Désolée du retard avec lequel je poste ce chapitre, moi qui espérais le poster peu après le nouvel an c'est râpé, mais entre les partiels et les petits boulots qui s'entassent je n'ai pas eu le temps de grand-chose.

Toujours rien d'exceptionnel dans ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira quand même, même si je n'en suis pas spécialement fière. Gros bisous à toutes et merci pour vos reviews qui me donnent le courage de sortir de mes bouquins d'histoire pour écrire. Bonne lecture !

Chany, merci pour ton petit message, ça m'a fait plaisir. Contente d'avoir réussi à piquer ta curiosité même si rien n'est encore dévoilé sur Skylar dans ce chapitre. On en apprendra plus dans les prochains chapitres. Gros bisous et encore merci

2.

Il avait envie de vomir. Quand il pensait que c'était ce sale type de Zevinski qui avait gagné la course, ça le rendait malade. Il passa une main pleine de cambouis sur son front et se laissa tomber sur le capot de sa voiture en soupirant.

- Eh, tu viens avec nous Télémaque ? On va boire un coup avec Drew.

Télémaque tira la grimace et attrapa son paquet de Marlboro. Il avait besoin d'une clope. Aller boire un coup en l'honneur de Drew Zevinski. Pourquoi pas se rouler à ses genoux en lui baisant les pieds, non plus ? Il secoua la tête et ne bougea pas, les mains tremblantes sur son briquet. Il avait l'air assez désagréable pour qu'on le laisse tranquille.

Le pire c'était d'être monté sur le podium, à sa droite et de l'avoir regardé lui jeter du champagne à la figure. Le fait d'être en F1, l'obliger à se montrer plutôt sympathique devant les caméras. Il aurait été en F2, il l'aurait assommé et jetait sur le macadam sans plus de préambules. Télémaque n'avait pas perdu depuis trois ans et il fallait qu'un petit nouveau, tout droit débarqué du monde délaissé de la F2 lui pique sa place à la première course. Il se serait baffé.

Il écrasa sa cigarette et se repencha sur son moteur. Il savait que c'était pas son boulot, mais il aimait ça, comprendre. C'était sa passion. Ils étaient pilotes de père en fils, son père Howard Haddison avait gagné trois fois de suite le titre de champion du monde dans les années 80, son frère Billy, était devenu pilote dans l'Air Force, et lui, lui il avait suivi les traces. Les traces… Il eût une vague pensée pour son frère, pas Billy, l'autre, celui dont on ne parlait plus et se mordit l'intérieur des joues. C'était du passé. Du passé pas facile à oublier mais du passé quand même.

- Encore en train de râler ?

Télémaque leva les yeux au ciel et jura. Cet enfoiré de Drew, même pas capable de jouer la carte de la modestie. Pour la peine il fouilla de nouveau sa combinaison à la recherche de son paquet. Il ne lui restait qu'une clope et pas assez de self control pour pas lui casser la gueule. Il essaya de sourire.

- Tu devrais pas être en train de fêter dignement ta victoire Zevinski ? Te noyer sous le champagne et te gorger de caviar ?

Drew haussa simplement les épaules et enfonça les mains dans ses poches.

- T'as une clope ?

- Nan désolé, il m'en restait qu'une.

- T'es chiant, Télémaque…

Télémaque ne releva pas et lui jeta son paquet vide à la figure en se repenchant sur son moteur. Si avec ça il ne comprenait pas qu'il voulait de l'air.

- Je m'en fous de tes clopes, merde…

- Qu'est-ce que tu veux alors ?

Il passa une main dans ses cheveux et les tira vers l'arrière. Drew soupira et shoota dans le paquet.

- T'inviter à boire un verre, j'en sais rien…

Télémaque s'étouffa avec une bouffée de tabac et lui jeta un regard dubitatif.

- Boire un verre ? Genre un rencart ?

- …Ouais.

- Ben non. Ecoute Drew, je sais pas ce qui te passe par la tête, mais c'est pas mon style de faire ce genre de trucs… En plus c'est le nouvel an ce soir. J'ai autre chose à foutre.

Il se repencha sur le capot de sa voiture et jura. Y avait du cambouis de partout, c'était vraiment le bordel là-dedans. Encore plus bordélique que ce qui était en train de se passer dans la tête de ce foutu Zevinski. Il avait gagné ça lui suffisait pas ? C'était quoi cette manie qu'avait les gens de toujours vouloir tisser des liens ?

- Je sors pas avec les gens. Je… J'aime pas ça.

- Ok…

Drew poussa un long soupir et fixa ses yeux sur la boîte à outils à ses pieds. Télémaque leva les yeux vers lui, visiblement contrit.

- Désolé… Mais s'tu veux, on peut coucher ensemble ?

Drew haussa les sourcils, il était en train de se foutre de sa gueule là non ? Il jaugea Télémaque du regard et ne croisa que ses yeux bleus sans expressions fixés sur lui. Ok, il était peut-être trois quarts sérieux. Voir carrément sérieux.

- Ok…

- Cool.

Il esquissa un sourire en coin et se pencha pour l'embrasser. Le baiser était brutal, dur. Rien à voir avec ce dont il avait l'habitude. Télémaque lui tira les cheveux et la nuque pour le rapprocher de lui et Drew décida d'arrêter de réfléchir. Après tout, c'était un fait. Télémaque Haddison était imprévisible et insensé. Il agrippa ses épaules et le poussa contre le capot de sa voiture.

- T'es complètement dingue…

- C'est ce qui fait partie de mon charme.

xxx

- Putain de bordel de merde !

- Laisse… Je m'en charge.

- Bordel mais c'est de la faute à Télémaque ça ! S'il nous avait pas offert cette foutue machine ! Made in Italia, je lui en foutrais moi. Made in son cul, ouais.

Théo le fît taire d'un geste de la main et Adam partit s'asseoir sur le balcon en jurant et s'alluma une cigarette. Il neigeait à gros flocons et il crevait de froid, mais il avait besoin de respirer. De s'aérer les idées comme Théo disait. Lui tout ce qu'il voulait c'était sa dose de caféine et de nicotine quotidienne et optionnellement aujourd'hui, d'aspirine. Théo posa les tasses sur la table en fer forgé d'un mouvement brusque et lui jeta un regard noir. Adam haussa simplement les épaules et balança la cendre par-dessus la balustrade.

- J'ai déjà arrêté de fumer dans l'appartement, c'est déjà pas mal.

Théo ne répondit pas de suite et attrapa sa tasse en regardant l'avenue.

- Si tu le dis.

- Dis Théo…

- Hm ?

Adam sourit et bût une gorgée de café avant d'accrocher le regard du brun, occupé à observer la façade de l'immeuble d'en face où une petite veille arrosait ses plantes gelées.

- Bon premier matin.

Théo haussa les sourcils et esquissa un petit sourire. Adam ne sût pas exactement ce qu'il signifiait, parce qu'avec Théo rien n'était jamais défini. Des fois ça voulait dire, à toi aussi, d'autres fois seulement quelque chose comme, laisse-moi rire. Il le prît comme un je t'aime parce que le brun l'avait regardé longuement et n'avait pas détourné les yeux vers les immeubles et il écrasa sa cigarette de meilleure humeur.

- Tu vas faire quoi aujourd'hui ?

- Je vais continuer ma thèse tranquillement. J'ai encore quelques trucs à développer.

Adam hocha la tête et fixa Théo un moment avant de se tourner vers sa tasse de café et le mégot qui n'avait pas arrêté de fumer.

- Et il faudrait que je te parle de quelque chose aussi…

Il voulu lui demander de quoi il s'agissait mais il entendit quelqu'un toquer à la porte et jura en donnant un coup dans la table et en renversant son café.

- C'est bon j'y vais.

Adam observa Théo quitter sa chaise pour disparaître dans l'appartement et soupira en observant la fumée de sa cigarette qui continuait de s'évaporer dans l'air froid. Il décida de l'éteindre définitivement et de rentrer les tasses vides et glacées. Il savait très bien qu'une fois de retour Théo allait l'oublier sur le balcon et partir dans son bureau pour se noyer dans ses bouquins de philo. Rien que pour l'énerver d'ailleurs, il alluma une cigarette dans la cuisine et écouta d'une oreille distraite la porte d'entrée qui se refermait et les voix dans le couloir.

- Tiens, t'as de la visite.

Théo ne fît même pas une remarque pour la cigarette et disparu derrière la porte de son bureau. Adam entendit le verrou s'enclencher et l'insulta en serrant les dents. Ce type était un foutu rat de bibliothèque.

- Euh… Bonne année ?

- Ouais, à toi aussi.

Même pas la peine de lever les yeux pour reconnaître l'accent espagnol d'Eli et sa drôle de façon d'avoir toujours un sourire dans la voix. Il se pencha sur le plan de travail et versa le restant de café dans deux tasses en se brûlant les doigts. Il n'aurait pas assez de deux cafés pour se retenir d'aller défoncer la porte de cet enfoiré de Théo qui disparaissait sans cesse depuis qu'il s'était mis en tête de passer ce foutu doctorat.

Il entendit Eli s'asseoir près de la fenêtre mais pas sur le balcon et se tourna vers le jeune homme, ses deux mugs à la main et la clope au bec.

- Qu'est-che tu fais là ?

Eli attrapa une tasse et attendit qu'il s'asseye avant de répondre.

- Oh rien… Je passais juste te voir.

Adam bût une gorgée de café et tira une longue bouffée sur sa tige de tabac avant de soupirer :

- A d'autres, Eli.

- Je peux te piquer une cigarette ?

Le roux poussa le paquet sur la table et fixa Eli un long moment qui tremblait tellement des mains qu'il avait du mal à allumer sa cigarette. C'est là qu'il remarqua qu'il avait plein de givre dans les cheveux et des foutues cernes sous les yeux.

- J'y crois pas. Il t'est encore arrivé une merde ! Bordel Eli, c'est le premier janvier, tu veux pas faire un effort et arrêter d'avoir la guigne ?

Eli éclata de rire et passa une main dans ses cheveux givrés avant de reposer son regard sur sa tasse en souriant.

- C'est pas si grave t'en fais pas. Je suis juste passé parce que j'avais froid et envie d'un bon café bien chaud.

- Eli…

- Bon. Mais tu me promets de pas dramatiser ?

- Je promets rien Eli. Tu pédales dans la semoule et t'as une poisse quasi viscérale, faut bien que quelqu'un te plaigne un peu, non ?

Eli balaya la remarque d'un geste de la main et posa son regard sur la vitre où la ligne des immeubles se distinguait à peine derrière le givre.

- Y a eu un incendie dans mon immeuble, alors j'ai plus d'appartement.

Adam ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Il ne savait pas quoi dire. Depuis qu'ils étaient mômes, Eli avait cette foutue manie de tout minimiser. Chez lui le relativisme c'était carrément de l'optimisme. Le blond lui jeta un regard inquiet derrière la fumée presque opaque de son café brûlant et Adam lui donna une claque.

- Mais t'es malade ou quoi ?

- Putain Eli ! Vire-moi ce sourire de ta gueule d'ange et mets-toi à chialer ! Fais quelque chose merde !

Le blond soupira et appuya sa joue sur sa main d'un air ennuyé.

- C'est pas si grave Adam. Regarde, j'aurai pût ne pas être au boulot et en train de pioncer dans mon lit. Là ça aurait été dramatique.

- Attend, attend… Et t'as passé la nuit où ?

- On s'en fiche de ça, je passais juste pour m'incruster dans ta cuisine et te piquer du café.

- J'y crois pas ! T'as dormi dehors !

- Adam…

- Putain Eli ! Mais pourquoi tu m'as pas appelé ?

Eli haussa les épaules et bût une gorgée de café en soupirant.

- Ben c'était le nouvel an. Je voulais pas te déranger.

- Alors toi. Toi, t'es un grand malade.

- Peut-être bien, je sais pas. Enfin… Je voulais te demander. Si ça vous dérange pas Théo et toi, je pourrais juste passer la nuit ici ce soir ? Je vous paye un restaurant en échange, ce que vous voulez.

- Putain mais Eli ! Tu resteras ici autant qu'il le faudra, ok ? Rah tu me saoules. On dirait la petite maison dans la prairie. Bordel, Eli. Même Théo il t'éclaterait la gueule avec ses bouquins de philo s'il t'entendait parler comme ça. Y a des moments où il faut arrêter de positiver, merde !

- Hm, t'as sûrement raison. Et toi ton nouvel an ?

- Oh putain tu me saoules, je vais me faire un autre café.