Lassitude

Comme toujours, je suis seul,
Ma bille parfois explose,
Et la vie n'est pas rose,
Souvent c'est un vrai linceul…

Leurs esprits totalement puéril,
M'imprègnent d'une noire colère,
Ils m'énervent avec leurs grands airs,
C'est à leurs risques et périls…

Quelles est donc ma raison,
La raison d'être de mon existence,
Ai-je un simple droit de présence,
J'aimerai tant pouvoir dire « maison »…

Comme dans ces petits jeux d'enfants,
Alors qu'on atteint la zone sécurisée,
Et qu'enfin on peut s'y reposer,
Loin de ces ennuis permanents…

Cette apathie que je ressens,
Face à tout ce qui m'entoure,
D'où vient-elle à son tour,
Celle qui obnubile tout mes sens…

Mais plus j'avance en ces lieux,
Où je me concentre sur moi-même,
Là où je perds le monde lui-même,
En me retrouvant toujours au milieu…

Et cette foutue condescendance,
Qui les caractérise parfois,
Comme le faîte d'un toit,
Ou bien l'esprit qui nous hante…

Mais je me rends compte à présent,
Qui de nous est le plus pathétique,
Est-ce mon faible esprit chaotique,
Ou bien leurs futiles comportements…

N'est-ce pas moi le plus risible,
À terme, quand on y réfléchit bien,
Alors que ça commence à sentir le sapin,
J'en deviens vraiment la première cible…

Et cette sempiternelle fatigue,
Qui place mon cerveau ailleurs,
Dans un monde soi-disant meilleur,
Moi qui me transforme en figue…

Comme une figue toute molle,
Mon esprit doucement d'égare,
Et ne revient pas dare-dare,
Comme la pluie dans une rigole…

Cette lassitude est exacerbée,
Par cette fatigue enivrante,
Et cette brume omniprésente,
Qui me projette dans les nuées…

Mais elle me pousse à rejeter,
Tout ce qui m'entoure ici,
Nihiliste je deviens, merci,
Et je carbonise tout en pensée…

Le monde se couvre de moisissure,
Mon esprit devient noirceur,
Annihilant toutes blancheurs,
À mes yeux, ce n'est que pourriture…

Ce monde n'a plus d'intérêt,
Il est désormais vraiment insipide,
Il n'en vaut même plus les petites rides,
Que l'on creuse souvent de fins traits…

Les ténèbres sont partout,
Tout est présent, là, oblitéré,
Et les saveurs sont cachées,
Dans cette perdition surtout…

On se dirige vers la mélancolie,
Dans un immense dégoût,
De ce monde fait d'égouts,
Jusqu'à la parfaite synchronie…

Le nihilisme devient un état,
Un pur état d'esprit perdu,
Un néant incomblable de pendu,
Et tout se perd dans les combats…

L'ennui devient un danger mortel,
Il paralyse entièrement l'esprit,
Embrouille chaque sens surpris,
Et toujours il en va comme tel…

Dans ce monde de haine,
Où la colère se mélange,
Aux verves d'Archanges,
Et cause toujours de la peine…

Dans cet univers de dégoût,
Où l'on exècre tout pleinement,
Jusqu'à atteindre l'étouffement,
Et on lapide à coup de cailloux…

Là, on réalise que l'on détruit,
Autant soi-même que les autres,
Autant les riches que les pauvres,
Malgré le fait que l'on soit instruit…

On s'autodétruit inconsciemment,
Ne réalisant que beaucoup trop tard,
Que nous sommes au fond du placard,
Engloutit dans notre propre sarment…

Et tout ce qu'il reste, c'est une plaie béante,
Que l'on creuse presque par masochisme,
Et sans même s'en rendre compte bien souvent…

Tandis que l'on creuse soi-même sa propre tombe,
Il faut qu'une main amie vienne nous secourir,
Dans le seul but de nous éviter de sombrer…

Mais encore faut-il que l'on accepte de la saisir,
Et non pas bêtement qu'on la repousse en crachant…