Partie 1 :

Deux voitures étaient sur la ligne de départ, deux autres allaient arriver. La sienne était garée un peu plus loin, quelques jeunes venus pour le frisson tournaient autour mais rien de bien méchant. Les Streets-racers étaient des gens respectés parmi leur fan, et personne ne toucherait à sa voiture sans sa permission, même un amateur.

Il y avait du monde dans la rue ce soir, et Jack sentait que la course vaudrait le coup. Le sienne en tout cas, parce que celle couru par les quatre minables qui venaient d'aligner leur voiture ne vaudrait pas grand-chose. Mais il fallait bien échauffer le public, et donner leur chance au plus jeune. Jill était une éternelle optimiste, si elle croyait que ses coureurs du dimanche auraient un jour le niveau pour les affronter. Jill, la meilleure coureuse de tout le circuit de L.A., lui était le meilleur tout cours. En moyenne, il battait sa jumelle deux courses sur trois.

Il ne savait pas encore qui d'autre courrait ce soir, mais rien que pour avoir le plaisir de la battre, il était impatient de partir. Dire qu'ils s'entendaient si bien en dehors du circuit.

Les radios annoncèrent le départ de la première course, des voitures avaient bloquées le trafic aux points stratégiques, la police serait là dans moins de dix minutes. Au moment exact du lancement de la vraie course, enfin, quelques minutes avant. Et tout le monde se retrouverait sur la ligne d'arrivée, sauf que les spectateurs y allaient directement, les coureurs faisaient un détour. C'était dangereux, mais le public aimait le danger. Le public ne comprenait pas grand-chose en même temps, il regardait deux voitures rouler vite, enchainer les dérapages mais il ne savait rien du frisson de la course, de la technique à acquérir pour prendre un mirage à pleine vitesse tout en gardant le contrôle du véhicule.

« Qu'est ce qu'il fout là ? » Jill lui montra un nouveau, d'une trentaine d'année qui trainait un peu plus loin.

« Matt » Le cœur de Jack s'emballa. Jill fit un moue de dégout.

« Ca fait longtemps qu'il traine sur le circuit ? »

« C'est la deuxième fois que je le vois, je lui ai pas parlé. »

Trois ans, c'était le temps qui s'était passé depuis.

« Il a du témoigner, il était autant coupable de papa dans l'histoire »

30 ans, c'était ce qu'avait prit leur père. Si Jill savait, elle tuerait Matt sur le champs, et ce n'était pas une expression.

L'organisateur les appela « On a cinq coureurs ce soir, je suis désolé mais je ne peux pas vous laisser courir tous les deux »

« C'est bon, je ne cours pas » Jack partit avant d'entendre sa Jill lui demander des explications.

Il s'approcha de Matt, se demandant quelles questions sortiraient en premier parmi toutes celles qui se bousculaient dans sa tête. Quand il ne fut qu'à deux mètres, Matt le vit et un moment de panique passa sur son visage tout de suite suivit par un geste que Jack connaissait trop bien : Matt avait mit sa main dans sa poche droite, le pouce dépassant et pointé vers le bas. 'Je porte un micro' lui criait l'agent fédéral Matthew Dolan.

Ce geste lui rappelait la fac, deux ans pendant lesquels il avait étudié dans le but de devenir ingénieur, rêve brisé par l'arrestation de son père. Deux ans pendant lesquels son père avait employé Matt comme mécano pour remplacer ses enfants partis pour devenir quelqu'un et pas un simple garagiste comme leur père.

Jack avait découvert que Matt était un agent en découvrant le micro caché dans les sous vêtement de celui-ci alors qu'il cherchait un caleçon propre. C'était après leur première fois, Matt s'était installé dans la chambre d'ami de leur appartement au dessus du garage. Leur père ne possédait pas grand-chose, mais il avait ça : un garage et un appartement. Et un entrepôt pour le matériel dans lequel il exposait des marchandises volées. Matt lui avait tout déballé, l'enquête, les soupçons qui pesaient sur son père, les risques pour lui s'il était démasqué, pour son père s'il était arrêté. La possibilité qu'il aurait de témoigner contre ses employeurs pour ne pas faire de prison. Mais son père n'avait pas témoigné, il avait sa fierté. Jack s'en voulait de ne pas y avoir pensé à l'époque. Les choses auraient été différentes.

Où pas… Matt serait mort, tué par les patrons de son père, ceux qui dirigeait le trafic, s'il avait parlé.

Jack continua son chemin. Il préviendrait par radio Jill de ne pas s'attarder une fois la ligne d'arrivée passée, l'organisateur les connaissait bien et il récupérerait leur fric plus tard. Peut être que Jack arriverait à convaincre sa sœur de partir en vacances quelques jours avec lui, histoire de s'éloigner du circuit. Pas longtemps, juste assez de temps pour que Matt fasse son travail et reparte. Il avait aimé Matt, mais il avait aussi aimé son père et si Matt devait lui prendre encore quelqu'un, il préférait ne pas en être témoin cette fois.