Fin de l'acte 3 aujourd'hui.

Italie : Merci pour de suivre et commenter cette histoire ! Ce n'est pas une couche qu'ils se tiennent, c'est un blindage ! Et tu vas savoir ce qu'ils font là dans ce chapitre.

Bonne lecture !


Acte 3 – Partie 3

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Pierre, Louis et Auguste sont assis sur les chaises de la salle. Louis se désole.

Louis : J'en peux plus. Cinq minutes de plus ici et je commets un double meurtre !

Auguste : Comment ça double ?

Pierre : Qui s'est que vous voulez doubler ?

Louis : Je vais les tuer !

Le chef entre.

Chef : Alors mes gaillards, vous avez eu assez de temps pour vous entretenir avec votre avocat ?

Louis : Si ce type est avocat, je suis bonne sœur !

Chef : J'en conclus que c'est non.

Louis : Vous foutez pas de moi, je sais que vous voulez m'envoyer en taule. Ayez au moins le mérite de le reconnaître.

Chef : Donc vous plaidez coupable ?

Louis : J'ai pas encore passé de temps avec eux pour ça.

Chef : Dans ce cas, à plus tard.

Louis : Non, attendez ! Ne me laissez pas seul avec eux !

Chef : Alors vous avouez ?

Louis : Prenez une chaise, on va en discuter. J'aime pas parler aux gens qui me regardent de haut.

Chef : Quelle chaise ?

Louis : Simplet, virez de là.

Chef : Vous n'allez quand même pas virer votre avocat !

Louis : C'est pas mon avocat.

Chef : Quoi ? Pour une fois qu'on te trouve un avocat, t'en veux pas ?

Louis : Don Juan, dégagez !

Auguste : Pardon ?

Louis : Quand le big boss se met à me tutoyer, on fait ce que je dis sans discuter.

Auguste : Mais je...

Louis : Debout, tout de suite ou je porte plainte contre vous.

Chef : Pour quel motif ?

Louis : Harcèlement.

Auguste : Mais...

Louis : Maintenant !

Docilement, Auguste s'exécute.

Auguste : Dîtes-moi, si cet homme est votre avocat, cela signifie que ce n'est pas le mien.

Louis : D'une, c'est pas mon avocat. De deux, si ça l'était, on aurait le même.

Auguste : C'est possible ?

Louis : On s'en fout. On n'est pas là pour parler de ça.

Chef : Effectivement, on est là pour savoir ce que vous faisiez dans le bureau du directeur.

Louis : On n'était pas dans le bureau du directeur.

Chef : Non, vous étiez dans le couloir du bureau du directeur.

Louis : Ce qui n'est pas un crime.

Chef : Mais vous êtes recherché pour recel.

Auguste : Ce n'est pas mon cas. Alors pourquoi suis-je ici ?

Louis : Vous étiez avec moi, Don Juan. Ça leur suffit.

Auguste : Quoi ? Mais...

Louis : La ferme. On veut pas vous entendre.

Auguste : Je vous rappelle que je suis...

Louis : On s'en fout.

Chef : Revenons à nos affaires.

Louis : Depuis quand est-on en affaire ?

Chef : Qu'est-ce-que tu foutais là-bas ?

Louis : Ben... je visitais.

Chef : Le couloir du bureau du directeur ?

Louis : C'est très joli en cette saison ! D'ailleurs, vous visitiez aussi ?

Chef : Oui, j'adore faire du tourisme par là-bas. Surtout arrêter les touristes, c'est ce que je préfère !

Louis : Vous devriez vous trouver un autre loisir. Ça ferait des vacances aux gens comme moi.

Chef : Comme toi ?

Louis : Je vous ferai pas ce plaisir. Vous n'êtes pas assez charmant, contrairement à ce cher marquis de la Broche-Tertiaire.

Auguste : De la Roche-Vilodière !

Louis : Ouais, c'est pareil.

Auguste : Non, c'est...

Louis : On s'en fout !

Pierre : Oh, moi je pense qu'on s'en fout pas.

Louis : Qui vous a dit de parler vous ?

Pierre : Je suis avocat, je vous rappelle.

Louis : Vous vous foutez de ma gueule ?

Pierre : Non, d'ailleurs je trouvais que vous étiez plutôt beau garçon.

Chef : Vous voulez que je vous laisse tous les deux ?

Louis : Et m'embarquez pour meurtre ensuite ? Bien que ce soit tentant, je vais décliner l'offre.

Chef : Alors tu passes à table ?

Pierre : Y a quoi au menu ?

Auguste : C'est vrai que j'ai faim.

Louis : Sinon, vous les mettez en cellule et on continue notre discussion.

Chef : Je te ferai pas ce plaisir.

Louis : Sûr ? Vous allez tenir ? Vous savez, je dis ça pour votre santé mentale.

Chef : Tu es sur que c'est pas plutôt la tienne ?

Louis : Non, c'est pour les garder en vie. C'est pas pareil. C'est de la compassion.

Chef : Tu m'en diras temps !

Louis : La confiance règne à ce que je vois !

Chef : Comme si tu pouvais éprouver de la compassion.

Auguste : Dîtes, pourrait-on revenir au sujet initial ?

Chef : Mais on est au cœur du problème.

Auguste : Je veux sortir d'ici ! Vous n'avez rien pour me retenir.

Chef : Qu'en dit votre avocat ?

Silence.

Louis : Simplet ?

Pierre : Faut que je parle ?

Chef : Sinon, je peux faire en sorte de te faire passer pour fou.

Louis : Vous en avez si marre que ça ?

Chef : Au moins autant que toi.

Louis : Alors si on se débarrassait de cette histoire tout de suite, j'ai des choses à faire.

Chef : Ça marche pas comme ça avec moi.

Louis : Mon fournisseur en échange de ma libération.

Chef : Depuis quand t'es une balance ?

Louis : Depuis que j'ai rencontré Don Juan et Simplet.

Chef : T'as peur pour ta peau ?

Louis : Plutôt pour ma santé mentale.

Chef : Ça peut se défendre, mais pas devant un jury.

Louis : Vous refuseriez d'abandonner toutes les charges qui pèsent contre moi et de laisser passer le plus gros coup de filet de votre vie ?

Chef : Ça me rappelle vaguement quelque chose...

Louis : Quoi ?

Chef : Non, rien, juste une perturbatrice qui m'a proposé la même chose.

Louis : Et vous avez refusé ?

Chef : Pourquoi j'aurai accepté ? Même si quelqu'un accepte enfin de te défendre devant la justice.

Louis : Je vous manquerai trop, c'est pour ça que vous avez refusé.

Chef : Que veux-tu, c'est pour les statistiques. Grâce à toi je fais mon quota.

Louis : Et si je vous disais que je peux vous donner de quoi faire exploser votre quota ?

Chef : Là, tu commences à m'intéresser. Tu veux dénoncer tous tes clients ?

Louis : Je pensais plutôt au big boss et tous ses sous-fifres.

Chef : Rien que ça ! Mais tu te considères dans quelle catégorie ?

Louis : Aucune, j'aime pas faire partie d'un système. Mais je peux vous balancer tout le monde. Si vous effacez mon casier évidemment.

Chef : T'as pas peur des représailles ?

Louis : Ça veut dire oui ?

Chef : Je peux pas effacer ton casier.

Louis : Et oublier nos récents différents ?

Chef : Je t'écoute.

Noir, retour sur l'accueil. Carreau entre et se présente au brigadier. Lucie est installée sur un des fauteuils.

Brigadier : Bonjour, que puis-je pour vous ?

Carreau : Bonjour, je suis Henri Carreau, le gérant de l'Aéroport. Je viens porter plainte pour vol.

Brigadier : Que vous a-t-on volé ?

Carreau : Des documents extrêmement importants.

Brigadier : C'est à dire ?

Carreau : Je ne tiens pas en parler en public. Je veux voir votre supérieur.

Brigadier : Désolé, il est occupé. Mais vous pouvez patienter là, si vous le souhaitez.

Carreau s'exécute et prend place en face de Lucie.

Lucie : Monsieur Carreau, quelle surprise ! Vous n'êtes pas avec votre femme ?

Carreau : Je ne vois pas en quoi ça vous regarde.

Lucie : Soyez poli, je vous rappelle que je ne travaille plus pour vous. Je pourrais porter plainte.

Carreau : Pour quel motif ?

Lucie : Licenciement abusif.

Carreau : Vous étiez à l'essai.

Lucie : Ce n'est pas une raison pour m'avoir virée comme ça.

Carreau : Vous avez insulté une cliente.

Lucie : Vous appelez ça une cliente ? Et je ne l'ai pas insultée, seulement remise à sa place.

Carreau : Grande différence en effet !

Lucie : Désolée si les clients ne m'aiment pas.

Carreau : Vous êtes de mauvaise foi.

Lucie : Pas plus que vous.

Carreau : Je vais faire comme si je n'avais rien entendu.

Lucie : Pourquoi êtes-vous venu ici déjà ?

Carreau : Vol.

Lucie : De papiers compromettants ? Dans une gare routière ?

Carreau : Ça ne vous regarde pas.

Lucie : Qu'y avait-il de si précieux dans ces papiers ?

Carreau : J'ai dit que ça ne vous regardais pas !

Lucie : Ben quand même un peu. Que je sache pourquoi mon ancien employeur pourrait être envoyé en prison.

Carreau : C'est moi qui me suis fait voler, je ne suis pas le voleur. Je n'ai rien à cacher.

Lucie : Et la police vous croit ?

Carreau : Je le saurais bientôt.

Des cris retentissent. Lumière sur les trois pièces. Devant la cellule, Édouard a fait son choix. Les deux femmes se battent. Le policier appelle à l'aide, le chef et le brigadier viennent à la rescousse. Profitant de la confusion, Lucie et Carreau retrouvent les autres dans la salle d'interrogatoire.

Carreau : Voici la preuve que la police fait bien son travail !

Lucie : Moi je dirais bien que non vu que vous êtes encore là.

Louis : On vous manquait ?

Lucie : Vous vous croyez le centre du monde ?

Louis : Allez, Don Juan vous manquait au moins !

Auguste : Vous allez arrêter de m'appeler comme ça, oui !

Louis : Et me priver de votre tête d'aristo outré ? Nan.

Pierre : Qu'est-ce-qui se passe ?

Carreau : C'est qui lui ?

Lucie : Votre technicien de surface.

Carreau : Depuis quand j'en ai un ?

Lucie : Depuis que vous l'avez engagé.

Carreau : Je n'ai jamais engagé de personne comme ça.

Louis : On pourrait revenir à l'essentiel, patron ?

Il le regarde d'un air entendu. Les regards sont braqués sur eux.

Le rideau tombe.