Note : Drame / romance / Angst / Histoire sortit tout droit de mon imagination.

Nouvelle version.

Note : La fiction a été supprimée. Le roman sort cet été 2014 en format papier.


Le grimoire de l'intersection


Prologue

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1998.

Hugo Pratier attendait à la gare l'arrivée de Maxence Mallet : le fils de son meilleur ami, feu Antony. Les mains jointes et assis sur un banc, il repensait à ce dernier. Ils ne s'étaient pas revus depuis la naissance du petit. Le regard plongé dans ses vieux souvenirs, il regrettait amèrement d'avoir mis une certaine distance entre eux. Il fut un temps où, autrefois, ils étaient bien plus proches et, comme des frères de sang, ils étaient inséparables.

Un léger rire franchit de sa gorge lorsqu'il repensa à leur trio : les trois mousquetaires dont Mathéo Rodgers faisait aussi parti. Le jour des obsèques d'Antony, il était présent et, ensemble, ils avaient discuté de leurs vies respectives. Un léger sourire sur les lèvres, en y repensant, Mathéo lui avait annoncé la naissance de son fils, Kalyan. Le temps… où était-il donc passé ? Que leurs étaient-ils tous arrivés ? Pourquoi la vie les avait-elle séparées ? Le visage offert aux cieux et les yeux fermés, une brise parut se lever doucement et, comme si elle avait le pouvoir de balayer tous ses vieux souvenirs, elle lui caressa chaleureusement les joues tendues par sa perte.

Hugo bascula son buste en avant et, la tête entre les mains, il se laissa guider par sa mélancolie. A vingt-huit ans, il n'imaginait pas perdre son meilleur ami. Il ne pensait pas qu'il quitterait ce monde aussitôt. Les yeux prêts à exploser, il releva son visage et, en prenant une profonde respiration, une boule se logea au niveau de sa gorge : il aurait dû prendre de ses nouvelles, il aurait dû réunir les trois mousquetaires… il aurait dû… mais, à l'heure actuelle, il n'y avait plus rien à faire.

Un rictus de peine aux coins des lèvres, Antony lui manquait terriblement. Des regrets, Hugo en avait et, en tentant de se maîtriser, il ne parvenait pas à chasser cette douloureuse sensation de vide. Il passa rapidement sa manche sur ses yeux flous et, la poitrine serrée, il finit par éclater en sanglots. Tout cela était si injuste ! Les lèvres tremblotantes, il avait envie de hurler, envie de crier son désespoir mais, comment le faire quand, il avait préféré s'éloigner de ses amis ?

Hugo effaça ses larmes pour retenir difficilement les autres qu'il bloqua rageusement au bord des yeux. Les mains dans les poches, il sortit un papier : la lettre d'Antony. Son cœur se décomposait au fur et à mesure qu'il la relisait pour la énième fois et, comme un trésor, il la conservait toujours près de lui.

« Salut Hugo,

Je ne vois pas d'autres manières que de commencer par : Si tu reçois cette lettre, c'est que je ne serais plus de ce monde. Je sais, ce n'est pas original mais, il n'y a que vers toi que je puisse me tourner. Te souviens-tu de notre promesse ? Alors, mon ami, c'est pour aujourd'hui : je veux que tu prennes soins de mon petit Maxence tout comme ton propre fils. Le feras-tu ? Oui, j'en suis certain.

Je te connais assez bien pour savoir que tu feras de mon petit bonhomme, un grand garçon. Tu sais déjà combien je t'ai énormément admiré par le passé et je reste toujours fier de toi. Bien que le temps nous ait séparés, je sais que notre amitié n'en pâtira jamais car, j'ai confiance en toi, confiance en ta femme Hélène.

Quoiqu'il ait pu m'arriver, j'ai toujours cru qu'un jour, je te reverrais avant mais, si tu reçois ce courrier alors, j'espère que tu ne m'en voudras pas de t'avoir perdu de vue. Tu as toujours eu une place importante dans ma vie et peu importe ce qui a pu se passer pour qu'on en arrive là.

Parfois, notre époque me manque. Mathéo me manque, tu me manques, les trois mousquetaires me manquent. T'arrives-t-il de repenser à Gabriel ? Je ne devrais pas t'en parler mais, j'ai besoin de croire en quelque chose de bien plus grand que nous et, en dépit de ce que nous avons pu voir, j'ai foi… foi en cet étrange vieil homme qui avait su nous lié.

J'imagine que ton fils, Adam, a dû bien grandir et, j'espère qu'il s'entendra avec Maxence. Mon petit garçon est ce qu'il y a de plus cher à mes yeux et, je crois que tu me comprends quand je te dis cela. J'aimerais que tu lui donnes le pendentif lorsque tout sera enfin fini.

Voilà mon ami, nos chemins se séparent ici et, comme le dirait Gabriel, il y a des intersections qui se finissent pour en créer d'autre.

Merci de m'avoir protégé, merci d'avoir été mon meilleur ami.

Anthony Mallet »

A la fin de sa lecture, un train s'arrêta à sa hauteur et, le cœur palpitant, il patienta sans réussir à calmer ses tremblements. La gorge serrée, il distingua enfin le petit Maxence. Ce dernier ressemblait tant à Anthony qu'il n'y avait plus aucun doute possible sur l'identité du petit. Des yeux bleus océans et les cheveux bruns, il était bien le fils d'Antony. Hugo lui sourit et, en s'agenouillant, il prit le temps de l'observer. Les traits fins et une frimousse qui dégageaient beaucoup de timidité, il était le portait de son père. Main dans la main, Hugo devenait, à cet instant, un second père pour le petit Maxence._

… … …

Âgé de cinq ans, Maxence avait maintenant un grand frère de huit ans : Adam. Blond aux yeux bleus, l'enfant Pratier le prit sous son aile et le présenta avec beaucoup de fierté à ses amis. Ensemble, comme si le temps ne manquait pas, ils grandirent en parfaite harmonie. Il n'y avait aucune jalousie, aucune rancœur, juste une excellente entente. Les premières années s'envolèrent entre rire et joie. Maxence évoluait à son rythme dans un monde rempli d'affection. Il était heureux d'avoir une famille qui l'aimait alors, un jour, en voulant offrir un cadeau pour l'anniversaire de son »grand frère », son père adoptif l'emmena en ville.

Du haut de ses onze ans, pendant que Mr Pratier patientait près d'une terrasse, ce dernier lui laissa le droit de visiter seul les magasins mais, sans trop s'éloigner de lui. Ce ne fut qu'en s'arrêtant devant une étrange boutique que le petit Mallet pénétra.

— Bonjour, mon petit bonhomme…

— Bonjour monsieur, répondit aimablement Maxence qui fut immédiatement attiré par un gros livre.

Ils discutèrent un peu de tout et de rien puis, en achetant le grimoire, le vendeur au nom de Gabriel, lui proposa d'écrire un mot sur l'avant dernière-page. Le sourire enfantin, Maxence saisit un stylo et sans réfléchir, il y apposa ses mots.

— Je suis certain qu'il plaira à la personne que tu l'offriras…

— Merci Gabriel ! tonna l'enfant en sortant le sourire aux lèvres.

Maxence était tellement heureux d'avoir un grand frère qu'il ne pensait pas un jour que tout basculerait. Jamais, il n'aurait cru qu'Adam le détesterait…

Ainsi commence son histoire… L'histoire du « Grimoire de l'intersection » …

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à suivre