Voyages.

Partie 1 : Los Angeles

Bon, on se calme et on réfléchit… Je cherche les toilettes, ce n'est pourtant pas compliqué à comprendre. Ok mon accent est très très français, normal vu que je suis français mais ça reste de l'anglais quand même. Quand j'ai du indiquer leur chemin à un couple de touristes allemands le mois dernier, ils m'ont parlé en français, avec un accent allemand, mais j'ai compris quand même. Ca doit être un problème qu'à le serveur.

« Where are the toilets ? » Je réessaye en articulant et détachant chaque mot. Soudan, le visage du type d'en face s'illumine. Aurait-il enfin compris ?

« Oh Yes, follow me sire » Il fini par me dire. Enfin, je crois comprendre. Donc je le suit.

Eureka, on s'est compris. Je pousse la porte (pourquoi a t'il fallu que les architectes la cache si bien ?) et je me dirige vers les urinoirs. Le serveur est toujours là, il me regarde faire ma petite affaire depuis la porte maintenant dos à moi. Pas que ça me plaise vraiment, mais je ne sais pas, ses yeux me regardent d'une façon qui ne me déplait pas. Tout le type ne me déplait pas d'ailleurs, je l'avais déjà 'vu' plus tôt dans la soirée. Grand, blond, les yeux marrons et un sourire charmeur. Un peu plus âgé que moi, disons qu'il doit être du mauvais coté de la trentaine mais ça ne me dérange pas vraiment.

Je fais exprès de croiser son regard alors que je me retourne pour le rendre aux lavabos. Il s'est rapprocher de l'intérieure de la pièce, et à fermer la porte à clé. Bizarrement, le son est exactement le même aux Etats-Unis qu'en France. Apparemment, les signaux aussi.

Bon, et maintenant on fait quoi, on reste à ce regarder dans le blanc des yeux. Le type, Nick selon sa chemise, se passe la langue sur le contour des lèvres. Je me rapproche, et fait la même chose, sur ses lèvres. Ça doit lui plaire vu qu'il m'embrasse. Et plutôt bien, j'en ai le sang qui chauffe rien qu'à l'idée que tout ses trucs qu'il fait avec sa langue, il puisse les faire autrepart que dans ma bouche. Mes mains lui ouvre sa veste et sa chemise alors que les siennes malaxe mon postérieur. Ce que c'est bon. Je sens que la suite va me plaire.

Finalement, je crois qu'à mon retour à table, il va falloir que je remercie Fabien de m'avoir poussé à faire ce voyage avec lui. On aura peut être pas vu de star, mais j'aurais fait au moins une rencontre intéressent.

Partie 2 : Jérôme

Jérôme est en face de moi. Je cligne des yeux, plusieurs fois mais il ne bouge pas. Je n'y crois pas, Jérôme…

« Tu es mort » J'arrive à bafouiller.

« Je sais » Sa voix, je l'avais oubliée…. Je l'avais presque oublié… Jérôme si tu savais comme je suis désolé. « Ce n'est pas grave » il me répond. Comme s'il lisait dans mes pensées, comme quand on était enfant, adolescent.

« Je suis mort aussi ? »

« Non, pas encore. Disons que tu es l'attente et je te tiens compagnie jusqu'à ce que quelqu'un prenne une décision »

« Quelqu'un, tu veux dire Dieu ou un truc comme ça ? »

« Oui, un truc comme ça » Me répond Jérôme en rigolant. « En fait, c'est une décision que tu dois prendre toi, donc tu es dans l'attente de ta propre condamnation à mort, ou à vivre. »

Toujours aussi philosophique.

« Mais je veux vivre, alors pourquoi je suis encore là ? » Je lui répond d'un air agacé. La vérité, c'est que je ne suis pas pressé, c'est tellement bon d'être là avec lui.

« Tu es sûr ? Parce que ce n'est pas vraiment l'impression que tu donnes vu d'en haut. »

Une sorte de flash back s'imposa à mes yeux.

« Pourquoi ? A cause de mes multiples partenaires et de mon envie de faire la fête ? C'est ridicule, ça montre plutôt mon envie de vivre non ? »

Jérôme me fait signe que non. « Tu n'étais pas comme ça avant, tout ça c'est à cause de moi, c'est pour ça que je suis là. »

Effectivement, avant je n'étais pas comme ça. Avant que Jérôme ne meure, je ne buvais presque pas alors que maintenant je fini bourré au moins trois soirs par semaine. Et je n'avais qu'un amant, jamais je n'aurais eu l'idée de me faire sauter par des inconnus dans des lieux publics.

« C'est de ta faute tout ça ! Tu es partit ! Tu m'avais promis qu'on passerait nos vies ensemble ! » J'ai crié, je m'en veux. Mais je n'ai pas pu faire autrement et les larmes me montent aux yeux maintenant.

« Et je m'excuse, mais tu crois vraiment que je voulais mourir ! J'aurais mille fois préféré vivre, au lieu de te regarder foutre ta vie en l'air » Me répond Jérôme, sur le même ton.

Je n'avais jamais vraiment réfléchit à ça, à ce que Jérôme avait loupé, au fait qu'il n'avait pas fait exprès de me laisser. C'était un accident, il avait eu lieu devant mes yeux et l'homme de ma vie était mort sous mes yeux, dans mes bras. Je m'en suis beaucoup voulu, je lui en ai voulu, j'ai hait le chauffard qui l'avait renversé. Mais jamais je n'ai vraiment pensé à Jérôme.

« Je t'aime Jérôme, la vie sans toi n'a aucun intérêt. »

« Si elle en a. il faut juste que tu lui trouves un sens, au lieu de la gâcher en attendant de me rejoindre. J'aurais vraiment avoir une vie, une famille, des enfants qu'on aurait adopté. Aie cette vie pour moi s'il te plait. »

Cette fois, je pleure vraiment. Et lui aussi. On a l'air de deux gamines qui vienne de se promettre d'être les meilleures amies pour toujours. « D'accord » je fini quand même par répondre.

L'environnement change, des bips réguliers sur ma gauche, une odeur de désinfectants dans la pièce. J'ouvre difficilement les yeux, une lumière vive m'aveugle un moment. Puis j'entend la voix d'une femme qui appelle un docteur. Quand je rouvre les yeux, je vois la poitrine de cette femme au dessus de moi, et le médecin qui me sourit. Le type doit avoir au moins cent ans, l'âge de la retraite à au tant reculé ?

« Tout va bien monsieur » qu'il me dit « bienvenue dans le monde des vivants ».

Je suis vivant, merci, je m'en était rendu compte. Au paradis au moins, les nichons seraient interdits et les mecs seraient canons.

Partie 3 : Cédric

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de sa mort. Jérôme m'a quitté il y a dix ans. Je m'assois juste à coté de sa tombe, et je commence à lui parler. Je vais le voir régulièrement depuis trois ans maintenant, depuis que je suis sortit de l'hôpital. Cet accident de voiture a failli me couter la vie, et Jérôme est venu me sauver. J'aime à penser que d'une certaine façon il a sauvé sa vie aussi, nos deux accidents étaient semblable : une voiture qui roulait trop vite nous à tous les deux reversés à la sortit d'un bar/restaurant. Lui à Paris, moi à Los Angeles. Je venais de prendre mon pied avec un serveur quelconque. Et pouf. La vie est bizarre.

« Et puis, il y a cet homme qui vient d'arriver au boulot. Cédric. Il me plait bien tu sais, tu l'aimerais j'en suis sûr. » Je guette sa tombe et les alentours à la recherche d'un signe. N'importe quoi qui m'indique que Jérôme va dans mon sens. Je deviens dingue… Maintenant, je cherche le consentement d'un mort ! En même temps, Jérôme a toujours été important dans ma vie.

Je me rappelle, le soir de sa mort. Ce soir là, j'avais déjà pas mal bu quand il m'a rejoint dans ce bar. J'avais 23 ans, mon diplôme en poche et un entretient d'embauche le lendemain. Une vie de gentil garçon casé m'attendait, et elle ne me plaisait pas.

Un autre verre, que je vide aussi vite que les deux précédents. Le whisky me brule ma gorge, mais il me fait du bien, il m'embrouille le cerveau. Jérôme arrive, essoufflé et un peu en sueur d'avoir du courir, décoiffé mais tellement mignon. Il ne m'embrasse pas, pas dans un lieu public dont la majorité de la population est hétéro et bourrées. Les gens ont des réactions étrange parfois, et l'homophobie peut prendre plusieurs visages : celui d'un macho qui, un coup dans le nez, veut prouver sa valeur en 'cassant du PD' par exemple.

« Désolé d'être en retard » qu'il me dit quand même. « Tu en es a combien ? » Me demanda-t-il après avoir remarquer les trois verres devant moi.

« Juste ceux-là. » Je lui réponds en faisant signe au barman de ma remettre la même chose. Mais apparemment c'est pas du gout de mon petit-ami qui à la place commande deux sodas et me traine vers une table. Le bar n'est pas l'idéal pour les conversations privées.

« C'est juste que je ne veux pas de ça, rentrez tous les soirs dans une maison de banlieue, pour te retrouver, toi, des mioches bruyants un chien qui me sauterais dessus. Enfin, tu vois le genre, c'est la vie de mon père ça et je ne sais pas trop, je suis trop jeune. Aujourd'hui, la vie ce n'est pas comme ça ! »

« Et c'est comment alors la vie selon toi ? » M'avait demandé Jérôme, sérieusement.

« Je ne sais pas, je vais y réfléchir un jour ou deux et je te dirais. »

« Prend ton temps, mais sache que le jour où tu voudras cette vie, je serais là. »

« Tu ne me l'as pas dit, mais ce soir là j'ai compris que c'était cette vie là que tu voulais. Je suis désolé de ne pas avoir pu te l'offrir, mais peut être que Cédric acceptera. Enfin, si j'arrive à lui proposer un rencard »

Un coup de vent vient balayer les quelques feuilles que l'automne commençant avait déjà détaché des arbres. Je prend ça pour un signe d'acquiescement. Jérôme est d'accord pour que je vive notre projet avec un autre.