Titre : The Power of Love

Genre : Fic à chapitre (13) / Yaoi, lemon. Homophobe s'abstenir.

Rating : M pour les derniers chapitres surtout.

Disclaimer : Tout est à moi : les personnages, l'histoire, les événements (bon, pas les lieux, je suis pas encore propriétaire de l'Amérique), L'orphelinat Saint-Paul lui est de mon invention aussi.

Résumé : Keylian a quitté l'orphelinat il y a 10 pour faire sa vie. Derrière lui, il a laissé de nombreux souvenirs, tous plus heureux les uns que les autres. Et surtout Eliott son petit frère de cœur et plus encore. Aujourd'hui, il y revient. Mais en dix ans, les choses changent. Et les gens encore plus. Comment Eliott va-t-il réagir au retour de celui qui l'abandonné il y a si longtemps ?

Note : Chapitre 13, le dernier à moins que je n'écrive un épilogue (je ne sais pas encore)


Toujours un grand merci à Séraphine pour avoir jouée les béta-lectrice.

Et un grand merci à mes lecteurs et reviewer de votre fidélité !

Bonne lecture à tous.


The Power of Love


Chapitre 13 - L'Avenir est un long Passé


Nouvelle-Orléans, Novembre 2011.

Lorsque j'ouvre les yeux la première chose que je constate c'est qu'il fait grand soleil. J'en déduis donc que nous avons dormi plutôt longtemps. Contre moi, je sens la chaleur du corps d'Eliott, qui repose toujours dans mes bras. Sur son visage serein, se dessine un léger sourire alors que je glisse doucement mes doigts dans ses cheveux pour les ébouriffer tendrement. Mon cœur se gonfle lentement de joie. Il est là. Dans mes bras. Visiblement heureux. Et hier, nous avons fait l'amour. Je pourrais difficilement être plus enchanté.

Une main remonte le long de mes hanches et je sens naitre en moi un délicieux frisson alors que mon regard croise deux yeux verts encore ensommeillés mais déjà taquins. Je pose un baiser papillon sur le bout de son nez, un grand sourire heureux aux lèvres. Je faisais souvent ça quand il était petit, pour le taquiner. Il fronce des sourcils et son nez se plisse dans une petite grimace.

« Je n'ai plus 5 ans », m'annonce-t-il faussement boudeur.

« Tu resteras toujours mon Lutin », lui réponds-je avant de venir l'embrasser passionnément.

Sa main continue ses caresses aléatoires sur mon torse et bientôt la mienne glisse le long de son dos. Nous restons quelques instants ainsi, à profiter du contact de l'autre. A profiter de la présence et de la chaleur de l'être aimé. Je me décide finalement à me lever et repousse les couvertures. J'obtiens en réponse un grognement de la part de mon compagnon, qui s'emmitoufle aussitôt dans la couette pour garder la chaleur autour de lui.

Alors que je commence à me rhabiller, sous le regard appréciateur d'Eliott, j'avise les dernières traces de nos ébats, qui ont séchées sur mon ventre. C'est vrai que la nuit dernière, nous n'avons pas trop prit le temps de nous nettoyer avant de plonger dans le sommeil. Du coin de l'œil, j'aperçois Eliott s'emparer d'une bouteille d'eau qui reposait au pied de son lit et humidifier un mouchoir en papier. Quelques secondes plus tard, il me nettoie doucement le ventre, faisant renaitre quelques frissons dans mon corps.

Lorsque je suis propre, je lui prends le mouchoir des mains et entreprend de le nettoyer rapidement à mon tour. Nous n'échapperons pas à une bonne douche, mais au moins, nous pouvons nous habiller correctement pour y aller. Visiblement, l'orphelinat n'a toujours pas équipé les chambres de précieuses salles de bains et nous devons toujours nous contenter de la salle de bain, commune à chaque aile. Je me penche pour récupérer le reste de mes vêtements, tout en grommelant.

« Chez moi ce n'est pas grand, mais au moins, j'ai une douche personnelle. »

« On fera ça chez toi la prochaine fois alors », me glisse Eliott en enfilant son boxer.

Je stoppe mon geste pour me tourner vers lui, une idée me traversant soudain l'esprit.

« Tu pourrais venir t'installer avec moi », propose-je avec une lueur d'espoir dans le regard.

« Je ne sais pas », commence-t-il, visiblement ennuyé. « J'ai encore trois ans avant de finir mes études. Et ces trois années sont les plus importantes. Si je rate ma thèse c'est fichu… »

« Je ne te dérangerai pas, c'est promis. J'ai un lit deux places qui n'attend que toi et un bureau que je n'utilise pas » lui explique-je. « Et puis, comme ça, tu n'auras plus à t'occuper des petits, tu auras plus de temps libre. »

« Mais j'aime bien m'occuper des petits », contre-t-il tout en continuant à se vêtir.

« Alors on ira leur rendre visite autant de fois que tu le souhaites. Mon studio est à mi-chemin entre Saint-Paul et ta fac, tu ne peux pas rêver meilleur emplacement. »

« J'ai rien pour payer le loyer. »

« Je m'en occuperai. Toi tu te concentres sur tes études et ta thèse pour les trois prochaines années. Après, quand tu auras un travail, tu pourras me rembourser tout ce que tu veux. Ou alors… », mon regard se fait lubrique. « Tu peux payer l'hébergement en nature si tu veux. »

J'ai à peine achevé ma phrase qu'un cousin me percute en pleine face. Ebahis, je dévisage Eliott, parfaitement habillé qui est, sans aucun doute possible, le responsable de cette attaque soudaine, même si je n'ai pas vu le mouvement, trop occupé à imaginer mon Lutin s'installant dans mon petit studio.

« Ah, tu le prends comme ça ! » m'écris-je en me jetant sur lui.

D'un mouvement fluide, je le fais basculer sur le lit et entreprend de le chatouiller. Je connais par cœur ses zones sensibles et bien vite, il se tord de rire sous mes doigts agiles. Vaillamment, il tente de résister, en frappant au hasard avec son oreiller. Certains coups m'atteignent, mais sont trop faibles pour me faire lâcher ma proie. Son rire s'élève haut et clair dans la pièce alors que je continue mes tortures, riant aux éclats avec lui.

« Pitié, je me rends, pitié », finit-il par haleter.

Bon prince, je lui accorde finalement grâce, avant qu'il ne s'étouffe à force de rire. Je m'allonge à ses cotés alors qu'il tente de reprendre son souffle. Peu à peu j'entends sa respiration se calmer. Mes pensées repartent vers mon projet. Bien sûr j'ai proposé ça sans réfléchir, sur un coup de tête, mais plus j'y pense plus je me dis que ce serait merveilleux que nous nous installions tout deux ensembles. Après tout, il y a assez de place pour deux, même si ce n'est pas très grand. Au pire, nous pouvons chercher un autre appartement, un peu plus grand et abordable dans les alentours.

« T'es sérieux ? », me demande finalement Eliott, me coupant dans mes réflexions.

« Très », réponds-je ne devinant aussitôt à quoi il fait allusion. « Mais je ne veux pas te forcer. C'est toi qui vois. »

Il se mordille la lèvre inférieure, en proie à une réflexion que je devine intense. Avec angoisse, je le laisse réfléchir, croisant discrètement des doigts. S'il refuse, je continuerai à venir le voir ici, ou alors je l'inviterais à venir de temps en temps me voir. Peut-être que j'ai trop précipité les choses. Peut-être que…

« C'est d'accord. »

Je tourne doucement mon regard vers lui, n'osant croire mes oreilles.

« C'est d'accord », répète-t-il. « Mais à une condition », son sourire espiègle ne me dis rien qui vaille mais me rassure aussi. Il accepte c'est tout ce qui compte. « À défaut de payer en nature, je m'occupes du ménage et des repas. »

« Ça me parait équitable », reconnais-je en me penchant vers lui et en l'embrassant pour sceller notre accord.

Il répond avec ardeur à mon baiser et ses mains se perdent de nouveau dans ma chevelure. D'un coup de hanche, je nous fais basculer pour qu'il soit sur moi et je vois soudain son visage se crisper et perdre toute trace de la joie qui l'habitait précédemment.

« Que t'arrive-t-il, Lutin ? » lui demande-je alors que je m'étale de tout mon long et tente de l'attirer vers moi.

Il se laisse faire, sans répondre, collant nos deux corps l'un contre l'autre. Une de mes mains est posée sur le bas de son dos, l'autre joue avec ses cheveux, dans sa nuque, les siennes sont sagement posées sur mes épaules. Je continue de sourire mais lui ne se déride pas. On dirait qu'il boude, tout en me fixant intensément. Sa petite moue est mignonne comme tout et je résiste à l'envie de lui ébouriffer les cheveux. Il m'inquiète mine de rien, qu'est-ce qui peut bien lui passer par la tête en ce moment pour le faire réagir ainsi alors que quelques secondes plus tôt il était plein de joie ?

« Lutin ? »

« Jure-moi que tu ne partiras plus », finit-il par me demander la voix nouée.

Je me redresse un peu, pour capturer ses lèvres. Le baiser est doux, et j'espère y faire passer toutes les promesses qui ne suffiront pas, je le sais, à le rassurer. Jamais il ne pourra oublier que je l'ai abandonné une fois, mais jamais je ne pourrais recommencer. Je veux qu'il le comprenne. Je mets fin à notre baiser et plante mon regard dans le sien.

« Je te le jure Lutin. Je tiens trop à toi pour partir à nouveau. »

Il me fixe, longuement. Sa moue toujours un peu septique sur le visage. Il doute encore, et ce malgré nos activités de la veille et le fait que je viens de lui proposer de s'installer chez moi, et qu'il a accepté. Mais je ne peux lui en vouloir, après tout, je lui ai avoué avoir été un sacré coureur pendant dix ans, et même si c'était avant tout pour l'oublier, je conçois que la pilule soit dure à passer. Je sais surtout qu'à ce moment là, il pense à son avenir. Si je venais à le quitter à nouveau, nul doute que sa thèse en prendrait un coup, et qu'il se retrouverait alors à échouer juste devant la ligne d'arrivée. Une éventualité qu'il ne peut pas se permettre, d'où sa soudaine prudence.

« Je t'aimais. Je t'aime. Et je t'aimerai, Eliott », ma voix n'est qu'un murmure mais le ton est chargé de tout ce que je n'ai pas dit dans cette phrase. De tout le reste. Tous ces non-dits qui font le mystère et le ciment d'une relation.

Son visage s'éclaire alors qu'il comprend tout le sens de mes mots. Une larme furtive coule le long de sa joue et à son sourire tendre et heureux, je sais qu'il ne s'agit pas d'une larme de tristesse. Il pose sa tête contre mon torse, s'abandonnant enfin à mon étreinte.

« Je t'aime aussi, Key'. Depuis toujours. Et à jamais. »

Owari


Et nous voilà au bout, merci de votre fidélité. On se retrouve peut-être à l'épilogue.

L'avenir est un long passé, est une chanson de Manau.


Biz

Arkady