Bonjour/Bonsoir à tous. Désolée pour l'attente mais comme beaucoup de monde, j'ai des cours et peu de temps. Aussi, ne vous attendez pas à plus d'un chapitre par mois.

Un tout grand merci à mes deux tout premier reviewer.

Bonne lecture


Chapitre 2 : Diners au parc

Et mince ! Voilà ce que c'est que de ne pas dormir, j'ai loupé mon réveil et maintenant, je cours dans tous les sens pour me préparer et tenter de ne pas rater mon train. Allez vite, vite, vite. Ouf, j'y suis arrivée mais il s'en est fallu de peu. Les portes se refermaient et j'ai du risquer d'être assommée pour entrer dans le wagon. Encore une journée qui commence bien. Si je n'avais pas été aussi perturbée par ma rencontre d'hier, je n'aurais pas eu à exploser mes poumons de grand matin. Au moins, le reste de la journée devrait bien se passer. Les cours sont assez agréables : deux heures d'éducation corporelle où l'on « joue » beaucoup, deux heures d'éducation plastique qui sont assez relaxantes et l'après-midi, deux heures d'éducation musicale (et je peux vous dire que chanter « une souris verte » n'est vraiment pas la mer à boire). Vous devez vraiment vous dire que j'ai la belle vie mais il ne faut pas se fier aux apparences. Une journée comme celle-ci est exceptionnelle. En général, les cours sont plutôt théorique et nous avons bien souvent le même professeur durant quatre heures d'affilée. Pour le cours de français par exemple. Vous vous imaginez vous, avec quatre interminables heures de grammaire et d'orthographe?

Aujourd'hui, beaucoup d'élèves sont absents. Il faut croire que les exercices pratiques ne plaisent pas à tout le monde. Emeline me regarde avec un air particulièrement songeur. Il faut cependant préciser que d'habitude, cela n'arrive jamais. Lorsque je disais qu'elle était mystérieuse, j'oubliais de préciser que ce n'était pas du qu'à sa manière d'agir.

- Coucou Emeline, tu as l'air en pleine forme.

- Ah bon ! Je suis comme d'habitude.

Oups je n'aurais peut-être du rien dire car à l'instant même, son visage s'est refermé. Tant pis. J'espérais seulement pouvoir la connaitre un peu plus.

- Jenny, tu veux bien venir m'aider. J'ai un problème avec mon dessin.

- J'arrive tout de suite.

Puisqu'elle ne veut pas parler, je m'en vais rejoindre Romane. On va encore papoter au lieu de travailler mais personne n'a dit que c'était interdit alors autant en profiter.

- Tu sais déjà ce que tu vas offrir à Aurore pour son anniversaire ? Me demande-t-elle.

Une bonne question en effet. Cela fait maintenant deux mois que nous ne l'avons plus revue et samedi, nous allons chez elle fêter ses dix-huit ans. L'occasion pour nous de connaître tous les derniers potins et aussi, de revoir Amandine. Nous n'étions pas dans la même classe mais on était inséparable. Le club des cinq en quelques sortes : Evangeline, la curieuse, Romane, la studieuse, Aurore, la bavarde, Amandine, l'énergique, et moi, Jenny, l'exigeante.

- Non je n'en ai aucune idée. Et toi, qu'est-ce que tu lui as acheté ?

- Une tasse. Je faisais un tour au centre commercial et je suis tombée dessus par hasard. Elle est vraiment trop mignonne, me dit-elle en me la montrant.

- Elle est vraiment très belle. On va enfin pouvoir mettre un visage sur ce fameux William. Depuis le temps qu'on en entend parler !

Vous avez du le remarquer ! Mes amies sont presque toutes casées : Evangeline avec Jason, Romane avec Arnaud et Aurore avec William. Amandine, elle, se porte très bien toute seule et moi, je ne cesse de rabâcher les oreilles de tout le monde en disant que je veux un petit ami. Si l'on me demandait le profil idéal, je dirais que déjà, il doit être plus grand que moi. Ensuite, il faut qu'il ait de l'humour, qu'il se passionne pour les mêmes choses que moi (enfin, ce n'est pas obligatoire mais préférable), qu'il aime les enfants et physiquement, que ses cheveux ne soit ni trop courts, ni trop longs et que son sourire soit étincelant. Cette description physique me rappelle curieusement quelqu'un mais je ne parviens plus à retrouver son nom.

Le cours de plastique se termina bien vite et c'est avec un ventre grondant que je m'en allais dîner. Aujourd'hui je n'achèterai pas de sandwich mais plutôt une « lunch waffle croque » , une délicieuse gaufre fourrée au jambon et au fromage, comme un croque monsieur. Bien que le temps se soit un peu radouci, manger chaud me procure beaucoup de plaisir et pour être tranquille, je décide d'aller m' installer sur un banc dans le parc situé derrière l'école.

Un vent frais me caressait le visage et le gazouillement des oiseaux, encore discret, charmait mon oreille. Une fois mon repas terminé, je décide de profiter des lieux et ferme donc les yeux.

Après quelques instants seulement, une douce voix me parvient…

- Puis-je m'asseoir? Me demanda-t-elle.

Et c'est sans ouvrir les yeux que je répondis distraitement oui. Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi et je finis par me demander à qui appartenait cette voix. Je soulève alors mes paupières et tourne mon regard vers ce nouveau compagnon de banc.

- Tu daignes enfin me regarder, s'amusa-t-il. Je me demandais combien de temps encore tu allais m'ignorer.

- S-S-S-S….Samuel. Qu'est- ce que tu fais ici ? Lui demandai-je avec effarement.

- La même chose que toi, je prends l'air.

- Oui bien sûr. Et tu es tombé sur moi par hasard aussi. (mon sérieux revint vite)

- Peut-être pas.

- Comment ça ?

Il attrapa mon menton de ses longs doigts, plongea ses yeux brillants dans les miens et dit d'une voix profonde et sensuelle:

- Et bien vois-tu, je voulais absolument te revoir et donc, j'ai demandé à mon majordome de te suivre afin de pouvoir te trouver sans difficulté.

Sitôt dit, il me lâcha et s'intéressa davantage au ciel bleu.

Là, il dépasse les bornes. Me faire suivre. Et moi qui avais l'impression de me sentir épiée constamment.

- Depuis combien de temps ? L'interrogeais-je.

- Comment ? Dit-il d'un air incrédule.

- Depuis combien de temps me fais-tu suivre ?

- Seulement, aujourd'hui. Les autres jours c'était moi.

- ET TU OSES ME DIRE CA COMME SI DE RIEN N'ETAIT. NON MAIS ET PUIS QUOI ENCORE. LA PROCHAINE FOIS TU FERAS QUOI ? TU INSTALLERAS DES CAMERAS DANS MA SALLE DE BAIN ?

- Calme-toi s'il te plait et laisse-moi t'expliquer.

J'essaye de me calmer. Mais c'est très dur. Il a violé mon intimité. Pourquoi ? Je décide de le laisser parler et me tourne vers lui (j'avais déjà tourné les talons, prête à partir au plus vite) afin qu'il s'explique.

Il se lança.

- Il y a un mois environ, j'attendais mon chauffeur près de la gare. Lorsque le train est arrivé il y avait une énorme cohue et les gens se marchaient sur les pieds pour être certain d'avoir une place assise. Et parmi eux, il y avait une jeune fille qui non seulement à aider une vielle dame à monter au risque de ne pas réussir à rentrer, mais qui en plus à demander à quelqu'un d'autre se lever (cet homme avait une tête de gangster en plus) pour lui permettre de s'asseoir. Ce petit ange, c'était toi. Je me suis alors mis à te suivre, tu m'intriguais. Durant tout ce temps, tu as toujours trouvé une personne à aider et cela m'attirait à toi de plus en plus. Tu as fait naitre un nouveau sentiment en moi.

Il marqua un instant d'hésitation puis reprit :

- Je t'aime!!!

- Je…Je………Je……………

Impossible de sortir un son de plus. Cette déclaration est si soudaine. Je le connais à peine, que pourrais-je bien lui répondre ? D'un autre côté, il y avait tant de sincérité dans son regard que je ne pouvais m'en détacher.

- Ecoute, repris-je, je dois bien t'avouer que tu m'as surprise et heu….Je suis désolée mais je ne peux pas accepter tes sentiments.

- Je vois. Je suis arrivé un peu tard, ton cœur appartient déjà à quelqu'un d'autre.

Beurk, on dirait un mélodrame. Je vais me reconvertir dans le théâtre un de ces quatre.

Il a l'air complètement défait, son regard n'inspire plus que du vide.

- Non, non, ça n'a rien à voir.

- Alors dis moi pourquoi ?

Une lueur d'espoir scintille dans ses yeux verts émeraude. Je suis plutôt gênée et je n'ai aucune envie de le blessé. Dans mon état actuel, je dois vraiment ressembler à ces fameuses héroïnes de shojo qui se tortille sur place sans trop savoir comment réagir. Il faut bien que je réponde quelque chose. Courage !

- Ce n'est pas que je ne t'apprécie pas - quoique, ne te connaissant que depuis deux jours je ne peux pas vraiment dire si c'est le cas ou non - mais je pense que pour sortir avec quelqu'un, il faut que les deux personnes partagent les mêmes sentiments. Si j'acceptais, non seulement je te mentirais mais je me tromperais moi-même en plus.

Je repris sur un ton plus enjoué.

- C'est pourquoi je vais te proposer ceci. Commençons par devenir ami et retrouvons-nous ici tous les midis à partir de maintenant.

- C'est bon je m'incline. C'est toujours mieux que rien. Ce n'est pas tout ça mais le temps passe. On se retrouve ici demain alors.

Et avant de partir, sans que je puisse lever le petit doigt, il m'embrassa sur la joue. Pas comme le ferait des amis (un petit bisou joue contre joue et puis voilà) non, il a fallu qu'il le fasse comme si j'étais sa petite amie. Elle commence bien cette amitié. Je sens que je vais être vraiment très fatiguée les semaines à venir.

De retour en classe, je ne dis rien. Mes amies ne trouvent pas vraiment cela bizarre et ne me posent donc pas de questions. Heureusement, car je ne veux absolument pas leur dire que dorénavant, je dinerai tous les jours au parc avec un garçon qui me tape sur les nerfs et qui vient de me faire sa déclaration.

Je dois dire que je ne m'impatiente pas chaque midi dans l'attente de le voir. Malheureusement, j'ai voulu être gentille et me voilà obligée de le supporter en train de me regarder manger (je ne vois vraiment pas ce qu'il y a d'excitant à m'observer dévorer un sandwich) et de me lancer des railleries à tout bout de chant. Et puis en fin de semaine,…

- Non mais tu n'en as pas marre, lui dis-je

- Marre de quoi ?

- De passer ton temps à m'observer. J'ai l'impression d'être une bête de cirque. Je croyais que tu voulais que nous fassions connaissance.

- Mais on fait connaissance. J'en apprends un peu plus sur toi chaque jour. Tu es maladroite, gourmande et tu n'es pas la petite fifille gentille que tout le monde croit.

Je suis furieuse. Je réussi cependant à garder mon calme.

- Peut-être que tu me « connais » mais de mon côté, je ne sais toujours rien de toi, repris-je. Quelle est par exemple ta couleur préférée ?

- Le bleu de tes yeux.

- Ton animal favori ?

- Le chat : il te ressemble

Non, j'hallucine là.

- Qu'est-ce que c'est que ces réponses à la noix ? Je ne veux pas me connaitre moi, je veux te connaitre toi.

- Ahah! Donc tu commences à t'intéresser à moi, dit-il avec bonne humeur et un mignon petit sourire en coin.

- Je n'ai jamais dit ça. Le fait est que si nous nous rencontrons tous les midis, c'est justement pour apprendre à mieux se connaitre alors si tu n'y mets pas du tien je ne vois pas pour quelles raisons on continuerait. Sur ce, les cours vont reprendre. Salut.

Et encore une fois je le laisse en plan. Je suis contente de moi parce que , j'ai enfin eu le dernier mot. Il n'a vraiment pas intérêt à se frotter à moi s'il ne veut pas se ramasser une gifle.

Une fois arrivée à l'école, mon contentement est apparemment très visible.

- Que t'est-il arrivé pour que tu affiches un si grand sourire ? Me demande Evangeline

- Rien….. Rien du tout.

Hors de question que je lui dise la vérité.

- Allez ! Dis-moi.

Et zut ! Toujours aussi curieuse et insistante. Je ne vais pas tout lui dire. Disons juste quelques bribes.

- J'en rencontré un garçon ce midi.

- Et il était comment ?

- Physiquement pas mal, mais c'est un vrai goujat.

- Et tu comptes le revoir ?

- Hors de question.

- Flute !

- Quoi ?

- Tu vas encore continuer à nous rabâcher les oreilles en clamant haut et fort que tu veux un petit ami.

- Il est vrai que j'aimerais avoir un copain. Cela ne signifie pas pour autant que je vais prendre le premier qui croise ma route. Je ne suis pas une chatte en chaleur non plus !

- Je laisse tomber, décréta-t-elle dans un soupir.

Et la discussion s'arrêta là. La journée passa comme une lettre à la poste. Je savourais ma petite victoire. A la sortie, pas moyen de mettre un pied devant l'autre. A croire que Brad Pitt était venu nous rendre visite. Difficile de passer mais je réussi néanmoins à me glisser vers l'avant de la foule. J'aperçu une limousine. Pas n'importe laquelle: SA limousine. Je m'avance vers lui sous les regards intrigués

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Lui demandais-je furibonde.

- Je te ramène chez toi.

- Je ne t'ai rien demandé.

Il va voir de quel bois je me chauffe. Je me retourne en direction de la foule agglutinée, dans laquelle j'entrevois mes amis, prends une grande inspiration et…

- Les amis (en fixant les personnes concernées), un petit voyage en limousine vous attend.

Sept personnes dont Romane monte avec joie dans la voiture de rêve. Je me tourne vers Samuel et lui dis avec un immense sourire:

- Moi, il ne faut pas me chercher. Au moins, de cette manière tu ne recommenceras plus.

La situation était vraiment hilarante. D'un côté, la foule ébahie, d'un autre, le sourire radieux des passagers et puis face à moi, le visage déconfit de Samuel.

Il ne pipa pas mots de tout le trajet et chacun fut déposé devant sa porte. Puis, après que Romane fut descendue, la voiture changea de direction.

- Et! Ce n'est pas la bonne route, lui fis-je remarquer.

- Je le sais très bien.

- Dis-moi au moins où l'on va alors.

- Chez moi.

On dirait bien qu'il s'amuse. Je me suis faite avoir sur ce coup-là.

- Et pourquoi?

- N'as-tu pas dis que nous devions apprendre à mieux nous connaitre?

- Oui, mais qu'est-ce que toi tu sous-entends par là ? Arrête cette voiture!

- Hors de question. Maintenant que je t'ais, je te garde.

Un petit rire cristallin s'échappa de ses lèvres fines. Au secours, dans quoi me suis-je embarquée ?