Genre: OS Slash
Pairing : original - Toshan Chah/Bradford Sheffield. Tosh et Brad n'ont rien à voir ensemble mais se complète à merveille.
Bradford Sheffield a tout du working boy type : responsable marketing dans une grosse firme de Seattle, il est foncièrement efficace et assume avec désinvolture sa grande gueule et ses coups de sang. Sauf que depuis quelques temps ce dragueur impénitent est tombé sur plus fort que lui...
Toshan Chah n'a beau être qu'un modeste programmeur informatique il n'a rien d'un geek. Caractère affirmé et esprit libre, son autorité naturelle en a cloué le bec à plus d'un. Il faut bien ça pour canaliser la diva qui partage sa vie.
Rating: un zeste de citron.

Un bijou de technologie

« Il est où Tosh ? »
Bradford lança un regard mauvais à Pete. Il faillit lui répondre Dans ton cul, mais il doutait que son pote eut apprécié. Surtout que ce n'était pas de sa faute à Pete si Tosh n'était pas là. C'était de la sienne.
Putain ! Mais était-ce vraiment de sa faute s'il ne retenait pas toujours ce qu'on lui disait ?
Au bureau Martha, la super efficace Martha, l'avait saisi depuis bien longtemps et elle était devenue imbattable en remplissage de calendrier électronique. Elle y écrivait tout : ses réunions, ses déjeuners d'affaire, ses séances de sport, les anniversaires, … Il s'étonnait même qu'elle n'y avait pas encore inscrit l'heure à laquelle il était le plus judicieux qu'il aille pisser.
Mais ça, c'était au bureau. A la maison c'était autre chose. S'il voulait se rappeler quelque chose il devait le noter lui-même. Ce qui le saoulait royalement. Alors il ne le faisait pas, préférant se fier à sa mémoire.
Erreur. Monumentale erreur.
Il oubliait tout. Tout le temps.
Et ce soir il avait oublié que Tosh se rendait à une de ses fêtes traditionnelles hindoues à la con, Diwa … quelque chose.
Il paraîtrait qu'il lui en avait parlé déjà plusieurs fois les semaines précédentes. Et pas plus tard que hier, apparemment, il lui avait encore dit qu'il serait de sortie toute la nuit.
Apparemment, parce que lui il ne s'en souvenait plus.
Ce n'était pas dans son calendrier. Et ce qui n'était pas dans le calendrier n'avait pas lieu d'être. C'est tout.
Quand il avait énoncé cette vérité profonde à Toshan, ce dernier l'avait regardé comme s'il était demeuré. Puis il avait enfilé sa veste sur ses habits de fête et il l'avait laissé en plan en lui marmonnant qu'à force d'oublier les choses les plus importantes il ne lui resterait plus que les choses inutiles.
Alors voilà, c'était à cause de tout ça qu'il était seul au bar avec ses potes et son humeur de chien et qu'il n'était même pas sûr de retrouver quelqu'un à son retour.

Il n'était même pas saoul quand il rentra. Quatre heure du mat', l'heure des désillusions …
Il aurait aimé se mettre la tête à l'envers. Boire et s'amuser à tout oublier. Et pourquoi pas lever un beau lot ? Il en était capable …
Non. En fait il en était incapable depuis quelques temps. Depuis Toshan en fait. Ce petit con l'avait transformé en putain de mec fidèle.
Il claqua la porte de colère.
« Tu as dû réveiller tout l'immeuble. »
Bradford sursauta et fit tomber ses clés.
Depuis le salon, Toshan le regardait, installé dans l'un de leurs fauteuils Chesterfield. Il s'était changé et avait quitté ses habits blancs pour une chemise noire et une paire de jeans qu'il ne lui avait jamais vu. Neufs sûrement.
« Tu es déjà rentré ? Je croyais que tu étais parti pour toute la nuit. » avança l'Américain un soupçon d'agressivité dans la voix.
_ Je suis rentré avant toi. » constata l'autre, mains croisées devant son visage et index sur les lèvres.
Bradford se sentit coupable. Il décida de dissimuler son malaise en rejoignant rapidement la salle de bain. Sa tactique de fuite échoua quand Toshan lui attrapa le bras alors qu'il passait près de lui.
« Diwali c'est le triomphe de la lumière sur la nuit et aujourd'hui c'est le jour où la chance entre dans les maisons. Alors ne la laisse pas passer … Ta chance. »
Brad s'immobilisa. Il était finalement content d'être sobre. Au moins il pouvait réfléchir vite et avec discernement.
Finalement il décida de la saisir cette chance et il se tourna vers son amant.
Tosh lui sourit et l'attira à lui. Il le fit s'asseoir sur ses genoux avant de lui prendre la tête entre ses mains et de l'embrasser.

Bradford ne fit pas son difficile quand ses vêtements jonchèrent le sol un à un. Si, comme le disait l'homme qui était en train de le faire gémir de plaisir, ce soir la chance entrait dans les maisons, il n'allait pas lui faire barrage.
Il trouvait même qu'elle avait une belle taille et une sacrée cadence, la chance. Il était prêt à l'accueillir plusieurs fois et dans toutes les pièces de l'appartement s'il le fallait.
Finalement elle rendit les armes dans la chambre, la chance, et c'est épuisés et repus qu'ils s'endormirent au milieu des draps en pagaille.

« Tu es un attentat à la pudeur à toi tout seul. » remarqua Brad en regardant son amant, nu, revenir du salon avec un paquet à la main.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il alors que Tosh lui tendait le cadeau
_ Ouvre bourrique ! »
Il ne se fit pas prier et déchira l'emballage. Il resta un peu circonspect devant le contenu.
« C'est …
_ … un calendrier, confirma Toshan
_ En papier ! C'est un bijou de technologie dis moi !
_ T'imagines pas combien. Regardes, là tu peux écrire des trucs, et là aussi ! Des trucs importants comme des rendez-vous, des disponibilités …
_ Je sais me servir d'un calendrier ! » le coupa Brad sèchement.
Tosh lui lança un regard moqueur qui voulait dire Vraiment ? Puis il se leva et abandonna son amant pour se rendre à la cuisine.
Boudeur ce dernier, récupéra le calendrier qu'il avait laissé sur l'oreiller et le feuilleta. Il reconnu que les photos étaient belles et que l'objet ne détonnerait pas dans son bureau. De page en page il se rendit compte que certaines cases étaient remplies. Le méticuleux Toshan Chah avait déjà noté des choses. Il approcha la feuille de son visage et déchiffra l'écriture impossible de son amant. Je t'aime, amnésique !
Il sourit. Il avait beau être irrécupérable, ce genre de chose il ne l'oublierait pas.

FIN