Claimer: Tout à moi

Attention: Ceci est un prologue dont la suite ne sera pas (tout de suite ou pas du tout) publiée sur fictionpress. Mais j'ai vraiment besoin d'avis. Si vous prenez le temps de lire, prenez le temps de me laisser votre opinion s'il vous plait.

Ma Shima (qui se reconnaîtra): c'est pour toi, si tu vois ce que je veux dire...

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Prologue

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Je ne sais pas ce qu'il m'a pris ce jour-là. Ni tous les jours qui ont suivi. Techniquement je suis un garçon gentil, droit et honnête. Tout le monde le dit en tout cas. C'est que ça doit être vrai.

Je ne me faisais pourtant pas l'effet d'un type correct, en effleurant du bout des doigts la couverture vert-pomme de ton carnet. Aucun avertissement, pas de mise en garde, ni de menace de répercussions en cas de non-respect de ton intimité, rien. Je l'ai ouvert avant de comprendre de quoi il s'agissait. L'écriture chiffonnée m'a bien vite renseigné.

Des mots jetés çà et là sans toujours avoir une réelle consistance. Des idées, des chagrins, des bouts de vie, et surtout un nombre incommensurable de coup de gueules. Quelle chieuse, tu fais!

Une petite voix a crié en mon fort intérieur: « Un journal intime, quelle chance! »

Ou quelle malchance, je me dirai plus tard, c'est au choix. Je pense que si je n'avais pas trouvé ton journal, on en serait restés là, un petit mensonge en toile de fond d'un fait divers d'hiver trop froid.

Mais voilà, ce petit carnet vert pomme qui avait tout du cahier d'écolière m'a fait de l'œil à la seconde où je suis entré dans ta chambre. Je l'ai ouvert à une page au hasard et son contenu m'a glacé le sang, presque comme tes yeux sur les dalles de pierre, le jour où on s'est rencontré. Les plus beaux yeux du monde.

Tu aimes particulièrement relever les aspects négatifs des gens, décrivant avec moult détails leurs petits défauts, leur aspérité et de manière plus générale, leur stupidité. Tu n'as aucune pitié.

Ce n'était pas la peine de t'embarrasser, tu pensais que personne ne lirait jamais ton mépris du genre humain.

Ma première réaction a été de me demander pour qui tu te prenais, si tes écrits étaient le fruit d'un égo surdimensionné ou simplement les dérivations chaotiques d'une névrosée.

Mais vu que j'étais entré dans ta vie par la petite porte du mensonge, j'ai ravalé mes jugements. Je me le demande encore aujourd'hui, si tu peux être classée dans l'une de ces catégories. La seule différence, c'est que maintenant je m'en fous.

Et puisque tes mots n'allaient pas avec tes yeux, il a fallu que j'en sache plus. Je me suis morigéné plusieurs minutes face à ton bureau. Je me suis sermonné, traité de voyeur impudique mais voilà, quand ta mère m'a appelé pour dire que ma tasse de café était prête, ton journal était déjà bien au chaud dans la poche de mon blouson. Il rentrait tout juste.

C'était exactement dix jours après.

Dix jours après que tu aies volé ma vie. À moins que ce ne fut l'inverse.

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