Genre : Le site ne proposant pas la catégorie sketch ou pièce de théâtre, je poste dans la catégorie fiction, humour (délire oblige). Il n'y a aucun découpage en acte et scène.

Genèse : Tout est parti d'une blague carambar avec un jeu de mots sur les chiffres (qui est restitué ici entre les personnages de Lucie et Marie) que mes cousins, mon frère et moi-même avons transformés en sketch. Plus tard avec d'autres cousins et une amie, nous l'avons rallongé. Enfin, nous avons de nouveau planché dessus tous deux pour obtenir cette version. Je dédie donc cette fic à tous ceux qui ont contribué à sa création et que j'adore!

J'espère que vous passerez un bon moment à sa lecture. Vos avis sont attendus !

Décollage en douceur, que vous trouverez sans doute moyen, mais c'est normal ! Persistez dans votre lecture, le meilleur reste à venir !


Coups de théâtre à l'Aéroport

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Personnages, par ordre d'apparition :

Lucie : la guichetière

M. Carreau : le directeur de l'Aéroport

Auguste de la Roche-Vilodière : l'homme amoureux

Jacqueline : la vieille dame

Le vendeur : Louis alias Mister Lou-trouve-tout

Édouard : neveu de Jacqueline

Gladysse Calice : femme d'Édouard

Trois policiers :sans noms

Marie : une cliente

Pierre : un technicien de surface

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Note : Les phrases adressées au public sont en italique.


~ Acte 1 ~

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Décor : Des canapés contre le mur du fond, un guichet devant à gauche, une baie vitrée à droite et une porte de chaque côté.

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Un homme et une femme débouchent du couloir.

Lucie : Je vous remercie de me faire confiance pour ce nouveau travail.

M. Carreau : Vous êtes nouvelle, je vous préviens donc, dans cet Aéroport il faut être parfait. Nous sommes la station la mieux placée de toute la capitale, la plus importante. Il vous faudra être à la hauteur ! Avez-vous compris mademoiselle ?

Lucie : Oui monsieur Carreau, j'ai compris.

M. Carreau : Vérifions cela. Récitez-moi le slogan de notre établissement.

Lucie : "Le client exige et nous exauçons."

M. Carreau : Très bien. Je vous retrouve plus tard.

Après l'ouverture de l'Aéroport. M. Carreau se place de façon à observer Lucie dans son travail. Une vieille dame arrive. Un jeune homme l'aborde et la prend par le bras.

Auguste : Bonjour gente dame. Comment vous portez vous ?

Jacqueline : Bien, mais qui êtes-vous ?

Auguste : Qui je suis ? (Air outré) Je suis l'homme qu'il vous faut.

Jacqueline : Si vous le dîtes.

Elle tente de s'esquiver, mais il la rattrape.

Auguste : Ne partez pas, je ne connais même pas votre petit nom.

Jacqueline : Je ne connais pas non plus le vôtre.

Auguste : Oh, je suis impardonnable ! Permettez moi donc que je me présente, Auguste de la Roche-Vilodière, pour vous servir, madame… ?

Jacqueline : Jacqueline.

Auguste : Quel nom délicieux ! Accordez-moi donc quelques instants. Nous pourrions allez boire un verre, je vous invite.

Jacqueline : Merci, mais non merci. Je suis déjà prise. Une autre fois peut-être.

Sans lui laisser le temps de répondre, elle s'éloigne en direction du guichet et attend son ouverture. Un rire retentit derrière lui.

Homme : Et ben l'ami on dirait qu' vous avez b'soin d'aide.

Auguste : Je vous demande pardon ?

Homme : Ben oui, avec vot' d'moiselle là !

Auguste : Parce que vous auriez fait mieux vous ?

Homme : Ch'ai pas, mais avec ça oui !

Il ouvre grand son manteau, à l'intérieur montres, bijoux, colliers, perles…

Homme : Ha ! ça vous en bouche un coin, hein !

Auguste : Non, je m'attendais plutôt à un strip-tease.

Homme : Quoi ! J'suis pas un exhibitionniste moi !

Auguste : Si vous le dîtes.

Homme : Bon, elle vous intéresse ma marchandise ?

Auguste : Franchement…non.

Auguste sort par une porte à gauche et l'homme à droite. Lucie arrive, Auguste la croise, il siffle.

Auguste : Joli petit cul !

Elle ne réagit pas et ouvre le guichet.

Jacqueline : Bonjour.

Lucie : Bonjour madame, que puis-je pour vous ?

Jacqueline : Je voudrais un billet pour le Mexique, s'il vous plait.

Lucie : C'est huit euros.

Jacqueline : Ce n'est pas cher.

Lucie : Madame, ici l'Aéroport est le nom de la gare routière. Les noms des pays sont les noms des arrêts.

Jacqueline : Ah ! Alors je me suis trompée. Tant pis j'attendrai une heure deux, comme cela ma famille croira que mon avion a été annulé. Du moment que je ne croise pas le garçon qui m'a fait la cour. Merci quand même mademoiselle…(elle regarde son nom) Lucie, au revoir.

Lucie : De rien, au revoir.

Elle se promène sur scène. Le directeur s'approche.

M. Carreau : Bravo mademoiselle, je vous félicite, mais attention il y aura des gens plus coriaces. Je vous laisse.

Il part, un couple arrive.

Neveu : Tantine !

Sa femme : Ma tante !

Jacqueline : Les emmerdeurs ! Mon cher neveu, ma petite-nièce ! Mais qu'est-ce- vous faîtes là ?

Neveu : Tu es partie bien vite, nous n'avons même pas eu le temps de discuter !

Jacqueline : J'avais un avion à prendre.

Sa femme : Mais vous êtes toujours là !

Jacqueline : Il a été annulé !

Neveu : Alors pourquoi n'es-tu pas rentrée ? Tu as sauté le dessert !

Sa femme : Empoisonné !

Jacqueline : J'ai rencontré un jeune homme qui m'a retardé.

Sa femme : On se demande bien pourquoi !

Jacqueline : Vous disiez ?

Sa femme : C'est bizarre ça !

Neveu : Très drôle !

Jacqueline : Qu'est-ce qui est drôle ?

Neveu :Oh! Rien. Et bien si on allait discuter plus loin.

Il s'éloigne avec sa tante, Auguste réapparaît et interpelle la femme.

Auguste : Mademoiselle, vous êtes radieuse !

La femme : Merci!

Auguste : Je suis sûre de vous connaître !

La femme : Oui, tout le monde le dit !

Auguste : Je sais (il chante) vous êtes moi, je suis vous, êtes Gladysse Calice, la célèbre chanteuse !

Gladysse : Et vous ?

Auguste : Qui je suis ? (Air outré) Je suiiiiiiiiiiiiis moi !

Gladysse : C'est à dire…

Auguste : Auguste de la Roche-Vilodière

Gladysse : Ah !

Auguste : Vous êtes magnifique ! Le rayon de soleil qui illumine ce monde obscur !

Gladysse : Je sais, je sais.

Auguste : Vous êtes l'astre de mes nuits, vous hantez mes rêves, je vous aime ! Soyez ma femme !

Il s'agenouille, le mari arrive.

Neveu : Je vous dérange peut-être ?

Gladysse : Édouard !

Édouard : Gladysse !

Auguste : Et moi c'est Auguste !

Édouard : On ne vous a pas sonné !

Jacqueline : Tiens donc vous revoilà vous !

Auguste : Jacqueline, mon unique amour !

Gladysse : Mon amour ? Clac!

Édouard : Soyez ma femme? Hein! Clac!

Jacqueline : Votre unique amour? Clac!

Les trois s'éloignent.

Édouard : Quel odieux personnage ! Osez faire la cour à ma femme !

Gladysse : Il me faisait des compliments, lui !

Édouard : Mais, ma mie ! Il vous a demandé en mariage !

Gladysse : J'aurai dû accepter.

Auguste se retrouve seul, son regard tombe sur Lucie, son visage s'éclaire, il se dirige vers elle.

Auguste : Mademoiselle vous êtes radieuse. Que dis-je, magnifique! Vous a-t-on déjà dit que vos yeux ont l'éclat d'un ciel d'été ?

Lucie : Non. Et vous, vous a-t-on déjà dit que vous étiez malpoli ?

Auguste : Je vous demande pardon ?

Lucie : Quand on est bien élevé, on salue, on se présente et on ne siffle pas les filles, sans parler de vos remarques désobligeantes !

Auguste : Je…

Lucie : J'ai du travail, au revoir.

Auguste : Mais…

Lucie :Adieu !

Jacquel ine est de retour, Auguste la rejoint.

Auguste : Jacqueline ! Quelle joie de vous retrouver!

Jacqueline : Ce n'est pas réciproque !

Auguste : Ma chère je suis si heureux que vous ne soyez pas partie ! J'avais peur de vous manquer voyez-vous.

Jacqueline : Et moi je commence sérieusement à le regretter, de ne pas être partie !

Auguste : Pardonnez-moi, vous disiez ?

Jacqueline : Je disais que je l'aurai regretté.

Auguste : Vraiment ! Alors c'est une chance pour nous deux, n'est-ce-pas ?

Jacqueline : Bien entendu. Mais qu'est-ce-que j'ai fais pour mériter ça ?

Regard interrogateur d'Auguste

Jacqueline : Une véritable chance oui, je n'aurai pu manquer cela ! Sortez moi de là ! Excusez moi… Auguste, c'est bien cela ?

Auguste : Tout à fait ! Je suis heureux de constater que vous ne m'avez pas oublier !

Jacqueline : Ce serait difficile.

Auguste : C'est vrai que je suis quelqu'un d'inoubliable !

Jacqueline : Et modeste avec ça !

Auguste : D'ailleurs si vous voulez je peux vous le prouvez. Il y a tout près...

Clac ! Elle lui donne une baffe.

Jacqueline : Grossier personnage !

Auguste : Jacqueline! Je suis navré je ne voulais pas vous offenser !

Elle commence à partir, il la retient.

Auguste : Attendez… Bon je suis un peu à court en ce moment, mais si ce n'est qu'un problème d'argent...

Clac ! Deuxième baffe

Jacqueline : Pour qui me prenez vous !

Elle part.

Auguste : Mais je vous aime Jacqueline, je souhaite simplement vous épouser !

Elle fait demi-tour. Clac !

Lucie : Et de trois !

Jacqueline : Je n'avais jamais vu un obsédé pareil ! Vous n'avez pas intérêt à revenir. Je vous aurai prévenu.

Elle part, le laissant déconfit.

Auguste : Je ne comprends pas !

Lucie : Vous vous étonnez encore de vous faire jeter après des paroles pareilles ! ?

Auguste : Oui, pourquoi ? Qu'est-ce-que j'ai dit ?

Lucie : D'abord, vous lui avait dit que vous vouliez coucher avec elle, ou plus exactement lui montrer vos talents au lit, ce qui n'est pas mieux, ensuite que vous pouviez la payer, ce qui revient à la qualifier de prostitué, et enfin que vous vouliez juste coucher avec elle, ce qui la ramène au rang d'objet ! Franchement je ne pensais pas qu'il était possible d'insulter une femme de cette façon en aussi peu de phrases ! Vous battez les records !

Auguste : Mais je n'ai jamais dit ça !

Lucie : Dans un langage plus correct, c'est vrai. Enfin, ça revient au même.

Auguste : Bien sûr que non ! Je voulais simplement qu'elle devienne ma femme, au sens littéral du terme ! Je parlais d'église, pas d'hôtel, et quand j'évoquais l'argent c'était pour une alliance !

Lucie : Effectivement dans ce sens là… De toute façon, elle aurait refusé. Vous draguez toutes les femmes que vous croisez !

Auguste : Je les demande en mariage, nuance !

Lucie : La différence est faible vu que vous le demandez à toutes ! Ou vous êtes cinglé ou vous devez vous marier pour toucher un héritage.

Auguste : J'aime les femmes ! Qu'y puis-je si d'un simple regard elles m'envoutent au point de ne plus vouloir les quitter, de rester à leurs côtés toutes ma vie !

Lucie : Ou alors vous êtes un romantique inconditionnel, qui tombe amoureux en un clin d'œil, pour ne pas avoir le temps de voir à quoi elles ressemblent, à peine quelques microsecondes en l'occurrence.

Auguste : Bien sûr qu'importe l'apparence ! Seuls leurs yeux comptent, ce doux regard qu'elle pose sur moi qui me dit…

Lucie : Voilà le meilleur pigeon qu'on puisse trouver sur cette terre ! Mais généralement vous les insupportez et vous vous faîtes jeter en moins de temps qu'il en faut pour…

Une magnifique jeune femme vient d'entrer par l'autre porte. Auguste se précipite vers elle.

Lucie : …vous de tomber amoureux ! Même la lumière ne va pas aussi vite que ce qui lui sert de cerveau !

Il s'agenouille, mains jointes.

Auguste : Marie, je t'aime, veux-tu…

Il est interrompu par le vendeur qui traverse la scène en courant, passant entre eux deux, il est poursuivi par deux policiers.

Vendeur : Dégagez !

Policiers : Arrêtez-le ! Au nom de la loi…

Ils disparaissent de l'autre côté. Auguste tente de reprendre sa phrase. Un grand fracas persiste.

Auguste : Marie, je t'aime… veux-tu…

Nouvelle interruption, les deux policiers ramènent le vendeur en le tirant chacun par un bras.

Policiers : Scusez.

Vendeur : Lâchez-moi bande de brutes ! Tortionnaires ! Vous commettez une grave erreur ! Je suis un honnête citoyen !

Policier un : C'est ça, cause toujours !

Vendeur : Chui innocent !

Policier deux : Ils disent tous ça !

Vendeur : J'vous assure ! Vous faites une erreur judiciaire !

Policier un : Tu raconteras ça au juge !

Ils partent, Auguste peut enfin se déclarer.

Auguste : Marie, je t'aime, veux-tu m'épouser ?

Marie : Lâche moi Auguste ! J'ai assez d'hommes qui s'occupent de moi. J'ai pas besoin de toi en plus.

Il retourne vers le canapé, Marie arrive vers Lucie en se dandinant les fesses et en secouant les cheveux.

Marie : Hello, yo ave toi. I vouloir ir en "Gadaloupé".

Petit silence.

Lucie : Si vous parliez français ça m'arrangerait !

Marie : Oh ! ça va ! Un billet pour la Guadeloupe illico Presto, et que ça saute !

Lucie : C'est bon, y a pas le feu ! …C'est sept.

Marie : Sept ?

Lucie : J'ai dit sept.

Marie : Dix-sept ?

Lucie : Mais non, sans dix.

Marie : Cent dix-sept ?

Lucie : Vous m'écoutez quand je parle ? C'est sept euros, point barre.

Marie : Oh ! C'est bon ! V'là dix, rendez la monnaie.

Lucie rend la monnaie pendant que Auguste prend un billet de 500 dans la caisse en faisant un "chut" en direction du public.

Marie : Et mon billet ?

Lucie : Le vlà !

Marie : La Martinique ? C'est la Guadeloupe que j'ai demandé !

Lucie : Oh ! C'est bon, ça arrive de se tromper.

Elle lui donne son billet, en tapant fort dans sa main.

Toutes les deux : Des insultes

Elle s'en va, puis s'arrêtant ,au bout de quelques pas, donne un "coup de cul" en arrière, la tête suivant un mouvement circulaire sur le côté, et repart.

Auguste revient vers elle, toujours agenouillé et les mains jointes, elle se retourne.

Auguste : Et alors le mariage c'est pour quand ?

En agitant le billet de 500€ volé.

Marie : J'ai pas besoin de toi Auguste ! Alors lâche moi ! T'as compris ? Dégage !

Elle le bouscule, il s'étale par terre, avant d'aller s'asseoir, déçu. Marie repart vers la porte (ouverte). Auguste apercevant Jacqueline, qui revient, se précipite vers elle, s'agenouille et agitant toujours le billet volé:

Auguste : Jacqueline veux-tu m'épouser ?

Jacqueline prend le billet et s'enfuit, Auguste essaie de la rattraper et, dans le couloir (on ne le voit plus), on entend le bruit d'une claque. Auguste revient vers le canapé en se frottant la joue.

Auguste : Les femmes, c'est vraiment pas pas fait pour moi.

Jacqueline revient.

Jacqueline : Je l'avais prévenu la dernière fois.

Il s'assoit, elle s'adosse à la porte et lit. Gladysse revient furieuse et va au guichet.

Gladysse : Un ticket pour Londres.

Lucie : Bonjour !

Gladysse : Ah, oui! Bonjour.

Lucie : Un aller simple pour Londres ?

Gladysse : Oui ! C'est ce que je vous ai dit !

Lucie : Vous pourriez être plus aimable !

Gladysse : Je ne vois pas pour quelle raison !

Lucie : Parce que c'est la moindre des politesses, par exemple !

Gladysse : Si vous saviez ce que j'en pense en ce moment.

Lucie : Et bien dîtes moi.

Gladysse : Ce, cet imbécile a osé me dire que j'étais sa femme !

Lucie : Ah, les hommes ! C'est 15€.

Gladysse : Tenez. Rendez-vous compte, moi la grande Gladysse Calice reléguée à l'état d'épouse !

Lucie : Ce n'est pas ce que vous êtes vis à vis de lui !

Gladysse : Moi ! Jamais ! C'est une honte !

Lucie : Je comprends. Voilà votre monnaie et votre ticket.

Gladysse : Après de telle paroles, je ne pouvais rester un instant de plus.

Lucie : C'est évident.

Gladysse : Ah, vous voyez !

Lucie : Je crois surtout que vous avez un grain !

Gladysse : Excusez-moi !

Lucie : Vous m'avez très bien entendu ! Quand on a la chance d'avoir quelqu'un qui vous aime, on n'a pas à faire des caprices pareils, pour rien en plus.

Gladysse : Vous n'auriez pas voulu que je reste tout de même !

Lucie : Pourquoi pas ! Vous vous souciez seulement de vous. Écoutez votre mari, pour une fois, vous aurait fait le plus grand bien !

Gladysse : Comment !

Lucie : Moi aussi je lis la presse à scandale, Mme Calice !

Gladysse : Vous osez !

Lucie : Oui ! J'ose vous dire que vous êtes qu'une égoïste, que votre mari ne vous mérite pas et que je vous souhaite bon débarras, au revoir !

Gladysse : Mais…

Lucie : Votre bus et dans une heure, au plaisir de ne jamais vous revoir.

Elle part déconfite en direction des canapés et s'y laisse tomber. Jacqueline lève les yeux.

Jacqueline : Maintenant mon neveu va être invivable ! Si elle demande le divorce je vais en faire les frais ! Ah, quel monde !

Le directeur arrive à grand pas.

M. Carreau : Mais ça va pas de parler comme ça au gens ! Vous nous faites perdre tous nos clients ! Comment on va faire nous maintenant ?

Lucie : J'en sais rien moi !

M. Carreau : Récitez moi notre slogan.

Lucie : "Nous n'exauçons pas le client arrogant".

M. Carreau : Faux, nous exauçons n'importe quel client, qu'il soit blanc ou noir, aimable ou pas, beau ou laid. Oh, yé!

Il commence à s'éloigner dans la même démarche, se retourne.

M. Carreau : Vous êtes virée !

Il repart sans se retourner par l'autre porte.

Lucie : Ce n'est pas vous qui me virez, c'est moi qui démissionne !

Elle commence à rassembler ses affaires. Édouard passe la porte effondré.

Édouard : Gladysse ! Mon tendre amour ! Pourquoi ! Pourquoi m'as tu fais ça ! Tu es là à lire sans te soucier de moi !

Il passe près d'elle sans qu'elle lève la tête. Il va voir Lucie.

Édouard : Excusez-moi, mademoiselle. Connaîtriez-vous la destination de Gladysse Calice ?

Lucie : Oui, Londres.

Édouard : Londres ! Merci quand même.

Il se dirige vers un angle de la pièce, loin de sa femme. Les deux policiers entrent, menottés à leur fugitif, ils le bousculent au passage.

Policier un : Boulot de merde, avec un temps pourri !

Policier deux : Et un chef con !

Vendeur : Et à cause de ça, c'est bibi qui prend !

Policier un : Hé ! C'est nous qui devons t'emmener jusqu'au Burkina Faso, je te signale.

Ils sont devant le guichet.

Policier deux : Bonjour mademoiselle !

Elle ne réagit pas.

Policier un : Bonjour mademoiselle, police !

Lucie : Oui. Bonjour messieurs.

Policier deux : Nous voudrions trois billets…

Policier un : …pour le burkina Faso.

Lucie : Je suis désolée, je ne travaille plus ici.

Vendeur : Quel dommage, on va rater l'audience avec le juge. On va devoir revenir demain, ou jamais. C'est possible aussi !

Il a abandonné son langage châtié pour un langage plus correct. Il commence à s'éloigner, mais les policiers ne bougent pas et il est arrêté, par les menottes aux poignets, dans son élan.

Policier deux : Désolé de te décevoir, mais c'est non. Pas la peine de rêver.

Policier un : Mademoiselle, je suis sûr que vous pouvez lui faire une faveur !

Vendeur : Ne vous sentez pas obligé ! Je vous assure, je n'en mourrai pas !

Lucie : Je ne peux vraiment pas travailler pour cet homme.

Policier deux : Qui ?

Lucie : Le directeur.

Policier un : Ah ! Je comprends, vous savez moi aussi c'est difficile au travail.

Policier deux : Mais je suis sûr qu'avec une femme aussi belle que vous, on peut s'arranger.

Lucie : Dans quel sens ?

Vendeur : Je pense que vous n'allez pas apprécier la suite! Oh, ça non, elle ne va pas apprécier la suite !

Auguste s'est levé et s'est approché. Le vendeur s'adresse à Lucie.

Auguste : Messieurs, vous n'avez pas honte d'importuner une si jolie dame avec vos paroles obscènes!

Policier un : Pardon !

Policier deux : Non, mais vous délirez !

Vendeur : (A Lucie) Vous seriez intéressée par quelques bijoux ?

Elle secoue la tête négativement. Il y a tension entre les trois autres hommes. Les policiers se sont détournés.

Policier un : Qu'est-ce-qui vous prend ! Pourquoi nous insultez-vous ?

Auguste : Je ne vous insulte point. Je pensais que vous aviez des vues sur cette jeune femme.

Le vendeur continue ses propositions, entre leurs échanges verbaux. Il a ses articles en main. Il les présente à Lucie sur le comptoir.

Vendeur : Sinon je peux vous proposer deux magnifiques 9 millimètres, chargés, prêts à servir.

Policier deux : Et alors, ça vous dérange ?

Auguste : Je ne me suis donc pas trompé.

Vendeur : Ou bien encore ce magnifique teaser, qui n'a pas servi, du moins aujourd'hui. Je le sais, ils me courent après depuis ce matin.

Elle fait la moue.

Vendeur : Je vois, cliente difficile ! Sinon, j'ai…

Il détache tranquillement ses menottes, les met sur le comptoir. Une des deux paires tient attachés les deux hommes.

Vendeur : C'est cadeau !

Policier un : Peut-importe, de toute façon, c'est à elle de choisir

Auguste : Elle n'a pas à choisir, il suffit que vous la laissiez.

Policier deux : Sinon, on peut faire ça à la régulière !

Auguste : Deux contre un, je ne vois pas en quoi ça le serait.

Le vendeur continue son baratin.

Vendeur : Alors sinon, la drogue, classique, mais efficace ; le couteau, j'ai plusieurs tailles.

Il continue à déballer ses armes de sous le manteau.

Vendeur : Ou bien des explosifs, grenades, mines, C4…

Elle refuse.

Vendeur :D'accord, coriace, hein !

Il prend ce qui est sur le comptoir et commence l'assemblage.

Policier un : Sinon, on vous embarque au poste !

Auguste : Je crois que vous aurez du mal !

Il fait un signe de tête vers le guichet. Les policiers regardent stupéfaits le vendeur qui déclare

Vendeur : Voilà, c'est fini !

Il montre son œuvre, un énorme fusil.

Vendeur : Fusil à sept coups, trois lames dépliables, lance-grenades, avec une sécurité, disons, électrique ! Et en dernier lieu, un système d'attache ultra-sécurisé, très résistant, en métal ! Tout ça pour la modique sommes de… Elle contient combien la caisse ?

Les deux policiers essayent alors de l'attraper, mais tombent lourdement au sol, à cause des menottes entravant leurs mouvements. Le vendeur laisse alors le fusil tomber sur eux, les électrifiant. Il se précipite ensuite vers la sortie et se prend la baie vitrée. Auguste retourne s'asseoir, le sourire aux lèvres. Les policiers se relèvent, Lucie a fait le tour du guichet et leur donne une baffe chacun. Elle retourne ensuite s'asseoir.

Le vendeur se relève, ouvre la porte et se retrouve nez à nez avec un autre policier.

Policier : Mister Lou-trouve-tout, quel plaisir !

Vendeur : Et merde ! Encore raté !

Le rideau tombe.


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