Le jardin était désert et silencieux,en retrait de la fête qui se passait à l'intérieur de l'immense baraque. Leo était étendu dans l'herbe,à moitié ivre et défoncé,tenant toujours une bouteille de Gin à la main. Ce type là était étrange,toujours en retrait,personne n'arrivait jamais à le cerner. Il cultivait cette « différence » et s'en amuser, faire le garçon mystérieux ça révulsait autant que ça plaisait. En réalité, il avait sans doute peur qu'on trouve une coquille vide en lui, alors jouer le mec blasé en dehors des autres c'était encore ce qui lui allait de vérité,il était faux plus qu'il n'était mystérieux, peut-être un peu torturé et névrosé néanmoins …

- Pff …

Un long soupir avait rompu le silence sourd du ouvrit les yeux qu'il avait tenu clos et détourna légèrement la tête sur la gauche et aperçut des sandales.

- C'est qui ? Demanda-t-il avec la voix pâteuse d'un homme bourré.

- Moi.

- C'est qui moi ?

- Mél'

Il entrevit entre ses paupières les sandales se l'état où il était, la présence de Mélanie le laissa indifférent, bien qu'à son habitude il en fut toujours irrité (à quelques rares exceptions). Cette nana était un véritable homme par ses manières rustres par moments,et dans d'autres une simple petite fille perdue qui regarderait ses pieds en avançant,gros brin de fille physiquement imposante,bruyante, avec de la répartie,un sens de l'humour reposant sur l'auto dérision. Une sorte de roc vivant contre toutes les agressions extérieurs,et toujours avec exubérance. C'était une folle hystérique névrosée et à la fois une personne très sensée capable d'une conversation passionnante,comme il avait quelques fois eu l'occasion de l'expérimenter. Ça dépendait juste du jour et de l'humeur, elle était lunatique,parfois fausse, d'autres bonne actrice, ou bien des fois sincè principal souci de Leo était de déterminer quand elle l'était. Mais ce soir,Leo n'avait pas envie de mener l'enquête et de se prendre la tête,non seulement parce qu'il était complètement fait d'une part et d'autre part,on était le 23 août. Et bien qu'il soit plus agé qu'elle,dans 15 jours,il retournerait au lycée pour une dernière année (du moins,il l'espérait) et elle s'en irait à la fac dans une ville soirée d'amis communs était tout bonnement la dernière fois où il la voyait,un adieu donc.

- Passe le gin,j'ai le tonic !

Leo s'exécuta,lui tendant la bouteille;les yeux toujours clos.Mélanie transvasa l'alcool dans la bouteille de soda et but un long gorgée puis s'étendit sur l'herbe fraîche à une distance respectable de Lé humait le parfum ambiant et la fraicheur de la nuit,et rendit la bouteille au brun juste à côté,ne pipant toute façon il n'y avait rien à dire,Mél était raisonnablement éméchée par l'alcool, venue prendre l'air apercevant le garçon,lui était soudain venu l'idée de lui parler,lui dire ce qu'elle pensait,s'excuser un peu aussi,rire une dernière fois,ne pas laisser un mauvais souvenir,lui dire adieu à ce garçon étrange qui savait intriguer et se faire dé là,elle n'avait pas envie de prendre la parole;ils partageaient le verre/bouteille de l'amitié.C'est donc le garçon qui ne put retenir parole, rompant le silence d'un seul mot pour engager une conversation qui,il le savait, devait pourtant avoir lieu.

- Alors ?

- Alors quoi ?

- On a rien à se dire ?

- Espèce de trouillard.

- C'est toi la trouillarde.

- De toute façon on est bourrés Leo.

- J'te plais ?

- Nouin

- Quoi ?

- Me regarde pas avec tes yeux de merlan abruti !

- De toute façon même si je le faisais tu peux pas le voir dans ce noir ! Mentit effrontément le garçon. C'est quoi ça « Nouin » ?

- Mélange de non et oui.

- C'est marrant ça m'éclaire pas du tout.

Le silence relation étrange de Leo et Mélanie n'avait absolument aucune définition, aucun équivalent mais se caractériser par moultes choses. Toujours platonique, remplis de regard dérobés,en biais,de profonds snobismes par moment alors que l'on pouvait jurer une bonne entente lorsqu'ils étaient avec leurs amis profond manque de communication,la flemme sans doute aussi, quelques conversations,quelques brèches ouvertes mutuellement mais pas de réelles rapprochements. Et pourtant,les deux n'avaient pas vraiment de mal à se lire comme des livres ouverts. Quelque chose,dans l'un et l'autre les révulser mutuellement. Il y a des gens avec qui c'est toujours plus compliqué que d'autres et ils se considéraient mutuellement comme des énigmes bien qu'ils se trouvaient quelques points communs. Et pourtant …

- Tu pues le faussaire !

- J'suis pas le seul !

- C'est si compliqué de s'admettre normal ?

- Si j'étais pas différent,pourquoi j'me suis fait tabassé jusqu'à 14 ans au juste ?

- Tout le monde est différent Leo,personne l'assume c'est ,on le fait.

- Tu vois qu'on est différent.

- Se croire différent,c'est se morfondre dans sa connerie.

- T'es folle,ça personne le remets en question.

Mélanie se réveilla d'un coup de sa léthargie et se plaça à califourchon sur Leo ,le prenant par les épaules et le secouant comme un prunier.

- Mais bouge-toi espèce de mollusque ! T'es malheureux comme un idiot,tu t'emmerdes et tu fais rien ! Tu crois que de snober le monde entier ça va te rendre plus heureux ?

- Au moins,personne me fait chier.

- Vivre c'est prendre des risques !

- En fait,c'est ça qui t'énerve hein ?

- Quoi ?

- Que j'te prête aucune attention,que t'ai beau gueuler pour rien,faire ton bourrin ! Que de toute façon je marche pas.

- C'est faux,tu marches … Tu marches quand je t'imites quand je fais la nana bohème perdue, là tu me regardes parce que j'en ai rien à foutre !

- T'es très … perspicace.

- Et toi moins profond que tu le laisses penser ! T'es creux …

- Faux

- Si t'es creux ! ,et incapable d'être sincè a toujours l'impression que tu vas nous niquer par derrière ! Tu le sais ça que tu serais merveilleux si tu étais vrai ? Si tu vivais,si tu faisais ton sourire de babouin plus souvent.

- Sourire de babouin ?

- Laisse tomber ! Devient complet,remplis-toi du monde qui t'entoure ,sinon tu vas devenir chiant et aussi ennuyeux qu'un mort.

Mél s'apprête à déguerpir des hanches du garçon,après coup elle se rend compte à quel point la position est génante,en y allant elle voyait ça moins teinté de « sexualité » ,la boisson lui faisait juste voir qu'il fallait qu'elle le domine et le secoue comme un le garçon la retient fermement,énervé mais sans aucune note de sensualité dans les yeux,il veut juste qu'elle reste tranquille pendant qu'il lui dira ses quatre vérités dans le blanc des yeux,parce que il en a marre de cette nana qui se permet tout,qui a toujours raison et qui le fait toujours se remettre en question par quelques mots. Alors il la regarde bien droit dans les yeux et commence sa tirade dans un élan.

- Parce que tu crois que c'est facile ? De toujours devoir se protéger parce que je flippe ma mère qu'on me blesse ! Je flippe qu'on m'écrase tu piges ? Et toi tu crois que tu fais mieux ? Tu te rends complètement ridicule,tu passes pour une fille que tu n'es pas,tu te fais plus d'ennemis que d'amis, tu caches tous tes trésors ! T'as peur qu'on te les vole ou quoi ? T'as peur d'être vulnérable , et après tu me reproches d'être faux ? Tu vaux pas mieux qu'moi ! On est des beaux menteurs tous les deux,on est va finir seuls comme des cons parce qu'on aura été incapable d'être sincère ,alors on aura jamais ce qu'on aime et on sera forcé d'aimer ce qu'on aura eu.J'ai pas envie Mél … t'as raison. J'en ai marre.

Puis Leo enlace la jeune fille de ses bras et la serre fort contre lui près du nana si il ne la supporte pas c'est,il vient de le comprendre,parce que elle fait ressortir le meilleur de lui,d'un coup il se sent moins vide,moins seul.Mél ressent la même chose,ils sont deux pauvres gosses perdus,que la vie n'a pas spécialement gâté sans pour autant les maudire et qui ne savent pas quoi faire de leur peau parce qu'ils réfléchissent et se posent trop de fait,ils avaient juste peur l'un de l'autre maintenant ça va mieux. Ils desserrent leur étreinte et Mél se déplace sur le côté plus près de Leo cette fois,ils se tournent l'un vers l'autre,se regardent,murmurent.

- T'es un peu beaucoup lourde quand même.

- Si j'étais bien foutue ,tu serais déjà amoureux de moi depuis des mois alors remercie-les mes gros bourrelets.

- C'est vrai, mais là il fait nuit et je vois rien.

- Tu le regretterais

- T'es belle.

- Toi aussi quand tu veux.

Leo approche sa main droite et caresse tendrement la joue de Mél.

- Parfois on regarde les choses telles qu'elles sont,en se demandant on les regarde telles qu'elles pourraient être en se disant « Pourquoi pas ? » …

Leo fredonne les paroles de cette Mél ferme les yeux sous la Leo avance tremblant,il dessine le contour du visage avec son leurs deux paires de lèvres se joignent un long moment ils partagent plus en un baiser qu'en 2 ans,ils se disent tout lèvres contre lè leurs yeux papillonnent, s'observent longuement,leur baiser a déjà tout dit. Et Mél fuit,elle se redresse doucement,replie ses genoux et y pose sa tê cœur de Leo s'emballe, toujours au sol.

- Je part en Nouvelle-Zélande à la rentrée.

C'est Mél qui l'annonce à demi mots,le regard dans le vide.

- Merde

De toute façon,qu'est-c'qu'il peut dire d'autre ? Il vient de tomber amoureux d'une « fausse hystérique » de toute façon ! Il ramène ses mains sur son visage,fatigué s'il n'était pas aussi bête il aurait pleurer pense-t-il. Et puis Mél s'éloigne à tout jamais,déposant un dernier doux baiser sur la bouche de Leo.