Auteur : Troll des Bois

Genre : Poème Originale (En conséquence, sortie de mon imagination !)

Style : Pamphlet, satire à l'encontre du monde actuel…

Remarque : J'ai longtemps hésité à publier ces quelques « vers »… L'acide qu'ils contiennent est très puisant, trop peut-être. Mais, après mûre réflexion, cela aussi est une partie de ce que je suis. Par conséquent, le rejeter serait, au final, me refuser moi-même ! En bref, en résumé, les voici ces quelques vers, en espérant qu'ils ne vous heurteront pas trop…

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Petit pamphlet à l'aide d'un développement philosophique sur la faculté humaine à s'autodétruire…

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Le monde des humains est d'une ironie sans borne. Une ironie antinomique.

En fait, les civilisations humaines sont composées de contradictions.

Ces éléments sont même leurs bases, leurs fondements, leurs sources vives.

Et ce mortier est particulièrement puissant dans le vieux monde d'occident :

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Au jour premier, il y a la lumière qui s'oppose aux ténèbres…

Au jour deuxième, il y a le dessus qui s'oppose au dessous…

Au jour troisième, il y a l'eau qui s'oppose à la terre…

Au jour quatrième, il y a le soleil qui s'oppose à la lune…

Au jour cinquième, il y a l'aquatique qui s'oppose à l'aérien…

Au jour sixième, il y a la vie qui s'oppose à la mort…

Au jour septième, il y a le repos qui s'oppose à l'activité…

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Mais finalement, Dieu trouvait que cela était bon !

Enfin, c'est logique après tout, cela coule de source.

Chaque chose possède son double, son contraire, son autre face.

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Il y a le jour…

Il y a la nuit…

Ensemble toujours…

À jamais réunit…

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Mais il est un détail fortement troublant…

On pousse le vice jusqu'à une opposition…

Une antithèse de choses qui ne devraient pas l'être…

Deux éléments que l'humain, dans sa grande « mansuétude »,

À proclamé ennemis jurés, voire mortels, alors qu'ils sont frère et sœur.

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On les nomme Soleil et Lune…

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Nonobstant cette énumération saisissante, il existe une contradiction primordiale.

En un sens, elle est inférieure aux contradictions primaires précédentes, car moins évidente.

Mais pourtant, elle gouverne les humains dans leur vie matérialiste actuelle.

C'est d'ailleurs plus une loi qu'autre chose…

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Elle est simple : « L'homme est un loup pour l'homme. »

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Autrement dit, il est son propre prédateur.

Mais… Quels sont les différentes conjectures ?

Est-ce le loup qui pénètre dans la bergerie ?

Ou plutôt l'agneau qui adhère à la meute ?

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Lorsque l'agneau nouveau-né débarque, il est multitude.

Puis, il se centralise en grandissant, et se personnalise.

Et enfin, en fonction de son milieu, plusieurs chemins s'ouvrent à lui.

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Le premier cas, le plus basique : l'agneau devient un pauvre mouton alanguit.

Le deuxième, le plus bénéfique : l'agneau évolue en un mouton-combattant.

Le troisième, le plus pathétique : l'agneau mue en un petit louveteau cahotant.

Le quatrième, le plus chaotique : l'agneau se transforme en un loup accomplit.

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Évidemment, comme dans chaque relevé, il y a des proportions.

Si l'on observe l'ensemble du règne humain, toute la population égale cent pour cent.

Voici comment on divise ces cent pour cent en fonction des quatre cas de figure.

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Quatre-vingt-cinq pour cent forment un joli troupeau de bêlements.

Ironiquement, bien qu'ils l'ignorent eux-mêmes, ce sont eux qui génèrent le plus de dégâts.

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Les cinq pour cent suivant sont l'apothéose bénéfique des mammifères.

Entreprenant, ces héros laineux prennent sur eux la mission périlleuse de limer les dents longues.

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Cinq pour cent encore restent dans un entre-deux-mondes inconfortable.

Facilement reconnaissables car ils brassent le plus d'air en braillant le plus de vent.

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Et enfin, les cinq derniers pour cent se sont transformé en démons assoiffés de sang.

Souvent, on les observe dégustant les autres sur le plateau de leur petit déjeuner.

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Voici pour les classes et leurs caractéristiques premières…

Maintenant, tentons de percevoir leur évolution dans ce monde en perdition…

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Comme je l'ai déjà stipulé,

Lorsqu'il vient au monde,

L'agneau est la multitude :

Toutes les voies sont ouvertes

Et lui sont donc possibles…

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À la crèche, ou en gardienne, c'est selon,

Les premières interactions se réalisent…

Et les premières blessures apparaissent…

C'est là que les premiers choix se prennent.

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Il y a, inconscientes, trois bifurcations à ce stade :

Avec force, on assène le protocole du Talion…

Avec peur, on pratique la règle du « courage-fuyons »

Avec volonté, on applique la loi de l'affrontement…

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Puis viennent maternelle et primaire…

Deux options s'offrent alors en fonction du passé…

Soit les blessures ne sont pas attisées davantage,

Et elles s'apaisent, rendant à nouveau le terrain vierge…

Soit elles sont au contraire mieux creusées,

Et là, on approche de la phase d'implosion critique…

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Dans le cas des blessures creusées,

Deux plaies différentes voient le jour…

Elles peuvent devenir très profondes,

Voire même parfois abyssales,

Et alors, l'individu passera toute sa vie à les pansée…

Pour ce faire, il va se réfugier,

Au plus profond du fond du tréfonds,

De la bergerie en devenant un mouton suivant…

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L'autre solution, suite à ses maux forés,

Il devienne enragé et se transforme en loup sadique…

Mais parfois, bien que cela soit rare,

La blessure initiale est insurmontable…

L'individu mue alors en un loup des plus agressifs…

Carnassier que l'on dénomme le « Loup Alpha » !

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Deuxième option : les blessures sont pansées,

À nouveau, deux chemins s'ouvrent…

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Primo, il y a un petit agneau boiteux,

Peines et douleurs encore trop présentes,

Son esprit bien trop meurtrit,

Il préfère se retirer du ring,

Et se réfugie aussi dans la bergerie…

Et là, s'il en a encore la force,

Il pourra lécher les possibles plaies abyssales,

Celles de ses congénères laineux précédant…

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Secundo, il y a un agneau haineux,

Peines et douleurs encore très présentes,

Sa rage s'en retrouve décuplée…

Par cette meurtrissure suppurante,

Ou bien par la vue de celle d'un autre,

Il préfèrera une seconde paire de gant,

Et se battra avec beaucoup d'acharnement…

Souvent même jusqu'à la lie…

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Là, fin primaire, s'arrête l'évolution des classes.

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Par la suite,

Collège, lycée,

Secondaire, général,

Technique, professionnel,

Haute-école, université…

Et compagnie…

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Tous ces milieux ne seront plus qu'utilisés…

Employés pour qu'ils puissent fourbir leurs armes

Quelles qu'elles soient, ces artilleries !

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Afin de mieux se cacher dans la bergerie,

Et utiliser les autres comme badinerie…

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Afin de mieux constituer son paladin,

Et défendre la veuve et l'orphelin…

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Afin de mieux jouer les fiers-à-bras,

Et se faire bouffer en vente-débarras…

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Afin de mieux aiguiser son appétit,

Et trouver son plat de résistance favoris.

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Et, lors de la conclusion…

Chacun d'entre eux a omis…

Oublié une vérité intransigeante…

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Celle que l'individu grandit…

Mais par devers ses épreuves,

Et non pas grâce à elles !

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À méditer !