Bonjour !

Je suis ravie de vous avoir retrouvé dans cette histoire ! Comme vous avez été heureux de retrouver ces chers persos ^^

Ayant déjà répondu aux reviews des inscrits, je réponds à la review anonyme de Paprika qui n'est pas si anonyme que ça x) : merci pour ta review ! Je ne résiste pas à mettre la suite une journée en avance ! J'espère qu'elle va te plaire :)

Chapitre 2 :

Le fameux collège de Williamson accueillait une nouvelle élève aujourd'hui. L'année scolaire avait déjà commencé mais il n'était pas rare que de nouveaux élèves arrivent en cours de route. Le rituel était toujours le même : la jeune fille fut présentée au directeur, puis Blanche Greenhood prit soin de lui présenter les lieux et tout ce qui lui serait utile de savoir sur son nouveau foyer.

« Elly Mackenzie ? » Demanda Blanche.

La jeune fille hocha la tête puis regarda de nouveau en l'air les dorures au plafond de la salle des professeurs. Elle avait l'air gentille, se dit Blanche. De taille et de corpulence moyennes, la peau mate, de longs cheveux noirs coiffés sagement et de grands yeux noirs lui mangeaient tout le visage. Elle portait une robe blanche et d'épais collants blancs. A son sac en bandoulière étaient accrochés divers breloques, des fils argentés ou à paillettes, une grosse peluche de lapin, des dés à coudre, une clochette, un livre miniature et encore d'autres petites choses mais Blanche cessa de les observer pour ne pas paraître impolie.

La blonde lui sourit gentiment, lui souhaita la bienvenue et se présenta. Face au hochement de tête de la nouvelle élève elle haussa un sourcil, se demandant si elle n'était pas muette ou étrangère, peut-être ne parlait-elle pas anglais et acquiesçait-elle par simple politesse. Mais si c'était le cas elle se dit qu'on l'aurait avertie. Elle reprit donc la parole.

« Bien Elly ! Je vais être ta tutrice pour les semaines à venir, si tu as la moindre question n'hésite pas à me demander. Voici un plan de Williamson, garde-le précieusement car l'endroit est assez grand et on s'y perd facilement. L'endroit est à peu près rectangulaire. Comme tu peux voir ici, les grandes grilles donnent sur le bâtiment principal en forme de U au sud-ouest. C'est là que se déroulent la plupart des cours et où se trouvent les lieux administratifs.

Avant d'y entrer, à gauche, il y a l'amphithéâtre qui sert parfois de salle des fêtes. Il faut entrer dans le bâtiment principal appelé A et passer le couloir tout droit pour arriver dans la cour intérieure. C'est là où on va généralement en récréation. La cour est entourée du cloître.

A gauche tu as le bâtiment B qui est celui des sciences. En haut à gauche il y a la chapelle où se déroule une cérémonie religieuse tous les dimanches matins et les jours particuliers.

Puis toujours depuis la cour intérieure tu trouves en haut à droite le pensionnat. C'est le plus grand bâtiment. Il est séparé en deux accolés : le bâtiment F est celui des filles, le bâtiment G celui des garçons. Toi tu es dans la chambre 6H-1 au sixième étage mais ne t'en fais pas il y a plusieurs ascenseurs. »

Blanche s'arrêta de parler pour observer la fille qui regardait le plan les yeux dans le vague.

« C'est compliqué comme ça mais cela te parlera d'avantage quand on fera le tour. »

Elle fit un bref hochement de tête qui eut le don d'agacer la tutrice.

« Bien. Au sous-sol se trouve le réfectoire, tu verras c'est pas de la grande cuisine mais en général c'est plutôt bon, et à côté les salles de musique. Au rez-de-chaussée on a une salle de repos, la salle d'études, les salles des Arts, et la bibliothèque. Puis chaque étage correspond à un niveau d'études, plus tu montes et plus tu es âgée. A chaque étage se trouve une salle de repos commune et les chambres, de 3 à 7 élèves à l'intérieur avec une salle de bain dans chacune. Ne compte pas sur la moindre intimité. Dis, tu sais parler ? »

La jeune fille la regarda bizarrement et dit d'une voix à peine audible : « Oui. »

Blanche souffla comme pour se calmer, elle avait la forte impression qu'on se moquait d'elle. Elle continua.

« Donc là je t'ai présenté toute la partie ouest. Au sud-est tu trouves d'abord les serres, elles sont splendides, on mange beaucoup des fruits et légumes cultivés là. Puis plus à l'est encore se trouve le complexe sportif avec le terrain de baseball et de course, les terrains de tennis fermés, la piscine fermée, et le gymnase. Mais tu ne m'as pas l'air bien sportive. (La fille ne cilla pas). Donc, oui, bon, au centre du collège se trouve la Tour de Victoria. C'est la haute tour là, elle fait 10 étages et est remplie de salles de classe, tu ne peux pas la rater. Elle est le symbole de l'école, tu vois la statue en haut ? Bref, tu verras ça en cours. » Préféra écourter la blonde devant le peu d'enthousiasme de l'autre.

« Le nord-est de l'école est composé du bois de Greyfield, c'est un petit bois tu ne risques pas de t'y perdre et il est autorisé de s'y balader. De toute manière pendant ton temps libre tu peux te balader où tu veux dans Williamson jusqu'au couvre-feu à 21h. Selon ton grade de sortie tu peux plus ou moins facilement sortir de l'école. Fais voir ton badge, oui tu n'as pas un grade bien élevé, tu peux sortir le samedi et la semaine entre 16h et 19h quand tu n'as pas cours. Il faut passer ton badge devant la petite porte d'entrée sous la surveillance d'un pion.

Pour les repas tu peux manger entre 7h et 9h, puis 11h30 et 14h, et le soir entre 17h30 et 20h. Cela dépendra surtout de tes horaires de cours. N'hésite pas à demander de l'aide à Kimberley qui est dans ta classe et dans ton dortoir, c'est une fille de bonne compagnie et de bonne vertu. »

Pendant qu'elle parlait, elles se baladaient dans la cour intérieure. Elly observait tranquillement autour d'elle comme si elle regardait un doux paysage. Autour d'eux les enfants discutaient, couraient, jouaient.

« Ils sont jeunes. » Dit Elly.

Blanche sursauta, ne s'attendant pas à l'entendre parler. « Oui, les trois premières années les élèves n'ont le droit qu'à la cour intérieure pour les récréations et leur couvre-feu est après le repas ce qui fait que les plus grands comme nous préférons nous balader dans le parc qui compose tout le reste de Williamson. »

« Oh. »

« Il y a beaucoup de libertés à Williamson. Nous prônons l'esprit d'initiative et la créativité plutôt que la répression. Tu dois participer à la vie collective de l'école, t'inscrire dans au moins trois clubs et faire en sorte de promouvoir ceux-ci et d'en faire ta fierté. Il y a des clubs sur tout et n'importe quoi, tu as l'embarras du choix. Le directeur a dû te donner un dépliant avec la liste de ceux-ci mais si tu as une idée d'un autre club, libre à toi de le mettre en place et de le faire vivre ! A condition que celui-ci soit approuvé par le Conseil bien entendu... Qu'est-ce qui t'intéresse ? »

« ... »

« Tu as bien des centres d'intérêts ! » S'énerva Blanche.

« J'aime bien coudre. » Répondit Elly d'une voix monocorde en regardant devant elle.

« Bien ! Voilà qui est parfait, le club de couture et de mode a toujours besoin de nouvelles mains, et puis tu pourras aider à la confection des vêtements pour les spectacles si tu as envie ! » S'extasia la blonde.

« ... »

« Bon. Qu'est-ce que tu aimes d'autres ? » Devant le silence de la fille, Blanche regarda de nouveau la boule étincelante et remarqua le livre miniature. « Tu aimes lire ? »

« Oui. »

« Lily Mild est la présidente du club de lecture. C'est une fille bien sous tout rapport, tu l'apprécieras beaucoup j'en suis sure. »

Blanche renifla devant le silence de la nouvelle élève. C'était officiel : elle la détestait. Mais son rôle de tutrice la prenait très à cœur donc elle se força à faire fi de son envie de prendre les épaules de la fille et de l'agiter dans tous les sens comme un prunier en lui criant 'mais tu vas te réveiller bon sang !'. Ouf, allez, plus que quelques minutes et ce serait terminé.

« Tu as l'embarras du choix pour les clubs. Je te conseille de voir avec les autres filles de la classe pour les choisir, c'est plus agréable lorsqu'on se retrouve dans ces activités mais tu fais comme tu veux. Il y a des clubs d'Arts comme théâtre dont je fais partie, jeu d'acteur, cinéma, photographie, peinture, divers instruments et j'en passe. Beaucoup de clubs sportifs aussi : Williamson a une des meilleures équipes de Baseball, nous sommes arrivés deuxième l'an dernier dans la compétition inter-lycées, et l'équipe de badminton est aussi très bonne. Le club des pompom girls est complet mais tu pourras y postuler l'année prochaine même si je doute que ce soit ton genre...

Il y a aussi le club d'échec, de jeux de logique, la chorale, des clubs de soutien scolaire pour chaque matière. Je fais partie du club de soutien en anglais, j'aide les autres de tout âge ; tu peux t'y inscrire si tu as du mal dans une matière ou si au contraire tu souhaites aider les autres. C'est très gratifiant et très bien vu par le Conseil.

Il y a aussi des clubs étranges qui ont reçu l'autorisation par je-ne-sais quel sort peu catholique comme le club de sciences occultes qui se cache sous le nom de club d'herboristes, ou bien le club des beta-G-alpha qui réunit des déchets de l'école qui passent leur temps à mater les filles et à organiser des soirées football ou pire encore. Il faut faire un bonnet D et être sans cervelle pour y être intégrée.

Bien sûr, le meilleur club reste celui dont je suis la présidente : le club des jeunes filles vertueuses ! »

Blanche fit un grand sourire de satisfaction à Elly qui lui rendit un maigre sourire timide.

« Je savais que ça t'enthousiasmerait ! C'est un club très vivant comptant une bonne quinzaine de membres actifs, et ce n'est pas rien ! Nous nous réunissons chaque vendredi pour discuter d'actions efficaces pour améliorer la vie de l'école. Nous avons permis beaucoup d'améliorations spectaculaires ! C'est par exemple moi qui ai proposé ce système de tutorat pour les nouveaux venus afin qu'ils soient accueillis par des personnes bien représentantes de l'école et non par le premier imbécile venu. Tu découvriras très vite, Elly, qu'il y a des gens bons à fréquenter à Williamson mais aussi de misérables larves qui ne méritent pas que tu ouvres la bouche pour eux et qui ne doivent leur présence en ces lieux qu'à leurs parents mais ne savent pas mettre à profit la chance qu'ils ont de se trouver dans un collège aussi prestigieux ! » S'exclama-t-elle sans prendre le temps de respirer.

« Quoiqu'il en soit, il faut avoir un certain état d'esprit pour entrer dans ce club. Être un modèle pour les autres dans les études, dans la morale et dans la présentation -je te rappelle que l'uniforme est obligatoire au sein du collège sauf le week-end, tes uniformes sont déjà dans ton casier dans ton dortoir. Nous participons souvent aux offices religieux, mettons à profit notre temps pour les autres, et organisons des évènements à but caritatif. Nous avons par exemple mis en place une collecte de fonds par la vente de bracelets pour le séisme dernier. Et ce samedi a lieu un bal de charité où les parents sont aussi conviés pour offrir des cadeaux de noël aux enfants de l'orphelinat de Saint-James. »

« Il faut être une fille pour faire partie du club ? »

La question laissa Blanche pantoise. Bien sûr qu'il fallait être une fille, ce n'était pas pour rien que cela s'appelait le club des jeunes filles vertueuses !

« Oui. Il faut être une fille, je ne crois pas que cela sera difficile pour toi. Néanmoins tous les gens de bonne volonté sont les bienvenus pour nous aider. Il y a par exemple quelques garçons qui nous aident pour mettre en place les œuvres caritatives, et les autres clubs sont souvent mis à profit. Le but n'est pas de rester coincé dans son club mais de partager, d'échanger avec les autres ses expériences. Par exemple nous avons fait un calendrier récemment dont les profits ont été reversés à la Croix-rouge. Le club photo mais aussi peinture, journalisme, et divers clubs ont participé pour cette cause. La photo de décembre avec les joueurs de rugby a eu un grand succès. »

Le regard toujours dans le vide, la jeune fille acquiesça.

« Bien. Tu as des questions, Elly ? »

« ... »

« Je m'en doutais. Si tu en as, n'hésite pas à me demander ou à demander aux autres élèves. Williamson compte environ 1050 élèves, chaque classe étant composée de 20 à 25 élèves alors je suis sure que tu vas très vite te faire des amies ici, même si tu es... un peu bizarre. »

ooOoo

La nuit tombée sur le collège de Williamson, les maigres rayons de la lune éclairaient à peine les deux comparses. Après un bref salut à Basil le squelette, Zéphyr dit à Cole :

"J'ai gagné notre pari. Je souhaite te l'entendre dire : l'Amour n'existe pas, ce n'est qu'une vile supercherie."

Cole leva le nez de son livre et regarda Zéphyr sans le moindre intérêt, il reprit sa lecture puis dit :

"Je n'ai pas entendu parler de rupture dans le couple."

Zéphyr devait l'avouer, il avait oublié ce détail. Il ne s'en laissa pas pour autant démonter.

"J'ai couché avec Kane. Est-ce là ta définition du grand Amour ? Un homme qui va coucher avec un autre homme alors qu'il sort avec sa belle ? Voilà une définition de l'Amour qui me plait énormément !"

"... J'avoue tu as gagné. Le grand Amour n'existe pas." Dit Cole lentement. Sa voix rauque était mélancolique en disant ses mots comme s'ils sonnaient bien trop vrais dans sa tête. "Ce n'est que la pire des supercheries, un mensonge parmi tant d'autres dont on nous bassine depuis notre enfance pour... je ne sais pas pourquoi. Pour nous faire du mal peut-être."

"Oh Cole je m'excuse si je t'ai déprimé. Rassure-toi, l'Amour a beau être une supercherie, ses plaisirs n'en sont pas moins réels. Je me sens extrêmement bien ce soir ! Je viens des serres et je te le dis : comme c'est doux le corps d'une femme... la belle Sarah m'y a guéri de tous mes émois."

"Ravi de l'apprendre..." Dit Cole toujours dans son livre.

Zéphyr baissa les épaules. Son ami ne voulait pas être réconforté ni même parlé avec lui. Très bien. Il sortit d'un placard sous une table deux bouteilles de bières et en tendit une à Cole. Ils burent en silence, l'un dans son livre, l'autre dans un devoir à rendre pour le lendemain.

Une bonne heure plus tard, Cole demanda :

"Tu as vraiment couché avec Alix ?"

Zéphyr sourit d'une oreille à l'autre.

"Soudain ça t'intéresse ?"

"Pas que ça m'intéresse vraiment, ça me surprend c'est tout."

"Demande-lui et tu le verras rougir de la tête au pied. Oui j'ai couché avec lui. En toute franchise à la base je ne pensais pas aller jusque là, je pensais juste le titiller un peu histoire d'éveiller encore plus sa curiosité mais ce mignon était tout ce qu'il y a de plus réceptif à mes caresses et tu dois le savoir il cache une sacrée belle queue sous son pantalon..."

"Pitié ! Pas de détail !"

"Au début il était un peu récalcitrant mais après que je l'ai sucé il n'arrêtait pas de gémir pour en avoir toujours plus, et tu sais à quel point j'adore qu'on gémisse pour moi."

"La ferme..."

"Il est très obéissant. Et ça a l'air de lui avoir plu. En tout cas il a joui."

"Arrête ! Je ne veux rien savoir. Putain, tu parles d'un mec avec qui je dors là ! Idiot, tu vois très bien ce que je veux dire, un mec de mon dortoir. Je n'ai pas envie de m'imaginer Alix en train de gémir ou de jouir ou je ne sais quoi d'autre, je fais suffisamment de cauchemars comme ça."

"Pourtant tu m'as demandé si on avait couché ensemble."

"Un simple 'oui' m'aurait suffi. Je ne peux pas croire que je ne me sois pas rendu compte qu'il était gay."

"Oh c'est ça ton problème. En trois ans tu n'as rien vu et moi en cinq jours je le savais. J'avais juste plus de cartes que toi en mains Cole, et ça n'a rien à voir avec un quelconque instinct gay qui ferait repérer ceux-ci."

"C'est-à-dire ?"

"Et bien c'est simple : quand tu m'as dit qu'ils n'avaient jamais couché ensemble je me suis dit qu'il y avait à creuser en ce sens. Et devine ce que j'ai découvert ? La meilleure-amie de Céleste m'a dit que la belle ne demandait qu'à se faire prendre mais que son preux chevalier les trouvait trop jeunes et voulait attendre 'qu'elle soit sure de le vouloir'. Crois-moi, mon cher frère, ce genre de phrase il n'y a que deux raisons qui peuvent pousser un homme à la dire : soit si la fille hésite pour la rassurer et donc coucher plus vite avec elle, soit parce que le mec n'a aucune envie de cette fille. Et vu que la demoiselle est plutôt jolie, à moins d'avoir des goûts de luxe, je pouvais parier qu'il était gay. Si tu rajoutes à cela son physique et son obsession pour la mode, j'avais peu de chance de me tromper de lièvre."

Cole en resta sans voix.

"Tu me diras que la fille en manque était une proie plus facile mais aussi plus chiante. Je me serais fait lapider par la gente féminine du collège si j'avais eu la réputation d'avoir pris la virginité de l'adorable petite servante."

"Il y a juste une chose que je ne comprends pas : comment tu as fait pour que son amie te parle de leur non-vie sexuelle ?"

"Disons que c'est mon petit secret. Je ne peux pas tout te dire non plus."

"Comment je vais faire pour regarder Alix dans les yeux maintenant ?"

"Tu arrives bien à me regarder dans les yeux, qu'est-ce que ça te change qu'il soit gay ? T'en fais pas je crois pas que tu sois son genre."

"Là n'est pas la question, c'est juste que j'ai l'impression de ne fréquenter que des gens bizarres depuis que je suis avec toi."

"Félicitations, Cole. Tu te rends compte ? Tu fréquentes des gens ! Et tu viens de découvrir que tout le monde est bizarre, que toutes ses marionnettes qui t'entourent ont une vie à côté avec des bons moments et de lourds secrets, et sont bizarres tout comme toi."

"Arrête de te foutre de moi. Je ne suis pas d'humeur aujourd'hui pour tes conneries."

"Qu'est-ce qu'il y a mon pauvre petit Cole ? Pourquoi es-tu de si mauvaise humeur aujourd'hui ?"

"Comme tu l'as si bien dit, comme tout le monde j'ai mes secrets, Zéphyr."

ooOoo

A la fin de la semaine le jeune Anislas Davis se rendit à son shooting photo fatigué et stressé. Dès son arrivé, Foley le prit dans ses bras et en profita pour passer sa main sur ses fesses. Anislas sursauta légèrement et s'écarta puis alla voir ce qu'on allait lui faire porter aujourd'hui.

"Bonjour mon chou !" S'écria Gabriel, un grand brun qui s'occupait des vêtements. "Aujourd'hui on la joue rock'n roll avec jean rapé et chaines sur le côté, le haut noir emblème de la marque, plein de grosses bagues et bracelets rétros, et du noir à tes yeux un peu comme si tu portais un masque. Ça fera un contraste fabulous avec ton corps baby-doll."

"Heu... Si tu le dis."

"Oh comme il est timide ! J'adooore ! Alors tu prends ça, ça, ça, ça, et ça aussi, et aussi ça. Allez, oust."

Le brun prit son lot de vêtements et accessoires et alla se changer derrière un paravent. Quand il eut fini, il attendit une bonne heure avant que tous les arrangements de lumière et autres détails soient prêts. Il discuta un peu avec Gabriel qui changea des bagues de doigts et lui ajouta une lourde chaîne au cou avec une photo de vrai coeur humain en pendentif, puis il suivit Foley dans ses réglages photos. Celui-ci lui expliquait un peu ce qu'il faisait et comment il s'y prenait.

L'homme l'impressionnait. Il avait l'œil pour voir les détails intéressants et il retouchait lui-même ses photos ce qui devenait de plus en plus rare dans le métier. Et puis il avait ce petit quelque chose qui plaisait bien à Anislas. Il n'arrivait pas vraiment à définir ce que c'était mais après plusieurs observations il pensa avoir deviné : c'était un salaud. Il se montrait gentil avec les gens mais juste pour les utiliser pour améliorer sa carrière, il n'hésitait pas à virer n'importe qui pour une tasse à café laissée à l'abandon sur la table de la maquilleuse, et il le draguait comme il avait la réputation de draguer tous ses modèles masculins. Ca tuait Anislas de le dire mais c'était tout à fait son type de mec. Il ne s'attachait qu'aux hommes pour qui il ne comptait pas du tout et souriait au moindre geste d'attention. Il avait beau se connaître ça ne changeait pas grand chose.

Et puis Foley était attirant, pas vraiment beau mais viril, puissant. Il avait un sourire clinquant, un bronzage bien trop marqué qui le vieillissait alors qu'il n'avait que 25 ans, des cheveux châtains en arrière et un front large.

Anislas avait toujours un peu de mal à se mettre dans le bain au début, il se sentait observé par tout le monde et l'éclairage l'aveuglait mais après quelques minutes il reprenait ses repères et Foley lui donnait des indications assez précises sur ce qu'il attendait de lui ce qui lui redonnait de l'assurance.

Il retira le haut après dix minutes mais tiqua lorsque Foley voulut qu'il déboutonne le pantalon.

"Je n'irai pas plus loin, bébé. Allez, tout le monde t'attend."

Il rougit un peu et baissa la tête. Il n'était pas sûr du rendu que les photos pourraient donner et il ne voulait pas avoir l'air provocant ou obscène.

"Anislas on n'a pas toute la nuit ! De quoi t'as peur ? T'es pas majeur, même si je voulais faire des photos sexe de toi je ne pourrai pas les vendre alors arrête de faire ton gosse."

Le brun se sentit bête et retira les boutons de son pantalon montrant ainsi la moitié du caleçon blanc serré.

"Oula Ani ça va du tout !" S'amusa Foley. "Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Je ne peux pas te prendre en photo dans cet état !"

Tout le staff éclata de rire avec le photographe. Anislas décida de le prendre à la rigolade et de ne pas se laisser démonter.

"Je ne bande pas. Et toi tout ça, Foley, ça te fait bander ?"

De nouveau on eut le droit à un éclat de rire général suivi de murmures.

"Le Anislas dévergondé me plait au moins autant que le Anislas timide. Referme un bouton on va essayer de ne pas choquer les bonnes moeurs d'en haut. Jimmy, l'éclairage plus à droite."

Après Anislas, trois autres modèles passèrent. Il attendit la fin en bossant ses cours sur une chaise au bout du plateau, puis on se décida pour un bar irlandais pour aller fêter l'anniversaire de Gabriel qui venait d'avoir 23 ans. Le brun qui allait sur ses 18 ans était le plus jeune de la bande avec un autre modèle. Foley commanda plusieurs bouteilles de whisky et de vodka pour ses dix compagnons. Pour Ani qui voulait se contenter d'une bière c'était raté. Tout le monde buvait beaucoup, il était entre le jeune modèle et une éclairagiste française qui avait une descente pire qu'un homme et lui racontait des anecdotes sur le métier. Par exemple une fois ils avaient fait un shooting avec un cochon, un vrai, et l'animal s'était mis à manger les vêtements de la fille ! Ou une autre fois une des modèles avait fait une overdose et elle était mineur, la boîte avait failli fermer après ça.

"Wow trop drôle !" S'écria le garçon dont la tête lui tournait. Devant lui, Gabriel était bien pire, il avait le teint vert et Dorothy alla l'emmener vomir aux toilettes. Foley aussi avait l'air bien saoul et il regardait de plus en plus Ani... à moins que ce soit lui qui le regardait de plus en plus le garçon n'était pas sûr.

A minuit passé, Anislas se dit qu'il était grand temps qu'il retourne au collège même s'il savait qu'il allait se prendre une après-midi de colle pour rentrer si tard et complètement bourré.

"Oh non ! Reste Ani !" Cria en français Claire l'éclairagiste avec qui il avait passé son temps à discuter. "Aaaaaniiiiii aaaaaiiiiimee leees suuuuceeetttttes, leees suuuuuuuuceeettttttttes à l'aaaaaaaaaniiiiiiiis !"

Foley se proposa de le raccompagner en taxi. Le brun savait que son patron avait son idée derrière la tête mais il était tellement bourré (et près de ses sous pour payer un taxi) qu'il accepta sans une hésitation.

"Alors princesse, on vous emmène où ?" Demanda le photographe quand ils furent assis dans le taxi.

"A Williamson." Bailla Anislas.

"Williamson ? Tu es sérieux, tu es à ce lycée ?" Dit Foley qui ne put cacher son étonnement. "T'es pas n'importe qui toi..."

"Si... Je suis n'importe qui..." Il se sentait s'endormir et s'affala doucement sur l'épaule de son patron.

Celui-ci caressa les longs cheveux noirs et les mit plusieurs fois derrière l'oreille pour le plaisir de caresser son oreille et sa joue. Il trouvait le jeune homme très attendrissant ainsi et regretta de ne pas avoir un appareil photo sur lui pour capturer cette image. Après quelques minutes, il réveilla son modèle.

"Um ?" Ronchonna Anislas parti très loin au pays des rêves.

"Viens. Tu ne peux pas rentrer au lycée dans un état pareil, je vais avoir des problèmes si on dit que j'ai laissé boire un mineur."

"Um ? Hu... Oui c'est pas faux..."

"Viens, monte boire un café et une bonne dose d'aspirine ça te fera du bien."

Le brun se sentait assez honteux de l'état dans lequel il était, Foley le portait presque pour le monter dans son appartement, certes il n'était pas lourd mais quand même... Arrivé en haut, il alla aux toilettes et se força à vomir. Il n'avait pas été malade comme ça depuis... depuis l'anniversaire de Zéphyr un mois plus tôt... A cette constatation il se dit qu'il était en train de tourner mal. En tout cas, vomir lui fit du bien, il se sentait plus lucide et se rendait à présent compte qu'il était seul dans l'appartement de Foley et encore beaucoup trop ivre pour son propre bien !

Il se lava longtemps la bouche et se passa beaucoup d'eau froide sur le visage, puis rejoignit l'homme dans le salon. L'appartement était grand et décoré dans un style moderne et coloré, c'était très différent des vieilles bâtisses londoniennes de Williamson. Il s'assit à côté de Foley, prit l'aspirine et but d'un trait son café. Il avait l'impression de ne plus ressentir le moindre goût dans sa bouche pâteuse.

"Ca va mieux ? Je n'aurais pas dû te laisser boire autant."

"C'est ma faute. Je déconne trop... comme d'habitude..."

"T'as l'habitude de boire ?" Rit son patron.

"Ah ah non j'ai l'habitude de faire des conneries."

"Par exemple ?" Demanda-t-il très curieux.

Anislas le regarda puis détailla son corps et se mit à bander. Choqué par sa propre réaction il rougit et baissa les yeux très gêné. Foley le trouva adorable. Lui-même bien éméché, il passa sa main sur la joue du jeune homme puis caressa son torse.

"Tu es très beau Ani. On doit te le dire souvent."

"Parfois. Mais je comprends pas trop." Murmura-t-il.

"Ah oui ? Oh si, tu es vraiment très beau, tu me plais beaucoup depuis le premier jour. Tu as un corps fin, harmonieux, très... lascif."

"Lascif ?" Rigola le garçon. "Je suis trop bourré je sais plus ce que ça veut dire..."

Foley se rapprocha d'Anislas, le corps si près du sien qu'il sentait sa chaleur, et lui dit à l'oreille : "Lascif ça veut dire que tu m'excites."

Son érection pointa d'un coup si bien qu'elle fut presque douloureuse. Il se demanda si on pouvait vraiment le considérer comme une salope s'il couchait là vu qu'il était bourré et qu'après tout c'était Foley qui l'avait emmené chez lui et lui disait des mots aussi sexys... Son patron approcha son visage de lui. Anislas mouilla ses lèvres par réflexe, ferma les yeux, et conclut les derniers millimètres pour toucher ses lèvres. Tous deux s'embrassèrent avec passion, cela faisait longtemps qu'ils attendaient cela. Foley dévorait littéralement sa bouche, mordant sa lèvre supérieure, aspirant sa langue. Il déboutonna avec mal la chemise du garçon. Anislas se laissait faire sans se poser de question, puis la virilité de l'homme toucha sa cuisse et il sursauta.

Il ne voulait pas coucher avec Foley comme ça, complètement saoul, un numéro parmi tant d'autres dans un tableau de chasse avec des commentaires graveleux lundi prochain quand il irait sur le plateau, non. En plus il ne l'aimait même pas c'était trop con.

Il se dégagea sur le côté et se leva d'un coup. Étonnement il ne bascula pas, ne tangua pas, rien de plus qu'un petit mal de tête.

"Je suis désolé, je dois rentrer... Si je ne rentre pas, je vais me faire virer..." Dit Anislas qui cherchait désespérément une excuse correcte.

"Reste. Je leur dirai qu'on a travaillé très tard et que je t'ai laissé dormir sur le plateau." Dit Foley.

"Mais non... je..." Paniqua le garçon. "J'ai..."

Devant le regard perdu du brun, le photographe céda. Il lui dit de se calmer et appela un taxi pour lui qu'il paya d'avance. Anislas se sentait profondément honteux de son comportement et redevable. Dans le taxi il se mit à pleurer. Il fallait qu'il parle à quelqu'un tout de suite, il se sentait vraiment trop mal. Et parmi tous ses amis, ce quelqu'un lui vint très clairement à l'esprit. Il appela Zéphyr à l'instant.

"Allo, Zéff ?"

"Oui Little H. Que me vaut le plaisir Ani ?"

"Je me sens pas bien, j'ai déconné." Dit-il au bord des larmes.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?"

"C'est Foley, j'ai trop déconné."

"T'as couché avec lui ?"

"Non. Je l'ai laissé en plan..."

Anislas put jurer qu'il entendit Zéphyr écarter le téléphone pour rire.

"Viens chez moi. On en parlera."

"Tu es sûr ? Je dérange pas ? Je sais même pas quelle heure il est..."

"Il est presque deux heures du matin my little H. Mais tu ne déranges pas, j'étais réveillé. Viens."

ooOoo

Anislas n'hésita pas un instant. Il avait besoin de voir Zéphyr. Lorsqu'il arriva devant le manoir à la périphérie de Londres il ne put s'empêcher comme d'habitude d'être impressionné. Il paya le supplément au taxi, se fit ouvrir le portail puis entra par la grande porte. A l'intérieur l'attendait Zéphyr. Son coeur s'envahit de joie. Il ne remarqua qu'après l'autre homme derrière lui à sa gauche. Blond mais les cheveux bien plus foncés, il faisait à peu près la même taille que Zéphyr, avait une moue mi-boudeuse mi-coquine, un corps plutôt large qu'on devinait musclé.

"... Excuse-moi, si tu m'avais dit que tu étais avec quelqu'un je ne t'aurais pas dérangé."

"Cela aurait été bien dommage. Je te présente Glenn. Il vient d'arriver de Russie."

"Bonsoir." Dit celui-ci avec un sourire. Il n'avait pas du tout un accent russe ni même un prénom russe, remarqua Anislas.

"Bonsoir." Répondit-il un peu embarrassé et se demandant si ça se voyait qu'il avait pleuré. Il n'arrêtait pas de regarder Glenn et lui aussi le regardait. Il ne pouvait s'empêcher de le trouver très attirant et de se dire que comme toujours Zéphyr avait un goût sûr (à part pour lui).

"Je me suis dit, Ani, que ce qu'il te fallait c'était un bon réconfortant et j'avais exactement ce qu'il fallait sous la main." dit Zéphyr en s'approchant de lui.

"Ah c'est gentil mais j'ai déjà assez bu comme ça."

"Je ne pensais pas à ce genre de réconfortant..."

Le jeune homme l'embrassa dans un baiser vif et exigeant qui manqua de le faire perdre pied avec l'alcool encore bien présent en lui. Anislas ferma les yeux, et profita du baiser et des mains sur son corps, et passa ses propres mains sur le corps du blond sans penser un instant à la gêne qu'il aurait dû ressentir à être ainsi vu par l'autre homme. Zéphyr suçota le lobe de son oreille droite, partie de son corps particulièrement sensible, et cela devint alors vraiment bizarre car on suçotait aussi le lobe de son oreille gauche. C'était tellement bon ! Il gémit, et cria encore plus fort quand les deux bouches descendirent le long de son cou.

"Oh seigneur..." S'entendit-il crier.

"Ca te plait ?" Demanda Zéphyr. "C'est bien ce que tu es venu chercher, Ani ? Un remède contre la solitude et la frustration... Tu as le droit à une double dose."

Anislas sentait tout son corps électrisé et en son fort intérieur il devait s'avouer qu'il n'était pas venu chez cet ami sans une intention cachée... Et que Glenn l'attirait beaucoup.

En temps normal il n'aurait jamais imaginé faire une chose pareille mais avec l'alcool et ses émotions, et cette atroce pression dans son bas-ventre et contre ses fesses... il passa ses mains sur le torse de Glenn et l'embrassa avec désir et impatience.

Glenn sourit à Anislas et ses joues rosirent. Le petit brun se rendit alors compte qu'il n'était pas plus à l'aise que lui et cela le rassura. Zéphyr prit chacun dans une main, posa un baiser sur la bouche de l'un puis de l'autre, et les conduisit dans sa chambre.

ooOoo

Un rayon de soleil passa devant les yeux d'Anislas. Celui-ci se réveilla et vit que Glenn le regardait avec tendresse. Il se souvint tout de suite de tout et fut surpris de tout se rappeler et de ne pas avoir plus mal que ça à la tête. Tous les deux étaient allongés dans le grand lit de Zéphyr, complètement nus. Le propriétaire n'était pas là bien sûr, comme d'habitude il avait dû quitter le lit quelques minutes après qu'ils aient fini... Glenn se rapprocha de lui et lui demanda s'il pouvait l'embrasser. Il sourit et accepta. C'était un baiser doux, presque amoureux.

"Tu as bien dormi ?" Lui demanda Glenn.

"Oui, très bien. Et toi ?"

"Oui... Ca me fait bizarre. J'ai un peu peur que tu regrettes pour hier et que tu me vois comme un pervers. Ce n'est pas dans mes habitudes ce genre de choses."

"Moi aussi c'est pas du tout dans mes habitudes ! ... Mais... j'ai beaucoup aimé..." Avoua Anislas.

"Pareil ! C'était extra !"

Tous les deux rigolèrent et repensèrent à la soirée. Ca avait été incroyable. Ils s'étaient embrassés tous les trois, caressés, déshabillés, sucés, et encore beaucoup embrassés et caressés ! Zéphyr avait demandé s'ils voulaient bien commencer juste tous les deux pour mieux faire connaissance. Glenn l'avait préparé en douceur et pénétré avec patience et un peu de maladresse il fallait l'avouer. Anislas s'était senti complètement excité par les gestes de Glenn et le regard de Zéphyr posé sur eux. D'ailleurs très vite Zéphyr n'y avait plus tenu et les avait embrassés et touchés à tour de rôle, puis il avait préparé Glenn et l'avait pénétré. Un frisson de plaisir avait envahi Anislas à cette vision et il avait joui. Il passa un long moment à observer les deux hommes faire l'amour à quatre pattes en trouvant cela incroyablement érotique. Puis il osa revenir et embrassa Glenn et massa son sexe vigoureusement et le suça pendant qu'il se faisait toujours pénétrer ce qui fit jouir l'homme très vite.

Anislas se rapprocha alors de Zéphyr et ils s'enlacèrent et s'embrassèrent passionnément. Le blond connaissait tous ses points faibles et en profitait largement pour faire gémir le brun de plus en plus fort sous le regard excité de l'autre blond. Zéphyr souffla alors à Anislas :

"J'ai envie que tu le pénètres."

Le brun manqua de jouir à la seconde. Son sexe battit contre son ventre mais en même temps il se sentait très anxieux. Lorsque Glenn prit un préservatif dans le tiroir et le lui mit, il avoua qu'il n'avait jamais pénétré un homme.

"C'est vrai ?" Demanda Zéphyr, ravi.

"Ne t'en fais pas, c'est très facile et puis je suis déjà préparé." Dit Glenn avec un regard rassurant et chaleureux.

Le brun passa un moment à le préparer, ayant très peur de lui faire mal ou de mal faire, mais Glenn gémissait de plus en plus fort, il prenait facilement ses doigts en lui et écartait totalement les cuisses. Zéphyr l'embrassa pour le rassurer encore et lui chuchota : "Tu es tellement excitant comme ça, je crois que je vais jouir rien qu'à vous regarder."

Il pénétra Glenn. C'était si serré, si étroit, il se mit à jurer tellement la sensation était bonne. Le simple fait de bouger un peu était carrément trop bon, et les pieds de Glenn qui poussaient sur ses fesses pour qu'il rentre plus profondément et le regard plein de désir de Zéphyr, tout cela le rendait dans un état fou.

Il le pénétra un bon moment tendrement, leurs corps se mêlaient dans les plus douces caresses rejointes par celles de Zéphyr. Le blond se mit derrière le brun et lui chuchota à l'oreille :

"Je peux te prendre en même temps ?"

Anislas ne pouvait pas dire qu'il n'espérait pas cette demande. Il sentait ses fesses en feu alors qu'il couchait avec l'homme. Il fit un oui de la tête. Zéphyr se plaça bien et le pénétra d'un coup. Anislas cria très fort. C'était une sensation incroyable que de pénétrer et de se faire pénétrer en même temps. Il se frotta de plus en plus fort contre Glenn, les jambes complètement ouvertes, Glenn vint contre son ventre et la sensation de resserrement autour de son pénis associé à la sodomie le firent venir d'un coup violemment. Il s'envola au septième ciel comme rarement. Zéphyr bloqua ses hanches dans ses mains et continua à le prendre quelques minutes avec force avant de jouir à son tour.

Il se sentait éreinté.

Anislas se souvint aussi qu'ils avaient pris une douche qui avait de nouveau tourné à l'orgie et ils avaient continué encore dans le lit...

Il n'était pas prêt d'oublier cette nuit. Quand il pensait qu'à la base il était parti de chez Foley pour ne pas être 'salope', quelle ironie du sort. Il regarda l'heure : 11h47.

"Oh mon dieu ! Je vais me faire tuer ! C'est pas vrai..."

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Je devrais être à l'école..."

"Un samedi ?"

"Je suis interne. Je ne vais chez mes parents qu'un week-end par mois."

"Tu as bien le droit de sortir dehors le week-end, non ?"

"Oui mais je dois demander la permission... Je vais être collé tout le week-end suivant..."

"Alors autant profiter à fond de celui-là tu ne crois pas ?" Dit Glenn avec un regard gourmand.

Anislas rougit, il ne se sentait plus du tout aussi sûr de lui comme hier soir. Ils s'embrassèrent, se collèrent l'un à l'autre, et Glenn caressa ses fesses et commença à les écarter mais Anislas l'arrêta en lui disant qu'il ne se sentait pas à l'aise. Ils se masturbèrent alors l'un l'autre doucement jusqu'à jouir. Puis ils se préparèrent et descendirent dans le grand salon où Zéphyr lisait un magazine d'économie.

"J'ai bien cru que vous n'alliez jamais vous réveiller !" S'exclama le jeune homme d'une voix courroucée. "A-t-on idée d'être de pareilles marmottes ? Je vous ai bien réunis tous les deux !"

"Cela fait déjà quelques temps que nous sommes réveillés." Dit Glenn avec sous-entendus.

"Je vois. Et vous ne m'avez même pas appelé alors que vous vous faisiez plaisir dans mon propre lit, que vous voilà cruels avec moi. Je suppose que je l'ai bien mérité."

"Oh que oui !" Dit Anislas bien fort.

"Doublement oui." Dit Glenn.

"Triplement même." Ajouta Zéphyr.

Tous les trois éclatèrent de rire telle la jeunesse inconsciente éperdue dans le jeu et le plaisir qu'ils étaient.

ooOoo

Le soir même avait lieu le fameux bal de charité. Tous les élèves et leurs parents étaient invités dans l'amphithéâtre de Williamson transformé en salle de bal pour l'occasion, la salle était mise en valeur comme jamais pour donner la meilleure image possible de l'établissement. Blanche Greenhood accompagnée de ses amies du club recevaient les chèques de dons pour offrir des cadeaux de Noël à un orphelinat de Londres.

Anislas discutait avec ses deux amies Cora et Mindy, ils s'ennuyaient fermes, ne savaient pas danser la valse et ne comprenaient pas toutes ces mondanités. Ses deux amies avaient beau être des filles de riches elles ne partageaient pas leurs passions pour l'étalage d'argent et de ragots et préféraient de loin une soirée simple ensemble. Elles ne s'intéressaient pas aux nouveautés à la mode et étaient mises de côté du reste de la classe.

Le petit brun avait d'avantage d'amis depuis qu'il fréquentait Zéphyr mais Cora et Mindy restaient ses préférées. Il ne se sentait pas jugé avec elles et n'avait pas peur de paraître ridicule comme quand il trainait avec les amis du blond. D'ailleurs ceux-ci se moquaient des deux filles ce qui avait le don de l'énerver mais il ne disait rien.

Le garçon observa autour de lui les gens fabuleusement habillés, certains célèbres, il reconnut le père d'Alix Kane qui était entraineur de football dans une des meilleures équipes d'Angleterre, la mère de Sarah Kally qui était une chanteuse encore populaire après vingt ans de carrière, des hommes politiques et d'autres. Il se sentait minuscule ici, ce bal lui faisait se rappeler un peu plus à quel point il n'était pas à sa place à Williamson et ne réussirait jamais à être comme eux. Déprimé, il se retourna et vit Zéphyr qui était entouré de sa bande d'amis. Ils avaient l'air de bien s'amuser, riaient aux éclats, une coupe de champagne à la main. Le blond le remarqua et lui fit un sourire complice, Anislas rougit aussitôt.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" Demanda Cora. "Oh, c'est Zéphyr... Tu devrais aller lui dire bonjour."

"Non..." Murmura-t-il gêné.

"Allez, ne t'en fais pas on te garde des petits fours de côté. On sait que tu meurs d'envie d'aller lui parler !"

Le brun se laissa convaincre. Il dit bonjour à Zéphyr et ses nombreux amis, puis le tour fini il se sentit idiot, le silence régnait depuis son arrivée et il ne savait pas quoi dire. A défaut de bonne parole, il dit :

"Zéphyr, j'ai vu ton père tout à l'heure, il a l'air d'aller bien."

"En train de draguer la première venue je parie ou de décider du sort alimentaire d'un pays. Je vous ai dit avec qui il est venu ? Virginia Jones, l'écrivain et ancien mannequin." dit-il avec fierté.

"T'es sérieux ?" Répliqua Liam un ami proche grassouillet, "Il paraît qu'elle va jouer dans le film adapté de son best-seller."

"Elle est très belle, même pour son âge."

Les commentaires allaient bon train sur Virginia Jones, en général en sa faveur. Anislas participait de quelques courtes phrases, puis Zéphyr lui demanda où étaient ses parents. Il répondit qu'ils n'étaient pas venus ce qui n'étonna personne.

"Et qui est ta cavalière au bal, Cora ou Mindy ? A moins que ce ne soit les deux ?" Demanda Lana.

"Deux moins que rien ensemble ça ne vaut toujours pas une personne !" Ricana Zig ce qui fit rire tout le monde sauf Anislas.

"Ou bien tu es venu avec un homme ? Même si ça m'étonnerait, tu te ferais virer tout de suite si c'était le cas, enfin pas que ça me dérange..."

"Lana, laisse-le un peu tranquille." Dit Liam qui avait pitié du garçon et n'aimait pas la fille.

"Je suis venu seul, je ne savais pas qu'il fallait forcément venir accompagné. Et toi Lana tu es venue avec qui ?"

"Avec moi." Répondit Zéphyr avec un large sourire. "Ani, il faut vraiment que tu arrêtes de t'isoler comme ça. Cela fait trois semaines que nous sortons ensemble, et ça fait au moins trois jours que tout le collège est au courant."

Anislas écarquilla les yeux d'étonnement ce qui fit rire encore plus les autres élèves. Il avait couché avec Zéphyr et Glenn la veille. Il se demanda si sa petite-amie était au courant de ses tromperies mais ce n'était pas à lui de le dire. En plus il n'avait aucune envie que les autres sachent qu'il avait fait une telle chose.

Le couple se resserra, main dans la main, et ils s'embrassèrent comme pour prouver les dires.

"Où est Cole ?" Demanda Zig.

"Il ne vient pas." Répondit Zéphyr. "Tu le connais, dès qu'il peut éviter une soirée, il saute sur l'occasion."

"Dis plutôt qu'il ne voulait pas venir sans ses parents." Lança Lana telle une vipère. Un lourd silence s'en suivit. "Quoi ? J'ai dit quelque chose de mal ?"

"Tu n'en manques décidément pas une. Zéphyr, tiens un peu ta copine en laisse ou je ne réponds plus de moi." Dit Zig du haut de son 1m90.

"Allez venez, je suis pressé de voir la tête de Blanche quand je vais lui remettre mon don." Dit ce dernier qui voulait changer de sujet de conversation.

ooOoo

La semaine suivante, deux garçons faisaient sauvagement l'amour dans la salle de classe de madame Hooper. Zéphyr baisait Alix Kane comme jamais et le garçon le lui rendait bien. Lorsqu'ils eurent fini, le plus grand s'écarta vivement et s'alluma une cigarette en regardant avec moquerie le plus petit se remettre difficilement de son orgasme.

"Faut faire du sport Alix sinon tu ne vas pas tenir le choc longtemps." Ricana-t-il.

Le blond aux cheveux bouclés reprit une respiration normale et le regarda avec désir : "On recommence ?"

Le rire de Zéphyr manqua de les faire être repérés. Voilà le genre d'initiative qu'il aimait chez un amant.

ooOoo

Au même instant, Cole Hunter pleurait sous la douche du dortoir, seul. Il haïssait sa vie. Il avait fait de terribles cauchemars et tentaient de s'en défaire sous l'eau mais rien n'y faisait et un profond découragement l'envahit. Quand il n'eut plus d'eau chaude, il retourna dans son lit, sortit de son tiroir une boîte à bijou qui contenait un collier d'or blanc avec une émeraude et se demanda s'il trouverait la force de l'offrir à Lily pour Noël. Il l'imagina heureuse et le serrant dans ses bras, puis il lui dirait qu'il l'aimait et elle lui avouerait qu'elle aussi. Il s'endormit paisiblement à cette pensée.

ooOoo

Anislas Davis était très stressé lorsqu'il se rendit à sa séance de shooting. Il n'avait pas vu Foley depuis la soirée arrosée et craignait sa réaction. Son patron l'accueillit à bras ouvert et il fut très attentionné avec lui, pas une remarque graveleuse ou sur la soirée, le petit brun n'en revenait pas.

Lorsqu'il eut fini sa séance, Foley lui proposa de rester pour le passage des autres modèles et lui expliqua comment il s'y prenait et lui posa des tas de questions comme qu'est-ce qu'il imaginerait comme pose pour ce modèle ou quelle lumière choisir pour mettre dans l'ambiance de la marque. Anislas adorait ça, il trouva la séance passionnante et posa lui aussi des tas de questions. Jamais il n'avait envisagé sérieusement de devenir photographe mais cette séance le bouleversa.

"Je te propose quelque chose, Anislas Davis. Demain tu viens avec trois photos qui t'ont marqué. Cela peut être une photo de famille, une publicité, une photo que tu as prise ou de toi d'un shooting, ou n'importe quoi. Tu me les montres et tu m'expliques ce que tu aimes dedans et pourquoi d'après toi c'est une bonne photo."

Il partit avec enthousiasme et passa toute sa soirée à réfléchir à quelles photos ramener. Finalement le lendemain il était de nouveau sur le plateau malgré qu'il n'avait pas de shooting de prévu ce jour-là.

Foley jeta un oeil critique aux photos et Anislas se sentit rougir. Il voyait bien que le respect qu'il pourrait avoir un jour du photographe dépendait de ces trois clichés.

"Parle-moi de celle-ci pour commencer."

"C'est une photo célèbre de Doisneau d'un écolier qui fait une grimace en réfléchissant. Je ne sais pas trop pourquoi mais j'ai toujours aimé cette photo. J'aime l'expression de l'enfant, il est très vivant, on a l'impression d'être à côté de lui à un cours très ennuyant que l'on essaie de suivre... Et puis j'aime beaucoup le noir et blanc."

Foley ne dit pas un mot et ne fit pas une expression, il avait l'air ennuyé.

"Et celle-ci ?"

"C'est une photo que j'ai prise quand j'étais beaucoup plus jeune. C'est un paysage en Bulgarie, j'aime particulièrement les nuages et l'oiseau penché à droite. Le bâtiment déserté à côté. C'était une zone particulièrement pauvre et désertique là-bas et je trouve que la photo montre bien l'ambiance comme je l'ai vécu. Je ne sais pas, je me sens toujours un peu triste en regardant cette photo."

"Hhm. Et celle-ci ?"

Anislas se sentait de plus en plus stressé. Il voyait bien que Foley était déçu. Il avait eu beaucoup de mal à choisir quelles photos ramener et regrettait finalement ses choix, il aurait voulu en dire plus sur les clichés mais se sentait trop mal à l'aise.

"C'est une photo que j'ai prise l'année dernière dans... une chambre d'hôtel. Il y avait une belle lumière et un très haut plafond. J'ai pris en photo mon petit-ami de l'époque pendant qu'il dormait, de dos, avec la grande fenêtre et le plafond sculpté, je trouvais qu'il avait l'air d'un ange, un peu comme si son âme s'était envolée et brillait à travers la fenêtre... Je trouvais l'image très pure."

"Okay." Dit Foley. Puis il se rassit sur sa chaise sans regarder les photos ni Anislas.

"Et ?"

"Et c'est pas trop mal, la flèche. La première est classique et sans grand intérêt, la deuxième est très mal prise, il n'y a aucun contraste, c'est triste mais on ne ressent rien de plus. La troisième est intéressante dans l'idée, c'est pas nouveau mais il y a un ressenti. Elle en dit beaucoup plus sur toi que les autres."

"Elle vous plait ?"

"Avec des améliorations... On pourra peut-être faire quelque chose. Pourquoi tu as pris ton modèle de dos ?"

Anislas baissa la tête, il n'osa pas dire que son modèle, Zéphyr, l'impressionnait trop pour qu'il le prenne en photo de face dans une telle posture. Il répondit à la place que la fenêtre était de ce côté, c'était le meilleur angle pour lui et il n'avait pas voulu réveiller son petit-ami pour le faire se retourner.

"Ne donne jamais ce genre d'excuse, trouve un truc comme par exemple que cela reflète la distance entre lui et toi, cela montre son côté mystérieux. La lumière est trop frontale, cela rend l'image trop plate il faut que tu joues sur les contrastes. Et pourquoi on en voit si peu du corps de ce jeune homme ?"

"J'aimais comment la couverture blanche drapait ses hanches, ça me faisait penser à une toge. Et puis s'il avait été nu cela aurait rendu un effet trop voyeur je trouve."

"Tu avais peur de faire vulgaire ?"

"Ce qui m'intéressait c'était la pureté du moment. C'est pour ça que j'ai pris une photo."

"Okay. C'est quelqu'un que tu devais beaucoup aimé, ça se ressent dans la photo, mais il a l'air intouchable, c'est une bonne base."

Le petit brun souriait de toutes ses dents, il n'arrivait pas à croire qu'il ait gagné de l'attention de Foley autrement que comme 'modèle baisable'.

"Les modèles font de piètres artistes, voyons si tu peux faire exception. J'ai un petit projet photo pour promouvoir une soirée mousse dans un club, propose-moi d'ici jeudi une idée de flyer sympa. Réfléchis à quel genre de modèle, la pose, les accessoires, les couleurs, les vêtements, en pensant bien qu'il faudra laisser de la place en haut pour le nom du club, et à gauche et en bas pour les infos mais ca ne doit pas être vide non plus, et pas trop 'vulgaire' non plus mais sexy, très sexy. Tu t'en sens capable ?"

"Je peux essayer !"

"Ne te merde pas. Je plaisante, t'inquiète pas, au pire je pondrai une merde que tout le monde trouvera fabuleuse."

"Merci beaucoup, je ne vous décevrai pas. Promis."

"Ne te défile pas au dernier moment comme la dernière fois." Se moqua-t-il.

Anislas ne sut pas quoi répondre. Il dit finalement : "J'espère que vous ne me proposez pas ce projet juste dans l'espoir de coucher avec moi."

"Je ne crois pas que tu vailles à ce point-là le coup au lit pour que je me fatigue à un stratagème aussi con. Les beaux garçons ça ne manque pas à Londres. Montre-moi que tu es un peu plus que ça."

ooOoo

Fin chapitre 2.