Une course.

Ses longs cheveux flottaient dans son dos.

Ils criaient. Ils avaient des fourches.

Alors, elle courrait. Pour sa vie, elle fuyait. Si elle parvenait aux bois, elle serait sauve. Si elle parvenait aux bois, elle pourrait s'arrêter. Elle tenta de calmer la douleur dans sa poitrine. Un cri dans son dos lui indiqua qu'ils l'avaient repérée. Elle accéléra.

Sa respiration s'emballa.

Encore un kilomètre avant l'orée des arbres.

Elle n'y arriverai jamais.

L'air avait un goût de sang dans sa bouche. Elle cracha sa salive, sans même s'arrêter. Un regard par dessus son épaule lui apprit qu'Ils arrivaient. Ils avaient sortit les chiens. Le désespoir l'envahis. Son regard se reporta devant elle. Elle devait y arriver. Elle devait survivre. Si son savoir se perdait, tant de choses changeraient. Des loups sortirent des bois, courant droit vers elle. Elle s'immobilisa, prise entre deux feux, ne sachant quel ennemi affronter.

Étrangement, les loups passèrent devant elle, et s'arrêtèrent face à ses poursuivants. L'un deux, noir comme la nuit, se tourna vers la jeune femme. Ses yeux jaunes croisèrent les siens. Il s'avança jusqu'à elle, et la poussa du museau, comme pour lui faire comprendre qu'elle devait partir.

Obéissant, elle se remit à courir, moins vite cependant. Elle entendu les hurlements des villageois. Elle sentit leur peur face à la meute. Un sourire déchira ses lèvres charnues. Puis, les arbres l'absorbèrent. Ses perceptions magiques étendues au maximum, elle sentit les loups se placer autours d'elle, comme une escorte. Le noir s'approcha d'elle, comme pour la guider dans les ténèbres. Bien que surprise, elle les suivit, et arriva à une petite cabane.

Un homme, non, un elfe était assit devant la porte. Malgré le froid hivernal, il ne portait qu'un pantalon de lin bleu. Ses longs cheveux blancs voletaient au rythme du vent. Le loup noir alla se coucher à ses pieds. Alors, il leva les yeux. Des yeux jaunes, identiques à ceux du loup.

Durant un instant, elle eut peur. Puis elle s'avança, s'inclina devant celui qui lui avait permis de vivre. Celui qui avait envoyé ses loups la guider.

Il se leva, souple et gracile. D'un geste il l'invita à entrer. Au moment où elle passait devant lui, il lui murmura à l'oreille :

'Bienvenue dans l'Immortalité, sorcière.'