Partie 1 (Prologue)

Putain de bon samaritain, pourquoi fallait-il qu'un abruti sorte de nulle part pour détraquer sa petite routine à chaque fois qu'elle devenait routinière ? Un prof de littérature anglaise ! Qu'est ce qu'il en avait à foutre de la littérature ! En quoi ça pourrait l'aider à aller mieux, quand il sortirait enfin de son palace de 3 mètres sur 4 ? Mais un connard haut placé dans l'administration avait dit que c'était bien pour les détenus, pour leur 'réinsertion' et comme onze autres gars libérables dans l'année, le voilà de corvée de cours. Il aurait préféré être de corvée de cuisine, d'atelier, ou même de récurage de chiottes plutôt que de s'y rendre. Mais non, tout ça parce qu'un type s'était porté volontaire pour faire des cours gratuitement. Alors bien sûr l'administration avait sauté sur l'occasion.

« Alors Jared, il parait que tu retournes à l'école ! » Le nargua son colocataire, alors qu'il rentrait dans la cellule. Il lui jeta un regard noir et s'allongea sur sa couchette. Vivement que l'autre dégage qu'il puisse s'installer dans celle du haut. Il avait toujours préféré être en hauteur, peut être parce que ça lui rappelait quand il planait. Une ligne, voilà ce qu'il lui fallait… Mais il ne pouvait pas prendre le risque, il était libérable sur parole dans quatre mois s'il ne faisait pas de connerie et surtout s'il n'était pas contrôlé positif.

« Encore des lettres de fans ? «

L'autre se contenta de sourire. Après cinq ans de prison, Wayne était toujours autant aimé dehors. Tout ça parce qu'il avait été un 'grand' chanteur, avant de provoquer un accident qui avait tué quatre personnes. Jared au moins pouvait se vanter de ne pas avoir de sang sur les mains. Comme si ça comptait dans un lieu pareil. Si justement, ça comptait, mais dans le bon sens. Lui était 'seulement' tombé pour une attaque à main armée et il avait prit cinq ans, parce que c'était son premier délit ; libérable au bout de trois, parce qu'il n'avait pas tiré. Dehors c'était bien, dedans ça faisait de lui une mauviette.

Deux heures enfermé dans son palace, comme il aimait appeler sa cellule, puis il y aurait droit. Une heure trente, sans doute la plus longue de la semaine, avec un abruti qui allait leur parler de tout un tas de types dont il ne voulait même pas connaitre le nom. Un cours de littérature, juste ce dont sa réputation avait besoin.