Les chroniques de Tiphéri le sorcier

Chapitre n°1

L'amour.

Le mardi 20 septembre 2011, 01h00

Il est une heure du matin et je n'arrive pas à dormir. Allongé sur mon lit côté ventre, je rédige mes confessions sur les nombreuses pages blanches de mon journal intime. Qui suis-je? Je me nomme Tiphéri et je suis un adolescent de quatorze ans. Mes cheveux sont bruns et courts, mes yeux sont marrons et ma peau est extrêmement blanche. Ma taille, environ dans le mètre soixante. Bref, je serais un garçon plutôt normal si l'amour de mes parents n'avaient pas scellé mon destin à tout jamais. Il y a seize ans, mon papa et ma maman se sont rencontrés lors de l'une de leur mission respective, une tâche qui devait faire d'eux des sorciers confirmés. Leur regard se sont croisés et leur cœur s'est mis à battre comme jamais auparavant. Papa n'a pas hésité une seule seconde à devenir romantique pour charmer celle qui allait devenir sa future femme. D'après maman, qui me raconte souvent cette période de leur vie, mon paternel usait sans compter de ses dons pour faire apparaître des bouquets de roses noirs, des poèmes, des bijoux et autres fantaisies qui pourraient plaire à n'importe quel représentant féminin de la race des innocents. Ma mère s'est laissée convaincre. Leurs noces ont été célébrées peu de temps après. Pour leur lune de miel, ils se sont offerts un voyage dans les cieux, parmi les nombreux anges-gardiens qui peuplent ce royaume immaculé et enchanteur. Cette nuit-là, animés de la passion de l'amour, mon père et ma mère se sont unis. Quelques minutes plus tard, se reposant de leurs étreintes fougueuses, la sorcière n'imaginait même pas qu'elle abritait déjà dans son incubateur maternel, deux embryons. A ce moment, je pense au seul être de ma famille qui ne m'aime pas. Levant les yeux au plafond, je ne peux m'empêcher de prononcer son prénom « Callisto ». Malgré ce détail un peu triste, je compte un autre individu dans mon entourage proche grâce à qui je comprends les sentiments qu'éprouvent mes parents l'un envers l'autre. Cette personne se nomme Arquian et malgré ce prénom étrange, sachez que c'est un garçon, tout comme moi. Pourquoi je l'aime ? Je l'ignore complètement mais physiquement, il me plaît beaucoup et mentalement, je n'en parle même pas. En cherchant bien dans ma mémoire, je ne me souviens pas d'être déjà tombé amoureux. Pour Arquian, mon cœur se met à cogner très fort à chaque fois que nos regards se croisent. Lorsqu'il me sourit, j'ai l'impression que je suis unique pour lui. Je sais que notre attirance est réciproque car il n'hésite pas à avoir des gestes tendres envers moi quand nous sommes seuls. Un baiser échangé ? Pas encore mais je ne désespère pas. Ce que je suis prêt à faire pour lui ? Donner ma vie si l'occasion devait s'y prêter. La nuit, au moment où je ferme les paupières, je me surprends à le voir entrer dans mes rêves. La plupart du temps, je revis certains moments de la journée que nous avons vécu ensemble. Tout ce passe bien et le lendemain matin, je me réveille avec un joli sourire sur mes lèvres. Par contre, et je ne comprends pas pourquoi, il m'arrive de me réveiller avec un léger indice qui trahit mes pensées du moment. Je l'aime et le respect tellement que je ne tiens pas à me satisfaire de cette façon. Du coup, deux choix s'offrent à moi. Premièrement, une bonne douche bien froide pour me calmer les idées. Deuxièmement, la récitation d'un sort qui m'a été donné par ma mère puisque je suis en âge d'avoir mes premiers flirts. D'ailleurs, cette dernière solution est la plus préférable lorsque l'on sait que la salle de bains de la maison se trouve au bout du couloir. Arquian, j'ignore quels seront les pouvoirs que j'obtiendrai au cours de ma formation mais sache que si j'avais la télépathie, je t'enverrai mille je t'aime à chaque fois que je serais éveillé. Malheureusement, des sorciers-veilleurs pourraient entendre mes appels et je serais aussitôt sanctionner. Pourquoi ? Parce que deux jeunes garçons qui s'aiment dans notre royaume est formellement interdit. Si ça devait se savoir, je perdrais la tête sur le champ.