Merci pour les reviews ! je vous souhaite bonne lecture !

Jeux de mains


Chapitre 6 & fin : Un nouveau commencement

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L'été approchait doucement et, le couple continuait à se voir. Arthur remontait pour la semaine à Paris et Mathieu restait dans sa petite campagne pour y devenir professeur. Pour ce dernier, tout cela était un rêve éveillé. Aurait-il pu croire un jour être aimé comme le lui montrer Arthur ? Aurait-il eu le droit d'imaginer que sa vie pouvait être aussi chamboulée par un seul homme ?

Mais, vivre pleinement cet amour avait une facette que Mathieu ignorait : la distance. Il le vivait mal,… très mal. Il devenait de plus en plus dépendant de la chaleur d'Arthur… il lui manquait terriblement et, les semaines devenaient de plus en plus longues. Il ne savait pas ce qui pouvait être le pire : l'entendre à l'autre bout du fil ou de le voir par la webcam et tout cela, sans pouvoir le toucher…

Mathieu ne voulait pas le perdre et, n'ayant jamais eu de relation tout court, il acceptait ces séparations forcées. Il ne montrait rien à son compagnon… Compagnon ? Un mot qui avait du poids mais, qui dans leur situation n'en avait pas tant que cela car, ils ne vivaient pas ensemble… trop loin, trop de distance,…

Un jour de juin, Arthur commença à annuler ses week-ends à cause de son poste qui l'obligeait à voyager et, Mathieu l'aimait tant, qu'il acceptait ses absences qui devenait de plus en plus fréquentes. De l'amour, il savait que le jeune Loises en éprouvait autant pour lui mais, au bout du compte, il n'avait rien en commun. Ils s'appelaient régulièrement et, Arthur envoyait toujours une surprise à son jeune amant mais, lorsque la fin de l'été approcha et que les rendez-vous manqués commençaient à peser, Mathieu se sentait mourir à côté du téléphone.

Il savait qu'Arthur se contenterait d'une relation à distance malgré son amour pour lui et, Mathieu, un jour décida de rompre. L'amour n'était pas en faute, c'était le planning de leurs vies respectives qui ne collait pas à la leur. Chaque week-end perdu, le jeune Ethys marchait seul dans les rues. Les couples qu'il voyait lui faisaient mal au cœur. Non, il ne pouvait pas continuer ainsi… Il vivait un rêve qui devenait de plus en plus inaccessible, un rêve qui, dans un sens, lui avait apporté un peu plus dans sa vie trop bien rangée.

― Allo ? entendit-il de la voix de son compagnon.

Mathieu écoutait un brouhaha venant d'assez loin de son amant.

― Je, …

― Math ? Mon cœur quelque chose ne va pas ...

Il avait la gorge si nouée qu'il savait qu'Arthur lui dirait qu'il le rappellerait.

― Je vais avoir une conférence, je t'appelle juste après,… je t'aime mon cœur…

Puis, il raccrocha, l'abandonnant encore à ses pensées insensées et, le prochain rendez-vous qu'ils devaient avoir ensemble fut encore déplacé. Mathieu laissa tomber le portable et, ne supportant plus cette souffrance silencieuse, il attaqua tristement la nouvelle scolaire avec ses élèves.

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Arthur devenait fou. Il avait tout pour être heureux et, il sentait bien que Mathieu était de plus en plus triste… Cela faisait déjà deux mois qu'il était sur un projet et, il était si près du but qu'il ne désirait qu'une chose, retrouver son compagnon. Cet été fut le plus difficile, impossible d'échapper à ses obligations et à son projet. Il savait que la séparation devenait de plus en plus critique et, Mathieu l'obsédait jour et nuit.

Le dernier entretien qu'il eut avec son amant par webcam lui déchira le cœur. Le regard du jeune Ethys le transperça, bien que sa mélancolie se cachait derrière un sourire, il le perdait petit à petit. Il ne restait qu'un mois pour tout finaliser mais, son homme était bien plus important. Avec sa sœur, il réussit à se mettre d'accord sur les paperasses qui restaient à finaliser puis, avec son soutient, il partit, valises en mains, retrouver Mathieu.

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Mathieu accueillit ses élèves avec joie et, passa toute la matinée à discuter avec eux de leurs vacances. La salle était calme mais, remplie de gestes qui signifiaient beaucoup. Il souriait de leurs histoires et, malgré sa peine, les enfants lui remontèrent le moral. À midi, au réfectoire, il croisa sa collègue et seule amie, Émilie qui lui demanda :

— tu sais ce qui se passe en ville ?

— Euh,…non, pourquoi ? répondit-il en la regardant boire son jus de fruit.

— Ils sont en train de monter une estrade,… comme si le village préparait un concert…

— Ha, s'étonna-t-il, peut-être un truc pour la rentrée des classes… souffla-t-il, loin d'être convaincu.

— Mouai,… reprit-elle, surtout pour une petite ville comme la nôtre,… d'habitude tout est planifié…

— On verra bien ça demain… dit-il d'une voix qui parut soudainement triste.

— Non, c'est pour ce soir ! ... oh, et puis, ça ne te fera que du bien, Arthur te manque…

— Il me manque,… commença-t-il en sentant les larmes au bord des yeux, mais, on a chacun une vie si différente que je crois que je vais…

— Non ! s'exclama soudainement son amie, Mathieu, tu imagines que c'est LA personne qui te faut…

— En quoi ? coupa-t-il,… la seule chose que ça me fait, c'est de me rendre encore plus triste de jour en jour… l'aimer ne suffit pas, …

— Math… souffla-t-elle en posant une main sur la sienne, il t'aime, j'en suis certaine,… à chaque fois que vous êtes ensemble, plus rien n'a d'importance,… même moi d'ailleurs, mais au contraire,… je t'ai eu assez longtemps à mes côtés…

Le cœur battant, il fixa son assiette et, en repensant à son amour, il savait qu'il n'aimerait que lui mais, la vie était ainsi : on ne choisit pas qui on aime et cela, quelle que puisse être la distance, l'origine et la foi… oui, Mathieu avait cette foi inébranlable de l'aimer de tout son être.

— Je ne peux pas l'obliger à venir tous les week-ends, je ne peux pas le forcer à abandonner son entreprise, je… j'ai l'impression d'être un poids plus qu'autre chose… répondit-il.

— Ne dis pas ça, …

— Cet été, on s'est vus en tout et pour tout : trois week-ends ! reprit-il avec de force, et, j'ai supporté mais,… à ce rythme je ne tiendrais pas, et tu le sais…

— Le seul conseil que je peux te donner, c'est de bien y réfléchir… Arthur est venu jusqu'ici au mois de janvier et, si tu en discutes sérieusement avec lui, je suis sûr qu'il prendrait en compte ce que tu ressens…

— Je sais, grommela-t-il en se levant, bon, allez, on se voit ce soir…

Une fois, la classe reprise, il passa l'après-midi à prévoir ce que les enfants proposeraient comme sorties scolaires pour cette fin d'année. À sa grande surprise, il dut s'interroger sur leur suggestion, ils avaient tous écrits : le parc de Disney… il était certain que les enfants avaient profité de la pause pour se concerter puis, en fixant cette feuille, il ne savait pas si cela serait réalisable mais, il en parlera avec le directeur.

Lorsque l'heure de la sortie arriva, Mathieu commença à frapper des mains quand, il fut interrompu par des coups portés à la porte.

— Entrez, dit-il en faisant des yeux ronds à ses élèves puis, en apercevant la personne qui se présenta, il s'immobilisa.

Arthur était là, dans sa classe, au milieu des enfants qui le regardèrent avec un grand sourire. Nul doute qu'ils le connaissaient puisque les enfants l'avaient quelquefois rencontré en sa compagnie.

*On peut vous laisser seul si vous le désirez maitre* fit une petite blonde en fixant Mathieu qui sourit avec légèreté puis, ce fut le jeune Loises qui répondit en gesticulant :

*non, restez les enfants…*

Le corps chancelant, le regard d'Arthur était encore plus vibrant que la dernière fois qu'il l'avait revu, trois semaines soit une éternité. Il était toujours aussi séduisant et, le cœur battant à tout rompre, rien ne franchit de sa gorge tout comme ses mains restèrent figées. Sans bouger, il suivit des siens son compagnon s'arrêtait à sa hauteur.

Ce qui se produisit l'instant d'après fut si inattendu que Mathieu resta bouche bée. Arthur venait de sortir une boîte de sa poche et, en scrutant le visage de son amant, il l'ouvrit pour lui faire découvrir une clé.

* Veux-tu vivre avec moi ? ... ici ?*

Ici ? Avec moi ? Mathieu avait du mal à réaliser ce que venait de lui dire son compagnon. Il sortit de ses pensées quand il entendit les voix des enfants qui gloussèrent en cachant leurs bouches de leurs petites mains.

*Mathieu ?* fit Arthur qui commençait à sentir cette peur d'être arrivé trop tard.

La gorge nouée, enfin, le jeune professeur croisa le regard de son amant et, un sourire timide se dessina sur ses lèvres :*oui*. Les enfants applaudirent en leur souhaitant une bonne soirée avant de rejoindre leurs parents qui attendaient au-dehors. Et c'est seul, l'un en face de l'autre, qu'enfin, Mathieu baissa ses yeux sur la clé :

— Tu vas vraiment vivre ici ?... bredouilla-t-il en sentant les mains d'Arthur sur les siennes, avec moi ?

Le jeune Loises le prit dans ses bras et, en lui souriant, il lui répondit :

— Je suis désolé,… j'avais prévu de t'en faire la surprise dans un mois,… mais, avec mes absences, mes déplacements, la distance… enfin tout,… j'ai senti que tu avais besoin que je te montre que tu étais important pour moi…

Mathieu qui retenait ses larmes aurait voulu lui dire qu'il n'aurait jamais dû faire cela mais, pour une fois, il voulait être égoïste.

— Tu m'as manqué,… lui souffla-t-il…

Ils restèrent ainsi, blotti l'un contre l'autre, durant plusieurs minutes. Un moment de tendresse dont ils avaient tous les deux besoin. Arthur pour le sentir encore plus frissonnant dans ses bras et Mathieu pour se dire qu'il ne rêvait pas. Lorsqu'ils se séparèrent, Mathieu reprit la parole en le dévisageant :

— Tu m'offres une clé… mais, elle va dans quelle serrure ?

— La maison qui est en finition à la sortie de la ville, lui souffla-t-il l'oreille avant de l'embrasser fiévreusement.

Le jeune Loises profita de leur solitude pour passer ses mains sous le haut de son amant qui gémit entre leur baiser. Lorsqu'il s'écarta de lui pour prendre sa main, il sentit que son jeune compagnon le forçait à rester, alors, en le regardant, il vit le visage serein de Mathieu qui lui dit en souriant de toutes ses dents :

— Ça veut dire que je peux te garder avec moi ?

— Baka ! répondit Arthur en éclatant de rire tout en l'attirant dans ses bras, bien sûr,… mais,… tu dois aussi me répondre à cette question…

Le jeune professeur le regarda sortir une autre petite boite et, le cœur qui battait effroyablement trop vite pour son corps, le poussa à hurler un OUI en découvrant une bague.

— O-kay, répondit Arthur en grimaçant, je m'aperçois avec beaucoup d'enthousiasme que ta voix se porte à merveille…

Mathieu était heureux, tellement content de voir combien Arthur l'aimait qu'il ne savait plus comment réagir. Il souriait, bêtement mais, il souriait à l'homme qui faisait de sa vie la plus belle des aventures. Jamais, en huit mois, il n'aurait cru que le jeune Loises changerait le cours de son existence qui était déjà dénué de toute chaleur et, là, à cette seconde, Arthur chamboulait le sien… et tout cela à son grand bonheur. Il le serra si fort contre lui qu'il écouta l'ainé souffler d'un ton moqueur :

— Math,…hum,… mon cœur,… je t'aime, mais,… tu m'étouffes…

Les joues empourprées, il éloignât son visage et, dans les yeux bleus d'Arthur, il n'avait plus aucune crainte.

— Est-ce que tu vas devoir repartir, lui demanda-t-il d'une voix tremblante.

— Avec mes trois valises qui attendent dans ma voiture,… hum, je crois que mon voyage s'arrête ici,… dit-il en encadrant le visage du plus jeune de ses mains avant de déposer ses lèvres contre les siennes.

Arthur le sentait encore fragile et, la façon dont son amant lui souriait lui démontra combien son idée était la meilleure, ou du moins, il remerciait profondément sa sœur aussi… Une nouvelle vie s'annonçait ici et, avec l'homme qui lui avait littéralement volé son cœur, en fermant ses paupières, il se souvint encore de cette bouche qui le narguait devant sa voiture… Comme un ange tombé de nulle part, Mathieu était là et, de cette fabuleuse rencontre, il était reconnaissant au destin de le lui avoir déposé au milieu de sa route. Qui aurait pu croire qu'un jour, que le jeune Loises tomberait amoureux d'un jeune garçon qui lui ferait voir un autre monde ? Un monde qu'il appréciait de plus en plus : simple, sincère et solide.

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— Math ! s'écria Arthur au pas de la porte de la maison de celui-ci, tu te dépêches !

— J'arrive… chuchota-t-il en courant jusqu'à lui puis en chaussant ses baskets, il contempla son amant d'un regard étincelant.

— Mon cœur, reprit le jeune Loises, ne me regarde pas comme ça,… tu sais bien qu'à ce rythme, on va finir en retard…

— À qui la faute, maugréa en riant le plus jeune en fermant la porte à clé… et puis, pourquoi devons-nous être absolument à vingt heures sur la place ?

— Ha ha, c'est ma dernière surprise, lui révéla enfin Arthur dont le visage affichait un sourire plein de malice.

Lorsqu'ils arrivèrent sur la place où pratiquement tout le village se réunit, voire même plus, ce qui étonna énormément Mathieu. Il fut tiré par la main de son amant qui l'emmena de l'autre côté des coulisses et, le cœur palpitant, il entendit ses amis japonais qui lui hurlèrent un bonsoir ! Aki et Hiro, étaient là. Les larmes qu'il avait gardées tout au long de cette longue soirée aux coins des yeux finirent par se libérer subitement.

— Arthur, bredouilla-t-il en se tournant sur lui, les mains agrippant le haut de ce dernier, merci…

C'en était trop pour lui, Mathieu était comblé car, son compagnon ne cessait de le surprendre et ce soir, il était tout simplement heureux. Comme un enfant, il se lova tout contre son amant qui lui chuchota à l'oreille :

— je t'aime… et, je veux que tu comprennes que c'est toi et seulement toi…

— Ba-Ka, souffla-t-il en continuant à pleurer de joie…

Blotti dans ses bras, il se laissa bercer par le corps puissant de son homme et, en entendant les gens hurler les noms du couple japonais, ils restèrent ainsi… l'un contre l'autre en savourant la chanson que leurs amis leur offraient… celle qui les avait rapproché : With me…

A partir de ce jour, Mathieu considérait que sa vie prenait un tout nouveau départ. Quant à Arthur, le choix, il l'avait déjà fait il y a déjà bien longtemps. Il lui suffisait de le regarder, de voir au fond de ses yeux que son amant était encore plus souriant qu'à ses débuts. Et ce qu'il aimait dévorer de ses yeux était toujours ses lèvres… celles qui l'avaient envouté au premier regard, celles qui ne cesseraient de sentir contre les siennes… Des deux, personne ne pourrait dire qui était le plus joyeux mais, le bonheur était enfin à leur porté.

Tard dans la nuit, Mathieu prit la main de son amant et, ensemble, ils marchèrent à la lueur de la lune. Le sourire nettement affiché sur le visage, il savait que cette main ne le quitterait plus parce qu'Arthur faisait maintenant parti de son monde.

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Fin

Eridine

Voilà, c'était tout fluffy, tout guimauve, je sais…

En tout cas, merci de les avoir suivis.

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