, le petit-fils du président va reprendre les rênes de l'entreprise et ça crée un tohu-bohu infernal, parce que tout doit être nickel pour le nouveau boss.

-Hm ?

Je la regarde.

Elle observe le plafond d'un air extatique. M'a-t-elle écouté au moins ?

-T'en fais pas Justin, tout ira bien, Allah est avec toi, dit-elle au moment où je m'y attends le moins.

Je sursaute. Cette fille est fêlée.

-Oui… Si tu le dis. N'empêche que je vais probablement être obligé de faire des heures supp' ce week-end, soupirais-je.

Elle hausse une épaule.

Dis-moi que tu t'en fous tant que t'y es.

-Euh… Tu veux que je commande quelque chose pour dîner ? Demandais-je.

Ses yeux paraissent soudain animés d'une lueur nouvelle.

-Pho-thaï je veux ! S'exclame-t-elle avec l'énergie d'une puce sur extasy et en oubliant momentanément l'usage correct de la langue.

Je me lève pour aller prendre le téléphone et je la vois faire de même.

-Tu vas où ? Tu veux passer la commande ?

-Hein ? Fait-t-elle avec un air un peu paumé. Nan. Haha… Je vais juste prier Isha.

-Okay.

Elle sort de sa chambre dix minutes plus tard et me rejoint devant la télé.

-Tu regardes quoi ?

-Cartoon Network.

Elle garde le silence quelques secondes.

-Tu plaisantes ?, me demande-t-elle comme si la télé n'était pas en face d'elle et qu'elle ne voyait pas Dexter faire (encore une fois) sauter son laboratoire.

Je mets un point d'honneur à ne pas lui répondre.

Quoi ? J'aime regarder les chaînes pour enfant. Ce n'est pas parce que j'ai vingt-six ans que je n'ai pas le droit d'être fan du 'Laboratoire de Dexter'… Chacun son addiction.

-Hey, Justin.

-Hm ?

-Je peux mettre Oxygen s'il te plaît ? Il y a…

-Non.

-Mais…

-Non.

Angie oublie toujours que je déteste les émissions stupides qu'elle adore. Je suis peut-être gay, mais ça ne veut pas dire que je vais passer mon temps à regarder avec elle des programmes débiles pour fille en commentant niaisement chaque apparition d'un spécimen mâle.

Et Angie a tendance à oublier ça…

En fait, je pense qu'elle le fait exprès.

En attendant, elle boude et je l'ignore. Elle ne me privera pas de mes épisodes de Dexter…

Le reste de la soirée se déroule à peu près sur le même schéma que les autres jours :

Nous nous disputons la télécommande pendant assez longtemps pour que je rate un épisode de 'Family Guy' ; on décide d'un commun accord de regarder des animaux évoluer dans leur habitat naturel sur Discovery Channel ; la livraison arrive au moment palpitant et plein d'émotion où un lion va sauter sur sa proie ; nous dînons en riant de notre bêtise ; j'abandonne Angie dans le salon et je vais prendre ma douche ; je vais me coucher sur un 'bonne nuit' sonore.

Ma parole. On dirait un vieux couple.

Le lendemain, ma journée au boulot est chaotique. Ils pensent qu'on n'a pas de vie en dehors du bureau ou quoi ?

Hm… C'est peut-être vrai dans mon cas mais là n'est pas la question.

Quoi qu'il en soit, mes craintes se sont révélées exactes : ce samedi, ce sera 'travail sans répit' pour moi.

Le soir, Angie me taquine un peu. Ah oui, elle, elle est encore étudiante, donc elle en profite.

Mon samedi se passe donc comme un vendredi : fatiguant, irritant et infiniment long. C'est pourquoi je pousse un long soupir d'extase en me laissant tomber sur mon lit le soir venu.

A moi la grasse matinée…

… Ou pas.

Angie me réveille à huit heures tapantes et m'entraîne dans les rues de New York, contre ma volonté je précise.

-Allez paresseux ! D'abord tu m'invites à Tully's pour un petit déjeuner gargantuesque, puis nous prendrons le bus jusqu'au salon de coiffure de Lily Spaulding, dans L'Upper West Side, et puis… Je sais ! Shopiiing ! Alors, t'en dis quoi ?

-Rien du tout, répliquais-je d'une voix morne.

En bref, d'ici la fin de la journée, je vais me retrouver avec une nouvelle coupe de cheveux et un portefeuille plus léger. Génial.

Et bien sûr, tout se passa exactement comme je l'avais prédit à un détail près : je me suis acheté une cravate pas mal que je mettrai sans doute demain, histoire de participer à la bonne impression que je compte donner à mon nouveau boss…

-Wow, ce marron clair complimente carrément tes yeux ! s'exclame Angie.

Hein ?

Je suis dans la salle de bain de notre appartement, planté devant le miroir, ma dernière acquisition posée à plat sur mon T-shirt Tom & Jerry.

-Ne me regarde pas comme ça ! Cette cravate a la même couleur que tes yeux. Ca te va bien.

-Euh… Merci ?

-De rien mon chéri ! Inchallah ton patron sera époustouflé par ton charme, t'en fais pas.

Je lui jette un drôle de regard à travers le miroir. Elle me sourit puis me laisse là et j'entends bientôt la porte de sa chambre se fermer derrière elle.

Moi aussi je devrais aller me coucher. Par contre, je ne sais pas si je pourrai dormir… Je me sens un peu nerveux et d'habitude ça m'empêche de passer une nuit tranquille.

Quand mon réveil sonne le lendemain et que j'ouvre des yeux bouffis sur ma chambre baignée de la lumière matinale, je me dis que parfois j'aimerais avoir tort au sujet de mes prédictions à la con.

Je me lève, prends une douche, m'habille, et quitte l'appartement dans une sorte de brouillard semi-comateux. Ce n'est qu'au moment où je prends ma première gorgée du café acheté au Starbucks du coin de la rue que j'ai la sensation de me réveiller enfin.

Je me presse pour prendre le métro et arrive au centre des affaires en prenant de grandes inspirations pour bannir de mon système l'odeur étouffante et écœurante du métro aux heures de pointe.

Assis à mon bureau, je sirote nerveusement mon café pour tromper mon impatience.

Le nouveau boss devrait forcément passer devant moi pour accéder à son bureau et je dois absolument faire bonne impression.

Comme convenu, Michelle, à la réception, m'appelle dès qu'il met en pied dans l'immeuble.

-Justin ! Il est venu ! Il est venu !

-Huh ?!

Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?!

-Non ! Je veux dire : il est arrivé !

Aussitôt, je sens l'adrénaline monter.

-Okay, okay !, je l'interromps alors qu'elle va rajouter autre chose et lui raccroche au nez.

Je m'excuserai plus tard.

A peine cinq minutes plus tard, j'entends des pas étouffés de l'autre côté de la porte et retiens mon souffle.

Lorsque je vois la personne qui pousse le battant et entre dans la pièce avec toute la grâce d'un félin, je manque de renverser mon café sur mon ordinateur sur lequel je faisais semblant de m'affairer.

Ce n'est pas un homme qui vient d'entrer mais un dieu ! Adonis personnifié.

Sa haute stature et sa carrure de sportif me font d'abord pâlir d'envie. Puis je remarque son visage entouré de mèches noires qui ne ferait pas du tout tâche dans un magazine de mode et qui semble crier puissance, danger, mystère, avec sa mâchoire décidée, ses pommettes saillantes, et ses lèvres parfaites… Et je manque de me pâmer d'admiration.

Je pense à fermer ma bouche en hâte juste avant que son regard sombre ne se pose sur moi.

Et c'est à cet instant précis qu'il trébuche et manque s'étaler peu gracieusement sur la moquette beige.

Je retiens un moment trop tard le rire qui m'est monté à la gorge et écarquille les yeux devant ma stupidité.

Mon nouveau boss se rattrape, me fusille du regard, et continue son chemin jusqu'à son bureau sans m'adresser un mot.

Je le comprends. Je me serai moi-même ignoré.

Et merde. Au temps pour la première bonne impression en tout cas.

…oOo…

Ca vous a plu ? Ou bien c'est bon, je peux jeter l'éponge parce que franchement vous êtes dégoûtés ? Eh bien dites le moi ! n.n

Si vous voyez des fautes, n'hésitez pas à me le dire siouplaît parce que j'ai juste relu rapidement donc il y en a sûrement un paquet.

(Finalement Bernie a eu la gentillesse de me corriger ce chapitre ! Remerciez-la ! j'avais laissé des erreurs incroyables quand même O.o)

Bises !

Dja.