MAXIME

Je m'étais fait avoir comme un débutant. Moi, le Vampire Millénaire, je m'étais fait avoir par Glen. Je savais que le sang congelé n'était pas le meilleur des régimes mais à ce point, je n'oserai plus jamais me regarder dans un miroir.

Quoi qu'il en soit, Glen m'avait tendu un piège que je n'avais pas remarqué. Suite à cette visite à Nizas, j'étais sur mes gardes. J'avais reconnu l'odeur de Glen chez cet homme obése qui devait être un de ses sbires les plus récents. Je croyais que le problème était résolu mais vers le mois de février, alors que je voulais aller voir Camille, Glen me tomba dessus et grâce à son chien, m'immobilisa pour m'assommer.

Ce fut le vide pendant un moment. Je finis par sentir la morsure de l'argent. Ce métal ne tuait pas les vampires, il les immobilisait et les blessait. Je ne pouvais pas bouger ni ouvrir les yeux. Je me basai sur mon ouïe et mon odorat. Je sentais, de façon confuse, l'odeur de Vladimir avant de me rendre compte qu'il s'agissait de Camille. Elle était venue. J'étais à la fois content et horrifié. Glen tenait sa haine contre son père depuis des années et une adolescente ne lui poserait pas de grand problème. Il aurait fallu que la dite adolescente possède des pouvoirs de vampires très puissants. Rien qui pour l'instant n'était à sa portée. Je voulais me lever et crier à Camille de filer mais je ne pouvais même pas ouvrir les yeux. Elle était encerclée, et Glen allait passer à l'action. Moi, j'étais là comme un idiot.

Je sentais que Camille partait mais j'avais entendu un coup sur sa tête. Glen rit et me dit :

-Tu vois Vampire Millénaire, ta protégée est à moi. Tout comme Vladimir.

Et il partit. Je n'avais pas la moindre idée du temps passé à rester comme ça. Je sentis alors le soleil. Le pouvoir de Glen se brisa et je fus enfin libre de mes mouvements. Le soleil pointait à peine le bout de son nez mais je sentais la douleur qui allait avec. Je filais en suivant l'odeur de Glen et, chose dont je m'étais douté, elle disparut. Je pouvais fouiller chaque recoin du sol, rien. Plus de trace de l'odeur de Camille non plus. Alors que je cherchais, je tombai sur Vladimir, en sueur.

-Où est Atalante? me cria-t-il.

-Bonne question. Elle est entre les mains de Glen et je la cherche depuis le lever du soleil.

Là, Vladimir changea de couleur. Je dirais qu'il était déjà pâle du fait de sa nature, mais il devint blanc pur.

-C'est une catastrophe. Il va la tuer.

-Je ne te le fais pas dire. Mais comme il tient à sa vengeance, il la tuera devant toi.

-Tu crois?

-Non, j'en suis sûr.

Il était soulagé, il avait encore un peu de temps pour retrouver Camille. Moi, j'avais une boule dans l'estomac. Glen n'était pas le plus tendre des vampires, encore moins le plus patient.

-Vladimir, combien de temps as-tu réussi à échapper à Jack avant de le tuer?

-Environ deux jours. Pourquoi?

-Parce qu'il nous reste deux jours pour sauver Camille.

Ce fut la première fois depuis des années que je prenais du sang humain à même le corps. Vladimir avait plus de scrupules que moi mais nous n'avions pas le choix. Je suis peut-être le Vampire Millénaire, mais comme tous vampires qui se respecte, il fallait du carburant et ce carburant, c'était le sang. Le sang congelé permettait juste de nourrir, le sang humain chaud permettait d'entretenir nos pouvoirs. Mais pour passer inaperçus, nous évitions généralement de le faire dans des petites villes.

Nous avions pris pour cible un groupe d'ivrognes. Très vite, nos instincts de prédateurs prirent le dessus. Le groupe se sépara et nous profitâmes d'un moment d'inattention pour en prendre un chacun. Les autres ne firent même pas attention. Nous prîmes tout le sang que nous pouvions. Moi, j'avais plus l'habitude que Vladimir qui avait toujours des scrupules à vider ce bougre de leur sang. Finalement, il finit son repas.

-C'est....hésita-t-il.

-Je sais. T'inquiètes, si tu atteint mon âge, tu verras les choses sous un autre angle. Quel groupe sanguin?

-Pardon?

-Je te demande le groupe sanguin du tien.

-Je ne sais pas. C'était fruité. dit-il gêné.

-Alors c'est du B+. Le mien était O-. Capiteux et fort.

-Bon, on a mangé, maintenant on fait quoi?

-On fait confiance à notre instinct. Nous avons regonflé nos batteries.

Vladimir affichait un air désemparé. Moi, j'avais passé l'âge de ce genre de remord.

-Une chose sur les vampires, si notre survie est menacé, nous ne devons pas hésité. dis-je à Vladimir.

Il savait que j'avais raison. Mais à seulement un siècle et demi, on a toujours des scrupules à prendre une vie.

-Je la sens. déclarai-je.

Ma déclaration fit réagir Vladimir.

-Pas moi.

-C'est parce que je suis plus vieux. Glen ne peut pas faire disparaitre totalement son odeur, il est trop jeune.

Je humai l'air ambiant et captai son odeur vers un vieux bâtiment qui sentait l'humidité.

-Il est dans le centre historique.

-Qu'est-ce qui te fait dire ça?

-Son odeur rejoint celle d'un bâtiment qui sent l'humidité. Il y a une cave. Je ne peux pas en dire plus. L'humidité est omniprésente et couvre tout.

-Je crois que j'ai une petite idée.

Je suivis Vladimir. L'odeur de Glen devint plus forte. Vladimir la sentait, j'en étais sûr. Toujours pas de trace de Camille. Le soleil était au zénith. Nous arrivâmes devant une vieille porte et une pancarte disait " Hôtel du Baron de Lacoste ".

-Super, le lieu de ce coin paumé que je voulais le plus évité. maugréa Vladimir.

-Pourquoi?

-De toute cette ville, c'est celui qui sent le plus mauvais.

Sa phrase me prit au dépourvu et je retins un éclat de rire. Glen était là, je le sentais.

Il y avait une grille qui ouvrait sur des souterrains. Vladimir ne prit pas de gant et l'arracha du mur. Nous descendîmes en la remettant en place. Dans le sous-sol, nous attendait avec un grand sourire Glen et sa bande. Je ne sentais pas l'odeur de Camille.

-Où est-elle?dis-je avec hargne.

-Pas ici en tous cas. Le Vampire Millénaire serait-il amoureux?

-Ce que j'éprouve pour Camille ne te regardes pas.

Je sentais que Vladimir se raidissait.

-Ah non. Tu ne vas pas me faire une crise parce que je sors avec ta fille. C'est vraiment pas le moment ! m'exclamai-je.

Vladimir me sourit.

-Je sais. On verra quand Camille sera en lieu sûr.

-Vous nous faites signe quand vous aurez fini. dit Glen qui trouvait cette situation amusante.

Camille est en vie pour le moment. Elle découvre les joies de sa nature de vampire.

-Qu'est-ce que tu lui as fait? s'écria Vladimir.

-J'ai enlevé sa part d'humaine. Elle n'est plus qu'une bête qui chasse et tue pour le plaisir.

J'ai cru un instant que Vladimir allait se jeter sur Glen pour le tuer. Finalement, il se retint.

-Où est-elle?

Je tressaillit. Je sentait toute l'agressivité de Vladimir, son envie de tuer. Toute la pièce était remplie de ce désir et Glen le sentit. Son visage suffisant et hautain se teinta de terreur pendant un bref instant. Puis son sourire revint.

-Bien, je vais te dire où est ta fille. Ensuite, je la tuerai sous tes yeux, comme tu as tué mon frère. Elle est en dehors de la ville. Va à la Couvertoirade.

Glen sortit comme si de rien n'était. Vladimir n'avait pas bougé d'un pouce.

-Hey, Vlad, ça va?

-Non. Pas tant que Glen sera en vie.

-D'abord, Camille. On verra pour Glen ensuite. dis-je en lui tirant le bras.

Il me suivit sans faire d'histoire. Le soleil était toujours là et le retour à la lumière fut affreux. De mon vivant, je n'aimais déjà pas cette boule lumineuse mais maintenant que j'étais un vampire, je la supportait encore moins. Il fallut quelques minutes à Vladimir pour se calmer et ensuite, nous filâmes vers le lieu indiqué par Glen. La Couvertoirade était à l'origine un monastère de Templiers. Quand le dernier d'entre eux mourut, elle fut pillée. Aujourd'hui, c'était un site touristique très prisé de la Lozére. Nous y étions très rapidement grâce à nos dons. Il allait faire nuit. Je sentais une grande quantité de sang frais. La ville était silencieuse, ce qui n'était pas vraiment normal. En cherchant un peu, je sentis l'odeur de Camille, à l'extérieur des murailles. En la suivant, j'arrivai avec Vladimir sur un promontoire. Camille était en train de dépecer..... je ne sais pas quoi. Il n'y avait aucun élément permettant de dire s'il s'agissait d'un humain ou non. Il n'y avait que du sang et des lambeaux de chair qui pendaient à ses pieds.

Glen était à coté d'elle et la caressait comme un chat. Pour un peu, j'étais persuadé qu'elle ronronnerait. Vladimir était horrifié.

-Occupe-toi de Glen, moi, je m'occupe de Camille. dis-je à Vladimir.

Il hocha à peine la tête et sans prévenir, il se jeta sur Glen. Le combat commença mais j'avais d'autre chats à fouetter. J'avançai prudemment vers Camille qui avait à peine levé la tête de son "festin". Dans ses yeux, je ne vis rien qui pourrais me permettre de la ramener de façon douce.

De par mon expérience, je savais qu'on pouvais ôter toute volonté, ou toute conscience à un humain ou à un vampire. Si Camille devait revenir à la normale, il faudra le sang de Glen.

-Vlad. Il faut le sang de Glen. Ouch.

Camille venait de me sauter dessus comme une panthère. En voulant l'arrêter, elle m'avait mordu le bras. Je ne voulais pas la blesser mais elle ne me laissait pas vraiment le choix. J'allais me battre comme un vampire. Son coup suivant m'effleura la joue et je profitai de la baisse de sa garde pour lui donner un coup de poing dans le ventre. Le coup lui coupa le souffle et le coup de pied dans la mâchoire qui je lui donnai lui fit perdre connaissance. Je regardais le combat entre Vlad et Glen. Vlad avait l'avantage. Glen allait perdre. Cette victoire allait défier tous les pronostics mais en tant que fils de Jack, il avait un peu de ses réflexes et de ses instincts de tueur. Vladimir finit par planter sa main dans le corps de Glen qui s'écroula.

-Très théâtral. Il faut son sang pour que Camille redevienne normale.

Vladimir retira sa main qui dégoulinait de sang. J'ouvris la bouche de Camille et quelque gouttes tombèrent. Camille ne changea pas. Elle ne reprit pas non plus connaissance.

-Je crois que j'y suis allé un peu fort.

J'entendis un rugissement. J'eus à peine le temps de me retourner pour voir Glen attaquer Vladimir. Le combat recommençait. Glen se battait avec toute la force du désespoir, Vladimir n'avait pas réussi à toucher le cœur. Vladimir avait de plus en plus de mal à contrer et attaquer. Je pris le relai.

-Bouges de là. Ce ne sont pas tes oignons.

-Si. Tu t'en ai pris à Camille.

Je voulus lui donner un coup de poing mais il esquiva et son genou heurta ma cage thoracique. En réponse, je plantai mes crocs dans sa gorge. Je commençai à pomper son sang. Déjà affaibli par Vladimir, il ne résista pas avec suffisamment de force pour pouvoir se soustraire de mon étreinte. Il tomba comme une poupée de chiffon, complétement vidé de son sang. Je titubai et du me rattraper à la pierre pour ne pas tomber. Des images de toutes sortes défilaient en moi, les émotions qui allaient de pair me vrillaient le crâne. Finalement, tout s'estompa. Je me tournais vers Vladimir.

-Merci. dit-il. Au fait, t'as du sang qui coule sur le menton.

-Mince. dis-je en l'essuyant.

-Un vampire de mille ans qui ne peut pas manger proprement. ajouta-t-il avec sarcasme.

-Je voudrais t'y voir. Le sang de vampire n'est pas du sang humain. Il est bien plus fluide.

-Je n'ai jamais bu du sang de vampire.

-Normal. Tu es trop jeune. C'est un des seuls moyens sûrs de tuer un vampire, d'une. De deux, cela permet de prendre tous les pouvoirs de ce vampire. Mais tu absorbes aussi tous les souvenirs de ce vampire. Alors généralement, on évite. Pourtant, je peux te dire que c'est bien plus revigorant que du sang humain.

-Je ne suis pas pressé de tenter l'expérience. me dit Vladimir en se penchant sur sa fille.

Elle se réveillait. À la faveur de la nuit, ses cheveux roux étaient encore plus beaux. Elle se redressa difficilement. Elle laissa son regard vagabonder sur le décor, le corps de Glen et tomba à genoux en pleurant.

-Glen est mort?

-Oui.

-Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. hoqueta-t-elle. Il....m'a donné quelque chose. Ensuite...plus rien ne comptait...juste le sang..Je me souviens de tout ce que j'ai fait. J'ai tué des enfants, des mamans avec leurs bébés. Je....

Je me précipitai vers elle avant qu'elle ne se brise définitivement. Heureusement pour Glen qu'il était déjà mort, ses souffrances auraient été mille fois pires.

-C'est fini. Il ne t'arrivera plus rien. Tu n'es pas responsable de ce qui est arrivé. Tu ne crains rien. Tu n'as rien fait. Le seul responsable, c'est Glen.

-C'est vrai? Tu crois vraiment ce que tu dis?

-Oui.

Je me penchai vers elle et je l'embrassai. Je sentis la désapprobation de Vlad mais il ne dit rien.

-Vous allez en Sibérie?

-Oui. répondit Vlad. Il faut que Camille rencontre son frère et ma femme y tient aussi.

-Ta femme?

-Oui, la mère de Camille. Je l'ai marquée. dit-il, rougissant comme un enfant de cinq ans.

Je trouvai ça mignon tout plein.

-Alors vas vite la chercher, elle doit se faire un sang d'encre pour Camille.

En effet, elle nous attendait à l'aéroport d'Orly. Quand elle vit Camille arriver, elle se précipita vers elle et la prit dans ses bras en lui faisant promettre de ne jamais faire ça de nouveau. Puis elle regarda Vlad et son regard se posa sur moi.

-J'ai pris quatre billets. Le vol part dans dix minutes. Je vous attendais. dit-elle avec un grand sourire.

FIN

Voilà, j'espère que vous avez aimé cette fic. Je l'ai écrite il y a déjà un an et demi et ce n'est pas la version originale, j'ai fait quelques améliorations ça et là pour qu'elle soit plus agréable. J'espère qu'elle mérite des reviews et sinon, merci de l'avoir lu .X)