Partie 3 : L'après

Quand il se réveilla seul, David se dit qu'il avait simplement du rêver. Il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas, mais comment expliquer l'absence de Nathan autrement ? Il se leva, la mort dans l'âme et prit une douche pour se détendre.

Nathan avait admit être un coureur, pourquoi aurait-il été différend avec lui ? Juste parce que c'était un ami d'enfance. Ils avaient parlé, mais ils ne s'étaient rien promis.

Il bu son café au son des infos matinales. Le défilé se préparait, le monde était toujours en crise, rien ne changeait. Un 14 juillet comme les autres commençait.

David s'installa devant son ordinateur, il répondit à quelques mails d'amis qu'il ne voyait plus depuis longtemps. Fabrice lui avait écrit, la banque leur avait refusé le prêt qui leur aurait permis de lancer leur entreprise. Encore une…

Il décida de lancer une recherche sur Nathan. La veille, il lui avait parlé des groupes dont il s'occupait, de sa page Facebook qu'il entretenait avec soin. Pas de Nathan Wilson enregistré. Il réessaya avec Jonathan Wilson. Son ami n'avait jamais aimé utilisé son prénom complet. Toujours rien, ni sur Facebook, ni sur aucun des moteurs de recherche.

David décida simplement de laisser tomber, son ami devait avoir prit un pseudo. Et puis, peut être que s'il arrêtait de penser à lui l'absence serait moins dur. Peut être… Mais il resta quand même chez lui, des fois que Nathan ne repasse lui dire au revoir.

Le dimanche, il se décida quand même à mettre le nez dehors. Les rues étaient encore pleines malgré la fin des animations de la fête nationale. En chemin, il croisa Charlène, une voisine avec qui il s'installa en terrasse d'un restaurant. Ce même restaurant que Nathan avait choisi avant que le feu d'artifice ne commence. Quand elle lui demanda ce qu'il avait fait de son week end prolongé, il lui répondit la vérité : rien qui ne vaille la peine d'être mentionner.

Il se passa presque dix jours avant que Nathan ne refasse surface dans sa vie, mais pas de la façon qu'il attendait. Deux hommes se présentèrent chez lui, deux policiers habillés en civil qui appartenant à une branche dont David n'avait pas eu envie de retenir le nom. Tout deux venaient de Paris, et lui indiquèrent dès le début de l'entretient ce pourquoi ils étaient là : Nathan Lemercier.

David ne fut qu'à moitié surpris que son ami est finalement pris le nom de jeune fille de sa mère, lui qui détestait tant son père pour les séparés.

« Monsieur Lemercier est recherché pour escroqueries, vols et usurpations d'identités dans cinq pays, incluant la France. Nous savons que vous l'avez rencontré, sous quel prétexte vous a t'il abordé ? »

« Nous avions un rendez-vous, pris il y a dix ans » David revivait la scène au fur et à mesure qu'il la raccomptait aux enquêteurs. L'attente insupportable, la joie de le revoir, leur soirée. Il ne leur cacha rien de ce que Nathan lui avait dit, tous ses mensonges. Il pouvait comprendre que son amant n'est pas eu envie de lui dire la vérité, mais de là à inventer un mensonge. A combien d'autre homme avait-il fait ce speech ? Pour combien d'arnaques c'était-il servit de sa sous disant société de management ? Il parlait sous la colère, mais aussi pour oublier la honte de s'être fait 'arnaquer' lui aussi. Il avait cru ses mensonges.

La conversion dura encore une heure, puis les policiers le laissèrent. Vidé, mais incapable de rester seul, David décida de sortir. Il s'installa au comptoir du premier bar ouvert qu'il croisa. Et commanda un verre, puis un second, et encore.

« Rupture difficile ? »

« On peut dire ça » Répondit David sans même un regard à son interlocuteur

« J'espère qu'elle en valait le coup, parce que vous aller avoir une sacré gueule de bois »

« Il s'est foutu de moi, et j'ai marché en beauté, alors oui une bonne cuite vaut le coup pour l'oublier »

Si son interlocuteur était amusé, lui était énervé. Il s'était tournée vers l'homme en question, il avait une trentaine d'année, blond et un sourire superbe. Le genre d'homme sur lequel son regard s'arrêtait quelques minutes avant de passer à autre chose. Mais ce soir, c'était différend, ce soir il avait découvert que son modèle ne valait rien et il était saoul. Ce soir, tout était possible.

10 ans, une éternité et une fraction de temps en même temps. David repensa à tout ce qu'il avait fait au cours des dix dernières années, à tout ce que Nathan lui avait caché, à tout ce temps qu'il avait passé à attendre une idée. Quand l'inconnu du bar lui proposa de rentré chez lui, David ne réfléchit pas une seconde. Le temps passait déjà trop vite.