Chapitre 9 :

« Hank Siddle » Annonça simplement Chris en entrant.

« C'est un nom qui est ressortit aussi de notre côté » Leur apprit Kavan.

« Ce n'est pas lui, mais il sait qui est coupable. C'est quelqu'un de proche, qu'il veut protéger. On penche pour sa mère, qui est aussi la tante des Ferris. »

« Pourquoi ? » Voulu savoir Peter.

« Parce qu'elle est passée voir son fils et qu'il lui en voulait beaucoup. Par contre, il s'inquiétait pour son père. »

« Rentrez, je vais régler ça avec le procureur. » Leur dit Peter, d'un ton sans appel.

« Mais, » Essaya d'argumenter Dylan.

« Les Ferris ne sont pas influents une fois sortis de la ville et le bureau du procureur est à deux comtés d'ici. J'arriverais à faire avouer Mme Siddle, et peut être aussi à prouver l'implication de son fils et des Ferris dans le meurtre de Mick Jones. Mais ils ne nous laisseront pas faire, et je n'ai pas envie qu'une nouvelle enquête interne ne nous tombe dessus. On se revoit à Washington »

Peter prit sa veste, et sortit.

« Ca m'a fait plaisir de vous connaître Kavan » Lui dit Chris en lui serrant la main. Avant d'ajouter à l'attention de son frère « Laisse tomber, il ne reviendra pas sur sa décision, ça ira. »

Dylan fixait toujours la porte. « Je ne sais pas » « Peter a toujours été tellement calme, et là tout ses sentiments contraires qui circulent en lui, la peine, la haine »

« Ca ira » avait reprit Chris à haute voix. « Il me l'a dit »

Après le départ des deux frères, Kavan était resté un moment à réfléchir. Puis il était rentré chez lui, faire ses bagages. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire, il avait donné le meilleur et maintenant les choses dépendaient de Peter.

En rentrant chez lui ce soir là, Peter vit une enveloppe posée à son attention dans la cuisine.

« Chris et Dylan sont télépathes. » Disait le mot.

« Presque » s'entendit dire Peter. Il ne pouvait s'empêcher que s'il n'avait pas été dans une position si fragile à Washington, il aurait vraiment beaucoup aimé imposer Kavan à sa hiérarchie.

Il avait un rendez vous avec le procureur pour le lendemain, et il allait devoir avoir un dossier en béton pour masquer l'absence total de preuves. Mais il avait de la chance, les profils s'étaient son truc, et il savait se montrer très persuasif. Ce n'était pas très difficile, il suffisait de noter les arguments qui faisaient mouche, et de les développer à leur maximum. Avec un peu de chance, il n'aurait même pas à impliquer les autres dans l'affaire.

Il repensa à Mélanie avant de se mettre au travail. Il venait de lui dire adieu, encore. Mais qui sait, peut être qu'il reviendrait ici pour y passer sa retraite. Cette ville n'était pas si mal, enfin, elle le serait une fois les Ferris en prison.

5 jours plus tard.

Peter tendit à chacun une flûte contenant du champagne.

« Le procureur va négocier, 10 ans ferme minimum pour les trois adjoints qui ont participé aux meurtres de Mick Jones et Madame Siddle sera placée en institution pour le reste des ses jours. Le maire a été obligé de démissionner. L'enquête suit son cours mais il semblerait qu'il n'était au courant de rien. »

Chris proposa de trinquer à leur victoire, puis à la mémoire des morts.

Tous avaient remarqué que Lauren avait prit la main de Drew depuis plusieurs minutes déjà. Drew avait insisté pour qu'elle s'installe chez elle, ne voulant pas lui imposer la cohabitation avec les frères Harper, ni avec Peter qui lui avait proposé.

Un peu plus tard dans la soirée, Chris, Drew et Lauren étaient en pleine discussion.

« Je vois que la méditation marche bien. » Chris désigna les mains toujours liées de ses deux interlocuteurs. Gênés ils se séparèrent, ce qui fit sourire Chris.

Chris avait beaucoup parlé avec Lauren, de la façon dont il arrivait à bloquer les pensées des autres, surtout avec de la méditation.

« Ca ne marche pas à tous les coups. Et puis je ne sais pas, savoir que je ne suis pas unique et parler avec Drew m'a apprit à ne plus en avoir peur, enfin moins. »

Dylan se décida à poser la question qui le préoccupait depuis le début de la soirée.

« Et Kavan, il a été réintégré ? »

« Oui, mais il a choisit de partir. Je crois qu'il aimerait bien descendre sur Washington, cette unité à une place à prendre. Le problème c'est que l'enquête vient juste de finir, on n'est pas passé loin de tous se faire renvoyer. Pour l'instant, je n'ai pas les appuis pour lui faire intégrer le FBI. »

« Alors on va devoir se coltiner un type débarqué de nulle part qui va probablement rentre compte de nos faits et gestes à la hiérarchie. »

« La vie n'est pas marrante tous les jours. »

« En tout cas, je suis content que tu sois de retour. Et je voulais te dire aussi, tout ce que tu as ressentit pendant qu'on était à RiverTown, ce sont des sentiments normaux. C'est normal, plus normal que d'être comme tu étais avant. »

« Merci du conseil, mais je me suis donné beaucoup de mal pour être comme avant. »

« Et bien, c'est pas la peine de te donner du mal pour recommencer. »

Peter sourit, comment expliquer à Dylan que c'est en s'empêchant de ressentir trop d'émotions qu'il ne s'était pas détruit en cherchant à savoir si sa mère avait ou non pu voir l'avenir.

Il décida de s'isoler un moment dans sa chambre. La lettre de sa mère était cachée dans sa commode. Il la prit et la déplia délicatement. A la lumière de ce qu'il savait aujourd'hui, aucun élément de la lettre ne devenait plus clair. Peter se prit à espérer que sa mère n'est pas vu l'avenir, qu'elle n'avait pas vu sa fille mourir, le voir, lui, renoncer à la femme qu'il aimait dans l'espoir de peut être découvrir un jour s'il était possible à un être humain de voir l'avenir.