Onde verte sur Hé Ma.

Auteur : Jurkane

Histoire originale, genre héroïc fantasy, rating K+.

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Nota bene : Ce court one shot est censé être le résumé du roman d'héroïc fantasy « Survivre » de l'écrivain américain Rudy Latieson, un homme très secret qui cachait sa véritable identité et dont la photographie n'apparaît nulle part.. On sait qu'il est né en 1913 et serait décédé vers 1980. On dit que derrière ce pseudonyme se dissimulait un grand savant, un physicien nucléaire, qui régénérait ses forces physiques et mentales par l'écriture.

Une seule chose est sûre. Il a écrit dix livres, dont "Survivre" publié en 1960, tous d'un genre différent et tous best-sellers. Ils ne sont pas réédités depuis longtemps pour d'obscures raisons d'héritage et de droits d'auteurs. On les trouve à lire dans quelques bibliothèques, là où ils n'ont pas été volés par des amateurs de livres rares, ou parfois à acheter aux enchères sur des sites de vente par Internet. Chers s'ils sont en bon état.

Mais toutes ces informations ne seraient en fait que des rumeurs, propagées sur le Web par des fans. .

Les droits du roman ont été achetés, après des négociations longues et ardues, par Ron Timberley, metteur en scène et réalisateur, qui tourne le film inspiré de l'histoire en Nouvelle Zélande. Le titre provisoire est « Onde verte sur Hé Ma » et fait référence comme toutes les œuvres de ce cinéaste à une couleur.

Si le film a du succès, "Survivre" pourrait être le premier des livres de Rudy Latieson à être réédité.

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SURVIVRE !

Résumé du livre de Rudy Latieson, paru aux Etats Unis en 1960, traduit en français en 1971, publié par les Éditions « Mondes d'ailleurs », jamais réédité, aujourd'hui introuvable.

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Hé Ma est une petite planète tournant autour d'un soleil jaune et pourvue de trois lunes. Elle a une atmosphère semblable à la nôtre, juste un peu plus riche en oxygène. La gravité y est légèrement inférieure à celle de la Terre si bien que des animaux de grande taille ont pu y perdurer.

La vie s'y est développée à peu près de la même façon que sur notre planète, en quelques millions d'années. La faune est variée : insectes, poissons, reptiles, oiseaux et mammifères grands et petits y foisonnent.

Elle n'a qu'un continent situé au niveau de l'équateur et formant autour du globe une ceinture terrestre presque continue. Le reste de la planète est recouvert par deux océans peu salés, l'un au Nord, l'autre au Sud, couverts de glace aux pôles.

Le climat est chaud, de type équatorial. Une forte rosée, presque une pluie fine, due à la condensation océanique, se dépose sur le sol chaque matin, pendant deux heures environ. Le soir, une averse de courte durée est toujours la bienvenue. La terre est donc riche et fertile, sauf dans les deux chaînes de montagnes transversales et au pied des volcans à cause du soufre.

La planète compte huit cent mille à un million d'habitants selon les périodes. Une catastrophe récurrente, la naissance et la propagation d'une onde verte, fait en général périr un habitant sur cinq. La population se concentre sur une petite moitié ouest du continent et se répartit inégalement en cinq provinces.

Le reste est peuplé d'animaux de grande taille, des reptiles pour la plupart, aériens, ( genre archéoptéryx ), terrestres ( lézards ) ou aquatiques ( serpents et crocodiles ). Seules les écailles d'un grand croco doré peuvent protéger de l'onde verte meurtrière. Le héros du livre et du film doit tuer un de ces monstres pour sauver son peuple de la catastrophe.

Les Hémaens ( prononcer è ma in ) vivent dans des villes ou des villages formés d'habitations étranges : les maisons-fleurs. Chaque maison est à l'origine une fleur géante composée d'un tronc cylindrique assez court, pourvu de deux feuilles opposées à mi-hauteur, de cinq longs sépales formant cuvette, de cinq pétales épais, d'un cercle d'étamines très légères et d'un très gros pistil.

Il faut cinq années mahés pour que la plante arrive à maturité. Elle fleurit une seule fois et donne cinq graines énormes mais très légères qui sont immédiatement récoltées et plantées à la périphérie de la ville ou du village Quelques jours plus tard, la plante-mère se fane, ses pétales se referment et forment une sphère aplatie parfaitement étanche.

Les Hémaens guettent ce moment qui se produit généralement au petit matin, car il faut faire vite pour transformer la fleur morte en maison confortable. Si on tarde trop, elle devient dure comme la pierre et inutilisable. Dès que la corolle s'est refermée, ceux qui vont habiter la maison, généralement un nouveau couple, se hâtent donc de creuser dans le tronc encore mou un escalier en spirale et de découper des fenêtres dans la matière cireuse des pétales.

Il ne reste qu'à faucher les étamines dont on fait des matelas douillets Les sépales restent ouverts et sèchent. Ils serviront à recueillir la rosée ou l'eau de pluie qui sera stockée naturellement dans une cavité de la racine principale. Chaque fleur est ainsi pourvue d'une bonne réserve d'eau. Les nouveaux occupants pourront bientôt s'y installer et prospérer.

Aidés de leurs amis, à qui ils rendront à l'occasion le même service, ils construisent deux pièces à vivre aux murs de roseaux tressés, sous les feuilles qui forment le toit. Le cœur de la fleur servira de salon dans la journée et la nuit; se transformera en une ou plusieurs chambres à coucher. Les maisons-fleurs sont solides. L'onde verte ne peut les détruire mais elle peut entrer par une fenêtre et par ricochet, atteindre toute la famille réfugiée à l'intérieur.

Mais personne n'y habite tant que le jardin n'est pas dessiné et planté et que le foyer qui servira à faire la cuisine n'est pas installé en son milieu. On ne fait pas de feu à proximité de la fleur, son matériau est inflammable. Du coup les Hémaens ne fument pas !

Le jardin est important. On ne plante pas les graines des futures maison trop près les unes des autres, c'est excellent pour la tranquillité comme pour la culture. Chaque famille fait pousser des légumes, des fleurs et des arbres fruitiers miniatures. Dans les villages, on élève aussi des petits volatiles pour leur chair, leurs plumes et surtout leurs œufs. Il existe sur Hé Ma autant de façon d'accommoder les œufs que de jours dans une année ( 425 jours terrestres ).

L'ouverture officielle de la maison donne lieu à une grande fête où sont conviés parents et amis. On mange, on rit, on chante et on danse pendant trois jours et deux nuits. C'est souvent lors de cette fête que de nouveaux couples se forment.

Pour le film de Ron Timberley, les décorateurs ont construits cinq maisons-fleurs, dont une en floraison. D'autres seront ajoutées grâce aux effets numériques pour donner l'illusion d'une ville.

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Les Hémaens se nomment hémaons pour les hommes, hémaïnes pour les femmes, hémahé pour les ambivalents à la fois femme et homme ou plus rarement ni femme ni homme. Ils ne connaissent pas le métal. Ils utilisent le bois car la forêt est importante, la sève visqueuse d'une plante arborescente qu'on peut mouler et faire durcir au soleil et une argile bleue qui sert à fabriquer toutes sortes de récipients et de poteries décorés avec art.

Mais la ressource principale, ce sont les cristaux, extraits de mines situées au pied des volcans. Ils se trouvent dans d'énormes géodes ovales, les Hémaens disent « des « œufs ». Les prospecteurs les recherchent en frappant avec des bâtons les parois des galeries naturelles qui s'enfoncent assez profondément à l'intérieur de la montagne.

Lorsqu'ils entendent un son creux, ils pratiquent une ouverture avec une poudre explosive fabriquée à partir du soufre. La plupart du temps, ils tombent sur une simple caverne mais parfois, il découvrent un « œuf » aux parois tapissées de cristaux de toutes tailles et de toutes couleurs.

Uns scène du film montre la découverte d'un « œuf » C'est la scène que Monsieur François doit illustrer avec le thérémin. Chaque apparition d'un bouquet de cristal est ponctuée par le son profond et vibrant de l'instrument.

Chaque pierre a son usage particulier. La noire est très coupante, elle est utilisée comme outil. La transparente est très fragile. On l'écrase puis on mélange la poudre obtenue avec une résine incolore pour fabriquer du verre. Un cristal orangé, placé au-dessus d'une tout petite lampe à huile, éclaire tout l'intérieur d'une maison-fleur.

La bleue, la rouge et la jaune, placées en opposition triangulaire sous un traîneau de bois lui permet de léviter car ensemble, elles annulent la gravité. Le véhicule se déplace au-dessus du sol à la vitesse d'un homme en marche rapide, à la hauteur d'une demi-jambe. Toutes les mesures hémaennes se font par rapport au corps d'un Hémaen adulte.

La pierre violette, assez rare, est une arme efficace. Le rayon de soleil qui la traverse devient brûlant et éblouissant. Chaque ambivalent en possède une pour défendre les villages contre les animaux sauvages de grande taille, souvent agressifs, qui s'aventurent parfois près des habitations.

Le cristal vert est extrêmement dangereux. S'il est exposé à la lumière du soleil et qu'on le frappe avec n'importe quelle autre pierre, il produit une puissante onde sonore et colorée qui se déplace très vite en zig zag et fait vieillir rapidement ou même mourir ceux qui se trouvent sur son passage.

Celui ou celle qui déclenche volontairement ou même par accident une onde verte est condamné à mort et doit sauter du haut d'une falaise. C'est une loi absolue, la seule occasion du peuple hémaen d'appliquer sans appel la peine de mort. Cela n'arrive que tous les cent à cent cinquante ans, le temps pour les habitants d'oublier les terribles malheurs qui frappent alors la planète.

Mais le cristal vert est aussi très utile. Dans la pénombre, il permet de soigner la plupart des blessures. Il stoppe les saignements un peu à la manière de la pierre d'alun, recolle les chairs déchirées, cicatrise les plaies, accélère la consolidation des os brisés, auparavant remis en place par un guérisseur, et surtout il empêche toute infection. C'est pourquoi il est recherché et soigneusement conservé dans une caverne sombre

La découverte d'un « œuf » et de sa réserve de cristaux est l'occasion d'une grande fête qui dure trois jours et deux nuits avec banquet, musique et danse. Au menu : pain aux céréales diverses et gâteaux sucrés avec un sirop récolté à la tombée du jour sur un arbre au tronc blanc et lisse. Beaucoup de fruits et de légumes accompagnés de petits volatiles cuits sous la cendre ou dans des fours d'argile. Les grands animaux qui peuplent le reste du continent ne sont pas comestibles. De plus, il est très dangereux de les approcher pour les chasser.

Mais les Hémaens sont d'habiles pêcheurs Ils fabriquent des barques légères avec de la sève durcie et naviguent à la rame ou à la godille sur les rivières calmes et en bordure de mer. Ce ne sont pas de grands navigateurs. Ils ne s'aventurent pas loin des côtes et ignorent s'il y a des îles au milieu de leurs deux océans.

Ils utilisent des filets du genre carrelet, tressés avec un matériau à la fois fin et résistant, le fil produit par une araignée géante domestique. Chaque ville, chaque village a son troupeau d'araignées, productrices infatigables de fil. Elles ont la tête et les pattes bleu marine, un corselet bleu vert, des yeux roses et un énorme ventre blanc marbré de bleu clair qui produit en continu à son extrémité un fil de soie fin et résistant.

Tressé en brins serrés, il forme des cordes ou des cordelettes d'une solidité à toute épreuve. Le même fil, tissé sur un métier étroit produit les bandes de tissu qui servent de vêtements. On peut les teindre en toutes couleurs avec des plantes ou de la poudre de roche. Non teint, il donne une étoffe blanche réservée aux Prieurs et aux Chamanes.

Ces araignées sont végétariennes. On les nourrit d'une soupe très épaisse à base d'un légume qui ressemble à un gros haricot et qui est pelé et cuit. Les enfants hémaens adorent les araignées, ce sont leurs animaux de compagnie quand elles sortent de leur œuf et qu'elles sont trop petites pour produire du fil.

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Les Hémaens n'ont pas à proprement parler de gouvernement central. Dans chaque province, un groupe de cinq personnes ayant atteint « l'âge de la sagesse » c'est à dire à peu près cinquante de nos années, est chargé de régler les litiges peu nombreux. Ils forment le Conseil qui se compose de deux hommes, deux femmes et un ambivalent de type masculin ou féminin. Ces derniers sont assez nombreux sur la planète. Ils (elles) sont très considéré(e)s, on dit qu'ils (elles) portent chance.

Chaque village veut avoir le sien (la sienne). Ils (elles) naissent au hasard des familles et leur naissance est annoncée partout avec joie et fierté. Ils (elles) ont le plus souvent des yeux violets et s'habillent de mauve. Ils (elles) ont l'art de tailler les cristaux et sont très habiles à se servir de la pierre violette comme arme défensive contre les animaux dangereux.

Dans le film, un jeune acteur nommé Oreste joue le rôle d'un adolescent ambivalent, objet de querelle entre deux villages.

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La religion héma est à base de chamanisme mais chacun la pratique à sa façon et sans excès. On dépose des offrandes de fleurs, de fruits ou de légumes au moment des récoltes ou au début d'une fête sur des sites censés être habités par des Esprits de la Nature : des arbres vénérables, des rochers à la forme particulière, des sources abondantes.

On a recours à un Prieur, un homme âgé élu, pour tout ce qui concerne la seule loi mahé : « Ta liberté s'arrête à la limite de ton jardin. » Ce qu'on peut traduire en référence terrestre par : « La liberté de chacun s'arrête où commence celle des autres. »

Le Prieur s'occupe de la bonne répartition des cristaux selon les besoins de chaque famille et des soins aux blessés et aux malades. Il fait appel aux guérisseurs et aux rebouteux, des personnes nées avec le don et qui le cultivent et l'améliorent au fil des ans. Mais les microbes ne sont pas virulents. Il n'y a pas de grandes épidémies sur Hé Ma. La seule chose à craindre reste l'onde verte.

La Chamane peut être jeune ou âgée, elle est en quelque sorte désignée d'office car elle doit avant tout avoir une belle voix et savoir chanter. Elle est chargée des invocations. En particulier, elle guide les âmes vers le Temple ou Paradis avant la crémation des corps.

Aucun habitant de Hé Ma n'aurait l'idée d'enterrer les morts. On les brûle sur un bûcher avec toutes leurs possessions, sauf les cristaux qui sont redistribués par le Prieur. Il n'y a pas de disputes d'héritage sur cette planète, d'ailleurs les biens personnels sont peu nombreux. On n'accumule pas de richesses qui ne servent à rien. Ce qu'on possède sert à la vie de tous les jours.

La Chamane a une autre tâche : elle s'occupe des grossesses et des accouchements. La place étant limitée dans les maisons fleurs, les familles ont rarement plus de trois enfants sauf après une onde verte où on assiste généralement à un baby-boom. Les enfants sont heureux sur Hé Ma. Ils passent leur prime jeunesse à jouer et à apprendre avec leurs parents la vie en société.

Quand ils atteignent l'âge de raison, qui varie selon les enfants entre cinq et huit ans, ils vont à l'école et apprennent à lire, à écrire, à compter. Ils s'initient aux arts, chantent, dansent, peignent, gravent et choisissent ensuite leur hobby préféré. Mais on leur enseigne aussi tout ce qui concerne la vie pratique et en particulier l'usage des cristaux, le jardinage et la pêche.

Les leçons d'histoire sont centrées sur les grandes périodes d'onde verte et sur la vie des héros et des héroïnes qui l'ont vaincue. Leurs noms figurent sur des pierres levées, des sortes de menhirs installés après leur mort à l'endroit où s'est déroulé leur bûcher funéraire.

Toutes ces particularités de la planète Hé Ma sont évoquées dans le film au fur et à mesure de son déroulement. Il commence par une scène où des enfants sont en classe et chantent une comptine et se poursuit par la découverte d'un œuf. La suite est plus dramatique avec la naissance d'une onde verte et la cérémonie décrite ci-dessous.

Pour passer de l'adolescence à l'âge adulte, chaque Hémaen, qu'il soit hémaon ou hémaïne, doit subir une redoutable épreuve : il doit franchir les détroits. Ce sont trois étroits passages qui relient l'océan du Nord à l'océan du Sud. Ils sont accessibles à marée basse et recouverts à marée haute. Mais celles-ci sont irrégulières à cause de l'influence des trois lunes.

L'épreuve consiste à choisir la bonne période et à traverser l'un après l'autre les trois détroits, un par jour, à passer une journée et une nuit complètes de l'autre côté, au risque de rencontrer des animaux géants, puis à revenir par le même chemin, sans se faire surprendre par la marée montante. Les passages ne sont pas très larges, on voit parfaitement le rivage en face, mais le temps pour traverser est compté et il faut quelquefois courir

Il arrive qu'un adolescent soit emporté par une vague plus haute et plus rapide que les autres. La plupart du temps, le corps du noyé est rejeté par la mer mais jusqu'à ce qu'on le retrouve, la Chamane ne peut guider son âme vers le Paradis et les parents sont inconsolables.

Une scène du film montre le jeune ambivalent se rendant seul de l'autre côté pour tenter de trouver et de ramener des écailles de croco doré. Il découvre un animal mort mais ne peut emporter qu'une écaille car elles sont très lourdes. Il fait alors appel à des jeunes gens qui doivent passer l'épreuve et leur montre le chemin.

C'est au cours de cette aventure que le héros principal tombe amoureux d'une jeune fille qui a malheureusement déjà engagé sa promesse envers un autre garçon, son cousin le plus proche. Au retour, tous chargés des précieuses écailles, ils manquent de se faire engloutir par la marée montante et sont ensuite confrontés à l'onde verte qui a rebondi vers eux.

Le jeune ambivalent se jette devant la jeune fille qui n'a pas eu le temps de s'abriter pour lui éviter d'être touchée par l'onde. Il est frappé à la tête et il meurt instantanément. Ses amis le ramènent au village en le portant à bout de bras. La scène accompagnée par la conque marine est, paraît-il, bouleversante. Le jeune acteur qui joue le rôle de l'ambivalent est un grand comédien.

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Autre particularité du peuple héma : le nombre 5 est sacré. Les Hémaens comptent en base 10, représentée par deux mains de cinq doigts ou cinq sépales et cinq pétales pour les fleurs maisons. Leur commerce est à base de troc, les monnaies d'échange sont les plus petits cristaux que chacun peut découvrir dans les petites géodes rejetées par les volcans, à l'activité constante mais limitée.

Des cristaux de soufre sortent lentement des parois par des ouvertures étroites . Ils servent à fabriquer la poudre explosive. Une seule famille en connaît le secret. Ses membres sont très respectés, on leur offre des cadeaux à chaque découverte d'un œuf et on leur donne toujours les plus beaux cristaux.

Ce sont les seuls Hémaens à avoir deux maris pour les filles, deux épouses pour les garçons. Leur nombre d'enfants n'est pas limité. Ils peuvent habiter plusieurs maisons fleurs. Pourtant, personne ne souhaite prendre leur place. La fabrication et l'utilisation de la poudre explosive sont dangereuses. Chaque année, il y a plusieurs accidents et au moins un membre de la famille est tué. La récolte des cristaux se paient quelquefois cher.

Le film débute sur un de ces accidents et sur la rivalité entre les deux épouses du même mari décédé dans l'explosion. L'une d'elle s'estime lésée car l'autre a obtenu de rester dans la plus belle des deux maisons fleurs. Folle de rage et de chagrin, elle vole un cristal vert dans la caverne où ils sont entreposés et en menace sa rivale. Elle trébuche et lâche la pierre qui, en heurtant un simple caillou sur le sol, explose et libère le fléau vert. C'est cette femme qui est condamnée à sauter de la falaise.

Ce genre de dispute éclate rarement. Les Hémaens sont pacifiques. Ils aiment le sport et les compétitions sportives, la course à pied et la nage en particulier, mais ils détestent la bagarre. La femme en colère aurait dû s'adresser à son Prieur, à sa Chamane ou au Conseil qui auraient trouvé un terrain d'entente. C'est pour cela que la sanction qui la frappe est sans appel.

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Hé Ma est une planète heureuse. Les ressources sont abondantes, aussi bien pour la nourriture, que pour l'habillement, les cristaux et les autres matériaux indispensables. La planète n'est pas très peuplée, il n'y a pas de surpopulation, donc pas de surexploitation et peu de pollution.

Les seules périodes troublées sont dues à l'onde verte. Elle détruit l'harmonie naturelle qui règne sur Hé Ma car elle engendre un fléau aussi redoutable qu'elle : la peur. C'est pour cette raison que celui ou celle qui parvient à la détruire est traité en glorieux vainqueur. On lui offre tout ce qu'il demande et le héros du film obtiendra la main de sa belle. Le cousin à qui elle s'était promise se conduira en hémaon magnanime et renoncera à elle. C'était d'ailleurs plus ou moins une union arrangée. Il sera même garçon d'honneur à leur mariage et pendant la fête, il se trouvera une nouvelle et jolie fiancée.

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On ne peut quitter la planète Hé Ma sans parler de la distraction favorite de ses habitants : l'écriture. Tout le monde écrit à la main des petits livres d'une dizaine de pages. Le papier est fourni par la feuille ronde et épaisse d'un nénuphar, qui a la particularité de se composer d'une dizaine de couches fines, assemblées au niveau du pétiole. Elles se décollent les unes des autres en sèchant et donnent naturellement un cahier relié d'environ dix pages, prêtes à être couvertes de lignes d'écriture.

Les sujets sont infiniment variés et vont des recettes de cuisine à la poésie, en passant par les histoires drôles, les énigmes que les lecteurs doivent résoudre, les contes pour enfants, les romances à l'eau de rose, les polars ou les séries d'aventures avec des héros récurrents. Les livres parlant des « mondes d'ailleurs » ont beaucoup de succès. Ils commencent tous par : « Sommes-nous seuls au monde ? »

La grande affaire est le jour d'échange des livres. C'est un jour férié, désigné par un certain alignement des trois lunes. Il se produit tous les « mois », en fait tous les vingt-cinq jours mahés soit cinq périodes de cinq jours correspondant à cinq « semaines ». L'année mahé compte 425 jours, divisée en 17 « mois » et 85 petites « semaines ». La fête des livres a donc lieu 17 fois par an.

Ces jours-là, on propose ceux qu'on a écrit ou ceux qu'on a fini de lire, on en reçoit d'autres, on attend les nouveautés de certains auteurs avec impatience. La chaîne est sans fin et on a quelquefois la surprise de retrouver longtemps après l'avoir écrit un de ses propres livres, en assez mauvais état, preuve qu'il est passé par de nombreuses mains et qu'il a été beaucoup lu.

L'univers ouvert devant nous par la lecture et par l'écriture est infini, merveilleux, magique ....

FIN

Ce texte fait référence aux chapitres 16 à 22 d'une autre fiction, publiée sous le titre « Susan 15 20 », qui raconte la vie aventureuse et romantique d'une jeune fille, de ses quinze ans à ses vingt ans. Elle est en cours de publication et la troisième partie qui fait suite à ces chapitres s'intitule : le temps des épreuves.

Elle a été écrite en 2006, au moment de la sortie du troisième opus du Seigneur des Anneaux et ne fait donc pas référence au film Avatar. Que James Cameron et Peter Jackson trouvent ici tous mes compliments et tous mes remerciements pour les histoires merveilleuses qu'ils ont si bien su mettre en images.