Un chapitre du Jeu du chat et de la Souris avec énoooooormément de retard, toutes mes excuses. J'espère qu'il vous plaira et qu'il vous éclairera un peu plus sur la relation entre Beth et Alix. Bonne lecture !

Paprika, j'espère vraiment que ce chapitre te plaira, surtout si tu voulais en savoir plus sur Alix et Beth héhé. Pour ce qui est de leurs relations douteuses tu as tout à fait raison même si on le verra mieux par la suite. Gros bisous et merci de me suivre !

Adri, merci beaucoup pour tes corrections ! Je mettrai le chapitre 1 à jour dès que j'aurai le temps. C'est sûr que c'est pas avec mon petit espagnol que j'aurai réussi à écrire tout ça correctement hahaha. Bisous bisous !

- Murray !

Murray s'arrêta d'un mouvement sec et se tourna vers la voix qui l'appelait depuis le fond du couloir. Alix le regardait, la clope au bec et les mains dans les poches de son pantalon de costard à cent balles.

- Tu pourrais me rendre un service ?

Le plus vieux secoua la tête. Il n'avait pas le temps pour ses conneries aujourd'hui. Il connaissait le plan, toujours le même. Vérifier que Fonsetti se tenait tranquille dans sa villa italienne, couver Asimov d'un regard et se faire méchamment rembarré. Murray avait l'habitude. Il connaissait les petits caprices d'Alix sur le bout des doigts, surtout quand ça concernait Beth et son caractère de chien.

- J'ai pas le temps.

Alix haussa un sourcil et Murray fit claquer sa langue contre son palet, agacé.

- Je vais chercher Valéry.

- Ah…

Le brun inclina la tête et s'éloigna en lui adressant un signe de la main. Valéry. C'était sacré dans le milieu quand on parlait de lui. Surtout chez les Adamo. Il releva le col de sa veste et passa les portes de l'ascenseur avant qu'elles ne se referment.

Valéry. Il poussa un long soupir et enfonça les mains dans ses poches. Ca aussi c'était toujours la même histoire. Le même plan. Sauf que ça lui foutait le cafard, que ça le rongeait toujours un peu plus.

Il arriva au rez-de-chaussée et fila comme le vent jusqu'à la berline qu'il avait garé au coin de la rue. C'était Christiano qui l'avait appelé pour lui dire que Valéry était en plein trip au milieu d'un entrepôt désaffecté, le visage plein de sang et les mains tremblantes.

Il se laissa tomber sur le siège conducteur et sursauta en sentant une main glacée sur son bras. Beth le regardait, les yeux sombres et le visage fermé.

- Putain Beth ! Qu'est-ce que tu fous là ?

- Alix t'a parlé ?

Comme d'habitude, il répondait à une question par une autre. Murray se renfrogna et refit claquer sa langue. Que ce soit Alix ou Beth, ils étaient tous les deux chiants au possible.

- J'ai pas le temps pour ces conneries, merde… Je dois aller chercher Valéry.

- Valéry…

L'expression de Beth ne changea pas et il haussa simplement les épaules.

- Ca ne prendra pas longtemps, Murray, ne t'en fais pas. Je n'ai pas envie de t'importuner.

Murray l'écouta à peine et fit tourner la clef de contact. Asimov n'avait pas le sens des priorités, contrairement à Alix qui avait certaines valeurs. En roulant, il observa le rouquin qui jetait des regards vides par la fenêtre et se demanda ce qui l'animait. Il avait l'air si creux. Joli écrin sans pierre à l'intérieur.

Du plus loin qu'il se souvenait, Murray n'avait jamais connu Beth souriant et rempli. Même du temps de son père, il avait toujours l'air distant, ailleurs. Comme au courant de quelque chose que personne ne parvenait à saisir. C'était peut-être ça qui fascinait Alix, plus que l'idée de titiller l'orgueil de Fonsetti, celui d'animer quelque chose dans les pupilles sans vie de Beth…

- Qu'est-ce que tu regardes ?

Beth ne s'était pas tourné et continuer de fixer les rues de Manhattan qui défilaient. Murray préféra ne pas répondre et reporta son regard sur la route.

- C'est quoi le problème avec Alix ?

- Alix ne me croit pas quand je lui dis qu'il joue avec le feu. Tu savais qu'il voyait les Floranti ?

- Non… Mais Alix est un grand garçon, Asimov. Et il n'a pas besoin de toi pour régler ses affaires.

- Vous ne comprenez pas.

Murray tourna rapidement les yeux. Beth le regardait calmement, les mains croisées sur ses genoux. Il avait l'air d'une image de glace.

L'américain ne sût pas quoi répondre.

- Ce n'est pas grave. Je trouverai une solution le moment venu.

Beth acquiesça pour lui-même et reposa son menton dans sa main, l'air absorbé par l'extérieur.

- Tu… Dis Asimov…

- Hm… ?

- Tu aimes Alix ?

- Non. Je n'aime personne. Je n'ai pas de temps pour ça.

Murray ne répondit rien mais tira la grimace. Asimov et son caractère de chien, il plaignait Alix qui se le trimballait déjà depuis trois ans. Il s'attendait à un nouveau silence lorsqu'il entendit la voix monotone de Beth dans l'habitacle :

- Et toi ? Tu aimes Valéry ?

Il se retrouva bête et ouvrit la bouche à plusieurs reprises avant de pouvoir répondre. Le roux ne le regardait pas, pourtant Murray savait qu'il devait sourire derrière son écharpe. Il répondit « non » plus par réalisme que par vérité. Valéry était tout son contraire. Il était jeune, beau et incroyablement attractif. Lui, il était vieux, défiguré et particulièrement désagréable.

Beth hocha simplement la tête et murmura :

- Je vois… Alix et toi avaient vraiment du temps à perdre.

Murray voulu le remettre à sa place mais se rendit compte qu'il était arrivé et ouvrit sa portière d'un geste brusque. Avant de partir il jeta un coup d'œil à Beth.

- Ca sert à rien que je te demande de rester là, hein ?

Le roux haussa les épaules et Murray soupira. Il détestait ce chien d'Asimov et ses manies exaspérantes. Il tourna les talons et couru jusqu'à l'entrepôt qu'on avait laissé entrouvert.

Valéry était debout, les mains dans le fond des poches, occupé à sautiller sur place. Comme pour se tenir chaud. Il le rejoignit en deux enjambées et l'attrapa par les épaules.

- Valéry…

- Timothy… Je voudrais rentrer à la maison.

Murray hocha la tête et le serra plus fort contre lui.

Lorsqu'il retourna à la voiture, Valéry accroché à son bras, il ne trouva aucune trace de Beth et de son apathie. Il était parti comme il était venu mais Murray ne s'en formalisa pas. En trois ans, il avait pris l'habitude des apparitions de Beth qui s'apparentaient souvent à celles d'un fantôme. Et puis il n'avait plus le temps pour leurs conneries – que ce soit celles d'Asimov ou d'Alix.

Lui, il avait Valéry. Valéry et son âme cassée, qu'on avait enfermé dans une boîte sept jours sans boire ni manger.

Il se pencha et l'embrassa du bout des lèvres. Comme on embrasse les oiseaux tombés du nid.

- Si je couche avec toi, tu arrêteras de voir les Floranti ?

Alix leva les yeux de la revue d'architecture qu'il était en train de lire. Beth se tenait dans l'encadrement de la porte, aussi stoïque qu'à son habitude. Le brun esquissa un sourire et se laissa aller contre le canapé, les bras sur le dossier.

- Tu poses des conditions maintenant ?

Beth haussa les épaules et le regarda dans le fond des yeux.

- C'était une simple question.

- Et bien, je ne sais pas. Je couche déjà avec toi…

Le roux tira la grimace et posa les mains sur le col entrouvert de sa chemise. Alix le regarda faire, perplexe. C'était rare de susciter une réaction chez Beth et il ne savait jamais à quoi s'attendre.

- Tu m'aimes Alix ?

Alix voulu rire mais il était fasciné par les doigts de Beth qui dégrafaient sa chemise, couraient sur son cou. Il passa une main sur sa nuque et essaya de sourire.

- Réponds-moi Alix. Tu m'aimes n'est-ce pas ?

Beth s'avança jusqu'au canapé et se laissa tomber sur ses cuisses, le regard toujours vide et ancré dans le sien.

- Si tu arrêtes de voir les Floranti je te laisserai m'aimer…

Il fit glisser sa chemise le long de ses épaules et attrapa la main d'Alix pour la poser sur son cœur. Le brun sursauta. C'était comme s'il ne battait pas.

- Je t'aimerai aussi… Plus que tout au monde.

Alix esquissa un sourire énigmatique et finit par éclater de rire.

- Tu sembles oublier mon chat que tu m'aimes déjà.

Le roux haussa les épaules et rabattit sa chemise sur ses épaules. Alix le regarda faire en souriant.

- Tu es vexé mon chat ?

- …Tu n'as pas ce pouvoir sur moi, Alix.

L'italien fronça automatiquement les sourcils et se leva d'un geste brusque.

- Ah bon ? Tu en es si sûr ?

Beth le regarda dans les yeux.

- Oui.

Alix vît rouge et attrapa Beth à la gorge. Il le haïssait de rester aussi calme, aussi imperturbable même quand il le tenait par le cou. Il le poussa d'un geste brusque contre la table et l'enjamba en souriant. C'était toujours le même combat entre sa rage et son désir. Le tuer ou le posséder. C'était compliqué et Alix n'avait toujours pas trouvé la réponse à cette question.

Pourtant à une époque, il en aurait tué pour moins que ça.

Il se pencha sur lui et l'embrassa, d'une façon furieuse et dure qui lui rappelait à quel point ce qu'il vivait avec Beth était bancal. Murray avait raison, c'était n'importe quoi de vouloir le regarder auprès de soi. Beth était trop chiant, trop antipathique.

Il rabattit sa chemise sur ses coudes et embrassa sa poitrine plate et blanche. Il avait envie de le mordre et de le griffer. De l'étrangler et de le frapper. Beth lui, le regardait calmement, à moitié souriant. Alix en le remarquant dégrafa son pantalon d'un geste brusque et l'observa un long moment avant de reprendre son introspection.

Il détestait le sourire de Beth, la fossette qu'il lui dessinait dans la joue, ses airs de monsieur je sais tout, son incroyable pouvoir sur sa vie, sur ses choix. Il le pinça dans l'intérieur des cuisses et l'écouta gémir un moment, ses yeux toujours ancrés dans les siens.

- Et bien Alix… Qu'est-ce que tu es susceptible.

Alix lui mordit les lèvres et Beth le remercia en lui plantant ses ongles dans le dos. Il n'en fût pas plus pour que l'italien le pénètre d'un coup sec et brutal. Beth ne dit rien, il n'avait plus mal depuis longtemps.

Alix soupira en commençant ses vas et viens, il voulait le faire souffrir, le faire saigner. Le faire mourir d'être sien. Mais plus Beth s'abandonnait dans ses bras et plus il se sentait faiblir devant les yeux vides qu'il voyait enfin vivants. Il sentait ses doigts qui lui griffaient les épaules devenir caresses dans le creux de sa nuque et ses propres mains sur ses hanches le retenir plus fort contre lui pour lui éviter de se cogner contre la table. Il soupira une dernière fois, les jambes de Beth crispées autour de son corps et ferma les yeux, le front à plat contre son corps.

Beth le repoussa du plat de la main et roula sur lui, le sourire aux lèvres.

- Tu vois Alix, c'est parce que tu m'aimes que tu arrives à éteindre cette rage que j'éveille chez toi. Si tu arrêtes de voir les Floranti, je t'aimerai aussi, je te le promets.

Le roux lui embrassa les épaules et se laissa aller contre lui, bercé par sa respiration. Alix lui, jura, les mains crispées sur le tapis. Il avait perdu cette manche.