Tadam, le vingt-cinquième chapitre de New York New York avec pas trop de retard (enfin… façon de parler) J'espère qu'il vous plaira et que vous avez bien accueilli mon petit Pablo que j'aime tout particulièrement. Bonne lecture !

Réponse aux reviews

Galie, ça fait longtemps, il faut d'ailleurs que je rattrape mon retard dans Enigme illico presto. J'ai essayé de te répondre par message mais pas moyen, alors je le fais ici. Je suis contente que tu aimes bien Pablo, à la base j'avais prévu de lui donner le mauvais rôle mais finalement je me suis attachée à lui haha. Pour ce qui est de Mika, c'est sûr qu'il est intriguant et pas vraiment censé sur ce coup-là, il y a d'ailleurs un peu de tout ce que tu as dit dans les raisons pour lesquelles il a quitté Joseph pour Marisol, plus une autre raison que je te laisse découvrir pour la suite. Merci beaucoup de me suivre depuis tout ce temps, j'espère que tu vas bien, gros bisous !

mousse1992, ah moi aussi Yann est mon petit chouchou ! D'ailleurs on le voit un peu plus dans ce chapitre, mais je n'en dis pas plus, motus et bouche cousue. Contente que tu commences à apprécier Rinne, et pour ce qui est de se retrouver dans des situations difficiles, il n'est pas encore sorti de l'auberge. Je lui réserve encore quelques petites surprises. Pour Pablo j'ai mis du temps à me décider mais finalement j'ai trouvé ça tellement chouette d'écrire avec lui que j'ai décidé d'en faire un « gentil ». En tout cas j'espère que je n'ai pas mis trop de temps à publier ce chapitre, bonne lecture et merci pour tous tes compliments

- Tu bois quoi le matin ?

- …

- Du chocolat ?

- …

- Euh… Hm… du café ?

- …

- Non c'est vrai, les enfants ne boivent pas de café… Alors euh… Du…

Gabriel n'en écouta pas plus et se leva en faisant grincer sa chaise sur le parquet. Marisol n'essaya pas de le retenir et l'observa disparaître dans sa chambre, sans un mot. Elle était fatiguée de cette pression constante sur ses épaules et se laissa tomber sur une chaise en soupirant. Elle avait besoin de souffler, de retrouver un peu de sa vie d'avant. Elle fouilla les poches de son cardigan à la recherche de son paquet de vogue mais ne trouva que des miettes de tabac emmêlés à la laine.

- Putamadre…

- Quelle humeur !

Elle se tourna en sursautant. A force de ruminer ses idées noires, elle n'avait même pas entendu la serrure s'ouvrir et Mika entrer dans la cuisine en souriant, de la neige dans les cheveux.

- Oh mon chéri… Qué tal ?

- Bien… Bien. Et toi ? Tu t'es bien amusée avec Gabriel ? Vous n'avez pas encore petit-déjeuner j'espère.

Il posa le sac de la boulangerie sur le comptoir de la cuisine et se baissa pour embrasser Marisol. En s'éloignant, elle leva les yeux au ciel et manqua de s'étouffer en croisant le regard assassin de Gabriel qui venait prendre un croissant. Mika eût à peine le temps de tendre la main pour lui ébouriffer les cheveux qu'il s'évaporait dans les couloirs. Marisol poussa un soupir.

- Il me déteste…

- Mais non, Mari… Enfin…

Il s'assit en face d'elle et essaya de sourire pour donner le change. Il avait du mal à se persuader lui-même.

- Gabriel est juste déboussolé, Mari… Il aimait vraiment beaucoup Joseph.

- Si, si… Mais je suis sa mère…

Mika poussa un soupir et se leva pour se servir un café au lait. Il n'avait pas envie de se disputer avec Marisol en lui disant ce qu'il pensait.

- Toi aussi tu m'en veux…

- Mais non, arrête tes conneries Mari.

Il attrapa une tasse d'un mouvement brusque et manqua de l'éclater contre la céramique du plan de travail.

- Tout ce qui compte de toute manière c'est l'autre… Et que Joseph par ci, et que Joseph par là. Et bien retournez-y avec votre diable de Joseph !

Elle s'était levée et se tenait droite et crispée dans son gilet trop grand pour elle. Mika respira un grand coup, compta jusqu'à trois et croisa les yeux noirs et charbonneux. Il l'adorait, oui. Mais ce regard, celui-là, c'était le même qu'elle avait eu en lui laissant Gabriel dans les bras, un matin, sur le porche de sa maison. Le même qui avait gâché sa vie. Il explosa :

- Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? J'ai quitté Joseph pour toi ! Et Gabriel me déteste d'avoir fait ça ! Tu crois vraiment que c'est facile pour moi ? Je fais tout ça pour toi et t'es même pas capable de t'en rendre compte. Des fois…

- Des fois quoi Mika ?

Mika jeta sa tasse dans l'évier sans y avoir touché et partit dans les couloirs en se massant les tempes.

- Mika ! Je te parle !

Il ouvrit la porte de la chambre de Gabriel et la claqua derrière lui en jurant. Son fils, occupé à dessiner, assis sur son lit, le fixait avec l'air vaguement dubitatif. Mika essaya de sourire et s'assit à côté de lui.

- Qu'est-ce que tu fais de beau ?

- …

Mika soupira et eût un pauvre sourire.

- Toujours pas décidé à parler, hein ?

Gabriel secoua vivement la tête.

- D'accord, alors c'est moi qui vais parler. Je sais que tu m'en veux pour Joseph.

Le regard noir que lui jeta son fils le força à ajouter :

- Enormément même. Si tu le pouvais, tu me mangerais, je le sais. J'le vois bien.

- …

- Tu devrais être plus gentil avec ta maman, Gabou… Elle essaye vraiment de faire des efforts.

Gabriel lui tendit le dessin qu'il était en train de faire et Mika tira la grimace. C'était lui et Marisol en train de se disputer. Il y avait une tête de mort et un nuage noir au-dessus d'eux. Gabou haussa les épaules et sauta sur la moquette pour aller observer son poisson rouge.

- Oui c'est vrai. On s'est disputé. Parce que c'est pas facile comme situation. Ta maman croit que tu la déteste. Et moi, moi, je suis fatigué Gabriel…

Il poussa un soupir et se leva pour poser une main sur l'épaule de son fils. Ça ne servait à rien de lutter de toute manière.

- Je t'emmènerai chez Joseph tout à l'heure, si tu veux.

Gabriel hocha simplement la tête et sursauta en entendant gratter à la porte.

- Je peux entrer ?

- Oui… Oui bien sûr !

Marisol poussa la porte et passa la tête par l'entrebâillement, elle esquissa un petit sourire et fît signe à Mika pour qu'il la rejoigne.

- J'ai préparé des crêpes et toutes les boissons chaudes possibles, si ça te dit Gabriel ?

Gabriel haussa un sourcil en remarquant le regard de son père et esquissa un sourire.

- Oui j'arrive !

Mika sourit et attrapa Marisol par la hanche. Il fît un clin d'œil à son fils et s'apprêtait à passer la porte quand il entendit la voix de Gabou, claire et bien articulée.

- Et après tu m'emmènes chez Joseph, papa ?

En remarquant le regard noir de Marisol, Gabriel esquissa un sourire et adressa un petit signe de la main à son père. A la guerre comme à la guerre.

xxxx

Yann poussa un long soupir et s'étira. Il jeta un coup d'œil à l'heure et faillit s'arracher les cheveux. Sept heures du matin… C'était quoi cette horloge biologique enfoncée dans son crâne ? Il jura et se releva en jetant un regard circulaire à la pièce. En plus, il vivait dans un bordel terrible. Sa vie entière était un bordel terrible.

- Putain Yann…

Le brun sursauta et manqua de tomber de son lit.

- Freeman ? Qu'est-ce tu fous là, putain ?

Andy leva les yeux au ciel et passa une main dans ses cheveux blonds. Il commençait à sérieusement lui taper sur le système.

- On a passé la nuit ensemble, tu te souviens ?

Yann haussa les sourcils. Il ne voyait pas en quoi ça expliquait sa présence dans son lit.

- Et alors ? Pourquoi tu t'es pas cassé après ?

Andy ne s'en offusqua pas et haussa les épaules. Bonne question. Yann était invivable le matin, il aurait mieux fait de rentrer à pied, dans le froid et la neige plutôt que de se taper ses adorables humeurs matinales.

- Je dois être un peu maso.

- C'est bien ma chance, ça…

Il poussa la couette et se releva en étirant. Il n'avait plus envie de dormir, juste de voir Andy se casser de son appart qu'il était en train d'envahir et de boire son café matinal. Rituel sacré que cet enfoiré se plaisait à toujours foutre en l'air.

- Bon… T'as pas des trucs à faire là ?

Andy leva les yeux au ciel et fît mine de réfléchir en s'étendant dans les draps.

- Hm… Non. Tu me fais un café ?

Yann jura et attrapa son jean en partant dans la cuisine.

- Dis Yann…

Le brun sursauta et rattrapa de justesse le mug qu'il tenait dans les mains.

- Quoi putain ?

- Tu couches avec d'autres personnes en ce moment ?

Yann resta un moment en suspens, la tasse brûlante dans les mains. C'était quoi cette question ? Une crise de jalousie ? Il posa le mug sur la table en bois près de la fenêtre et se laissa tomber sur la chaise en grinçant des dents. Il détestait les effusions de sentiments.

En plus ça faisait un bail qu'il était pas allé voir ailleurs. Même pas chez Aloïs…

- Alors ?

- …Qu'est-ce que ça peut te foutre de toute manière ?

Andy haussa les épaules et s'appuya sur l'évier en soupirant.

- Je voudrais qu'on sorte ensemble, Yann.

Yann en cracha son café et se tourna d'un mouvement brusque.

- Hein ?

Le blond soupira et passa une main agacée dans ses cheveux. C'était un tic. Un foutu tic qui donnait à Yann envie de le zigouiller sur place.

- Ouais je sais… C'est complètement impensable, même moi j'comprends pas tout à fait ce qui est en train de se passer. Tout ce que je sais, c'est que t'en crève d'envie, que j'en crève d'envie et qu'on devrait sortir ensemble.

- Que… Quoi ? J'en crève d'envie ? Non mais tu m'as bien regardé ? Tu me fais royalement chier Grilleman !

Andy serra les dents.

- Greitmann, bordel de merde ! C'est pas si difficile à retenir.

- J'en ai rien à foutre, merde… Putain… Sors de chez moi !

- Non.

- Comment ça, non ?

- Parce que t'as envie d'être avec moi. Et que moi aussi. Et que donc parmi toute la merde qu'il y a entre nous, ça nous fait un point commun. Et c'est déjà pas mal.

- …Et je peux savoir ce qui te faire croire ça ?

Andy esquissa un sourire et attrapa la deuxième tasse de café qu'Yann avait laissé sur le comptoir.

- Parce que tu m'as fait mon café.

- …Tu me fais chier.

- C'est réciproque mon vieux.

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Rinne jeta un regard à Tom qui le fixait avec des yeux ronds. D'accord c'était peut-être pas très subtil de lui annoncer comme ça, banco qu'il allait lui refiler son rein dans les quelques semaines à venir mais bon, de là à le fixer comme un aliéné. Fallait pas exagérer.

Il ouvrit la fenêtre et s'alluma une cigarette.

- T'as…

- J'en ai rien à foutre des infirmières.

- T'as pété un câble ou quoi ?

Tom s'était levé d'un coup sec dans son lit, les joues rouges et le nez froncé. C'était n'importe quoi cette histoire, un type comme Rinne donnait pas un rein à un môme paumé et en pleine crise d'adolescence. Il secoua la tête et posa son regard sur la braise de la cigarette. Rinne fumait comme un pompier, mangeait n'importe comment –il l'avait déjà vu pendant des pauses déjeuner- et buvait comme un trou. Avec un rein en moins, il allait crever c'était sûr. De toute manière, il pouvait pas accepter. Personne pouvait accepter un truc pareil. Rinne, c'était personne. Un inconnu qu'il avait croisait dans un couloir. Un type en pleine crise existentielle qui venait de se prendre une belle claque dans la gueule. Un type qui lui offrait des chocolats chauds… Rinne c'était un ami. On demandait pas ce genre de trucs à ses amis.

- Je suis pas d'accord.

- Ben tant pis pour toi… Tu te feras opérer quand même.

- Mes parents seront jamais d'accords !

- Je les ai appelés.

- …Mais t'es complètement malade !

- Non mais tu t'es vu ? Tu pisses dans un tuyau.

Tom poussa un soupir et s'appuya sur l'oreiller.

- …Tu comprends pas Rinne. Je veux pas, c'est tout.

Rinne écrasa sa cigarette d'un geste rageur et le fusilla du regard.

- Qu'est-ce que tu piges pas dans cette phrase ? Tu vas crever mon vieux, t'as pas le choix.

Tom haussa les épaules et ramena ses genoux contre lui.

- …Et alors ?

- Comment ça et alors ?

- Et alors Rinne ? Ça sert à quoi ? J'ai treize ans et j'ai passé six ans à me débattre avec un cancer. J'avais sept ans à l'époque. J'ai rien vécu comme les autres. Quand je m'en suis sorti, j'suis allé au collège. Là-bas, je suis devenu une véritable tête de turc et quelques mois après j'ai appris que j'étais en train de perdre mes reins… Mes parents sont jamais là, c'est horrible pour eux de me savoir malade mais d'être obligés de toujours voyager. Ils ont pas le choix… C'est leur travail, c'est comme ça. C'est un poids pour eux. Ils m'aiment et je les aime et c'est à cause de ça qu'ils se sentent si mal. Je le vois bien quand ils passent me voir. Ils pensent qu'ils sont de mauvais parents. Y a pas grand-chose pour moi ici, Rinne, c'est tout. Même si c'est triste. Et j'ai pas envie que tu prennes autant de risques pour un gamin comme moi.

- …

- Tu comp…

Tom sursauta en sentant les bras de Rinne autour de lui. C'était glacé et maladroit. Son épaule lui rentrait dans l'œil et il sentait le tabac froid et l'hiver. Lorsqu'il s'éloigna, Tom remarqua qu'il n'avait plus les sourcils froncés et qu'il avait les mains qui tremblaient. Rien à voir avec la fenêtre ouverte.

- Moi je suis ici…

Tom resta silencieux, les yeux fixés sur le dos de Rinne occupé à renouer son écharpe et à enfiler son manteau. Lorsqu'il claqua la porte, il ne sursauta même pas. C'était étrange de savoir qu'il avait avec quelqu'un pour lui. Rien que pour lui. Une personne prête à donner un rein et qui oubliait de fermer les fenêtres. Un type glacé et maladroite qui ne savait pas étreindre les gens mais qui avait jonglé avec des milliards de dollars. Un type comme Rinne.