Notes : Vous ne rêvez pas, c'est bel et bien un nouveau chapitre que vous avez devant vous ! :D

J'ai très envie de m'excuser du retard mais je pense que vous allez juste me lyncher donc je vais poster ce chapitre puis partir en courant ^^"

…oOo…

-Mais… Pourquoi ?!

Angie lève des yeux coupables et grimace.

-Pourquoi quoi ?

-Angie, ne joue pas à ce jeu avec moi ! Pourquoi as-tu fait ça ? Qu'est-ce-qui t'es passé par la tête pour avoir une idée aussi stupide ?!

Elle se lève brusquement et s'exclame :

-Stupide ? Stupide ?! Ooooh ben excuse-moi d'être ouverte et sympa et d'avoir pensé à quel point ce serait chaleureux de tous être réunis autour d'un repas !

Je la regarde bouche bée me faire face de toute sa hauteur, les poings plantés sur ses hanches. Je rêve ?

-Attends… Tu vas oser faire de toi la victime là ?!

Il est évident que ma voix a atteint des sommets avec cette exclamation mais si quelqu'un me demande si je viens de couiner, je le nierai jusque dans ma tombe.

Je soupire bruyamment et reprends plus calmement :

-Tu as réfléchi au-delà de ça dis-moi ? Tu ne t'es pas dit par hasard "Oh, je suis en train d'inviter chez la mère de Justin son patron et mon idiot de frère, c'est peut-être pas une bonne idée…" ? Angie use your brain ! C'est pas un meuble !

-Alors de un, mon frère n'est pas un idiot, de deux, je ne parle pas comme ça, ton imitation est plus que merdique, de trois, tu es vachement sexy quand tu t'énerves, qui l'eut cru…?

Elle promène un regard pensif sur moi et j'aperçois un sourire suspicieusement diabolique poindre sur le coin de ses lèvres.

-Angie, à quoi tu penses ?

-Moi ? A rien, se défend-t-elle.

-A rien mon cul, je veux savoir pourquoi tu as ce sourire dérangeant.

Elle met sa main devant sa bouche dans un geste tout sauf naturel.

-… Quel sourire ?

-Celui que tu… Angie ! Reviens ici !

Elle s'est enfuie. Elle s'est lâchement enfuie.

Le temps que je me remette de mon ébahissement, elle est déjà à l'autre bout du salon.

-Angie !

Seul l'écho du claquement de la porte de sa chambre me répond.

Je me pince l'arête du nez et prend une profonde inspiration, mais ça n'atténue en rien la pointe de douleur qui me vrille l'espace entre les yeux.

Quelle… quelle… Quelle gamine !

-Non mais c'est vraiment une gamine…

-Uhuh…, réplique calmement Michelle, une fesse sur mon bureau, examinant soigneusement ses ongles pendant que je lui raconte tout ce qui m'est arrivé après qu'elle m'ait lâchement abandonné à mon sort vendredi soir.

Elle aussi l'envie me démange de l'étrangler…

-Tu sais Justin, à sa place j'aurais fait pareil. J'aurais pris la tangente après une boulette pareille.

-Oh. Tu veux dire de la même manière que tu as euh… "pris la tangente" vendredi après m'avoir bien mis dans la merde ? lui fis-je remarquer d'une voix douceâtre.

Elle fait mine de partir mais je l'arrête direct.

-Je te jure que si cette fesse se décolle de cette table avant que j'aie reçu une explication en bonne et due forme tu vas passer un sale quart d'heure quand je t'aurai rattrapée.

-Hum.

Elle me fait son plus beau sourire et déboutonne son chemisier sur sa poitrine généreuse.

-Michelle. Remballe ton matos. C'est pas avec cette technique pourrie que tu parviendras à détourner mon attention.

Bon, j'avoue que j'ai jeté un coup d'œil.

Vous ne comprenez pas, la poitrine de Michelle… C'est quelque chose qu'on ne peut pas ignorer. On est obligé de regarder, que l'on soit un mec hétéro, une fille ou gay, ça n'a pas d'importance. Je veux dire, cette femme doit faire un putain de bonnet H !

Elle fait la moue et ouvre un autre bouton.

-Oh bordel de… Pour l'amour de Dieu, oui je suis sûr Michelle ! Tu peux…

Je sens mon cou et mes oreilles chauffer.

-Tu peux ranger tes… ton "matériel" maintenant s'il-te-plaît ? Avant que le boss revienne de sa pause déjeuner ? terminais-je le visage plongé entre mes mains.

J'entends un bruissement de tissu mais je n'ose pas regarder.

-Pfff, c'est bon tu peux relever la tête, petite nature…

-Connasse, marmonnais-je dans ma barbe.

Elle me jette un regard aiguisé.

-Qu'est ce que tu as dit ?

-C'était un toussotement.

Elle plisse les yeux.

Je lui offre mon "poker-face" le plus abouti.

-Hm. Mouais. Ok, ça passe… Pour cette fois !

Je me permets une grimace intérieure mais mon soulagement est palpable. Je vous assure que cette femme est presque aussi flippante qu'Angie quand elle veut.

Pourquoi les femmes de ma vie sont-elles toutes des psychopathes en plus d'être chiantes ?

Bref.

-Okay, Michelle tu peux me dire maintenant ce qui s'est passé vendredi ?

Elle a l'air de prendre pitié de moi et cède :

-Bon, jusqu'où te souviens-tu ?

-Hum… Je me souviens qu'on est arrivés devant le lounge… Hey ! On n'a pas vraiment eu de problème pour rentrer maintenant que j'y repense…

Je lui jette un regard suspicieux.

-Ah ça… On va dire que je suis une habituée et en plus je "connais" le videur.

Je peux presque déceler les guillemets dans son ton.

Elle commence à glousser, puis soupire l'air rêveur :

-Ah lala… James… Il faudra que je lui envoie un texto ces temps-ci…

-Michelle ! Focus merde. Je me passerai de connaître l'identité des mecs qui réchauffent ton lit, merci bien.

-Ouais ben vu ton attitude, personne n'a dû réchauffer le tiens depuis belle lurette à mon avis, grommelle-t-elle avant de rajouter à voix haute cette fois : Tu devrais enlever cette perche de ton cul Justin, ça te ferait le plus grand bien crois moi. J'ai voulu t'y aider vendredi mais il faut croire que tout ne s'est pas déroulé comme prévu…

-Hein ?! Comment ça tu as voulu m'y aider ?! m'exclamais-je alarmé, ignorant complètement la première partie de sa phrase. Qu'est-ce que tu as fait Michelle ?

-Tu vas me laisser en placer une ou pas ?

-… Vas-y.

-Donc mon James adoré nous a laissé entrer tranquillement et je nous ai pris un petit salon privé histoire de discuter un peu au calme…

-… Et… ?

-Et puis ben tu as bu mon petit Justin. Beaucoup.

-Tu mens, la contredis-je tout de suite. Je n'ai pas bu tant que ça.

-Oh… Tu veux dire que tu n'as pas senti l'alcool dans les cocktails que j'ai commandés pour toi ?

Je manque m'étouffer en avalant ma salive de travers à son ton odieusement innocent.

-Tu m'as aussi parlé de ton hem… attraction pour notre beau et ténébreux patron, et qu'il y avait aussi un prince ? dans l'histoire. Tu as gémi, chouiné, couiné sur mon épaule que ton cœur balançait entre les deux, quoiqu'à mon avis c'est plutôt ta bite qui balance entre les deux si tu vois ce que je veux dire hahaha… Bref, un vrai soap opéra.

Elle se lève et va jusqu'à la porte tandis que je la suis du regard, incapable d'esquisser un geste.

-Du coup… J'ai peut-être glissé un petit quelque chose dans ton verre. Pour t'aider hein ! Et je t'ai peut-être amené jusque devant l'immeuble du boss à deux heures du matin et l'ai appelé pour qu'il descende te chercher avant qu'il ne t'arrive malheur. Les rues de New York sont tellement dangereuses…

Elle aperçoit probablement le mouvement convulsif de mes doigts en direction de l'ouvre-lettre car elle termine en vitesse par un "Tu me remercieras… un jour !"… Avant de prendre ses jambes à son cou.

Tétanisé, je fixe la porte la bouche ouverte pendant ce qui me semble être des minutes, puis plonge la tête entre mes mains tremblantes.

Oh. My. God.

Je vais la tuer.

-Ca va Justin ?

La voix d'Eduardo me fait sursauter et ma mortification atteint un tout autre niveau en une seconde.

Oh. Putain.

-Ah. Hum… Errr… Oui ?

Je bégaie et rougis comme un con.

- Tu es sûr ? Ca n'a pas l'air d'aller… Tu es malade ? Tu peux prendre l'après-midi si tu ne te sens pas bien…

Il a l'air si inquiet… Pour moi. Moi qui n'ai fait que lui apporter ennuis sur ennuis depuis qu'il me connaît… Il est… adorable.

Ca me réchauffe le cœur, et c'est lorsqu'il est en train de me faire un sourire éclatant que je me rends compte qu'il répond au petit sourire qui s'est frayé un passage sur mon visage.

-Oui vraiment, ça va. Juste un coup de fatigue, le rassurais-je. Votre… Ton déjeuner d'affaire s'est bien passé ?

-De manière surprenante, oui. Nous sommes quasiment parvenus à un accord, nous avons de nouveau rendez-vous demain matin pour peaufiner les détails de la transaction… m'explique-t-il. C'est grâce à toi Justin si on a pu finaliser ce projet.

-Quoi ? Ah non non pas du tout !

Il secoue la tête et me fixe de son regard incandescent.

-Tu suis ce dossier depuis le début, quand c'était encore mon grand-père qui était aux commandes. C'est grâce à tes efforts que la transition a pu se faire aussi facilement à mon arrivée… Tu peux accepter le compliment Justin. Tu le mérites.

Il sourit et rentre dans son bureau, me laissant bouche-bée derrière lui.

Sérieusement, ils ont quoi les gens à me mettre en stress puis à se barrer avant que je ne puisse en placer une ? Il doit y avoir tatoué "idiot" sur mon front sans que je le sache…

Je secoue la tête et me remets au boulot tant bien que mal. J'y repenserai plus tard, à tête reposée.

A 17h précise, j'éteins mon ordinateur et range mes affaires, prêt à mettre fin à cette horrible journée et rentrer chez moi. Avant de partir je me dis que je devrais peut être prévenir Eduardo que je m'en vais, ce serait la moindre des choses…

Je regarde le téléphone, puis la porte de son bureau, puis de nouveau le téléphone. Franchement j'ai pas la force d'interagir avec lui en face à face là (j'ai la trouille quoi). Je décroche le téléphone. Et sursaute promptement quand il répond. Bravo Justin, bravo.

-Justin?

-Euh oui…

Le "c'est moi" est sur le bout de ma langue mais je refuse de le dire. Je ne suis pas aussi con que ça quand même… Enfin, j'espère.

-En fait c'était juste pour te dire que j'allais y aller si tu n'as plus besoin de moi…?

-Oh, il est 17h c'est vrai. C'est gentil de me prévenir…

Il est trop mignon…

-… mais c'est bizarre de m'appeler alors que je suis dans la pièce à côté, je te savais pas aussi paresseux Justin! Mais...

Je raccroche le téléphone. Non mais quel bouffon. J'ai bien senti dans sa voix qu'il se retenait de rire en plus.

Après une brève réflexion je me rends compte que je viens tout de même de lui raccrocher au nez. Bon, je pense qu'il est temps de décamper avant qu'il ne sorte de son bureau.

Je suis particulièrement fier du fait que je n'ai pas couru vers l'ascenseur. J'ai juste marché très, très vite. J'appuie sur le bouton et attend pendant dix interminables secondes qu'il arrive. J'envoie un remerciement au ciel quand il est là et m'empresse d'appuyer pour le rez-de-chaussée.

Sauvé!

-Eeeh! Pas si vite!

Une main empêche les portes de se fermer, et ces putains de portes se rouvrent alors que je suis quasiment aplati sur le bouton de fermeture. Et oui, je suis ce gros con (ou cette grosse conne) dans l'ascenseur qui appuie toujours sur le bouton de fermeture des portes pour empêcher les gens de monter (et qui leur désigne les escaliers avec un rictus alors que les portes se ferment inexorablement sur leur mine déconfite).

Eduardo entre tranquillement dans la cabine avec un sourire amusé.

-Pressé de rentrer Justin?

Je suis tenté de dire non par politesse.

-Ben oui. Il est 17h.

Bah quoi? Je suis pas poli.

Le regard innocent qu'Eduardo me lance me crispe, et à ce moment là je me dis que j'aurais peut-être dû être poli.

-Dans ce cas, tu ne verras sans doute pas d'inconvénient à ce que je te raccompagne en voiture chez toi. Ce sera plus rapide que le métro, n'est-ce-pas?

-Euh, oui mais…

-Excellent.

Huh? Mais j'ai pas accepté! J'ai juste dit oui pour l'affirmation que la voiture est plus rapide que le métro! C'est quoi cette arnaque?!

Pendant que je me révolte à l'intérieur de moi-même, Eduardo appuie sur le bouton pour le parking et met une main dans sa poche, l'autre occupée par son attaché-case, un sourire satisfait aux lèvres.

Mais du coup, l'ascenseur s'arrête au rez-de-chaussée et on reste comme deux cons dedans, et personne n'y entre jusqu'à ce que les portes se referment et qu'on continue notre descente jusqu'au sous-sol.

C'est vraiment pas juste.

Ma gueule de chien battu ne doit pas être aussi discrète que je l'espérais parce qu'Eduardo me demande alors qu'on se dirige vers sa voiture:

-C'est si terrible que ça, faire ce trajet avec moi?

On s'arrête devant son 4x4 et il le déverrouille avec la télécommande avant de se tourner complètement vers moi. Il a un sourire d'autodérision aux lèvres.

A cet instant précis, je me sens tellement coupable… C'est comme si un poids me comprime la poitrine. Et ce n'est pas près de s'arranger avec ce qui suit.

-Tu sais Justin, parfois… et je me dis que c'est sans doute insensé, mais parfois j'ai l'impression que tu ne m'aimes pas beaucoup, je me trompe?

-Quoi?! Mais... mais pas du tout ! C'est pas ça du tout! Au contraire même!

Ses sourcils rejoignent la naissance de ses cheveux, et je me rends compte de ce que je viens de dire.

Oups?

-Hein? Oh! Non, non, non, non! C'est pas… Ha ha ha ha… C'est pas du tout sorti comme je voulais que ça sorte.

Oh mon Dieu, je divague, j'ai des sueurs froides. J'ai absolument besoin d'aide.

-Je euh… hum, c'est pas euh…

Je suis interrompu par un éclat de rire. Ma panique redescend quand je vois Eduardo littéralement plié de rire. En plus ce maudit parking résonne.

Je regarde discrètement autour de moi pour voir s'il y a des témoins. Nope, ok. Personne pour me voir le tuer et cacher son corps dans sa voiture.

Etant pragmatique, et pas violent pour deux sous, je me contente de le fusiller silencieusement du regard et vais pour reprendre l'ascenseur et rentrer par mes propres moyens, merci bien. Cependant, Eduardo m'intercepte avant que je ne puisse le dépasser et me prend dans ses bras.

-Désolé Justin, s'excuse-t-il sans me lâcher.

Je grogne. Ce salaud a tellement ri qu'il en a les larmes aux yeux.

Ce n'est pas pour autant que je vais me libérer de son étreinte, alors ça non. Il faut bien que je profite un peu de la situation quand même… Par contre je ne vais pas la retourner, j'ai des principes.

Il me relâche au bout de quelques secondes à mon plus grand (regret) soulagement et me dit avec un sourire en coin :

-En tout cas merci, ça me rassure de savoir que tu m'apprécies autant.

Je me renfrogne et lui fait un doigt d'honneur. Il rigole.

-Allez viens, je m'en voudrais de te faire arriver tard chez toi. Je te promets de conduire doucement, rajoute-t-il avec un clin d'œil.

Je secoue la tête et soupire, mais entre quand même dans la voiture. Vous savez, au point où j'en suis...

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est la dernière fois que je le laisse me ramener chez moi en voiture!

Okay, c'était des mytho.

Il m'a ramené tous les autres jours de la semaine. J'avoue, j'ai vraiment aucune volonté.

Mais en même temps, je pense que c'est grâce à ces instants passés dans sa voiture à discuter avec lui qu'au final, ben j'ai passé une bonne semaine… Ma bonne humeur ne s'est même pas dissipée quand Angie m'a annoncé une soirée que le déjeuner chez ma mère était prévu pour le dimanche suivant. Non, j'ai juste eu un bref moment d'indignation pendant lequel je me suis demandé pourquoi elle avait plus de contact avec ma mère que moi. Puis j'ai haussé les épaules et le moment d'indignation est passé.

Je pense que ça n'étonne personne si je vous dis que l'ampleur de la situation m'a giflé en pleine face le dimanche en question quand je sors de mon immeuble à 11h avec Angie et qu'il y a trois personnes qui nous attendent.

- Qu'est-ce-que tu fais là toi ? je demande à Michelle.

Elle cligne des yeux.

- Bonjour à toi aussi! réplique-t-elle ironiquement. C'est Angie qui m'a invitée.

Je me tourne vers la principale intéressée qui évite soigneusement mon regard, et soupire. Franchement j'ai même pas la force.

Zaïd est là aussi. Il a un petit sourire aux lèvres et me fait un signe de tête quand nos regards se croisent. Eduardo a lui aussi l'air amusé mais son visage est moins ouvert que d'habitude et je fronce les sourcils. Apparemment, c'est toujours tendu entre ces deux là, et je n'ai aucune idée pourquoi.

Je pousse un énième soupir.

Comment je la sens mal, cette journée.

…oOo…

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, même si je sais que c'est super dur de se remettre dans une histoire quand l'auteur met du temps à poster les chapitres :(

Vraiment, merci à tous pour vos reviews, vos MP, et vos encouragements ^^

Bises

Dja