Miroir FM

Voici l'histoire de l'entreprise TEXTA, spécialisé dans la mode. A travers cette histoire, vous découvrirez les aventures des différents employés de l'entreprise. Tous les chapitres se déroulent constamment dans la salle de pause, ou chaque employé y va de son commentaire sur les potins, les cancans et les aléas de la vie d'entreprise !

Chacun y allant de sa personnalité ! Dans ce premier chapitre, vous ferez la connaissance de douze des quatorze personnages principaux ! Bonne lecture et n'oubliez pas de reviewer, c'est ce qui motive toujours à écrire !


Chapitre 1 – Qui Proquo

Myriam Planquart était en train d'étudier un dossier qu'elle tenait dans les mains. Concentrée sur ce qu'elle était en train de faire, elle jeta machinalement son gobelet dans la poubelle près de la sortie. De plus, un rapide coup d'œil sur l'horloge face à elle lui fit comprendre qu'elle était en retard. Pressée, elle se précipita vers la sortie de la salle de pause.

Cependant, la porte s'ouvrit à la volée et laissa entrer un jeune homme au look des plus excentriques. Les deux personnes manquèrent de se percuter :

- Ho excuse-moi, je suis pressée et je suis ailleurs…

- C'est pas grave ma chérie, lui répondit le jeune homme, mais t'as l'temps de prendre au moins un petit coffee ?

Myriam prit la poignée de la porte dans les mains et lui répondit :

- Non, je dois accueillir un nouveau. Un CDD de six mois. J'espère que ce n'est pas une erreur de casting celui-là parce que les trois derniers, c'était pas ça !

- Yes, mais que veux-tu, lui répondit son ami et collègue, on ne peut pas réussir à tous les coups. Il vient renforcer quel service ? demanda t-il également par curiosité.

- Ecoute mon poussin, on en reparle tout à l'heure, pour le moment je suis en retard…

Mike laissa partir sa collègue précipitamment tout en se posant de nouvelles questions. Soucieux, il se servit un verre d'eau à l'aide de la fontaine qui se trouvait face à lui. Il se posa sur la table haute, ouvrit un magazine et commença à se poser des questions.

Mike Stevens avait beau être un créateur de génie, il était aussi un éternel insatisfait très inquiet. Et le peu de révélations de son amie l'inquiétait.

Il ne remarqua même pas l'entrée dans la salle de pause d'un autre de ses collègues, Claude Everart, l'insupportable directeur commercial.

- T'as l'air soucieux Mike, lui indiqua l'homme corpulent, un problème avec la dernière campagne ?

Mike ne regarda pas Claude qui était en train de se regarder dans le miroir, et répondit toujours l'esprit vague :

- Comment ? Ho non, i'm fine

- J'espère, parce que la dernière fois, ce n'était pas tout à fait ça. Tu t'es quand même bien ramassé sur ce coup là, rappela Claude à son collègue. Heureusement que ta stagiaire a eu une idée brillante.

Cette petite piqûre de rappelle inquiéta de nouveau le styliste :

- Je sais Claude, c'est bien ça qui m'inquiète. Je pense que je suis en sursit !

- En sursit ? ricana Claude. Tu plaisantes ? Qui tu veux trouver pour le même salaire avec la même expérience ?

- C'est sur que côté salaire, avoua Mike, faut pas être difficile.

Mike posa son magazine et regarda plus attentivement Claude, prêt à lui révéler quelque chose d'extraordinaire :

- Mais j'ai croisé Myriam et elle cherchait à m'éviter. Un nouveau CiDiDi arrive aujourd'hui et je pense qu'ils veulent me remplacer… Elle était louche j'te dis !

Claude resta les yeux écarquillés face à son collègue, ayant quelques difficultés à avaler cette nouvelle.

- Mais non tu te fais un film…

- Movie, movie, répéta le jeune américain en replaçant ses lunettes de soleil roses de manière à tenir ses cheveux, movie ou pas, je me tiens à carreau ! Je te laisse, je vais plancher sur mon nouveau projet et je vais leur en mettre plein la face !

Mike ne débarrassa pas son verre d'eau et sortit de la pièce en ajustant son foulard rose tandis que Claude se moquait intérieurement du styliste.

- Pauv' gars, vivre avec la peur au ventre…

Un peu plus tard dans la journée, Claude était de nouveau en salle de pause face au miroir lorsqu'une jeune fille black arriva à son tour. Les cheveux roses et coiffé de manière excentrique, elle semblait extrêmement fatiguée :

- Te v'la toi, salua le directeur commercial. Crois moi, tu n'as pas intérêt à traîner ici. Ton boss est tendu comme un élastique de string… Je serais toi, je boirai un jus d'orange au café pour avoir la patate et de l'énergie pour bosser jusqu'à tard ce soir !

Alors qu'elle s'apprêtait à se laver les mains au lavabo, Rose s'arrêta et regarda Claude :

- Pourquoi ? Ne me dites pas qu'il a une nouvelle angoisse ?

- T'as mis le doigt dessus copine, lui répondit Claude assez amusé, a priori il serait en sursit et on ferait connaissance avec son remplaçant tout à l'heure !

Paniquée, Rose ne put s'empêcher de réagir vivement :

- Non ! Monsieur Evrart, je me tape tous les petits boulots depuis trois mois et ils vont embaucher un autre gars ? J'aurais tout à recommencer moi alors ?

- Ecoute, fais comme tu veux, ajouta l'homme, mais perd pas ton temps ici. Allez, asta la vista !

Claude en profita pour sortir à son tour, et laissa la jeune fille déboussolée.

- Y'en a marre de cette boîte ! Jusqu'à quand je vais être le ramasse poussière de service ? s'emporta la jeune fille devant le miroir.

Elle ne remarqua alors pas qu'une autre personne était entrée dans la salle de pause. Une jeune brune aux mèches blondes s'approcha du miroir pour regarder la jeune fille :

- Tu parles déjà toute seule à ton âge ? Ma pauv' vieille…

Horrifiée, Rose se confia :

- M'en parle pas ! C'est la crise ici ! Ils vont me changer mon boss par un autre babache qui est connu pour mettre la pression aux autres.

Rose était sur le point d'exploser.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? s'empressa de demander la jeune femme.

- C'est m'sieur Evrart qui me l'a fait comprendre. Il m'a dit que j'avais intérêt à bosser et à montrer que j'en voulais… Ca sent le cramé !

La jeune femme eut alors une réaction quasiment similaire, paniquée à l'idée de savoir que l'avenir pouvait changer dans l'entreprise :

- Mais comment veux tu qu'ils remplacent Mike ? Il connaît la boîte par cœur ! C'est l'un des seuls à avoir le numéro du boss ! Il est intouchable !

- Intouchable ou pas, je me méfie, répondit la jeune stagiaire. A qui peut-on faire confiance aujourd'hui ? Même le patron on l'a jamais vu ici, si ça se trouve, y'a pas de patron…

- Si ça se trouve, c'est Mike le patron ! réalisa Jeanne soudainement.

- Mike le boss ? Maintenant que tu le dis…

Rose semblait assez convaincue par cette idée, Jeanne en profita donc pour lui confier autre chose :

- Ecoute, ça reste entre nous, mais mon horoscope me disait de me fier à mon intuition. Je suis persuadée que Mike a racheté la boîte il y a peu de temps. Tu as vu sa dernière collection ? Ca sent la relâche ! Ca s'trouve, il a embauché un styliste pour le remplacer. Au mon dieu, il faut que j'appelle Clara pour lui dire tout ça !

Réalisant que tout ça était peut-être vrai, Rose préféra laisser sa collègue le portable déjà en main :

- J'te laisse. Je me dépêche, si Mike est le boss, je me tiens à carreau moi !

Rose sortit de la pièce tandis que Jeanne était déjà en train de composer le numéro abrégée de sa meilleure amie :

- Allo Clary ? C'est Jeanne ! Tu devineras jamais ce qui se passe ici ! T'es ou là ? Je dois te parler !

- Je suis juste derrière toi Jeanny.

En effet, Clara venait d'entrer dans la pièce à son tour. Elle ne lâcha pas pour autant son téléphone et se dirigea vers la machine à café, laissant Jeanne devant le miroir.

- Je venais prendre un café, j'ai deux minutes je t'écoute.

Jeanne regarda Clara par le miroir et lui fit signe en continuant :

- Figure toi qu'il avait raison…

- Qui ? demanda Clara en se servant son café.

- Jean Devine !

- Non ? Ton horoscope ? demanda la jeune métisse.

- Oui ! Lui même, répondit son amie, il m'avait dit de me fier à mon intuition et figure toi qu'avec Rose on a appris un scoop ! Mike a racheté Texta !

Clara tourna la tête pour apercevoir son amie :

- Non ?

- Si ! répondit l'autre femme en la regardant à son tour sans lâcher son téléphone.

- T'es sûre ?

- Oui, Jean me le confirme ! Mike a même embauché un styliste pour le remplacer !

- Incroyable, fut la réaction de Clara. Si ça se trouve, c'est le gars que j'ai croisé tout à l'heure…

- Non ? demanda Jeanne en se retournant.

- Si ! Même qu'il avait une allure zarbu, un peu tapette sur les bords…

- Non ? réagit Jeanne, le sourire aux lèvres grâce à cette information croustillante.

- Si. Mais il a une cinquantaine d'année. Je suis passé à côté de lui sans qu'il me voit !

- Sans qu'il te voît ? Il doit être sûrement gay alors !

Jeanne savait que Clara était une très belle femme, de plus, la jeune métisse attirait souvent l'attention et aucun homme ne passait à côté d'elle sans la regarder.

- Je l'avais déjà vu avec Mike, ajouta Clara. Si ça se trouve, c'est son mec !

- Non ! s'exclama Jeanne en quittant la pièce et en embrassant avec sa main son amie.

- Si, tu n'as jamais remarqué que Mike non plus me regardait pas ? Mais je m'en fiche, c'est pas mon genre…

Clara continua sa discussion alors qu'un jeune adolescent entra dans la pièce. Piercing à l'oreille, démarche décontractée, le jeune garçon regarda le miroir tout en souriant.

- Oui je raccroche, continua Clara tout en discutant avec Jeanne. Tu crois que je peux en parler ? Non ? Je le garde pour moi ? D'accord, je suis ton conseil.

A peine Clara venait-elle de raccrocher son téléphone qu'elle se retourna sur le nouvel arrivant :

- Mathéo tu sais quoi ?

- Non, répondit nonchalamment le jeune homme.

- Mike, notre patron ! répondit Clara impatiente de dévoiler l'intégralité de son scoop. Il vient de racheter l'entreprise et il vient aussi d'embaucher son petit-ami comme remplaçant à la tête de la prochaine collection ! Le pire, c'est que le mec à cinquante balais et se fringue comme ton petit frère :

- Mais mon petit frère se fringue comme un vieux, lui fit réaliser Mathéo.

- Justement ! Le papy t'es trop classe pour habiller Anastasia. Il se fringue comme un parrain de la mafia, en plus, il fume des cigares qui vont empester toute la boîte !Je ne vais pas supporter ça longtemps !

- Et c'est si grave que ça ? demanda le coursier à l'assistante de direction.

- T'imagine même pas ! s'exclama la jeune femme en sortant, outrée que Mathéo ne réalise pas l'impact que cela aurait.

Surpris par cette découverte, Mathéo resta une boute vingtaine de minutes en salle de pause, face à un coca et quelques magazines de sports. Aussi, lorsqu'une jeune fille d'à peu près son âge entra dans la pièce, il leva les yeux vers elle.

Anastasia, mannequin vedette de l'enseigne Texta, était une très jolie adolescente, ce qui plaisait énormément au jeune coursier.

- Salut poulette, ça va bien ce midi ? lui demanda t-il en se levant de sa chaise.

Anastasia préféra le snober sans relever sa remarque. Elle était lasse du petit jeu plus qu'affligeant du coursier.

- Bah quoi, t'as rien à dire ?

- Je ne parle qu'aux gens en mesure de me répondre, signala la jeune femme en se recoiffant à l'aide de sa brosse.

- Sans vouloir être en mesure de te répondre, je peux au moins te dire ce que tu porteras bientôt, signala le jeune homme malicieusement.

Anastasia posa ses mains sur sa taille et le regarda, attendant plus d'explications.

- Il te faudra même une autorisation de tes parents, tu vas pas mourir de chaud, c'est moi qui te le dit, se moqua le jeune homme aux cheveux noirs.

- Tu pourrais être plus clair ? le pressa la mannequin.

Mathéo se prit les mains et se posa devant la jeune fille :

- Le petit-ami de Mike, qui est le nouveau styliste, faisait partit de la mafia et à priori, son style n'a pas beaucoup évolué… Tu vas te retrouver en pin up' ou en mama sicilienne…

Anastasia ne semblait pas comprendre ou le jeune homme voulait en venir :

- Petit-ami de Mike ? Nouveau styliste ? De quoi tu parles ?

Mathéo reprit les choses à zéro pour se faire mieux comprendre :

- Je te dis que Mike, notre nouveau patron, a embauché un styliste qui pu ! Tant par ses fringues que par sa bouche. S'il roule une pelle à Daphné, ça va être Hiroshima ici ! Je sais pas trop ou on va, mais on y va !

L'explication de Mathéo sur la nouvelle situation de la boîte fut suivit par l'entrée fracassante d'une petite femme. Lunettes sur le nez, appareil photo autour du cou, elle semblait plus qu'énervée :

- Tu es là toi ? cria t-elle à l'attention du coursier. Vingt minutes que je te cherche ! Tu as porté ma pellicule ?

- J'y allais là justement, se précipita de répondre Mathéo.

Perdant toute sa patience, Daphné s'énerva :

- Comment ça tu y vas ? Ca fait une heure que je te l'ai donné avec un caractère prioritaire ! Et je te trouve ici, à draguer… Dehors !!!!

Sortie de ses gongs, Daphné poussa Mathéo qui s'empressa de sortir en marmonnant quelque chose d'incompréhensible.

Daphné retrouva son calme et se mit à sourire en regardant sa protégée :

- Un peu de pression, ça ne lui fera pas de mal ? lui dit-elle en riant.

Anastasia se mit à rire avec sa photographe. Elle vit une jeune brune entrer dans la pièce. Elle la dévisagea quelques secondes avant de s'approcher de Daphné, pour lui révéler quelque chose :

- En parlant de pression, y'a des choses qui vont changer ici…

- Ah bon ? demanda curieuse la petite dame. Raconte moi ça ma chérie !

- Figure toi que le patron – et c'est Mike maintenant – a embauché un styliste de la mafia, qui est bi et qui a des vues sur toi ! Non seulement, il veut que je me balade en tenue d'Eve, mais en plus, il veut que tu photographies ça ! s'emporta le plus calmement possible la mannequin. Tu ne vas pas laisser faire ça quand même ?

- Comment ? s'emporta à son tour Daphné. Mais d'ou tu tiens ça ?

- C'est l'autre moumou qui vient de me le dire, répondit-elle en désignant Mathéo, et comme il traîne toujours partout, c'est sûrement de source sure…

- Mais c'est impossible, se dit-à elle même Daphné, écoute, on va laisser voir venir. Je vais de ce pas en parler à Jeanne. Avec le syndicat, elle saura quoi faire, espéra la petite femme.

Anastasia décida d'accompagner sa photographe et bras dessus bras dessous, les deux femmes sortirent de la pièce, non sans dénigrer la brune qui se trouvait là.

La jeune adolescente devait avoir le même age qu'Anastasia. Sauf qu'elle était noir de cheveux tandis qu'Anastasia abordait une somptueuse chevelure blonde.

La jeune Sophia perdit son sourire narquois et sortit son téléphone paniquée. Tout en marchant dans la petite pièce, elle attendit qu'on décroche. Lorsque ce fut le cas, elle demanda en pleurant :

- Allo papa ? Comment tu as pu me faire ça ? Sans me le dire à moi, ta fille ! La principale intéressée ! Mon héritage, dilapidé !

Elle eut un temps d'arrêt avant de reprendre :

- Comment ça de quoi je parle ? Tu as revendu la société à Mike, ce minable !

Son visage changea du tout au tout :

- Tu es sûr ? Je viens d'entendre ça en salle de pause ! … Tu me promets mon petit papa chéri ? Ce n'est pas vrai ?

Le sourire revint sur le visage de la jeune brune et elle continua :

- Je suis rassurée ! Comment ? Espionner pour savoir d'ou vient cette rumeur ? Tu sais que je suis très douée pour faire ça…

Sophia sursauta lorsque la porte de la salle de pause s'ouvrit à nouveau. En se retournant, elle aperçut Jérôme, le jeune beau gosse de la boîte.

- Je dois te laisser, je t'embrasse.

Sophia s'empressa de ranger son téléphone puis se retourna, tout sourire, vers Jerôme qui se servait un verre d'eau. Ce dernier s'empressa de lui dire :

- Ha Sophia. Tu sais quoi ? Y'a des rumeurs sur la direction ?

Sournoise, Sophia en profita pour lui demander :

- C'est un bruit de couloir qui est arrivé jusqu'en compta… Mais tu sais moi, je m'intéresse pas trop aux commères.

Tout en parlant, Jerôme ne put s'empêcher d'admirer sa carrure dans le miroir.

- C'est ce que disent les commères qui m'intéresse. C'est comme en compta, les comptes n'intéressent personne, seul les bilans parlent !

Sophia n'avait pas tout compris la logique du jeune homme, mais elle lui demanda :

- J'allais justement en compta, tu m'accompagnes ?

Poliment, Jerôme déclina l'invitation :

- Je vais rester quelques minutes encore.

Vexée, Sophia sortit de la pièce sans rien ajouter de plus.

Le jeune homme se posa quelques minutes et reprit l'un des magazines de sport. Tout en sirotant son verre d'eau, il vit un visage inconnu entrer dans la pièce. Très grand, athlétique et environ la trentaine, ce visage ne lui disait rien :

- Salut.

- Bonjour, répondit poliment l'homme, pourriez vous m'indiquer ou je peux trouver Madame Planquart ?

- Madame Planquart, la D.R.H…. se demanda Jerôme en réfléchissant, elle est au troisième, pourquoi ?

- Je m'appelle Tim, se présenta l'homme, je commence aujourd'hui et je suis un peu perdu.

- Ah c'est toi le nouveau mec du patron ? Comment ça se passe avec Mike ?

- Mike ? Je n'ai pas le plaisir de le connaître, répondit toujours aussi poliment le dénommé Tim.

- Mais t'es le nouveau styliste ? demanda Jérôme en essayant de sentir l'haleine de l'homme face à lui.

- Non, je suis assistant D.R.H., répondit à nouveau Tim qui s'éloigna un peu de Jérôme.

- Je comprends plus rien, ajouta Jerôme, vous êtes nombreux à commencer aujourd'hui ?

- Autant que je sache, je suis seul.

- C'est pas comme Daphné, enchaîna le comptable, elle est mariée vous savez. Et selon sa religion, c'est sacré pour elle..

Tim qui était vraiment décontenancé face à cet étrange interrogatoire, répondit :

- Non je voulais dire que je suis seul à commencer aujourd'hui. Sinon, me concernant je suis marié moi aussi.

Jérôme se frotta la tête, surpris d'apprendre tout cela :

- Ecoutez, je vous laisse attendre ici, moi j'ai mal à la tête…

Jerôme sortit de la salle de pause pour se changer les idées, visiblement, le bruit de couloir différé de bien des façons du nouvel intérimaire.

Plusieurs minutes plus tard, Tim attendait toujours qu'on vienne le chercher. La porte s'ouvrit, pour le plus grand bonheur de Tim. Seulement, ce n'était pas une femme, mais un jeune homme assez excentrique. Vêtu de rose, avec le chapeau, le foulard et les lunettes également roses, le jeune homme avança vers Tim et le dévisagea méchamment du regard. Après l'avoir bien observé, il se moqua :

- Et bien, vu ton allure, ça va donner la prochaine collection !

De plus en plus surpris par son nouveau travail, Tim demanda :

- Excusez-moi, je ne comprends pas. Vous êtes ?

- Mickael, mais mes amis m'appellent Mike. Je suis… l'ancien styliste, finit-il par dire en s'écorchant la langue.

- Ah oui, je sais, répondit instinctivement Tim en faisant le lien avec ce que Jérôme lui avait dit plus tôt.

- Comment ça tu sais ? s'énerva Mike.

- Vous êtes le nouveau patron, répondit poliment Tim.

Mike s'emporta alors, claquant ses lunettes sur la table :

- Hola, à peine arrivé et il se moqua déjà de ma face ? Tu vas voir de quel wood je me chauffe !

Tim s'éloigna de Mike qui trouvait très énervé, et ajouta :

- Je pensais que vous étiez le nouveau patron…

Heureusement pour Tim, quelqu'un d'autre fit son entrée dans la salle. La meilleure amie de Mike qui n'était autre que Myriam, des ressources humaines.

- Mike, je vois que tu as fait connaissance avec Tim, s'empressa de remarquer la jeune femme brune.

- Yes, s'énerva le styliste, voir la face de mon assassin avant de passer de vie… à trépas !

Mike venait d'employer un ton très dramatique, qui surprit Myriam.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as bu mon poussin ?

Enervé, tel un enfant gâté et capricieux, Mike s'emporta :

- Il m'arrive que l'on me jette comme une garbage et que je devrais me taire ! Je ne suis pas ce de genre là, je vais me battre for my job !!

- Je sais tout ça, rassura la D.R.H., mais tu n'as rien à craindre. Tu pourrais me dire ce qu'il se passe ?

Mike remit ses lunettes sur ses yeux, et tout en croisant les bras, il désigna à l'aide de son doigt :

- This is the new styliste !

- Tim? Mon assistant ? se demanda Myriam.

- Moi styliste ? ajouta Tim surpris d'apprendre cela.

Réalisant la grossière erreur qu'il venait de commettre, Mike en fit tomber ses lunettes :

- My god ! Ton assistant ?

- Excusez moi, ajouta Tim en regardant Myriam, je suis incapable de dessiner quoi que ce soit, je pensais que le poste étai clair.

Myriam s'empressa de rassurer son nouvel employé :

- Mais ne vous inquiétez pas, il n'est pas question de cela.

Elle se tourna vers Mike :

- Je te présente Tim, mon assistant !

Aussitôt, Mike changea de comportement. Il rangea le mec exécrable qu'il venait d'être et se mit à sourire faussement en serrant la main de Tim :

- Super ! Nice to meet you !

Puis il regarda son amie compatissant :

- Tu fais bien ma chérie, je te trouvais surmené en ce moment !

Myriam répondit sincèrement à son ami :

- Je voulais te le présenter en premier, mais… On en reparlera. Tim, vous me suivez, j'ai tout un tas de personne à vous présenter !

Tim obtempéra et suivit Myriam en dehors de la salle de pause tandis que Mike s'affala contre le mur, soulagé par cette nouvelle déconcertante.

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