Avertissement : M (mérité), scènes de sexe, violence.

Genre : Romance, slash.

Disclaimer : Tous les personnages, ainsi que l'histoire nous appartiennent.

Avertissement : Nous écrivons cette histoire à deux ce qui peut expliquer certaines originalités.

Dogs Teath

Les dents des chiens

Mardi soir, Pete Dalton avait fermé le « Dogs Teath », son bar, depuis une petite demie heure environ. D'habitude, il était ouvert toutes les nuits, dimanche compris, mais ce soir là, voyant qu'à trois heures il ne restait que deux habitués, il avait fermé plus tôt. Il rouvrirait vers cinq heures jusqu'à onze heures du matin.

Il faisait de plus en plus froid, à présent que l'hiver descendait des montagnes, avec ses premières neiges. Les premières mais pas les dernières d'un mois d'octobre qui s'annonçait aussi dur que celui de l'année dernière.

Quelques putes lui proposèrent une passe sur le trottoir de la ruelle à sens unique ou s'était niché le Dog Teath, derrière l'avenue qui traversait tout Gotam.

Tout le quartier était infesté de prostitués. Uniquement des garçons dans cette partie de la ville, les femmes tapinaient un peu plus bas en centre ville.

Sa moto attendait dans le petit parking au bout de la rue impossible de la garer directement devant le bar, elle se serrait fait défoncer, voler, voir même les deux en même temps.

La bécane ronronna entre ses cuisses, sortant en trombe du parking, sans se soucier de la neige qui commençait pourtant à couvrir le sol, le rendant dangereux.

Pete n'avait pas vraiment d'idée précise de l'endroit ou il souhaitait aller en boite, sans doute, c'était le meilleur endroit pour se taper quelqu'un facilement. Surtout que Pete n'était pas difficile. Homme ou femme, peu importait, du moment qu'ils avaient moins de 50 ans et plus de 16.

Quelques exceptions, parfois, mais assez rarement.

De toute façon, il ne sortait pratiquement jamais. Une fois pas mois, en moyenne, quand l'envie de sexe se faisait trop forte. Le besoin irrépressible de tirer son coup, sans autre conséquence qu'une sorte de soulagement bien particulier.

Le Cat Eyes était déjà bondé à cette heure si, et Pete ne fut plus si sur d'avoir envie d'y entrer. Dire qu'il n'aimait pas la foule serrait assez faible par rapport au dégout qu'elle lui inspirait.

Il hésita un instant, avant de faire vrombir à nouveau le moteur.

Tant pis.

Il allait sortir sur l'avenue quand quelque chose attira son regard. Sur le trottoir, quelques putes, sans grande surprise. Parmi eux, un jeune garçon, sans doute d'à peine seize ans.

Des cheveux noirs qui encadraient un visage délicat, à la peau de porcelaine, aux grands yeux clairs et aux lèvres bleuies de froid.

Il avait les mains dans les poches, couvert d'un simple tee-shirt à manches longues en coton, bleu et blanc.

La moto s'arrêta, et Pete posa pied à terre, sans descendre cependant.

« C'combien ? » demanda t-il juste, après avoir enlevé son casque.

Octave s'approcha de River, un ami à lui. Il tapinait depuis 23h et n'avait fait que deux passes cette nuit. Il faut dire qu'il n'y avait pas eu grand monde et que deux passes s'étaient déjà franchement pas mal par rapport aux autres. Il savait que David était là depuis plus de trois heures et qu'il n'avait encore eu aucune proposition. Mais maintenant, il crevait de froid. Encore une heure et il se barrait.

« T'aurais pas une clope ? » Demanda-t-il à River d'une voix un peu rauque.

Le garçon à qui il s'adressa semblait lui aussi se les geler quelque chose de bien.

« Tu fais chier » grommela l'autre, mais Octave savait déjà qu'il allait accepter.

Deux minutes plus tard il s'éloignait, clope au bec. Au moins ça donnait l'illusion d'avoir un plus chaud pendant quelques minutes. Il finit par l'écraser au sol, après s'être rendu compte qu'il était en train de fumer le filtre et s'adossa au hangar derrière lui en tôle rouillé.

Putain qu'est-ce qu'il pouvait se les cailler. Il aurait accepté n'importe quelle passe pour être au chaud, même avec un gros crado qui puait de la gueule et qui faisait les trucs les plus hard….ou peut être pas.

Il s'accroupit, frottant ses mains pour tenter dérisoirement de les réchauffer. Il songea à passer son pull mais au même moment une voiture passait… sans s'arrêter malheureusement.

« Bordel, qu'est-ce qu'on peut se faire chier pour rien dans la vie… » Grinça-t-il à haute voie.

Une des putes à sa droite se marra, sans doute parce qu'il croyait qu'il devenait cinglé.

Il allait se barrer quand une moto vrombit dans la rue et s'arrêta non loin de lui.

« C'combien ? »

Octave le dévisagea une fraction de seconde avant que son regard ne s'attarde sur la moto. Il ne mit pas longtemps à donner un prix, il savait ajuster selon les clients.

« 300 la totale ».

Pete haussa un sourcil

« T'as vu la vierge ? »

Demanda t-il sèchement.

300 dollars… n'importe quoi.

Octave se mordit la lèvre. Il avait pensé tomber sur quelqu'un ne connaissant pas très bien les prix du marché. 'Fais chier…

« 250, je descends pas plus bas » répondit-il.

Pete roula des yeux

« Déjà à 200, t'aurais été une des plus chers de la rue… » Lâcha t-il, lui tendant son propre casque.

Octave le prit et l'attacha rapidement, montant sur la moto. Ses mains agrippèrent la poignée derrière lui alors que le mec qui ressemblait à un punk démarrait.

« On va où ? » Osa-t-il demander.

« Y a un hôtel au bout de la rue. » Répondit simplement Pete, roulant plus doucement à cause de la neige.

Sans casque, ça devenait plus dangereux pour lui de conduire avec ce temps.

L'hôtel en question était tout ce qu'il y avait de plus basique, le genre à 20 dollars la nuit.

Octave descendit de la moto, rendant le casque à Pete. Il connaissait bien cet hôtel, il y était déjà venu avec des clients.

Il attendit que l'autre ait bien garé et cadenassé sa précieuse moto pour entrer dans le hall. Le brun demanda une chambre et celui qui était chargé de la surveillance de nuit, lui remit une clé au deuxième étage.

Pete avait déjà la tête un peu ailleurs, quand il balança sa veste de cuir sur une chaise.

Il vira ensuite ses rangers, détaillant le jeune garçon.

Octave vira lui aussi ses chaussures. Il faisait chaud dans la chambre d'hôtel et il était bien. En fait, il aurait pu être n'importe où du moment qu'il était au chaud… Puis il se passa une demi-seconde sans que rien ne se passe. Il décida finalement de prendre l'initiative et retira son tee-shirt, laissant sa peau à nue.

Pete l'attira alors contre lui, un peu brusquement. Le garçon sentait la cigarette, le froid et sans doute le sexe aussi. Il avait encore un corps d'enfant, avec son torse imberbe, aux tétons dressés par le froid. Une légère pilosité sous les aisselles, que Pete effleura de ses pouces en le portant légèrement pour le coucher sur le lit.

Il prit alors ses lèvres, brutalement, les mordants au passage.

Octave comprit que l'autre avait besoin de quelque chose de brutal. Qu'il voulait se soulager. Il savait deviner ce qu'attendaient les autres par un simple geste. C'était nécessaire quand on faisait le « métier » qu'il faisait. Il prit son visage en coupe, ses pouces caressant ses joues alors qu'il répondait à son baiser.

Pete eu un grondement contre les lèvres froides de l'adolescent.

Il lâcha brièvement sa bouche pour enlever ses gants de cuirs, et son pull, ne laissant qu'un marcel noir. Il était si doux sous la pulpe de ses doigts qui laissait des trainées de chaleur sur ce corps frigorifié par une nuit dehors.

Ses ongles griffèrent ses flans, alors que sa langue dominait celle du jeune gigolo.

Octave eut un petit gémissement qu'il ne simula pas. Ses mains lâchèrent le visage de Pete pour descendre entre leurs deux corps. Il s'attaqua à la fermeture de son jean.

Pete se mordit légèrement l'intérieur de la joue, enfouissant son visage dans le cou du garçon, l'y mordant, abimant la peau au drôle de petit gout un peu épicé, gardant pourtant encore la douceur de l'enfance.

« Tu veux que je te suce ? » Demanda Octave qui venait de finir d'ouvrir la braguette du garçon.

« Seulement si tu fais ça bien. »

Répondit la voix moqueuse de Pete, lâchant son cou.

Octave fut déstabilisé quelques secondes.

« …je sais pas ».

Pete releva la tête, haussant un sourcil

« Qu'est ce que tu sais pas ? »

Non, attendez, il avait pas pris un puceau tant qu'on y était ? N'importe quoi…

« Je sais pas si j'fais ça bien… j'pense que si » répondit-il sincèrement.

Pete eu un léger sourire.

« Et bien, on verra… » il lui vola un baiser, se redressant pour dégrafer son propre jean.

Octave se dégagea de sous lui et poussa l'autre sur le dos.

Il avait juste eu le temps de défaire sa braguette et il vint lécher son caleçon déjà humide d'un liquide pré-éjaculatoire. Pete se dressa sur ses coudes, ne le quittant pas des yeux. Sa main vint se presser dans les cheveux noirs du garçon, les flattant au passage et Octave finit par dégager sa queue de son caleçon et vint suçoter son gland sans aller plus loin tout de suite. Il ne savait pas pourquoi, mais il voulait le rendre fou de désir.

Pete eu un grondement de loup, sa main se crispant dans les cheveux du jeune gigolo, impatient de le sentir le prendre dans sa petite bouche rose qui se refermait sur son gland gonflé de désir.

Octave avait finit par le prendre entièrement dans sa bouche, y mettant tout son savoir faire. Il le suça comme une vraie pute et savait parfaitement que son client ne résisterait pas longtemps à cette cadence. Sa bouche descendait et remontait assez vite sur la barre de chaire, les lèvres bien serrés. Une de ses mains était remontée sur le ventre doux du brun, le caressant doucement. Il se dégagea quelques secondes, sentant que l'autre allait venir.

« Je continue ? »

Pete passa sa langue sur ses lèvres sèches. Putain de bordel de merde… il faisait ça diaboliquement bien. Il se redressa, et attrapa violement l'adolescent par la nuque, l'embrassant impétueusement.

« Avec ou sans capote ? » lui demanda t-il dans un souffle, ses mains sur le jean de la prostitué, le lui enlevant sans états d'âme.

« Sans c'est toi qui prend des risques » répondit Octave qui n'en avait strictement rien à foutre qu'il mette une capote ou pas.

Pete le fit basculer sous lui, finissant de lui enlever son pantalon. Le gamin ne portait rien en dessous, et ça n'en était que meilleur.

Pete ne pensait qu'au sexe. C'était ça qu'il y avait de merveilleux dans ses moments là. Plus rien d'autre ne comptait qu'un besoin primaire, animal, de se fondre dans ce corps délicieux qui s'accrochait à son cou. Il s'enfonça en lui sans douceur, estimant qu'il avait déjà du se faire enfiler deux ou trois fois dans la nuit.

Mais pourtant… bordel, il était bien trop étroit pour une pute. Il lui mordit les lèvres, ses doigts s'agrippant à ses hanches pour le maintenir contre lui.

Un « putain » lui échappa sous le coup d'un plaisir inattendu, collé contre l'adolescent, le réchauffant de son corps brulant de désir.

Octave avait enfoui son visage dans le cou du brun et se mordait les lèvres pour tenter de retenir des gémissements de douleur. Ce n'était pas très difficile, il avait l'habitude de se faire prendre sans lubrifiant et par des gens beaucoup plus brusque. Néanmoins à chaque fois, il se passait quelques minutes le temps qu'il s'habitue à la sensation franchement désagréable. Pour donner le change, il bougea ses hanches, laissant passer ce qui pouvait paraître pour un petit gémissement de plaisir.

Pete lui attrapa les cheveux, lui faisant se tordre la tête en arrière pour venir lui lécher ses lèvres mordues sous le coup de la douleur.

Il commença à bouger en lui, son sexe coulissant à l'intérieur du jeune garçon, le laissant s'habituer à la sensation.

Le jeune prostitué fermait les yeux par intermittence pour ne pas montrer à son client à quel point la sensation était désagréable. Cependant, son corps finissait par s'habituer à ce membre étranger en lui et la douleur refluait lentement pour laisser place au plaisir. Pas un plaisir transcendant mais un plaisir tout de même.

Pete lui releva d'avantage les cuisses, le sentant se détendre. Il pu alors aller un peu plus vite, un peu plus fort. Jusque là, ça avait été difficile, ça lui faisait presque mal à lui aussi tant c'était serré.

Il embrassa l'adolescent, puis ses joues rouges.

« C'va mieux ? » demanda t-il dans un souffle, le voyant commencer à haleter.

« Oui » reconnut Octave, venant de lui-même l'embrasser en bougeant ses hanches à la rencontre du sexe du brun. « Ca va beaucoup mieux » haleta-t-il sentant une fine couche de transpiration recouvrir son corps. « T'arrêtes pas… »

Pete eu un sourire satisfait, et son corps vint brutalement à la rencontre de celui du gigolo, le collant au matelas sans douceur, le pénétrant presque violement, le plaisir montant très rapidement alors que son sexe fouillait le petit cul serré du garçon. Il était si bon, à se tortiller sous ses coups de butoir, à geindre quand il s'enfonçait complètement en lui… comme une petite chienne.

Octave sentait le ventre de Pete frotter contre son sexe douloureux alors qu'il s'affairait en lui et c'était presque insupportable de devoir se contenter de cette simple friction. Il continua à bien écarter les jambes pour laisser l'autre le baiser bien profondément, tentant de se caresser contre son ventre à chaque aller et venue. Ses deux mains étaient ancrées dans les cheveux de l'homme au dessus de lui et il l'embrassait régulièrement, sur la bouche, mais aussi sur les joues ou dans le cou, un peu trop perdu dans le plaisir pour contrôler totalement ce qu'il faisait.

Pete le sentait parfaitement tenter de se frotter contre lui, tout dur, mais il ne fit rien pour l'y aider, appréciant bien plus que de raison de le voir si frustré sous lui, perdu dans le plaisir. Lui-même avait de plus en plus de mal à aligner deux pensées cohérentes, tant c'était bon. Il finit par enfouir son visage dans le cou du garçon, le mordant durement pour étouffer un grognement de plaisir.

Tout son corps se tendit, ses mains se crispants sur les cuisses du brun, alors qu'il venait en lui brusquement, dans deux ou trois coups de reins erratiques.

Il ressortit du corps du garçon, l'embrassant encore, alors que sa main se refermait sur le sexe gonflé de son partenaire, le branlant vigoureusement. Sans le lâcher des yeux, il se repaissait du spectacle que l'adolescent lui offrait.

Pour le coup, Octave ne ressentait plus qu'un plaisir intense. Plus rien ne comptait à part la main qui le caressait, le menant doucement aux portes du paradis. Il ne se souvenait pas avoir déjà prit autant de plaisir avec un client… et il gémissait presque sans discontinuer, encourageant l'autre garçon une main sur sa nuque, caressant la base de ses cheveux et l'autre crispé dans son dos. Il se sentit venir, et sa bouche vint appuyer contre celles de son client, étouffant ses gémissements dans sa bouche.

Pete le laissa l'embrasser, retirant sa main après avoir complètement vidé le garçon de son plaisir.

Il en avait partout sur les doigts.

Un dernier coup de langue sur les lèvres roses, et il lui présenta sa main, flattant ses cheveux de l'autre.

Il était si beau comme ça, essoufflé, googie. Merde, pour un peu et il le baiserait une deuxième fois.

Octave, complètement assommé par le plaisir, vint lécher sa main, comme la petite pute qu'il était, le nettoyant complètement. Il sentit le corps de Pete s'affaisser contre lui, lassé après le plaisir qu'il venait de prendre. Une de ses mains était toujours dans les cheveux du brun et il ne pensa pas à l'enlever, fermant les yeux à cause de la somnolence qui le prenait.

Quelques minutes plus tard, Pete se releva, sortant du lit, s'allumant une cigarette.

S'il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était les contactes physiques après avoir baisé.

Il se rhabilla, et fouilla son portefeuille avant de sortir 250 dollars qu'il abandonna sur la table de nuit.

Il rajouta 20 dollars, pour que le jeune garçon puisse payer l'hôtel s'il voulait rester dormir ici. Et ça avait l'air bien partit, vu qu'il semblait déjà dormir, pelotonné sous la couette, du foutre encore plein les fesses. Merde, il avait intérêt à se casser, il avait pas sur lui de quoi se payer un deuxième round.

Pete sortit en refermant doucement la porte. Bon, une bonne chose de faite.

Le Dogs Teath fut rouvert des le retour de Pete, et ce jusqu'à 11h du matin.

Il récupéra toutes les putes (ou presque) de la rue, qui vinrent prendre un de ses cafés à un dollar, mais pourtant délicieux. Pete ne faisait quasiment aucun profit sur le bar. Il avait juste de quoi équilibrer les charges pour ne pas être en déficit.

Et à vrais dire, s'il arrivait à se payer des putes à 250 dollars la passe, c'était uniquement grâce au quelques 1000 dollars de papa qui arrondissaient miraculeusement ses fins de mois…

Son père…

Pete essayait de ne pas trop y penser. A chaque fois, ça l'énervait.

A sept heures, le bar était déjà plein. Ce qui n'était pas très dur vu sa taille. C'était le café à cette heure là, et le journal pour deux dollars de plus.

Les cigarettes, et le reste.

Le reste, c'était l'héro, le shit, et tout ce cocktail de merdes que Pete vendait à des prix aussi concurrentiels que ceux de son café. Il achetait tout ça pur à un certain Rilk, qui dirigeait le marché de la drogue dans une grande partie de la ville.

L'autre raison pour laquelle Pete pouvait se permettre de telles pratiques à des prix aussi bas, était qu'aucun flic ne viendrait jamais l'emmerder. C'était un des nombreux avantages de s'appeler Dalton.

« Salut Peter… »

Pete releva la tête du journal, rencontrant les yeux bleus d'Emanuel, qui lui souriait un peu timidement. Emanuel avait son âge, à un an près. Très blond, il avait ce délicieux petit accent français qui s'accordait parfaitement avec sa gueule de petit ange.

Il avait été à la même université que Pete, jusqu'à ce que ce dernier quitte tout en envoyant bouler son père, ses études, son avenir…

« Tu m'offre un café ? »

En faite, il sortait avec Emanuel depuis deux ans, et ça ne se passait pas trop mal. Le blond était fou amoureux de lui, et venait deux à trois fois par semaines. Guère plus, étant donné que ça aurait été très mal vu si on apprenait qu'il trainait dans ce genre de quartier, avec un jeune punk patron de bar.

Pete lui offrit son café, et Emanuel traina jusqu'à la fermeture. Après quoi, il essaya bien de convaincre son petit ami de déjeuner avec lui (et sans doute d'aller faire quelques galipettes dans l'appartement de Pete) mais le brun le mit plus ou moins gentiment à la porte.

Il l'aimait bien Emanuel, mais à midi, lui, tout ce qu'il désirait c'était son lit chaud, et sa petite dose d'héro.

Il se piquait depuis ses 16 ans, et aujourd'hui, il n'était plus capable de s'en passer. Enfin, ce n'était pas comme s'il faisait beaucoup d'efforts. Ca lui plaisait tellement, ce moment de plaisir presque insoutenable, quand il était étalé en travers de son lit, le regard bloqué sur une fissure du plafond, le corps englué dans du miel.

Un miel si doux, si chaud…

Délicieux.

Quelques semaines plus tard.

« Parait que les flics on fait pas mal de descentes ses temps si… »

Pete releva brièvement les yeux vers Sookie, un des travelos du quartier.

Accoudé au comptoir, il (Pete n'avait jamais pus se résoudre à les considérer comme des femmes) fumait une cigarette en lisant le journal.

« T'arrive toujours à te fournir malgré ça ? »

Pete acquiesça, occupé à essuyer les verres.

Il était déjà 4 heures du matin, et il restait environs quatre personnes à l'intérieur.

Au début, Pete avait eu beaucoup de mal à gérer l'ensemble tout seul.

Surtout dans ce genre de quartier, ou il était bon d'avoir un costaud au bar.

A défaut d'un videur, Pete avait un fusil automatique sous le comptoir, et portait deux colts en permanence. Souvenir du Texas, sa terre natale.

Deux personnes entrèrent et Pete se dirigea vers leur table pour prendre leur commande.

« J'vous sert quoi ? »

Demanda Pete en arrivant auprès d'eux.

Il reconnu immédiatement le plus jeune des deux. Difficile d'oublier ce jeune garçon avec qui il avait pris tant de plaisir, à peine quelques semaines plus tôt.

Octave releva à peine les yeux vers le patron du bar.

« Un chocolat chaud s'il vous plaît » Demanda-t-il simplement alors que Rodrigue commandait un café.

Pete ne nota pas la commande, retournant au bar. Il avait une mémoire phénoménale, et ça l'arrangeait bien dans la vie de tous les jours. Ca lui avait permit d'être excellent élève à l'école sans se fatiguer.

« Ils sont choux, hein ? J'adore ce genre de garçons, vraiment des anges. » roucoula Sookie, en regardant Pete rajouter deux sucres et un petit chocolat noir de cacao pur sur le rebord de la tasse de chocolat brulant

Pete ne prit même pas la peine de répondre, allant porter la commande.

« Ca ferra 2 dollars pour le chocolat, et un pour le café. »

Octave fouilla dans une des poches de son manteau, en sortant deux dollars qu'il posa sur la table. Il prit le chocolat chaud dans les mains, se brûlant légèrement les paumes au passage. Sur le coup, ça faisait un bien fou. Ils restèrent une heure et demie dans le bar avec Rodrigue à discuter et se reposer tranquillement jusqu'à ce que deux nouveaux arrivants fassent leur apparition.

« Hey, Doggy… sert nous deux tequilas tu veux ? »

Pete releva lentement la tête vers les deux hommes qui venaient d'entrer. Ils faisaient partit des petits caïds du quartier, et espérait à chaque fois l'impressionner suffisamment pour qu'il finisse par payer les 40% de sa recette qu'il était censé devoir aux « patrons » du quartier.

« Plus de tequila, dégagez. »

Lâcha sèchement Pete, alors que Sookie s'était raidie sur son tabouret, sans se retourner vers les autres

« Allons… Doggy… tu refuse de nous servir encore une f…

-Quelle partie de ma phrase t'as échappé le gros ? »

Demanda froidement le jeune Texan, pas plus impressionné que ça

« Tu vas t'attirer des ennuis Doggy, et ça fais pas bon de s'attirer des ennuis quand tu sais pas qui c'est qui est le patron, parce que… »

Le fusil automatique rencontra le champ de vision du « gros », qui se raidit.

Pete l'avait tranquillement sortit de dessous le comptoir, et vu la taille du calibre, le silence tomba

Sookie ricana, ainsi que deux autres gigolos au fond.

« On se reverra… »

Lâcha celui qui n'avait pas encore ouvert la bouche, avant de sortir la tête haute.

Pete attendit quelques secondes, avant de ranger le fusil. Les conversations reprirent au fond, alors que Sookie sirotait à nouveau son café.

Les conversations finirent par reprendre, Octave, lui, n'avait pas du tout fait attention à la scène qui venait de se passer. Il était trop fatigué pour ça. Même le silence brusque n'avait pas attiré son attention. Vers six heures du matin, Rilke entra dans le bar allant directement négocier avec le patron. Octave le reconnut mais ne manifesta pas tout de suite sa présence, préférant le laisser régler ses affaires.

Pete était en train de finir de faire la vaisselle de la nuit. A cette heure si, il n'y avait presque plus personne. C'était l'entre deux. La nuit était déjà finie, mais le jour n'était pas commencé. Une heure et demie, voir deux, de flottement, ou le bar était vide, ou presque.

« Rilke… »

Le salua t-il, s'essuyant les mains.

Ils se serrèrent la main et Rilke s'assit sur un des tabourets du comptoir.

« Combien tu veux pour demain ? » Demanda-t-il très simplement. D'ici, personne ne pouvait les entendre négocier.

Pete n'eu même pas besoin de réfléchir

« Me faut 400 grammes d'héro, le double en cannabis, et tu me mettras dix sachets de cocaïne. »

Il calculait toujours sans problème ses besoins en drogue pour le bar, et se trompait rarement, voir jamais.

« Ok. C'est noté » répondit-il.

Pete lui servit un café gratuit et son regard tomba sur Octave dans le fond de la salle. Sans grand étonnement d'ailleurs. L'adolescent était affaissé contre un des dossiers de la banquette, le regard perdu de l'autre côté de la baie vitrée.

« J'te fais dix pour cent sur le total si tu me rends un petit service » rajouta-t-il en direction de Pete.

Pete lui jeta un regard suspicieux. Les « services », il s'en méfiait grandement.

« Faut voir. Qu'est ce que tu veux ? »

« Pas grand-chose. Tu vois le jeune là-bas… le brun » fit-il en indiquant vaguement la direction d'Octave. De toute façon, Pete ne pouvait pas le louper avec le nombre de personne dans le bar.

« Il risque de venir souvent ici… j'voudrais juste que tu jettes un coup d'œil sur lui, que tu fasses gaffe à ce qu'il lui arrive rien… »

Pete fit la moue.

« Tant qu'il est ici, il ne risque rien. Mais hors de question que je fasse la police une fois qu'il sort. » Répondit Pete.

« Ca marche » conclut Rilke en lui serrant la main. « A demain ».

Il se leva et marcha jusqu'à la table d'Octave qui releva des yeux surprit vers lui, ne s'attendant pas à être dérangé et surtout à voir son petit ami ici. Rilke prit son visage en coupe et l'embrassa profondément avant de se détacher de lui.

« Aller viens… on rentre »

Octave acquiesça et passa son manteau, saluant rapidement Rodrigue. Ils sortirent tous les deux du bar, et rejoignirent l'appartement de Rilke où Octave se piqua. Il avait changé de quartier très récemment et avoir revu son client, le patron du Dogs Teath, lui rappela les jours qui avaient suivit.

« Flashback :

Octave était sortit de la chambre d'hôtel vers six heures du matin. Il faisait toujours aussi froid dehors et il avait passé son pull dans une vaine protection. Il adorait ce pull, surtout quand il pouvait le mettre sans craindre de perdre un client. Il avait marché longtemps dans les rues désertes et enneigée du centre ville. Il n'y avait personne à cette heure là, surtout l'hiver. Les gens étaient des imbéciles qui préféraient rester sous leur couette à ignorer les différentes saisons. Eté comme hiver, ils vivaient à la même température. Octave les méprisait tous et n'aurait échangé sa place pour rien au monde.

Dehors, à six heures, les mains et le visage gelé, il se sentait presque privilégié. Il s'arrêta dans un petit bar où il croisa quelques unes de ses connaissances. Il n'y resta cependant pas bien longtemps. Il commençait à crever de faim et marcha jusqu'à l'appartement de Rilke non loin. Il y entra sans problèmes étant donné que la porte était ouverte et fit attention de ne pas marcher sur des débris de bouteilles plongé dans l'obscurité. Il y avait une personne qui dormait sur le canapé du salon mais il n'y fit pas attention et se dirigea vers la chambre. Rilke y était couché et il se pencha vers lui, ses deux maints encadrant son visage pour rouler une pelle au jeune homme encore à moitié endormit.

Il ressortit ensuite et se dirigea vers la cuisine pour se mettre quelque chose dans l'estomac. Rilke le rejoignit quelques instants plus tard, se mettant directement un café fort à chauffer. Et il en avait besoin.

« T'as dormis où ? » Demanda-t-il à Octave en sortant une tasse.

Ce dernier grogna, il détestait qu'on lui demande ce qu'il avait fait à tel ou tel moment. Mais il préféra répondre pour ne pas envenimer la situation.

« A l'hôtel, le dernier client me l'a payé » répondit-il simplement.

Il jeta un coup d'œil sur l'horloge de la cuisine, il était déjà neuf heures.

« Je peux dormit chez toi ? » Demanda-t-il à Rilke.

S'il avait envie d'être en forme pour le soir même, il valait mieux qu'il récupère un peu, surtout qu'il ne s'était pas endormit extrêmement tôt.

« Ouais » répondit son petit copain en buvant son café.

Rilke était dealer, un gros dealer dans le quartier et il était parfois bien utile à Octave.

« T'as de l'héro ? » Demanda-t-il en enfournant une tartine de pain, de beurre et de confiture.

Rilke soupira une fraction de seconde avant d'acquiescer. Il avait bien essayé de ne plus fournir Octave pendant un moment pour qu'il arrête de se piquer ou au moins qu'il ne se pique plus autant mais ça n'avait servit à rien. L'adolescent allait simplement se fournir ailleurs, prenait de la qualité de merde et se piquait avec des aiguilles qui n'étaient pas clean. Rilke n'avait pas tenu longtemps avant de le refournir. Au moins avec lui, il était sur qu'Octave se piquait correctement. Il se détourna de lui, allant fouiller dans son appart'. Il sortit un sachet d'héroïne et une seringue sous sachet plastique désinfecté qu'il tendit à Octave.

« C'est tout ce que j'ai sur place » se justifia-t-il.

Octave prit le sachet, sortant un billet de 100 dollars. Normalement c'était plus cher mais Rilke lui faisait des prix. Et s'il n'était pas content, il n'avait qu'à le lui dire.

Il embrassa son petit ami encore une fois avant d'aller dans la chambre à coucher. Il s'allongea, ceinturant son bras, puis fit fondre l'héro qu'il s'injecta pure. Il se laissa ensuite glisser dans une bulle de paradis, fermant les yeux, oubliant tout jusqu'au soir.

Le lendemain soir avait été meilleur. Il enchaîna les passes et resta très peu de temps dehors. Il finit la nuit avec un de ses habitués qui habitait seul une immense baraque et qui le laissait à chaque fois dormir chez lui jusqu'au lendemain. Octave craignait qu'il ne se soit attaché à lui mais il n'avait pas franchement le temps de faire attention à ça. Si l'autre était assez con pour tomber amoureux de lui, c'était son problème. Il put prendre un long bain dans une sorte de jacuzzi ce qui fut assez merveilleux, avant de repartir.

Il s'était payé un nouveau manteau récemment, assez fin mais qui restait classe, selon lui. Il pouvait le rouler en boule dans son sac quand il ne voulait pas le mettre. A chaque fois qu'il le mettait, il se regardait dans les vitrines des rues. Il aimait bien ce manteau, il ressemblait presque à une personne normale avec.

« Octave ? »

Ce dernier s'arrêta dans l'entrée, n'ayant eu le temps que d'enlever son manteau. Rilke semblait l'attendre et il fronça les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?

-J'ai des problèmes avec une bande de dealer. Des petits cons que je mettrais pas longtemps à mater. Le problème c'est que…

-Accouche.

-Ils savent qu'on est ensemble. Et ils ont déjà menacé plusieurs fois de s'en prendre à toi. J'suis un peu bloqué si tu restes dans le coin, sans compter que ça peut être dangereux pour toi.

-C'est bon, je sais me défendre. Qu'ils viennent me voir ces enfoirés…

-Octave… »

Rilke s'approcha de lui et lui caressa doucement la joue.

« Je te demande pas grand-chose, je veux juste que tu changes de quartier… quelque temps. »

Octave se dégagea de sa main.

« Tu te fous de moi ? Tu sais combien de temps ça prend avant d'avoir des habitués réguliers ? Il est hors de question que je change de quartier. » Grinça-t-il.

« C'est important Octave. Ce sont eux qui ont pété la gueule de Jordan la semaine dernière. Ils savaient qu'il faisait des affaires avec moi. J'te laisse imaginer jusqu'où ils peuvent aller avec toi. »

Octave avait brusquement pâlit. Jordan était à l'hôpital depuis un bon moment et selon les rumeurs, il n'était pas près d'en sortir.

« C'est pas vrai… » Murmura-t-il, dépassé. « Merde ! »

Il s'était adossé contre la porte d'entrée.

« Je connais pas mal de personne dans un autre quartier, pas très loin. Tu pourras te faire une place très facilement » tenta de le rassurer Rilke qui n'en menait pas large de faire ce coup là à Octave.

D'ailleurs, le jeune garçon semblait très mal digérer la nouvelle.

« Tu me fais chier Rilke » cracha-t-il. « J'te jure que c'est la dernière fois que tu me fais un truc pareil. Si tu me fournissais pas en héro, j'me serais déjà barré très loin ! »

Rilke encaissa sans un mot.

« Tu peux essayer de me blesser, tu peux faire ce que tu veux, mais change de quartier Octave.

-Va te faire foutre » gronda-t-il, se détournant.

Il sortit de l'appart, claquant la porte derrière lui.

Octave rentra tard dans la nuit, vers trois heures du matin. Il n'avait pas tapiné, ayant clairement à l'esprit le visage de Jordan quand on l'avait retrouvé dans une des rues adjacente à celle où il racolait. Il avait beau être persévérant, il n'en était pas non plus suicidaire. Marcher lui fit du bien et réfléchir plus tranquillement à la situation. Après tout, il était encore jeune, beau… il ne mettrait pas longtemps avant de se trouver une autre clientèle. Rilke dormait lorsqu'il le rejoignit, mais la présence d'Octave du le réveiller car il se retourna vers lui, les yeux grands ouverts. Il allait dire quelque chose mais Octave l'en empêcha, venant l'embrasser.

« Excuse moi Rilke, je pensais pas ce que je t'ai dis… »

Ce dernier sourit simplement, allongeant Octave sur le matelas, venant s'installer au dessus de lui. Ils firent l'amour avec une tendresse rare.

Octave ne mit pas longtemps à s'imposer dans le quartier et surtout grâce à Rilke. Sans lui, il aurait mit des mois à occuper la place qu'il avait réussit à avoir en deux semaines. Les autres putes le laissaient tranquilles et il se rendit même compte que plusieurs de ses connaissances tapinaient dans le quartier. L'un d'eux, Rodrigue, lui tenait souvent compagnie la nuit. Il se réchauffait mutuellement en blaguant et en riant à des trucs stupides quand aucune voiture ne passait et que les heures défilaient interminablement. Rodrigue était incroyablement beau. Il avait la carrure d'un mannequin assez grand, des cheveux brun tirant vers le auburn. Une peau pâle piquetée de quelques taches de rousseur. Il était d'une beauté immédiate qui accroche directement le regard et qui laisse les gens qui le croisent pantois. Octave ne craignait pas vraiment qu'il lui fasse de la concurrence. Il n'avait pas grand-chose à voir physiquement et au niveau de l'âge, leur clients n'étaient pas du tout les mêmes.

Quelques semaines après qu'il se soit installé dans le quartier, alors qu'il revenait d'une passe à 4 heures du matin, Rodrigue qui venait lui aussi de terminer lui proposa d'aller boire un café au Dogs Teath pour se réchauffer. Il le conduisit dans une des rues adjacente à l'artère principale et ils débouchèrent sur un minuscule bar, dont les lumières intérieures éclairaient le trottoir. Trois personnes fumaient d'ailleurs devant et l'ambiance semblait être assez calme et calfeutrée, vu l'heure ce n'était pas très étonnant. C'était assez rare les bars qui ouvraient la nuit, mais celui-ci n'était pas le seul. Beaucoup avaient comprit dans quel genre de quartier se trouvait leur commerce et exploitait le filon. Ici, pour se faire du fric, il fallait ouvrir la nuit.

A l'intérieur, il n'y avait que quatre autres personnes, une allongé sur une banquette, la tête sur les genoux d'une autre, la troisième assise en face d'eux, et un travesti au comptoir. Tous des gigolos.

Rodrigue le conduisit dans un des coins du bar où ils s'installèrent. Il faisait délicieusement chaud, le radiateur étant placé juste à côté d'eux. Octave retira son précieux manteau, le posant à côté de lui. Une grande vitre donnait sur la rue et il s'adossa à la banquette, se détendant. »

Pete ferma à la même heure que d'habitude, une fois que tous ses clients furent partis. Il passa une partie de la journée à trouver un réparateur pour la chaudière du Dogs Teath qui fuyait depuis deux jours, et ne dormit que trois malheureuses petites heures, avant d'ouvrir à nouveau le bar. Jason, un des macs du quartier, passa la soirée à le draguer sans vergogne, comme, à chaque fois qu'il venait là, sans pourtant recevoir le moindre encouragement de la part du patron, comme toujours… Il se prit à guetter la venue d'Octave, mais le garçon ne se montra pas. Sans doute prenait-il le deal avec Rilke de surveiller le jeune garçon un peu trop au sérieux…