Lorsque douceur

rime avec puanteur,

qu'une situation fort agréable

en devient détestable,

que d'une caresse

on obtient une promesse,

qu'on le nie ou qu'on l'espère,

on sombre dans l'adultère.

Ce n'est qu'une passade,

l'histoire d'une seconde dans la nuit,

qui après une journée de façade

devient une seconde vie.

Alors on ment quand on enlace,

on se détruit quand on embrasse,

car c'est l'autre qui nous ronge;

sa vérité est nôtre mensonge.

Et les sourires cachent les larmes,

les mots tendres sont des lames

qu'on aiguise en se déchirant l'intérieur

à coups de "Pardon, j'ai un autre cœur".

On se dispute avec l'officiel

"Bien sur qu'il n'y a que toi! Mais je travaille tard."

et l'officieux nous engueule

"Tu ne comprends pas! Elle ne doit pas savoir!"

On se blesse à chaque ébat,

on s'écroule à chaque pas.

Ce qui se perdait dans la passion,

se noie maintenant dans l'ivresse,

car l'amour est une prison

que même la joie délaisse.

"Je t'aime mon amour

mais plus pour toujours.

C'est pour te préserver, me protéger,

que je tente de garder le secret."

"Je t'aime mon amant,

même si je te mens,

elle a tout compris je sais,

c'est moi qui ai honte de l'avouer"

Lorsque qu'on met du temps à se découvrir,

qu'on comprend trop tard ce qu'est le désir,

il arrive qu'un soir on parte et qu'on s'oublie,

jusqu'à se surprendre dans un autre lit,

qu'on en joue tant c'est plaisant,

ou qu'on en devienne dépendant,

c'est avec regret qu'irrémédiablement

on meurtrit ceux qui nous sont importants.