Note de l'auteur: euh... Ne prenez pas au sérieux ce qui va suivre. C'est un très très vieux « truc », que j'ai complètement tourné en dérision, j'avais besoin de me défouler.


Et ceci amena cela qui amena...

Il était une fois une petite fourmi. Oui, vous savez, ces insectes qui s'infiltrent sous vos vêtements quand vous vous allongez dans l'herbe, ces machins minuscules qui vous piquent parce que c'est comme ça et pas autrement. Vous savez, ces invertébrés qu'on se plaît à diaboliser par des « berk, berk, berk » ou toute autre formule magique pour s'en protéger parce qu'onestpacomeux et qu'il ne faut pas le devenir.

Enfin bref.

Elle amenait de la nourriture chez elle cette brave fourmi: une baie – un rêve pour ceux qui sont au régime. Au moment d'entrer dans son nid, pour finir son travail et contenter la Reine, une fourmi – encore ! – d'une colonie voisine l'arrêta.

C'est tout à fait crédible bien sûr, parce que c'est MON histoire.

Cette fourmi l'arrêta et lui dit :

— Ceci est ma propriété. Tu n'as pas le droit de me prendre cette nourriture, elle était dans mon camp.

Oui, les fourmis parlent dans ce récit.

Du moins, je me suis astreinte à traduire leurs signaux d'antenne et tout et tout, j'en ai bavé. Mais, ayant un doctorat de langues étrangères et un QI phénoménal, j'ai réussi cet exploit. J'ai même obtenu une mention ! Ah, pardon, je me suis oubliée...

Reprenons :

— Non, je ne suis pas d'accord. Reprendre c'est voler.

— Je ne t'ai pas donné cette baie. Ta citation est incomplète. C'est : "donner c'est donné, reprendre c'est voler".

Les fourmis peuvent philosopher, si si, je vous assure...

— Tu me fatigues, tu vas pas me faire une histoire pour une baie. De plus, la reine risque d'être fâchée si je ne lui ramène pas.

L'autre fourmi partit vers sa colonie. Elle était en colère. Elle raconta l'affaire à sa reine, toujours à l'aide de ses antennes et de ses sécrétions chimiques. Celle-ci, fort mécontente, décida de déclarer la guerre à l'autre reine – ben voyons. Elle rassembla son armée, constituée de fourmis rouges, ce qui somme toute est absolumincroyablement logique. Cette dernière partit vers l'autre camp.

L'autre reine, mise au courant par l'une de ses espionnes – mon histoire tient debout, vous n'aviez qu'à regarder Fourmiz –, avait aussi rassemblé son armée – de fourmis noires, je précise.

Trop de précision tue la précision, ba, ça fera de la pression sans « si » ! Mouais...

La guerre commença. À ce moment-là, une famille pique-niquait tranquillement. Quel est le rapport ? Eh bien, elle s'était établie sur le champ de bataille, évidemment !

Donc les fourmis envahirent la nourriture. Dotées d'une agressivité sans borne, du fait des combats – mais aussi de la gêne occasionnée par ces humains stupides –, elles piquèrent les membres de la famille. Ces derniers remballèrent leur pique-nique pour s'installer ailleurs. Mais le venin de fourmi contenait une toxine qui était très grave pour les humains.

Eh bien oui, mon conte ne servirait à rien sinon.

L'agressivité avait réveillé le gène responsable. Bien sûr, d'autres liaisons étaient à établir, comme l'environnement propice, le stress accumulé chez ces humains...

Je n'ai pas le courage de vous refaire un cours de biologie.

Plusieurs jours après, ils se mirent à se gratter. Des boutons envahirent leur corps, de même que d'étranges taches rouges. Affolés, ils allèrent à l'hôpital, mais il n'y avait aucun remède possible – ce serait trop facile.

Mes penchants sadiques n'ont rien à voir pour une fois, je vous prie de me laisser continuer.

Ils moururent. Le problème, c'est que cette toxine avait trouvé un moyen imparable pour se transmettre d'humain en humain : elle muta. Puis elle s'allia avec un virus banal.

Je crois que c'était celui de la grippe, mais je n'en suis pas sûre, les communications sont mauvaises. Donc, veuillez m'excuser pour ce manque de sources.

Les habitants tombèrent malades, contaminés par l'air et le contact – ouais je sais, mon nouveau virus est trop balèze. La maladie se propagea à une vitesse grand V. Un vaccin fut fabriqué. Seulement, cela ne servait à rien, ce virus était énormément mutagène – suivez mon regard : non, je n'ai pas lu « Le Fléau » de Stephen King au moment d'écrire cette histoire.

Les médecins découvrirent qu'il avait le bagage rudimentaire pour infecter n'importe quel être vivant et qu'il contaminait le code génétique de la personne. Du bon travail fait en profondeur, en somme. Cela signifiait qu'il aurait fallu inventer un vaccin pour chaque personne... Tout ceci conduisit à une épidémie mondiale et à une grosse chute boursière qui concernait tout ce qui concernait la vente de médicaments, les soins prodigués... Puis le reste.

J'ai déposé des brevets pour qu'on ne me vole pas ces lignes péripétioaventureuses, j'ai eu beaucoup de mal à les réunir.

Les uniques survivants se cachaient sous la terre. Pendant ce temps-là, les fourmis se livraient une guerre sans relâche, inconscientes de ce qu'il se passait à l'extérieur... Les fourmis rouges remportèrent la victoire – il faut bien un vainqueur, de toute façon.

Leur dessein fut d'envahir la planète entière, mais elles furent décimées par leur propre virus, qui a trouvé le moyen de se transmettre à tous les êtres vivants – je vous l'ai dit qu'il était balèze.

Il semblerait que ce virus se fût basé sur l'universalité du code génétique afin de pouvoir contaminer tout être vivant. Il n'y eut plus aucune vie sur la planète, sauf ceux qui s'étaient cachés, ainsi que les êtres vivants survivants, ou isolés...

Ces derniers fondèrent un nouveau monde, prônant la paix. Les villes désertées, les villages... Tout fut brûlé, pour qu'il n'y ait plus aucune trace de l'ancienne civilisation de la planète et que tout soit reconstruit autrement. Jusqu'à ce que...

À ce moment-là, les braises de mon encens se sont posées sur la fin de mon parchemin et l'ont brûlé. Et ma mémoire sénile a oublié la fin de l'histoire, quel dommage.

Veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée.

Je vous demande juste de me croire sur parole, de même que pour cet incendie euh... cet incident.