Fic courte et drama, proche de la poésie, en lien avec "Renaissance" et "Extraits".

Je ne vois pas trop quoi dire d'autre.

Faîtes-vous votre propre opinion : lisez.


Procès

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La douleur se transforme en paix.

C'est une renaissance.

J'attends.

Je suis sur le chemin des possibles.

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Grimper.

Grimper toujours plus haut.

Grimper sans s'arrêter.

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J'avance, un pas puis l'autre.

Gauche

Droite

Gauche

Droite

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Mon cœur me fait si mal.

Je l'entends cogner sans cesse dans ma poitrine, un battement sourd et régulier.

Ce son envahit ma tête, renforce la douleur, lancinante.

Tant de choses s'y bousculent.

J'ai si mal.

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Alors je marche, plus loin.

Et je monte, plus haut.

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Je n'ai pas peur.

Je suis simplement triste.

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Triste.

Ce n'est pas le mot qui convient.

Ce mot n'est pas assez fort pour exprimer ce que je ressens.

Quelle est l'importance d'un mot quand j'ai si mal ?

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Le sol se déroule sous mes pas.

Mes yeux fixent l'herbe.

Elle ondule sous le vent.

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Le ciel est parsemé de nuages sombres.

Le vent forcit, j'entends le bruit du ressac.

L'Océan est proche, la paix aussi.

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Mes pieds nus flottent sur cet océan de verdure.

La falaise est à quelques pas, la Pointe à porter de mon regard.

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Le bord finalement.

Je sens les embruns sur mon visage.

Le soleil devant moi est terne, le temps à mon image: tourmenté, mais aussi serein par certains côtés.

Douleur

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Il ne reste que le bruit de la nature.

J'avance.

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Je regarde l'eau qui vient s'écraser sur les rochers en contrebas.

Le flot des souvenirs est toujours là.

Je ferme les yeux.

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Je pourrai renoncer faire un autre choix.

Je refuse.

Je les rouvre.

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Je dois éteindre la tempête qui fait rage dans mon esprit, dans mon cœur, et dans mon âme.

Je dois éteindre ce brasier qui me consume.

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Un dernier pas, un dernier plongeon.

Et l'Océan qui m'accueille.

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Le choc

Le froid me saisit aussitôt, glace tout mon être.

La douleur revient plus vivace.

Les abysses m'attirent.

Je sombre.

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Le froid me rend inerte.

Les souvenirs s'estompent.

La paix m'envahit.

La douleur disparaît.

Les ténèbres s'emparent de moi.

Je n'entends plus rien.

Je suis bien.

Paix

.

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Puis la douleur, à nouveau.

Différente.

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La pression vrille mes tympans.

L'air me manque.

Je devrais ouvrir la bouche…

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Je ne peux pas.

Je ne veux pas.

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Envie de vie

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Alors la surface.

Ma tête jaillit hors de l'eau.

Les ténèbres s'éclaircissent.

L'air remplit de nouveau mes poumons.

Je flotte.

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Le ciel me paraît plus limpide, le soleil plus étincelant.

Un pâle sourire éclaire mon visage.

Calme ou illusion?

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La douleur est là, en retrait.

Elle attend, tapie dans l'ombre, prête à resurgir à tout moment.

Tout à été balayé pour l'instant.

L'envie de vivre à été la plus forte.

Cruel, parfois, que le jugement de la nature.

J'attends.

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Pour quelques jours le repos.

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Je n'ai pas voulu de la mort ou elle n'a pas voulu de moi.

Je ne sais pas, les deux peut-être.

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Je regagne le rivage, loin de la falaise.

Je prends pied sur le sable, épuisée.

Je me retourne, face au soleil.

Je suis trempée.

Renaissance

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Aujourd'hui, le verdict a été rendu dans l'attente d'un nouveau procès.

Le temps viendra où je ferais ce choix, à nouveau, pour faire le vide.

Attente

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Je marche vers le village.

Le trajet me séchera.

Nul ne doit savoir.

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Bientôt la douleur va m'envahir.

Encore

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Alors un nouveau procès aura lieu, semblable et pourtant différent.

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Je me retourne.

La Pointe est là, droite, dressée vers le ciel.

Quand son sommet sera atteint ce sera la fin, ma fin.

Larme

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Tout près la porte de pierre réfléchit la lumière.

Le salut viendra peut être de là, il peut toujours être espéré.

Je repars.

Chemin

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Une des lois du cosmos dit qu'on a toujours le choix, qu'il suffit de faire le bon.

Mais mon choix aujourd'hui, quel est-il?

Possibles

.

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Ma douleur se transforme en paix.

C'est ma renaissance.

J'attends.

Je suis sur le chemin des possibles.