Cette courte fiction a été élaborée dans le cadre d'un challenge intitulé Comme au cinéma sur un forum de fics slash.
Le défi était de reprendre dans les grandes lignes un film ou une scène culte et d'y insérer du slash. On pouvait conserver les personnages initiaux ou réinventer le casting.
Voici donc ma contribution. Comme je l'ai mis dans le résumé, ce texte est une reprise du film "Un jour sans fin" (Groundhog Day) de Harold Ramis, je suis sûre que vous connaissez !
N'hésitez pas à me dire si j'ai réussi mon pari : conserver la trame en restant originale.

Bonne lecture !


The Loop

Et voila ! On est arrivé !
Ploucville du comté de Ploucland.
Seigneur ! Regardez moi ce décor nauséeux de bourgade proprette avec ces bacs à fleurs si parfaites qu'on dirait du plastique et ses magasins de toutes les couleurs. Même chez Mickey c'est de meilleur goût.
En plus je suis sûr que tout le monde se dit bonjour. Ben voilà !
« Oui, oui, bonjour, je suis vraiment raaaavi d'être là, franchement. »
Franchement ? C'est la merde. Je déteste Bobby de m'avoir envoyé ici. Non, je ne le déteste pas, je le hais !
Me faire ça à moi ! M'envoyer à Ploucville pour couvrir le premier passage sur scène des Kick your Ass Baby, dans ce festival rock merdique. C'est moi qui vais leur botter le cul à ces ados boutonneux. Un groupe de rock, ça ? Laissez-moi rire. Ou pleurer. Hendricks, Bonham et Rhodes doivent se retourner dans leurs tombes comme moi je me retourne pour cracher sur ces bands fabriqués par un marketing vicieux qui viole tout ca que la terre compte de sacré.

Mais bon, je m'emporte. Je suis Kenny Molley et je suis journaliste pour WBCN, la radio rock de Boston.
A 37 ans à peine, j'ai déjà pas mal bourlingué dans le pays, suivi des vrais groupes, avec du talent, des tripes, une histoire. Et puis je me suis embourgeoisé. J'ai posé mes valises et mes basses à Boston dès que j'ai décroché ce job à WBCN. Au début j'avais une sacrée bonne tranche horaire et puis j'ai glissé, doucement mais sûrement, vers le milieu de la nuit. Là où personne ne t'écoute et où tes anecdotes et tes vannes éculées sont sûres de ne faire rire que toi.
Pourquoi je reste ? Ben parce que je me suis em-bour-geoi-sé ! Et que j'ai les foies de me retrouver au chômage sans thunes, sans protection sociale et sans toit pour mettre mes grattes à l'abri. Pas très rock n' roll comme attitude, hein ?
Et après on s'étonne que je sois plus aigri qu'un citron vert pas mûr.

« Ouais c'est bon j'arrive ! »
Ils vont pas commencer à me faire chier ces deux-là ! Franckie Malone et Tony Peron. Le premier c'est le technicien et le second le réalisateur de l'émission. Une belle paire de casse-couilles toujours de bonne humeur. La plaie.
Déjà sur la route j'ai cru que j'allais en choper un pour taper l'autre. Et bla bla bla, et gna gna gna. J'ai dû faire semblant de pioncer les trois quart du trajet pour qu'ils me foutent la paix. Tu m'étonnes qu'ils étaient surpris quand je leur ai annoncé que j'étais crevé et que j'allais direct me pieuter dès qu'on est arrivé au motel. Surtout le petit Peron ! Avec ces grands yeux noirs et sa gueule d'ange on lui donnerait le bon dieu sans confession comme on dit. Où des tartes. C'est selon ton humeur en fait. Moi, j'ai envie de lui foutre des tartes.
« J'arrive j'ai dit ! »
Bon allez, j'y vais sinon ils vont me faire un caca nerveux et Bobby va encore m'appeler pour me remonter les bretelles.
Je vais leur torcher leur interview vite fait, tenter de ne pas trop casser les Kick my Fucking Ass Baby et rentrer à Boston fissa ! Si je fais bien mon lourd à 19h on est sur la route. Et je suis le roi des lourds.

« Bonjour c'est Kenny Molley sur WBCN ! »