Rating : T puis surement M.

Résumé : Quand Arthur percute avec sa voiture un jeune sourd, il ne se rend pas compte à quel point sa vie va basculer à son contact.

Note : Sorti tout droit de mon imagination / Trés fluffy


Jeux de mains


Prologue : Rencontre

.. ..

Arthur Loises contemplait le jeune homme endormi sur son canapé. Ses yeux bleus n'arrivaient pas à se détacher de ce corps fin qui remuait sans cesse faisant ainsi glisser un peu plus la petite couverture.

Un cauchemar ? pensa-t-il.

Il vagabonda son regard sur ses formes masculines si joliment découverte... si jeune et si appétissant…

Non ! arrête-toi là ! Tu ne peux pas…

Raisonnablement, il détourna son regard mais comme si son jeune ami l'appelait, ses yeux se reposèrent une nouvelle fois sur cette merveilleuse masse. Il pouvait non sans peine imaginer la peau laiteuse et chaude sous ses vêtements fins qu'il lui avait mis... Arthur ne se rendit pas compte que sa respiration se saccader tant la vision du jeune homme l'envoutée. A genoux à côté de ce dernier, sa main chaude, attirée tel un aimant, se mit à le caresser affectueusement… d'abord sur l'épaule dénudée par l'un de ses t-shirt à manches courtes puis lentement, elle continua à l'effleurer...

Tremblante et fébrile, elle lui faisait parvenir des sensations qu'il aurait déjà dû connaitre à ses vingt-huit ans mais jamais personne ne lui faisait autant d'effets que son inconnu. Lentement, sa main remonta jusqu'à la joue gauche que le jeune brun lui dévoilait. Frissonnant à l'idée d'être découvert de ses gestes, sa main insistait pour s'imprégner de sa chaleur comme s'il n'arrivait plus à l'arrêter. Gentiment, elle parcourait nonchalamment cette peau douce et soyeuse…

Peut-on dire ça d'un garçon ?

Tout en découvrant de nouvelles sensations grâce à sa main, il se rappela de sa rencontre accidentelle de la veille…

.ஐ. ..

Sous une pluie diluvienne, en quittant sa boîte, c'est en reculant sa voiture qu'il le percuta. Désorienté et confus mais surtout en colère après sa fichue journée, Arthur sortit aussitôt pour trouver l'inconnu aux cheveux brun, mais plus de rage que de peur, quand il le vit se relever doucement, Arthur lui hurla dessus.

— Non mais vous n'allez pas bien ! Vous n'aviez pas vu ou même pas entendu la voiture ! Et…

C'est en apercevant ses mouvements de mains qu'il comprit que le jeune homme était sourd. Ce dernier avait posé ses mains sur ses oreilles pour le lui faire comprendre. Une sensation de honte s'immisça furtivement en lui. Comment communiquer avec une personne qui ne vous entend pas ?

Lamentable situation…

De ses yeux bleus, il ne lâcha pas les lèvres de son jeune interlocuteur. La gorge de celui-ci émettait des petits sons incompréhensifs… Mais à cet instant, telle une éternité, sans prêter attentions aux gestes de ses mains, son regard se scotcha immédiatement sur ses lèvres… ô combien merveilleusement roses et attirantes… totalement en perdition devant ce fabuleux spectacle, Arthur resta immobile. Entièrement hypnotisé par les mouvements de cette bouche qui formaient parfois des O, le jeune inconnu n'avait pas idée à quel point il lui dévoilait une langue humide et captivante… Arthur avait soudainement chaud… La sienne sembla irrémédiablement vouloir sortir de sa bouche pour aller à la rencontre de celle de son interlocuteur…

Non, tu ne peux pas…

Le jeune homme continua à divulguer ses petits bruits quand lui, fasciné par sa grâce le détaillait encore. Le corps tremblant, il demanda à son cerveau de fixer un autre point mais ses satanées lèvres ne cessèrent de bouger… comme si elles lui murmuraient de venir l'embrasser... Là et tout de suite ! Machinalement, simplement par instinct, il s'avança rapidement et presque violemment emporté par son désir de les toucher, il le saisit par la taille et déposa agressivement ses lèvres brulantes contre celles du jeune brun. Les paupières closes, à son contact son cœur s'emballa tellement vite qu'il eut honte de ne pas avoir demandé l'avis de son interlocuteur…

Mince, fallait pas être aussi attirant…

Arthur émit un son d'appréciation tant ce simple geste sembla apaiser soudainement la tension de tout son corps. Agréablement bien, jamais il n'avait agi sous ses pulsions puis, ce n'est qu'en ne voyant aucun mouvement du plus jeune, lèvres soudées, il ouvrit ses yeux. Face à deux orbes océans qui semblèrent apeurés et outrés, il recula en bredouillant des excuses en baissant la tête…

Mince, il ne m'entend pas…

Quand il aperçut deux pieds s'approchaient de lui, il leva sa tête quand il sentit sa joue gauche s'enflammer d'un coup de claquement. Abasourdi par ce geste, il plongea son regard dans ceux du brun. Il aurait cru que son jeune interlocuteur allait se mettre à pleurer tant une tristesse s'y peignait… quand brusquement, Arthur se félicita d'avoir de bon réflexe car le plus jeune s'évanouit…

Houlà ! Est-ce l'effet que je donne !

Arthur se gifla mentalement… il venait de le percuter… complétement coupable de cet incident mais en aucun cas de celui du baiser qui en restera un à ses yeux, il emmena son protégé chez lui.

.

.. ..

.

Mathieu, perdu dans cette immense ville, ne connaissait personne. Il voulut la visiter dès son arrivée mais il se perdit au milieu de la foule sans pouvoir retrouver le chemin de l'hôtel. Il pesta encore plus quand il se mit à pleuvoir… Grelotant de froid, il aperçut un hall d'un parking et une fois à sa hauteur, il se sentit brusquement bousculer par une voiture. S'étalant de tout son corps, il perçut une douleur fulgurante le long de son bassin. En inclinant sa tête, il discerna des chaussures noires et sous le poids de sa douleur, il se leva douloureusement.

Quand il distingua le propriétaire de cette monstrueuse voiture, il lui décocha un regard noir qui sembla passé inaperçu. Face à une colère dont il n'ignora pas, vu à la façon dont le conducteur parut le dévisager, une peine vint envahir son corps. La poitrine comprimée, il détestait ces moments de solitude. Qui voudrait lui répondre ? Un sourd ne pouvait jamais trouver une place parmi les entendants… Tristement comme à son habitude, il porta ses mains à ses oreilles pour lui faire comprendre qu'il n'entendait rien…

Surement encore des insultes à son égard… '' Aveugle, idiot, maladroit…'' Mathieu l'avait déjà vécu alors le corps droit, il continua à le fixer mais, étrangement, l'homme ne le regardait pas dans les yeux. Alors soudain pris de rage contre ces gens qui ne faisait que les considérer comme des handicapés, il s'emporta et agita fébrilement ses mains en lui disant qu'il n'en avait rien à foutre et qu'il pourrait dire tout ce qu'il voulait, il n'entendrait rien !

Son corps se mit à trembler instantanément quand il saisit qu'à l'instant même où son vis-à-vis était en train de fixer son regard sur sa bouche, il crut tomber sur un déséquilibré. Subitement, l'homme s'approcha d'un pas rapide de lui et l'encercla rudement de ses bras et… pour la première fois de sa vie, il sentit ses lèvres s'humidifier par une autre personne.

Figé et frémissant à ce contact qu'il n'aurait jamais dû ressentir, quand il croisa le regard bleu du conducteur, il tremblait encore de cette émotion affolante qui lui disait de fuir à toutes jambes. Chancelant, il discerna les lèvres de cet homme en train de bredouiller encore quelque chose… Mathieu n'aimait pas son attitude et le cœur déchiré d'avoir été pris pour un simple objet, il s'avança douloureusement tant sa hanche le fit souffrir et le gifla de toute ses forces.

Il ressentait tellement de mépris pour ces personnes qui devaient seulement les sous-estimer, or là, dans une ville inconnue, il lui avait fallu tomber sur un énergumène qui s'autorisait à s'approprier un peu de sa personne. Vacillant, Mathieu se mordit la lèvre inferieur tant il ne comprenait pas ce qu'il lisait dans les yeux du blond.

.

.. ..

.

Mathieu sentait quelque chose se poser sur sa joue… les yeux fermés, ce geste lui rappela sa mère qui lui manquait. A cette pensée, cette main quitta sa peau lorsqu' il ouvrit subitement ses yeux. Son cœur s'affola de nouveau et respirant avec difficulté, il s'assit sur le canapé en balayant de son regard la pièce. Il se détailla quelques secondes quand il s'aperçut qu'il ne portait plus ses vêtements mais… ceux d'un autre. Un t-shirt rouge et un short noir qui ne cachait pas ses jambes… le rouge lui monta aux joues et de ses mains, Mathieu se leva vigoureusement et commença à les bouger.

Arthur recula sous le regard orageux du jeune homme. Le cœur palpitant, il le regarda faire encore ses mouvements mais seuls les bruits qui sortaient de cette bouche semblèrent lui dire qu'il était en colère… Il se leva nerveusement et lui tendit un bloc note et un stylo.

Bon il doit bien savoir écrire…

Mathieu s'arrêta de bouger en apercevant un bloc note… las, il soupira devant ce ridicule bout de papier empilé et écrivit :

'' Qui es-tu ? ''

— Je … Arthur se prit la tête entre deux mains…

Faut que j'écrive en plus…

Il partit chercher carrément un cahier vierge et en se posant à ses côtés, il commença :

'' Arthur Loises '' montra-t-il en lui souriant pour ne pas l'effrayer.

'' Mathieu Ethys ''

'' Désolé de t'avoir percuté '' Arthur fit une moue avec ses lèvres qui eut l'effet de faire sourire son interlocuteur.

Arthur s'aperçut de son hésitation à écrire alors il ajouta avec une main tremblante :

'' N'aie pas peur, je ne suis pas un pervers''.

Mathieu releva son regard qui sembla le trucider sur place tant il pouvait compter le nombre d'éclair qui le traversa.

'' Vous avez osé me toucher !''

Arthur était subitement mal à l'aise…

Toucher, toucher… je t'ai embrassé mon petit…

'' Je ne recommencerais plus. C'est promis ''

Mathieu ne répondit rien à cela.

'' Je dois retourner à l'hôtel et je vous rendrais vos vêtements''

'' Vous pouvez dormir ici cette nuit. Je ne vous violerais pas.''

Arthur détailla son invité qui parut soudainement s'énerver devant son mot. A nouveau, son invité leva les mains en l'air. Fatigué par sa longue journée, le maitre des lieux se passa ses mains sur le visage.

Et c'est reparti…

'' Ok, désolé si mon humour est bancal '' écrit-il en lui plantant son cahier face à ses yeux.

Cela dut le calmer puisque Mathieu hocha la tête pour lui indiquer qu'il acceptait de dormir ici.

'' Dans quel hôtel êtes-vous ?'' continua-t-il.

'' Non, je partirais seul demain''

'' Ok''

.

Arthur déplia le canapé pour son invité qui le regardait du coin de l'œil. Déçu que Mathieu ne veuille pas plus le connaître, il le laissa dans son salon avec un repas froid au four à micro-ondes.

.....

A suivre si cela vous a plu…

.

Eridine

.