Arcane's Club Collection - La Onzième Carte

Genre : Romance - Historique - Drame

Slash : Oui XD

Résumé : 1912, dans le sud de l'Angleterre. Nelson Rockferry et Gary Wittham vivent une histoire d'amour passionnée, que le destin va bouleverser.

Ndla : Cette histoire fait suite à l'épisode intitulé "Le Pot Aux Roses". Quelques allusions sont possibles, mais ce n'est pas nécessaire de l'avoir lue pour comprendre ce qui suit ;)


Prologue

Pris d'un soudain accès de méfiance, Nelson se recula et évita ainsi le baiser de son amant.

«N'ayez crainte, Nellie, le rassura Sir Gary Wittham. Il n'y a pas âme qui vive à un kilomètre à la ronde. Et nous serions prévenus, dans le cas contraire. N'est-ce pas, Hubert ?»

Le chien, sagement étendu sur l'herbe à quelques pas de son maître, quitta un instant son déjeuner pour japper une fois, affirmativement. Puis il reprit son os de poulet, qu'il broyait avec grand appétit.

« Nous sommes sur l'immense terrain appartenant à mon oncle. Je vous l'ai dit ?

_Et répété, admit Nelson. Pardonnez-moi, je n'ai guère l'habitude de me laisser aller ainsi en plein air. Reprenons, si vous le voulez bien. »

Gary lui sourit et se pencha à nouveau vers lui jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent, et s'unissent.

Par-delà la mastication frénétique du chien, leur parvenaient les bruits de la nature. Les poissons frétillant et les canards atterrissant à la surface du lac. Le bruissement des feuilles et le chant mélodieux des oiseaux au-dessus de leur tête.

C'était la première fois que Nelson embrassait son amant en dehors du cadre habituel. Celui de la clandestinité, autrement dit. À part à l'intérieur d'une pièce privée du club des arcanes, ou au milieu de la nuit quand ils se retrouvaient parfois tous les deux, protégés des indiscrets par quelque obstacle bienvenu, ils n'en avaient jamais exploré d'autres. Jusqu'à aujourd'hui, à l'occasion de ce déjeuner sur l'herbe.

La nourriture contenue dans le panier, tout spécialement préparé ce matin, s'était avérée délicieuse. L'environnement ne l'était pas moins. Leur tendre baiser, échangé à l'abri des regards humains, régalait quant à lui tous leurs sens, et satisfaisait pour quelques temps leurs coeurs insatiables.

La main de Gary vint se poser sur la hanche de Nelson, s'y attarda.

Assis sur une couverture de laine, entourés d'ustensiles et légèrement enivrés de cette bouteille de vin dont il ne subsistait que la lie, ils accaparaient le temps et l'espace.

Nelson passa sa main dans les cheveux sombres de son amant. Il aimait tant sa douceur, son odeur, ses caresses, sa prose et ses délicates attentions qu'il n'en voulait jamais connaître de différentes. De toute sa vie, jusqu'à sa mort.

Gary se redressa et le renversa lentement en arrière. Il s'agenouilla ensuite à califourchon au-dessus de lui et ôta un par un les boutons de son gilet, puis de sa chemise.

Pendant ce temps, Nelson le dévorait des yeux. Grand, brun, regard profond, charmeur. Il se dégageait de son amant une prestance innée, dont celui-ci avait conscience, mais qu'il s'amusait à malmener et à estomper d'une touche d'espièglerie. Son sourire en coin en était le symbole le plus exquis. Comme en cet instant présent, où le soleil resplendissait au-dessus du lac, l'éclairant superbement de ses rayons. Nelson s'imprégnait de chaque détail de son visage, de son corps et de toute ses sensations nouvelles, au grand jour. Il voulait en faire des souvenirs vivaces, et les gravait pour cela dans sa mémoire avec un soin particulier.

Gary se pencha à nouveau vers lui et embrassa son torse nu, faisant naître en lui, en eux, une traître excitation.

« Gary, êtes-vous certain... » lui demanda-t-il, tenaillé par l'angoisse malgré la présence de ce fin limier d'Hubert à leurs côtés.

Il fut invité au silence par un doigt posé sur ses lèvres.

Puis Gary ôta sa propre chemise, et reprit leurs baisers, frôlant sa peau contre la sienne. Nelson abandonna alors toute crainte, comme il avait abandonné depuis longtemps toute résistance. Sous les feuilles de l'arbre que le vent caressait, à deux pas du lac aux reflets d'argent, il se donna corps et âme à son cher et tendre.

à suivre...