Instinct Sauvage…

À nouveau, la bête assoiffée s'éveille,
Toujours en mon sein, elle sommeille,
Il suffit d'un rien pour qu'elle émerge,
Et qu'elle souffle sans remords le cierge…

Ici, en l'occurrence, un simple cours,
Et déjà, aux aguets, je sens qu'elle accoure,
Cette très anodine petite thématique du deuil,
Et la plainte silencieuse et lugubre franchit le seuil…

La force de sa rage étouffante,
Désirant rugir de milles éclats,
Et le nœud nait dans mon ventre,
Bisant l'ensemble des armadas…

Dévastant toutes pensées,
Chamboulant toutes choses,
Empêchant de me concentrer
Manquant le reste car je n'ose…

Cette rage nait de l'impuissance,
Mais aussi de l'incompréhension,
Émerge alors au jour cette tension,
Une explosion de pleine puissance…

Bien que toujours présente,
Très doucement elle se rendort,
Toujours sans le moindre remords,
La bête, peu à peu, redevient « absence »…