Chapitre 9:

« Sénateur Logan, votre appel est une surprise. »

« Il ne devrait pas l'être, grâce à vous mon fils est libre et nous nous sommes rapprochés. La moindre des choses était que je vous appelle pour vous remerciez. »

« Et bien c'est très gentil de votre part, maintenant excusez moi mais j'ai un rapport d'enquête à finir. »

« Je dois avouer que votre réputation n'est pas usurpée agent Pierson, et la conclusion plutôt surprenante de cette affaire m'amène à vous dire autre chose. Vous n'êtes pas sans savoir que le sénateur Matthews et moi-même sommes en désaccord sur de nombreux points »

En désaccord pensa Peter, le mot était bien celui d'un politicien. Les deux hommes se détestaient et étaient aux antipodes politiquement parlant bien que leur programme de base soit similaire. Il suffisait que l'un dise blanc pour que l'autre dise noir.

« La défection de son principal donateur est un coup dur pour lui, considérez moi comme votre débiteur à présent. Et je respecte toujours mes engagements. »

« J'en suis persuadé Monsieur le sénateur. »

Peter n'aimait pas avoir à faire au politicien ni être lié à eux de quelque manière que se soit. Mais quitte à devoir l'être, il préférait encore que le service lui soit du et non l'inverse.

Kavan avait ressentit le besoin de s'isoler dès qu'ils étaient entrés dans l'avion. Il s'était installé à l'avant dans une partie séparée du reste de l'équipe.

« Je vois les morts » Lui apprit Drew qui l'avait rejoint peu de temps après le décollage. « Quand quelqu'un meurt, il s'en détache quelque chose, son âme, moi je les appelle des fantômes parce qu'ils me faisaient peur quand j'étais enfant. Des fois, le fantôme disparaît tout de suite après la mort, et des fois il reste. Je les vois et je les entends comme je te vois ou je t'entends. Je ne fais pas la différence entre eux et les vivants. Ceux qui restent sont souvent ceux qui sont morts brutalement et qui n'ont pas eu le temps de se faire à l'idée. La plupart reste pour voir leur famille une dernière fois, ou s'assurer que leur meurtrier est retrouvé. »

« Comme Alana » Voulu savoir Kavan.

« Oui, comme elle. Et comme elle, souvent, ils sont déboussolés et ce n'est pas évident de parler avec eux parce qu'ils ne se rendent pas compte du fait que je suis vivant, je ne sais pas trop mais Alana par exemple croyait que j'étais un ange de la mort. Il n'existe pas, ou alors je ne les vois pas et aucun des fantômes ne m'en parle. En général, ceux qui sont pleinement conscienst du fait qu'ils sont mort et moi vivant sont ceux qui sont mort depuis longtemps. J'en ai déjà rencontré qui étaient morts depuis plus de trente ans. Ceux- là, dès qu'ils me voient ils savent que je suis différend. Ils ne peuvent pas l'expliquer, c'est comme ça, mais pour moi, ils sont exactement comme les autres. »

Drew fit une pause.

« Maintenant, quand je vois une personne qui parait seule, qui n'a pas de contact avec l'extérieur et qu'elle m'aborde, la première chose à laquelle je pense c'est : est- ce qu'elle est vraiment là ou est- ce que les gens autour de moi vont me regarder comme un dingue qui parle tout seul. Quand Dylan, Chris ou Peter sont là, je leur demande. Si j'habite dans le même immeuble que Chris et Dylan, ce n'est pas par hasard. »

« Ca ne doit vraiment pas être facile. Quand je vous ai rencontré à RiverTown et que j'ai commencé à soupçonner quelque chose, je me disais que ça devrait vraiment être super de travailler avec vous, que vous étiez spéciaux et que ça me donnerait l'impression de faire partie de quelque chose d'important. Jamais je n'ai pensé que ces dons pouvaient être durs à porter ou que ça serait si difficile de le cacher. On aurait pu gagner tellement de temps si Peter n'avait pas dû trouver des éléments concrets pour expliquer des choses dont on était sûr. »

« Dylan est empathique et contrairement à Chris, il ne le contrôle pas. Enfin, il peut se concentrer sur les émotions d'une personne en particulier, mais il ressent toujours. Quand je suis arrivé dans l'équipe, il m'évitait aussi au début. Je crois qu'il faut juste lui laisser le temps que ta présence devienne familière pour lui. »

« Merci de m'avoir parlé Drew. Je sais que ce n'est pas évident pour toi, que tu ne me connais pas. »

« Peter a confiance en toi, et j'ai confiance en Peter. »

Epilogue :

Kavan était resté seul à l'avant de l'appareil après la départ de Drew. Il avait entendu Lauren et Dylan rire d'une blague de Chris, Peter les féliciter pour leur travail, mais il n'avait pas eu envie de se joindre à eux. Il devait réfléchir, à ses nouvelles responsabilités. Quand Peter lui avait proposé le poste, il lui avait dit que ça ne serait pas facile et aujourd'hui il avait compris pourquoi.

Le silence avait fait place depuis plus d'une heure dans le compartiment d'à côté. Kavan était persuadé que tout le monde dormait quand Dylan vint le rejoindre.

« Tu sais ce que j'aime le plus dans le fait de prendre l'avion, c'est qu'une fois que tout le monde dort, je me retrouve seul avec moi-même. C'est tellement rare que c'est un peu bizarre, non vraiment très bizarre en fait. Mais je préfère ce silence que sentir tes inquiétudes. Ok, tu es tombé dans quelque chose de bien plus gros que ce que tu croyais, mais voilà, c'est là et tu ne peux plus en sortir, surtout tu ne veux pas, alors accepte le et laisse-moi tranquille. »

« C'est plus simple à dire qu'à faire. »

Sentir Dylan près de lui, alors qu'ils étaient presque seuls. Pour la première fois, Kavan pouvait tenter quelque chose. Mais Dylan l'avait sentit venir parce qu'il se recula.

« Non. »

« Arrête Dylan, pas besoin d'être médium ou empathique pour voir comment tu me regardes. »

« On est collègues Kavan, on va travailler ensemble à partir de maintenant. On va se voir tous les jours, au bureau et peut être même en dehors. Est-ce que tu arriveras à travailler avec moi en me considérant comme un collègue sans penser au coup d'un soir ? »

« Non, parce que les coups d'un soir ce n'est pas mon truc. Je pensais t'embrasser, puis je t'aurais proposé une sortie, au resto, au cinéma, au bowling, comme tu préfères. J'aimerai que l'on apprenne à se connaître et si les choses collent entre nous, on verra pour la partie sexuelle. »

« Je sais exactement à quoi tu penses au moment où tu le ressens, je suis incapable d'avoir une vraie relation et je n'en ai pas envie. Alors il va falloir que tu arrêtes de penser à moi comme un petit ami possible sinon jamais on ne pourra pas travailler ensemble. »

« Relax toi Dylan » Avait dit Kavan, tout en forçant à le faire lui-même. Il avait une théorie, et il la mettait en pratique. Dylan sentait ce que lui ressentait après tout.

« C'est agréable » avait admis l'autre agent après plusieurs minutes.

« Alors laisse toi aller »

Dylan décida de se laisser aller. La présence de Kavan l'apaisait dorénavant. Ce dernier en profita pour l'embrasser. L'agent fédéral se rapprocha de l'ancien militaire, collant son corps au sien. Sentir la chaleur de l'autre contre lui, l'embrasser, Kavan ne demandait rien de plus, pour l'instant. Il voulait apprendre à connaître l'autre avant d'aller plus loin comme il le lui avait dit.

Dylan fit passer sa main gauche du dos de Kavan à sa hanche, suivant à travers sa chemise la courbe de son bassin. Il arracha un frisson à son partenaire qui fini par se reculer un peu.

« Tu sens ce que je ressens maintenant. » avait dit Kavan. Ce n'était une question et ils le savaient tous les deux. « J'aimerais que nous ça soit ça tout le temps. L'attirance sexuelle est importante, mais comme je te l'ai dit, ce n'est pas tout. »

Dylan sentait, la sérénité. C'était un sentiment avec lequel il n'était pas vraiment familier. Mais pas désagréable.