Petite histoire sans prétention.

J'espère seulement que vous l'apprécierez!


Maman et moi

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Maman est rentrée, enfin. Des heures que je l'attends, allongé sur le lit. Je sais que je ne devrais pas, c'est le sien, mais elle me manquait et… ce n'est pas une raison. Elle va me gronder ! Tant pis, j'essaierai de me faire pardonner.

- Arthur ! s'exclame-t-elle.

Arthur, c'est mon nom.

- Regarde l'état de mon lit !

J'avais raison, elle n'est pas franchement ravie que j'ai utilisé son lit.

Oh, ma petite Maman, pardonne-moi ! Un câlin, je suis sûr que ça va te faire changer d'idée.

Je suis dans ses bras, c'est bon, ça marche !

- D'accord petit chenapan, je te pardonne.

Qu'est-ce-que j'avais dit ? Gagné !

Allez en route maintenant. C'est notre rituel du soir, on va faire une balade. Si je suis obéissant, elle me laisse me défouler comme je veux. Mais j'aime bien aussi quand on joue au ballon, quoique j'ai du mal avec la conception de but, pénaltie, faute…

Ma nounou m'explique plein de choses, mais là j'ai quand même du mal. J'ai que cinq ans après tout. C'est vrai que plus on est petit, plus on retient, et donc plus on apprend vite, enfin faut pas exagérer.

Maman est célibataire, j'essaye de lui trouver un compagnon lorsqu'on va au parc, mais c'est pas évident. Je peux comprendre. Adopter un garnement comme moi, même pour une jolie femme de vingt-huit ans, c'est un choix qui peut s'avérer difficile.

Pourtant je fais tout ce que je peux pour que le courant passe. Je suis gentil, câlin, joueur, coquin aussi, et un peu exubérant, c'est vrai, mais on me pardonne. Qui pourrait résister à mes adorables yeux noisettes ? Je vous le dis, personne. L'air de chien battu, ça me connaît !

Voilà Maman qui m'appelle, on rentre. C'est pas encore ce soir que je vais lui trouver un amoureux ! Demain matin peut-être ? C'est l'heure où les hommes font leur jogging et la ballade matinale c'est comme celle du soir, sacrée.

- Arthur ! appelle encore Maman.

Voilà, voilà, j'arrive !

J'accours et je lui saute dans les bras. Je l'embrasse.

- Arrêtes s'il te plait. J'ai compris, tu m'aimes!

Oui, je t'aime !

- Allez viens, on rentre.

Ça y est, voilà l'heure que je préfère. On a mangé, on est prêt à dormir.

Maman est couchée, moi aussi. Dès qu'elle va commencer à dormir, je vais rentrer dans sa chambre, monter sur le lit et comme elle sera fatiguée, elle ne va pas me renvoyer et je vais pouvoir dormir avec elle.

3, 2, 1, partez !

C'est le bon moment, je pousse la porte et je m'installe doucement. Elle grommèle que ce n'est pas ma place, puis renonce, épuisée. Victoire !

Bon, évidemment, ça ne marche pas à tous les coups, mais assez quand même.

Elle a l'air dans un bon jour, je vais tenter de pousser mon avantage. Je m'approche de son visage, ma tête touche la sienne…

- Ah non!

Elle n'est pas d'accord.

- Ton nez est tout mouillé.

Elle se tourne de l'autre côté.

Ma petite Maman, pardonne-moi !

Je gémis. Elle se redresse :

- Allez viens là.

Je me précipite contre elle, tout heureux.

- Tu sais, je crois que j'ai rencontré quelqu'un. Il s'appelle Bob, il travaille avec moi. Je suis sûre qu'il va te plaire, mais attention ça voudra dire fini les nuits avec moi !

Ah non, moi je ne suis pas d'accord !

- On verra. On n'habite pas encore ensemble. Mais ce serait bien.

Elle a l'air heureuse en parlant de ce Bob. Pour son bonheur, je crois que je pourrai céder le lit. Tant qu'on supprime pas les ballades. Enfin ça, aucun risque. C'est vrai, imaginez que je sois toujours renfermé… Non ! Si j'étais un chat, et seulement si, ça passerait, mais je le suis pas, je n'ai rien à voir avec eux.

- Bonne nuit Arthur!

Maman se rendort.

Je m'allonge à côté d'elle, pas trop près. Ma tête repose sur une partie de mon corps très sensible. Je constate qu'elle a raison, j'ai la truffe humide.