Titre: Amours Chiennes
Auteur: Heavenly
Genre: Yaoi / Drame
Statut: fini
Disclaimer: J'espère qu'elle vous plaira autant qu'elle a plut au jury ^v^. Le thème de ce One-shot était sans domicile fixe. Voilà, bonne lecture !


Mon homme a une odeur naturelle agrémentée de son parfum préféré. C'est un homme bon et travailleur. Honnête et sincère. Il m'a quitté car il m'adore et qu'il en aime un autre, il ne voulait pas me faire souffrir inutilement. La vie est cruelle, surtout quand on éprouve encore des sentiments pour un ancien amant. Je ne me suis toujours pas résolu à l'oublier. Tout dans notre appartement me rappelle à son souvenir. La penderie comporte encore son odeur, certains des livres qu'il aime sont encore là et la tasse où il buvait son café est elle aussi toujours présente.

Je me demande parfois s'il a fait exprès de laisser ça là. Mais je suis stupide de le penser: c'est quelqu'un de bien, et si je souffre c'est uniquement de ma faute. C'est parce que je l'ai aimé trop fort et trop longtemps. Il ne m'a pas trompé, il a attendu de mettre fin à notre relation pour pouvoir être avec cet autre. Comment puis-je le détester alors que jusqu'à la fin il s'est montré si adorable ?

Un an, et pourtant la douleur semble faire partie de ma vie. Je n'en ai pas l'air mais à l'intérieur de moi, je sens que je ne suis plus le même. Il me manque et je ne peux me résoudre à le trahir, me trahir, avec un coup d'une nuit. Ce ne serait pas moi. Je ne suis pas comme ça, je crois trop en l'amour pour me donner, je suis le genre de sentimental que personne ne recherche.

Naoko Nishimura, vingt-cinq ans, a vécu en couple pendant plus de trois ans, gay. Petit de taille pour un homme, un visage avec des tâches de rousseur, étrange pour un japonais, des yeux marrons clairs comme ses cheveux, basique physique asiatique de ce coté-là. Ne cherche plus rien de la vie. Enfin... Je crois, quoique que je sois bien jeune pour être dans cet état. Mais je ne suis plus le même depuis un an, je vous l'ai déjà dit.

Trop accroc, trop épris pour ne pas voir se qui se tramait sous mes yeux. Je les ai présentés, lui et son nouvel amant. Un collègue de mon travail, un hétérosexuel divorcé. Dire que je ne croyais rien risquer, que j'étais idiot, vraiment trop bête. Ils ne se sont jamais touchés quand on était ensemble, m'a assuré Ryuichi. Ils se savaient attirés l'un par l'autre, mais ils me respectaient, je ne méritais pas d'être trompé. Mais n'est-ce pas un peu pareil ? Penser à une autre personne alors qu'on enlace son amant c'est aussi une sorte de trahison non ?

Je les ai laissés partir, sans cri, sans pleurs, sans haine. S'il ne m'aime plus, qu'y puis-je ? Je n'allais pas le forcer à rester avec moi, lui sortir un truc comme le suicide pour le retenir. Je ne suis pas ce genre de personne. Alors je souffre en silence et j'essaie de sauver les apparences. Mais si vous saviez à quel point je pleure quand je rentre et que l'appartement est vide, vous me trouveriez bien minable.

Un appartement trop grand pour moi d'ailleurs. Que faire de tout cet espace que je voulais partager avec lui ? Je n'avais pas besoin d'autant, juste la largeur de ses bras me suffisait. Mais ils appartiennent à un autre, qui profite maintenant de sa chaleur et de sa tendresse. C'est vraiment trop déprimant de savoir qu'il ne m'appartient plus, surtout en cette période de fête, cette période où il m'a quitté. Je me suis mis en maladie tellement ça me massacre. Personne pour me consoler, je suis désespérément seul. Peut-être encore pour un long moment.

Vous voyez, quand on vous quitte, le peu de confiance que vous aviez en vous s'en va également et on se demande alors comment faire rentrer quelqu'un d'autre dans sa vie… La trahison, l'appréhension de ne pas être parfait, pas désirable et d'autres petites choses viennent pourrir vite votre vie et vous vous dites que le suivant partira aussi. Alors je ne veux plus personne, laissez-moi juste me complaire dans ma douleur. Je ne suis qu'un homme blessé.

J'ouvre mon frigidaire et constate qu'il est vide. J'ai faim et en même temps vu le froid qu'il fait je n'ai pas spécialement envie de sortir pour aller chercher de la nourriture. Mais mon ventre n'est pas d'accord, il réclame haut et fort des sucreries du magasin d'à côté. Oui, du chocolat me ferait un bien fou. J'enfile mon manteau par dessus mon jean noir et mon col roulé blanc. Je mets également des gants et une écharpe parce qu'à travers ma fenêtre je remarque qu'il commence déjà à neiger. Je vais me dépêcher, les hivers sont rudes à Tokyo.

Je descends rapidement les escaliers de l'immeuble et ouvre la porte, envisageant déjà l'idée d'une petite course. Encore heureux que le conbini (2) n'est pas loin. Alors que je m'absente un peu dans la contemplation de la neige, j'entends une toux discrète pas loin de moi. Je tourne les yeux vers le bruit et voit un homme couvert de cartons, allongé par terre, la tête sur son sac derrière lui. Le pauvre, sûrement un sans-abri. Le froid commence lentement à me pénétrer alors sans plus attendre je prends la direction du petit store, bien pratique en ces temps de déprime et de grande faim.

Snikers, M & M'S, Kinder bueno, Nutella ainsi que des Pocky (3). J'évite de regarder les packs de chocolat pour amoureux, ça me fout un cafard pas possible. Noël, la fête des amoureux dans le pays du soleil levant... C'est mignon à en vomir. Je déteste ces couples qui se couvent des yeux et se tiennent par la main. Ça me rappelle à quel point je suis seul. À quel point il me manque. Las, je paie la maudite (ironique bien sûr) somme de 1300 yens (4) pour ces cochonneries qui feront monter mon taux de glycémie et m'en vais.

Alors que je reprends le chemin de la maison, le SDF que j'ai entrevu plus tôt est enseveli sous un amas de neige. Franchement, il pourrait au moins se mettre à l'abri, non ? Il fait si froid… Je devine qu'avant demain il sera probablement mort. En plus il me semble qu'à la météo ils ont annoncé que c'était la nuit la plus glaciale qu'ils aient vu depuis dix ans. Je m'approche de lui... Mince c'est bien ce que je pensais, il est jeune. Trop jeune. Qu'est-ce qu'il fait dans la rue ce gamin ? Il n'a pas de famille ? Je m'accroupis près de lui et regarde son visage endormi. La vie est moche, autant pour lui que pour moi, nos douleurs ne sont certes pas les mêmes, mais nous avons une similarité. Notre solitude. Je tends les bras et le secoue légèrement. Il ouvre des yeux d'un noir profond, comme de l'encre, un regard si sombre que j'en frisonne.

« - Il va faire très froid ce soir… Commence-je la voix pas très sûre. Vous ne connaitriez pas un centre pour des personnes sans domicile fixe qui puisse vous abriter ?
- En quoi ma vie t'intéresse ? Rétorque-t-il d'une voix grave avec un regard insondable.
- Vous risquez de mourir, continue-je un peu étonné par ces propos alors que je m'inquiète sincèrement pour lui.
- Et alors ?
- Mais... Mais vous êtes jeune ! Et puis vous allez beaucoup souffrir avant de rendre votre dernier souffle ! »

J'ai un peu haussé la voix parce que je ne le comprends vraiment pas, ce type. Comment peut-il prendre ça à la légère ? Est-il un de ces jeunes inconscients qui ignorent que la vie est un trésor ? Un trésor parfois empoisonné mais c'est quand même quelque chose de merveilleux quand on décide de le prendre à fond. Ces paroles ne collent pas avec son regard qui lui, ne semble rien abandonner. Je suis perdu, je n'y comprends vraiment rien.

« - Si tu y tiens tant que ça à ma vie, héberge-moi. »

... Pardon ? Je rêve là ? Est-ce qu'il vient bien de me demander de l'amener chez moi ?

« - Oui ou non ? À prendre ou à laisser. Si je crève tu culpabiliseras alors pourquoi ne pas m'inviter chez toi ? »

C'est une blague forcément. On peut pas se permettre d'être aussi insolent pas vrai ? En plus il est plus jeune que moi, ce petit con.

Énervé, je fais demi-tour et rentre chez moi. On va voir qui culpabilise, connard. Je suis sympa mais pas idiot. Tu peux mourir je m'en moque... Oui je m'en fous je te connais pas... Mais il est si jeune... Peut-être qu'il a dit ça par fierté ?...

Perdu dans mes pensées devant ma porte d'entrée grande ouverte, quelqu'un rentre chez moi. Hein ? Mais c'est...

« - Mais qu'est-ce que tu fais là ?! Hurle-je incrédule, oubliant toute politesse devant ce mec qui ne se gêne absolument pas pour entrer chez les gens.
- Je m'incruste.
- C'est une blague là ? Qui t'a permis ?
- Personne. Tu avais l'air hésitant devant ta porte alors je t'ai évité la corvée d'aller me chercher. »

Alors que je reste abasourdi, le sans-gêne pose son sac dans mon salon et se permet de fouiller dans mon frigo, parce que monsieur a faim. Putain... Comment je fais pour le virer maintenant ? Il fait deux fois ma taille, il pourrait m'en coller une ou pire me tuer et prendre mon identité ! Ah, non je pense pas que ce soit possible quand même... Ah là là ! Quelle galère !

« - C'est pour une nuit ! »


Quel lâche... J'abdique si facilement, face à un inconnu en plus. Tandis que je m'assoie sur le canapé, prêt à manger mes sucreries, blasé, je grimace en observant mon hôte indésirable. Il a une barbe de quelques jours et une saleté apparente. Alors qu'il s'apprête à manger le sandwich qu'il s'est préparé avec ma nourriture, je l'interpelle :

« - Tu pourrais au moins te laver avant de passer à table. Dis-je d'un ton sec tandis qu'il referme la bouche qu'il avait ouverte pour mordre dans le pain de mie.
- Oh. Tu m'autorises ? Répond-t-il dans un sourire narquois.
- Je ne suis pas un monstre non plus. Rétorque-je un peu furieux de passer pour le méchant. C'est la première porte à droite. »

Sans un commentaire cette fois-ci, monsieur-j'ai-toujours-le-dernier-mot m'obéit. Après quelques minutes de silence, j'entends l'eau couler. Je soupire. Drôle de situation quand même... Dans quoi me suis-je fourré ? Il pourrait me voler ou je ne sais quoi. Suis-je si inconscient pour ne pas appeler la police ? Non, en fait j'ai juste l'impression qu'il n'est pas dangereux, qu'il n'est pas ce genre de personne... Mouais, c'est surtout ma stupide foi en l'être humain qui parle. Je suis tout simplement bête, et demain on me retrouvera mort avec plein de sang dans mon lit. Génial, une fin de vie pourrie, on peut pas rêver mieux. Le père Noël m'a gâté tiens. Il fallait que ça tombe sur moi, à la mauvaise période. Je voulais juste déprimer tranquille cette année, pourquoi a-t-il fallu que je sorte ? Ah... Oui, pour le Snikers dans ma bouche. Pff, je vais faire comme s'il n'était pas là et je vais continuer à me lamenter sur mon triste sort, parce que c'est tout ce que je sais faire, parce que je ne sers vraiment à rien. Je préfère largement me contempler dans mon malheur que de trouver un nouveau bonheur.

« - Au fait, c'est quoi ton nom ? »

Ah tiens, je ne l'ai pas entendu sortir lui. Alors que je relève ma tête vers le squatteur, je reste étonné devant son corps et son visage. Il est à couper le souffle; ça c'est clair. Pas mon genre, il a l'air trop bouffon, mais le métier de mannequin lui conviendrait bien. Déjà il est grand, largement plus qu'un japonais dans la moyenne, il est finement musclé, juste ce qu'il faut pour faire baver de pauvres adolescentes qui n'ont jamais rien vu de leur vie. Il a un visage vraiment masculin, avec des yeux qui vous transcendent par leurs côtés direct et froid. Ses cheveux, eux, sont d'un vulgaire blond décoloré qui lui vont assez bien, en plus avec l'effet mouillé ça fait vraiment sexy; et c'est sans parler de la serviette qu'il porte autour des hanches. Ah et il s'est rasé aussi. Oui il est bien mieux comme ça, et puis il sent bon.

Soudain, je sors de ma contemplation en remarquant que je ne lui ai pas répondu. C'est malpoli si je ne le fais pas ? Il est juste là pour une nuit après il vire, alors en quoi mon nom peut bien lui servir ? Ou alors... Ou alors il compte faire une poupée vaudou à mon effigie et va me planter des aiguilles sur tout le corps, m'infligeant mille...

« - Alors ?
- Hum, hum. Je me racle la gorge pour reprendre contenance et essayer de passer pour quelqu'un de normal, en oubliant mes stupides délires solo. Nishimura.
- Je voulais ton prénom.
- En quoi ça t'intéresse ?
- En quoi ça ne m'intéresserait pas ?
- ... Naoko.
- Bien Naoko. Moi c'est...
- Squatteur ?
- Ah, ah, très drôle. Iori.
- Iori ? Ça sonne comme un faux nom.
- C'est celui que j'utilise en tant qu'hôte.
- Tu es hôte et SDF ? C'est possible ?
- La cliente chez qui je vivais m'a mis à la rue y'a trois jours.
- Mais tu dois avoir un paquet d'argent avec ce métier. Pourquoi tu loges pas à l'hôtel ?
- Je gaspille pas mon argent pour ces conneries.
- Tu es vraiment immature… Non mais sérieux t'as quel âge gamin ?
- Je ne suis pas immature, c'est juste que je vois pas d'intérêt à gaspiller mon argent dans un logement. Pour te répondre, j'ai vingt-et-un ans.
- Vingt-et-un ans et t'es aussi puéril pour penser que mourir de froid c'est mieux que de ne pas gaspiller son argent ? Réplique-je vraiment choqué par ce que j'entends.
- J'en ai besoin pour acheter des habits de marque et puis je savais qu'une bonne poire me prendrait sous son aile. »

Bonne... Bonne poire ?! Mais quel bâtard ! Moi qui je suis sympa avec lui, il m'envoie ça comme un boulet de canon ! Qu'il aille se faire voir, je vais m'enfermer dans ma chambre et ne plus bouger de la soirée. Humilié, je pars en colère vers ma chambre, mais c'est sans compter sur l'autre qui me suit. J'essaye de lui fermer la porte au nez mais impossible, il la retient avec sa main et la pousse avec force pour que je lâche prise.

« - Qu'est-ce que tu veux ?! J'ai besoin de dormir ! Tu as tout ce qu'il faut dans le salon, il te faut juste fouiller, ce que tu sais très bien faire d'ailleurs !
- Tu es homo non ?
- Hein ?
- N'essaye même pas de le nier, je le sais. M'as-tu recueilli pour qu'on baise ?
- De une, je ne t'ai pas recueilli: tu t'es incrusté. De deux, je ne couche pas avec n'importe qui et de trois je ne coucherais jamais avec un type comme toi, tu me dégoutes en tant qu'homme. »

Ah… Je crois que je l'ai vexé vu les éclairs que me lancent ses yeux. Je voulais pas dire ça mais il se croit tout permis ce mec, en plus je n'aime pas l'insolence venant de quelqu'un plus jeune que moi. Ok, on a que quatre ans de différence mais c'est quand même beaucoup et j'ai le droit à un minimum de respect.

Sans que je ne m'y attende, il me pousse violemment sur le lit. Je tente de me débattre, mais il retient mes poignets au dessus de moi, me mettant en position de faiblesse, m'effrayant.

« - Je pense que ton ex a dû trop te couver, commence-t-il.
- Comment... Comment-tu... ?
- Tu as la tête d'un mec qui s'est fait largué. Et puis sur ta porte y avait deux noms. Or, tu te comportes comme quelqu'un qui est seul. J'ai simplement fait une déduction.
- ... Lâche-moi. Dis-je en détournant la tête de ses yeux qui me scrutent, me jaugent.
- Non. Il te faut un vrai homme. »

Avant que je ne réponde quoi que ce soit, il commence à déboutonner mon jean. J'essaye de l'en empêcher, le frappant comme je peux, mais il est fort. Beaucoup plus fort que moi. Il faufile sa main dans mon pantalon, commençant à me masturber tandis que son autre main me retient encore fermement. Il se penche vers moi tout en détachant son pantalon et me murmure :

« - Je vais te montrer à quel point tu as envie qu'on soit violent avec toi. »

Impuissant, il me retourne sur le ventre, m'enlevant avec une facilité déconcertante pantalon et boxer. Pendant que je tente de m'échapper encore une fois, il me rattrape par les jambes et me pénètre brusquement. Je hurle. Je crois même que je pleure. Alors qu'il commence des va-et-vient en moi, je me retiens de crier en serrant fortement mes lèvres jusqu'à me blesser. Je sens du sang s'écouler de mon anus. Ce sale bâtard... Ça fait un an que je n'ai plus personne, qu'on ne me pénètre plus, alors évidement je ne supporte pas la douleur. Je m'agrippe fermement aux draps. J'avais tout imaginé sauf un viol.

Pourquoi ? Pourquoi ce genre de chose n'arrive qu'à moi ? J'ai pourtant toujours été quelqu'un de bien, j'ai jamais volé, tué ou même fait du mal à qui que ce soit. J'ai toujours aidé mon prochain mais ça ni Dieu ni personne ne nous le rend, je me fais juste violer comme un pauvre con. Je sers de vide-couille pour un inconnu. En plus il a même pas mis de préservatif (merci pour la MST).

La douleur s'atténue peu à peu et je commence même à prendre du plaisir mais plutôt crever que de le reconnaitre, surtout que j'ai pas envie d'avoir du plaisir avec lui. Je le sens s'arrêter et ressortir. C'est fini ? Il n'a pourtant pas joui. Il passe sa main sous mon ventre et me retourne, plus doucement cette fois. Il m'observe un moment, en passant délicatement sa main sur ma joue et en scellant nos lèvres. Je reste les yeux écarquillés, ne comprenant plus rien à la situation. Il soulève une de mes jambes qu'il place sur son épaule et rentre à nouveau à l'intérieur de moi. Je gémis, il sourit en prenant mon sexe en main et en remettant ses coups de reins. Je commence à avoir chaud, à me sentir bien. Je sens quelque chose de collant s'écoulait en moi et sur lui aussi. Je crois qu'on a joui en même temps. Mais je suis tellement épuisé que je ne peux même pas vérifier, le sommeil m'appelle...


J'ai mal... Et à dire vrai j'ai pas non plus envie d'ouvrir les yeux. J'ai dû m'endormir ou plutôt m'évanouir. Lui il n'est pas là, même les yeux fermés je le sais, il n'y a pas de présence à mes cotés. Il a tiré son coup et s'est barré avec tout ce que j'avais de valeur et qui se résume à pas grand chose.

Je cligne quelques secondes des yeux avant de m'habituer à la clarté du jour. Je vous jure ! Il aurait au moins pu tirer les rideaux ! Quand je tente de me relever, je m'écroule à terre. Mes jambes sont flageolantes, faut dire qu'il n'y est pas aller de main morte. J'appuie sur mes bras pour me relever, mas rien à faire, c'est trop difficile.

« - Tu devrais rester au lit. On peut pas dire que j'ai été tendre avec toi. »

Je suis ébahi là. Mais qu'est-ce que ce sale violeur fout ici ?! Pourquoi il s'est pas barré ? Il veut vraiment que j'appelle la police ! Quoique... Euh, bonjour, je suis un homme, un vrai, et je viens de me faire mettre par un autre homme qui squatte chez moi, pouvez-vous s'il vous plait l'arrêtez ? Ouais, j'imagine super bien. Je peux rien mais alors rien faire... Ryuichi... Lui seul peut m'aider ! Sans calculer l'autre salaud, je prends le téléphone sur ma table de chevet et compose fébrilement son numéro, le nouveau numéro de son appartement. Après deux sonneries, j'entends sa voix répondre :

« - Allô ?
- Ryuichi ! C'est moi ! Il faut que...
- Naoko ? Tu vas bien ? Keita m'a dit que tu étais malade.

- Euh non... Enfin euh oui... Mais...

- Qu'est-ce qui ne va pas Naoko ? Tu peux tout me dire tu sais ?

- Naoko ?
- Désolé de t'avoir dérangé. Au revoir. dis-je froidement avant de raccrocher. »

C'est ça qui m'a détruit, c'est ça qui continue de me tuer. Le fait qu'il fasse encore attention à moi, que d'une manière différente je compte toujours pour lui. J'éclate en sanglot et tant pis si c'est devant quelqu'un que je ne connais pas et qui m'a fait du mal, tant pis si je m'humilie tout seul, il y a des larmes que je ne peux pas retenir. Je sens des bras tendres m'enlacer, c'est une drôle de différence par rapport à hier. Il me soulève facilement, comme si j'étais une plume et me pose délicatement dans les draps en s'y installant lui aussi, me gardant contre son torse. M'autorisant à pleurer contre lui. Je me lâche, parce que pleurer peut faire parfois beaucoup de bien. Je crie à m'en user la voix et pour une fois quelqu'un est là pour m'écouter. Je lui pardonne tout.

« - Tu m'as lavé ? »

Je me suis finalement calmé et comme le silence me pèse dans ses bras, j'ai pris la parole.

« - Oui. Je t'ai aussi soigné. Tu as beaucoup saigné.
- C'est normal, ça faisait longtemps que je n'avais plus été pénétré.
- Ryuichi, c'est ton ex ?
- Oui. L'amour de ma vie.
- Ça fait combien de temps que vous n'êtes plus ensemble ?
- Un an dans trois jours.
- Tu dois pas beaucoup aimer cette période.
- Je la hais. Et toi tu n'as personne ?
- Avec mon boulot non. Tu sais, je me sers des gens. Je leur offre un rêve.
- C'est parfois pas si mal de rêver… Pendant un instant ils sont heureux et c'est pas grave s'ils ne sont que des machines à fric, eux au moins ils ont droit à leur part de bonheur.
- ... Je peux rester ici quelques temps ?
- Tu serais resté même sans ma permission. Tu ne me payeras pas de loyer je suppose ?
- Je te donnerais du sexe en échange.
- Vu l'expérience d'hier j'ai pas envie de réessayer.
- Je te préparerais. Tu as envie qu'on te fasse l'amour non ? Même si hier tu n'as pris que du plaisir à la fin, tu en avais envie, je me trompe ?

- Tu veux qu'on le fasse là ?
- ... Oui... »

Me prenant au mot, il se place au dessus de moi, commençant par me caresser le corps, me mordiller le cou et m'embrasser profondément. Je participe cette fois-ci. Qui aurait pu croire qu'un inconnu, un mec recueilli dans une rue, puisse comprendre mes désirs et mes envies. Comment un inconnu a-t-il pu comprendre que je ne voulais plus de tendresse, mais juste du sexe sans réfléchir. Un besoin de chaleur et de rien d'autre. Plus de mots et de promesses qui font mal. Je ne veux plus de passé, plus de souvenirs en commun, plus d'amant, juste un sex-friend c'est suffisant. Moi le romantique par excellence qui clamait haut et fort que les relations exclusivement charnelles ne menaient à rien, j'en viens à penser qu'en fait, c'est parfois ça qui nous sauve. Iori me sauve.

Il présente deux de ses doigts devant mes lèvres, que je prends et lèche avec avidité, tout en prenant son sexe en main, lui infligeant des caresses sensuelles, pour l'emmener lui aussi à l'extase. Il retire ses doigts et les rentre délicatement dans mon anus. Je me crispe, j'ai encore mal. Il insiste doucement, prenant son temps pour que j'oublie la douleur, et il est plutôt doué, cet homme plus jeune que moi. Il commence des va-et-vient avec deux doigts et quand il entend mes gémissements de plaisir, il en insère un autre. Dieu, j'avais oublié à quel point ça pouvait être bon. Qu'il y a aussi des douleurs belles à mourir. Une fois prêt, il présente son sexe devant mon entrée et me pénètre doucement pour que je m'y habitue. Il me vole des baisers pour que je me détende et continue à me masturber. Une fois totalement en moi, il commence lentement à bouger. Et j'apprécie; oui en cet instant, même si je n'aime pas ce gamin, même si c'est sans sentiment, j'y prends du plaisir. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus ressenti ça... C'est tellement bon que j'en oublie Ryuichi et Keita qui m'ont trahi chaque jour de ma vie de couple. Je m'accroche à Iori, me déhanchant moi aussi, me délectant au même rythme que lui. Je veux qu'Iori prenne son pied, j'ai toujours aimé donner du plaisir à mon partenaire et c'est pas prêt de changer. Alors que la cadence s'accélère, nous nous libérons encore en accord et retombons essoufflés sur le lit.

« - Tu es vraiment un excellent neko (5), Naoko.
- Tu es un bon coup également Iori. dis-je en souriant.
- Je crois que je viens de voir ton premier sourire.
- Je crois que c'est aussi la première fois que je souris depuis qu'il m'a quitté. »

Il plonge soudainement son regard dans le mien. Ce mec fait tout dans l'intense. Ses mots, son regard, tout vous envoûte. C'est effrayant, c'est captivant. Il est d'une tentation pire que le diable. Sa voix grave résonne à nouveau dans ma chambre :

« - Ce n'est pas parce qu'on aime qu'on doit se détruire. »


Cela fait maintenant trois jours qu'Iori est chez moi. On a eu deux jours de sexe intensif, s'arrêtant juste pour manger ou fumer pour mon sex-friend. On discute aussi beaucoup, il a beau être plus jeune que moi, j'ai l'impression qu'il a plus vécu. J'ai appris de lui que son physique l'avait sauvé d'une vie dans la rue. Il avait quatorze ans quand il s'est fait virer de chez ses parents, parce qu'ils l'avaient découvert au lit avec un garçon. Il a vécu sous les ponts, les bancs et d'autres lieux sordides, se nourrissant dans les poubelles et faisant la manche, avant d'être finalement engagé à seize ans comme hôte, grâce à sa grande taille et à son beau visage. Il est bisexuel avec une préférence pour les hommes, c'est un dominant, parfois violent, parfois doux. Il aime l'argent, les habits de marque, les eaux de Cologne coûteuses, les cigarettes, l'alcool, le sexe.

Dans son sac, il a surtout des fringues, son portable avec la recharge, ses papiers d'identité et quelques bijoux. Il a toujours vécu chez ses clientes ou clients, profitant d'eux. Il n'a pas l'envie d'être attaché à un endroit en particulier, il aime bien le vagabondage. Il économise de l'argent pour s'acheter une voiture de sport, c'est apparemment ce qu'il désire le plus actuellement. Il n'a pas un grand appétit, pourtant il cuisine très bien. Sexe et cuisine, quel bon ménage pour moi.

On s'est habitués l'un à l'autre, je suis en quelque sorte comme un des ses clients, sauf que je ne le paie pas pour rester.

« - Naoko, ça te dirait de sortir un peu ? »

Alors que je suis tranquillement nu sur le lit et que lui vient de finir de se laver, il me pose cette question. C'est vrai que sortir nous ferait du bien, en plus je pourrais aérer la maison, car franchement ça pue le sexe. Je le regarde s'habiller, je pense qu'il n'attend même pas de réponse.

« - Pourquoi pas.
- Alors va vite te laver. J'ai envie de profiter de cette journée, pour une fois que la neige s'arrête et qu'il fait soleil, autant le savourer. »

Sans plus attendre, je file sous la douche. En me savonnant je remarque le nombre de suçons qu'il m'a fait. C'est affolant, j'en ai de partout, et malgré que ce soit pas très esthétique, ça me rend heureux et c'est complètement stupide. Je passe la main sur la glace pour enlever la buée. J'ai meilleur mine qu'il y a quelques temps, serait-ce à cause du sexe ? Oui c'est certainement ça, je ne vois rien d'autre. Je suis en train de m'habiller quand j'entends la porte d'entrée se fermer. Putain ! Il pourrait m'attendre. Je sors de la salle de bain en courant, constatant au passage qu'il a ouvert les fenêtres. C'est drôle qu'il ait pensé à la même chose que moi, c'est très surprenant de voir parfois à quel point on a des choses en communs, des banalités, des idéaux, des tics, des rêves, des goûts. Le hasard peut parfois faire de bonnes choses, oui, car ce n'est qu'une question de hasard si l'on s'est rencontrés. Bon et aussi de caractère mais ça c'est une autre histoire.

Je ferme la porte à clé et dévale les escaliers. J'espère qu'il n'est pas parti trop loin, j'ai pas envie de lui courir après. Alors que j'atterris dans la rue, je me reçois une boule de neige en plein dans le visage. Cet enflure...

Tandis qu'il éclate de rire comme un gosse, je prépare ma défense, mais c'était certainement un leurre vu de quelle façon il évite mon attaque. Et on continue un bon moment à jouer dans la neige comme ça, comme des gamins. Je peux vous assurer que ça fait un bien fou de retomber en enfance quelques temps et d'oublier le monde sinistre des adultes. Il m'attrape par la taille et me plaque dans la neige, s'installant sur mon ventre et immobilisant mes mains au dessus de mon visage, entrelaçant nos doigts. Je le questionne du regard et il se contente d'un des ses sourires mystérieux avant de m'embrasser à en perdre haleine. J'y réponds avec ferveur, m'en foutant d'être pris sur le fait pas des commères ou des enfants traumatisés à vie. Je n'ai pas honte de mon homosexualité; et c'est d'ailleurs pour ça que mes géniteurs me rejettent.

« - On va faire les magasins Naoko ?
- Il doit avoir du monde, c'est le vingt-quatre. grimace-je pas du tout emballé par la foule.
- Mais il doit y avoir de jolies choses à voir. Allez, fais moi plaisir...
- Et pourquoi devrais-je te faire plaisir ?
- Je me laisse crever de froid devant ton immeuble si tu le fais pas.
- C'est lâche...
- N'est-ce pas ? Répond-t-il avec un sourire narquois.
- C'est ok alors. soupire-je, désespéré par le fait qu'il ait toujours le dernier mot. »

Les rues sont bien et bel bondées, triste réalité d'un monde de consommation et de fêtes conçues pour les commerçants. Horrible odeur de billets et de dépenses dans les rues. Frénésie d'habitants cherchant un cadeau, noël devient de plus en plus populaire au Japon. Où sont donc passées nos valeurs et nos traditions ? Perdues certainement dans la masse superficielle de notre société.

Il me tient par la main, j'aimerais dire quelque chose devant un geste si intime et pourtant ma bouche est résolument fermée je m'y résous. Ça lui fait peut-être plaisir de le faire ou peut-être est-ce une habitude ? Tant pis, qu'il le fasse, même si ça me fait un picotement dans le cœur.

Alors qu'il me parle de ce qu'on devrait faire ce soir, mon regard s'attarde sur une vitrine de bijoux. Je lâche sa main et part contempler ce qui m'a tapé à l'œil. Il est pourtant banal: un simple bracelet en cuir noir tressé avec au milieu un boule argent. Mais il me plait énormément et est malheureusement beaucoup trop cher pour le simple employé de bureau que je suis. Enfin, il vaut pas non plus une fortune mais ce mois-ci, avec le loyer qui a augmenté, je ne peux pas me le permettre.

« - Il te plait ? me demande soudainement Iori en m'enlaçant par derrière et en collant son menton sur mon épaule. Il a de ces gestes sentimentaux qui des fois me tapent sur le système.
- Ouais, mais trop cher. On y va ?
- Je peux te l'offrir. Je le trouve pas si cher que ça.
- Je t'ai rien demandé. dis-je froidement en m'éloignant de son étreinte.
- Qu'est-ce que ça peut te faire que je t'offre quelque chose ? C'est mon argent que je sache. continue-t-il avec cet air supérieur qui me fait serrer les dents.
-... Iori. On n'est pas un couple. T'es même pas un amant. Alors reste à ta place. »

Je lui tourne le dos sur ces derniers mots et m'enfuis en courant. Pour qui il se prend ? Il croit pouvoir avoir une place dans mon cœur en plus d'en avoir une dans mon lit. C'est fini les sentiments, j'en ai eu ma dose, je mets tout ça aux oubliettes, vaut mieux avoir besoin de personne. Le risque de souffrir est plus élevé que le risque d'être heureux. Et tant pis s'il s'est pris d'affection pour moi, il m'oubliera bien vite. Ryuichi au bout de trois ans de couple y est bien arrivé alors quatre jours, c'est encore plus simple à effacer.

Dès qu'il rentre je le mets dehors. C'est la chose la plus raisonnable à faire. On en a bien profité, maintenant c'est terminé. Retournons à nos cases départ mutuelles, même si elles sont vides et ternes. C'est bien mieux que de s'entre-déchirer.

Je m'arrête de courir une fois chez moi, à bout de souffle, épuisé. J'enlève manteau, écharpe, gants et commence à faire bouillir ma théière. J'ai froid malgré ma course effrénée. Je ferme toutes les fenêtres, les pièces sentent maintenant bon. Je change mes draps et fais mon lit. Je lance une machine de linge sale et retourne à la cuisine quand j'entends la porte d'entrée claquer violemment et un :

« - Connard ! C'est quoi ton problème ?! »

Il entre comme un fou furieux dans la cuisine et me jette un paquet sur le visage. Je hais les mecs impulsifs. Il est parfois mature mais quand c'est une histoire de sentiments, il peut être incontrôlable, voire violent. Mais je ne lui montrerais pas que j'ai peur.

« - Si j'ai envie de t'offrir cette merde, je te l'offre ! Hurle-t-il en pointant du doigt le paquet.
- Écoute Iori, il vaudrait mieux que tu t'en ailles maintenant, annonce-je de bout-en-blanc, détournant le regard pour ne pas croiser le noir de ses iris. »

Un silence pesant s'installe, un silence où il me dévisage. Il ricane. Je sens que la réplique sera acerbe.

« - Tu veux que j'te dise ton problème ? C'est que ton putain d'ex qui t'a largué, tu l'as jamais vraiment quitté. Tu t'attends toujours à ce qu'il revienne et qu'il t'avoue des sentiments qui n'existent plus.
- Tais-toi...
- À l'heure qu'il est, il te faut bien l'admettre: il est dans le cul d'un autre.
- Tais-toi ! »

Je me jette sur lui, le frappant de toutes mes forces sur le torse. C'est faux ! C'est faux ! J'ai tiré un trait, je ne l'aime plus ! Je ne peux plus l'aimer ! Il ne reviendra jamais, je le sais, je le sais. C'est pas la peine de me le redire, je l'ai perdu, il y a un an, peut-être même avant. Alors pourquoi tu me dis ça... Tu sais tout ce que je n'ai pas envie d'entendre, je le comprends, alors, s'il te plait... Arrête de me torturer... De me rappeler que je ne suis plus rien sans mon Ryuichi.

J'éclate en sanglots tandis qu'il me serre fort dans ses bras. Il me murmure qu'il est désolé, que c'est pour mon bien. J'y comprends rien, mais la chaleur de ses bras est réconfortante, rassurante. Il prend mon visage en larmes dans ses mains :

« - Tu vas le quitter convenablement. Tu vas lui dire tout ce que tu as sur le cœur. »

Il me prend par le poignet, m'emmène devant la table de chevet et décroche le téléphone qu'il me tend. Je prends le combiné en main, tremblant, n'osant pas composer le numéro que je n'ai pu m'empêcher d'apprendre par cœur.

« - Il faut que tu tournes la page. Soit lui, soit moi. me souffle-t-il à l'oreille. »

... Puis-je vraiment l'accepter dans ma vie ? Suis-je prêt à accueillir un nouvel homme dans mon cœur ? De nouveaux sentiments ? Aimer à nouveau ? Je n'en sais rien à vrai dire, et pourtant je vais composer ce numéro, pour avoir le droit à un nouveau lendemain et mettre fin à ces journées sans fin qui m'ont trop longtemps empêtré dans son absence.

Je pose mes doigts sur les premières touches des chiffres et les compose, un à un, d'une main tremblante, incapable à contrôler.

Une sonnerie. Iori met ses mains dans mon pantalon. Deuxième sonnerie. Iori commence à me masturber, tout en me mordillant le cou. Troisième sonnerie. Je penche ma tête contre son torse, désir incontrôlable. Quatrième sonnerie. Il enlève nos pantalons et lubrifie mon anus. Cinquième sonnerie. Il me pénètre et commence doucement la cadence infernale. Sixième sonnerie. Il décroche.

« - Allô ?
- Es... Espèce de bâtard... halète-je.
- Naoko ?
- Connard... Enfoiré... Sais-tu à quel point j'ai souffert ?... Sais-tu à quel point... Han... J'ai continué à t'attendre ?... Je t'aimais ! Et toi tu, han... m'as largué comme une merde ! Alors tu veux que je te dise quelque chose... Pendant que je suis au téléphone avec toi... Ah !... Je prends mon pied avec un mec mille fois mieux que toi... »

En même tant que je finis ma phrase Iori me fait jouir, me faisant hurler de plaisir. Il prend le combiné de mes mains et raccroche. Il sort de moi et me pousse doucement sur le lit, souriant. Nos lèvres se rejoignent et son sexe revient à sa place, là ou il doit être, tandis que je referme mes jambes sur sa taille et que nos mains se lient.

L'homme que je commence à aimer a une odeur de cigarette et d'eau de Cologne coûteuse.


Un portable sonne. Un message. Mais Iori n'a pas vraiment envie d'y répondre. Il est bien, là, endormi avec Naoko dans ses bras. Pourtant il se lève et va le récupérer dans son sac. Ça pourrait être le travail. Après tout, ça fait plusieurs jours qu'il est absent et qu'il ne donne plus signe de vie. Son patron va lui flaquer un sacré savon. C'est pas grave, il compte arrêter de toute façon. Maintenant que sa vie a changé... Il regarde le destinataire. « Ryuichi ». Il ouvre sa boite de réception.

« Bon travail. »

« - C'est un peu plus qu'un travail… dit-il à voix haute en souriant et en partant retrouver la chaleur de son amant. »


(1) Je plaide coupable pour avoir voler le titre d'un film ^^

(2) Conbini = Petit magasin ouvert en permanence. Comme le petit casino quoi.

(3) Pocky = friandise japonaise ressemblant au Mikado, mais c'est meilleur :)

(4) 1300 yens = 9.95 euros

(5) Neko = Chat. Mais ici il est utilisé dans le même sens que « uke » qui veut dire dominé. En fait le neko est tout simplement un mâle dominé.