Recueillement

Toujours la nuit
À travers les mensonges
Ce vil petit songe
Revient avec bruit

Alors que la pièce aseptisée
Est éclairée des néons
Je te revois alitée
Depuis des éons

Doucement, tu ouvres les yeux
Scrutant mon regard affectueux
Tu souris alors avec amour
Et je fais de même à mon tour

Puis ta vue se trouble
Ton étincelle s'éteint
Je perds mon double
Car la Mort t'atteint

Refusant ce cauchemar
Ma vile vision change
Et malgré mes anges
Je redeviens un zigomar

Je suis à nouveau tout seul
Sur ce plateau
de tilleuls
Sur le rocher de mes aïeuls
Balayé par les vents de linceuls

Ici, à nouveau je suis bien
Encore et ô combien
Je perçois un monde ancien
Je
pense au monde amibien

Nous sommes insignifiants
Dans notre univers asphyxiant
Malgré les lueurs clarifiants
Nos sombres fatums insignifiants

Je voudrais être loin
Sur l'Achéron au besoin
Toujours aux petits soins
Des ces gentils marsouins

Ceux qui constamment m'éclairent
De mes obligations
adversaires
Sans qui je serais contraire
À mes préceptes d'apothicaire

Loin et seul, avec Princesse
Perdu dans mon allégresse
Sans penser à la noblesse
Juste vivre cette caresse

Dans cette claire zone reculée
Peuplant mes songes magnifiés
De ta présence sanctifiée
Je vis un vrai songe éveillé

Sans avoir besoin de réfléchir
Mon existence s'enrichit
De notre amour endurcit
Et de nos vies adoucies

J'oublie alors mes obligations
Civiques et leurs abnégations
Sociales et leurs accusations
Privées et leurs adéquations

Me réveillant de cet asticotage
À travers les larmes je nage
Et face à mon blocage
De la vie je fais l'apanage

Juste pour pouvoir respirer
Ce doux air tant désiré
Et profiter
sans chavirer
De mes souvenirs admirés

Ainsi que de l'avenir inspiré
De cette douce mer retirée
Et d'une Princesse aimée
Sans être par le passé déchiré

...