Avertissement: M.

Genre: Romance

Disclaimer: Les deux personnages principaux nous appartiennent ainsi que l'histoire, le contexte reste celui de Game of Thrones (Le trône de fer).

Avertissement: Nous écrivons cette histoire à deux ce qui peut expliquer certaines originalités. De plus nous partons du postulat (foireux mais on assume) que l'homosexualité est acceptée et normalisée.

Illustration: Originale, réalisée par Queen, donc à nous !

Note: Bon voilà, comme promit un petit chapitre avant fin aout (ou presque, on a juste quelques heures de retard et puis le chapitre est deux fois plus long que d'habitude alors hein), on répondra aux commentaires dès demain alors pas d'inquiétude (oui je m'adresse aux nombreuuux lecteurs de cette fic), bisous et bonne fin de vacances (ou bon début de rentrée au choix, bouahahaha, beuh, slurp slurp).

Cody tout d'abord nous remercions ta curiosité, sans qui nous ne serions pas là à te répondre. Rien que ça c'est déjà pas mal. Une nouvelle lectrice c'est toujours un événement qui se fête (pouin, pouin, pouin). Non sérieusement, merci beaucoup pour ta review et tous tes compliments ce qui me fait le plus plaisir c'est que tu apprécies l'histoire d'amour entre Tristan et Peter (pas évident comme postulat quand même). Désolée pour la fin de ce chapitre, j'espère que le prochain te remontera –un peu- le morale. Non parce que (pour le plus grand dam de Tristan), ils ne sont pas prêt de vivre une histoire d'amour au grand jour les deux là. Encore merci pour ta belle review et à très bientôt on espère. (Et Queen te remercie pour les illustrations !)

Lennie : Coucou Lennie, merci pour ta review, en ce qui concerne ce…pathétique combat (qui fera honte très longtemps à Tristan j'espère, lui aussi il se voyait mal perdre mais avoir trop confiance en soi des fois ça peut faire des dégâts), ce n'est pas celui qu'on croit qui va remonter la pente. Mais je me tais et je te laisse découvrir tout ça ! Bisous et à bientôt.

Et enfin merci à Drayy, Dexx et Milou pour leur fidélité, parce qu'une histoire sans lecteur… ben c'est une histoire un peu naze quoi. J'espère que vous apprécierez la suite !

Le Régicide

Chapitre I : What Is Dead May Never Die

« Arrêtez » hurla Peter, croyant devenir fou à la vision de son frère près à se faire achever. Il courut sur le terrain, se foutant du… du déshonneur. Il tira son épée, arrêtant celle qui allait décapiter son Tristan.

« Je vous interdit de le toucher » cracha-t-il, une fureur sans son nom au fond des tripes.

Sa lame heurta violemment celle du chevalier au loup, le forçant à se protéger sous les coups d'épées rageurs. Il s'acharna pendant de longues minutes, ne faiblissant à aucun moment, ne sentant même plus ses muscles douloureux. Il voulait le tuer, le mettre à terre et lui faire payer… Et il allait y arriver, il allait plonger sa lame dans les entrailles de ce pourri quand la voix forte de Robert l'arrêta :

« Le tournoi est terminé et je nomme vainqueur Peter Lannister » s'exclama-t-il.

Peter fixa De Marsillac dans les yeux pendant de longues secondes avant de jeter son épée à côté du chevalier se détournant de lui. Yvan le suivis du regard, abaissant lentement sa propre épée, dégouté. En temps normal, il l'aurait battu sans problème, Peter n'était qu'un… qu'un amateur. Malheureusement il n'avait pas la même côte de popularité que son frère, et Yvan doutait très franchement que le peuple aurait apprécié qu'il attente à la vie de leur précieux Prince.

Ce dernier c'était accroupit près de son frère et releva la tête pour crier qu'on fasse venir les médecins.

Tristan repris connaissance deux jours plus tard, étendu dans un lit qui n'était pas le sien, la tête lourde, brûlant de fièvre. Les yeux écarquillés dans la pénombre moite de la chambre, il supplia pour de l'eau, si bas qu'il n'entendit qu'à peine sa propre voix. Peter se leva immédiatement pour lui apporter un verre, épuisé lui aussi. Il n'avait presque pas dormit depuis la blessure infligée à Tristan, ayant beaucoup trop peur qu'il lui arrive quoique ce soit et qu'il ne soit pas là.

"Chut" souffla-t-il. "Tout va bien aller maintenant".

Tristan bu le verre entier goulûment et en réclama un autre d'une voix plus claire cette fois. La lame d'Yvan lui avait déchiré le flan, la cuisse et le bras droit. Il avait perdu beaucoup de sang et le médecin avait répété au moins cinq ou six fois que Tristan avait beaucoup de chance d'être encore en vie et que sa guérison totale (si elle était possible) risquait d'être longue et difficile.

Tristan laissa sa tête retomber dans les oreillers, tournant le regard vers son frère jumeau :

"T'as l'air fatigué." remarqua t-il juste, ses lèvres s'étirant en un sourire un peu pâle.

"J'me passerais des commentaires d'un mec qui ressemble à un mort vivant" lui fit remarquer Peter.

Robert avait été extraordinaire ces deux derniers jours, coupant court à toute rumeur en louant officiellement le courage et la dextérité de son prince lors du tournoi. Yvan de Marsillac avait été plus ou moins invité à quitter la cours et à rentrer chez lui. De plus le roi l'avait laissé veiller Tristan sans poser de problème et s'était assuré que les meilleurs médecins s'occupent de son frère.

Tristan eu un petit sourire, sa main moite tâtonnant pour trouver celle de Peter :

"J'froid." Murmura t-il d'une voix rauque, détournant le visage.

"Allez vous reposer vôtre Altesse, vous voyez, il va mieux, et je reste là." Murmura la servante qui assistait le médecin en posant une serviette gorgée d'eau fraîche sur le front brûlant de Tristan. Ce dernier n'eu pas la force de protester, mais sa main sera un peu celle de Peter. Très égoïstement, il ne voulait pas que son frère le laisse seul.

"Je ne suis pas fatigué" mentit Peter son autre main sur le front de son frère. "Tu sais, j'ai battu le Loup" lui apprit-il pour le faire sourire.

Tristan rouvrit les yeux, écarquillés par la surprise.

"Tu l'as battu ?" Souffla t-il, réellement impressionné. "Mais il était tellement fort..."

"J'étais assez énervé" sourit Peter, fier de lui mine de rien.

Il se coucha près de son frère; "Repose toi et va mieux. J't'en prie".

Tristan ferma les yeux, se sentant sombrer a nouveau ;

"C'qu'une égratignure." Marmonna t-il d'une voix faible, sa main se détendant dans celle de son jumeau.

Peter laissa échapper un ricanement; n'importe quoi.

Il ne dormit qu'une heure avant d'être réveillé par l'infirmière qui changea les pansements de Tristan.

La semaine se déroula ainsi, entre les soins prodigués, les courts réveils de Tristan et Peter luttant contre la fatigue. Au bout d'une semaine, le chevalier allait beaucoup mieux et Robert vint lui-même chercher Peter pour le forcer à retourner dormir dans ses appartements.

Peter protesta d'abord mais Robert ne lui laissa pas le choix, l'empêchant de repartir et il finit par sombrer dans un sommeil de plomb. Tristan se forçait à manger pour reprendre des forces, et bien que déçu de l'absence de Peter, n'en souffla pas un mot. Déjà qu'il l'avait veillé pendant une éternité, maintenant qu'il allait mieux c'était normal que tout redevienne normal pour Peter ; Robert, le palais, la chambre Royale, Robert, l'amant dans le placard, Robert..

De rage il balança le bol de bouillon par terre, beaucoup plus faiblement que ce qu'il aurait souhaité, ce qui acheva de l'énerver.

Peter vint le rejoindre un peu plus tard, s'asseyant sur le lit :

"Tu as mangé ?" Demanda-t-il, regardant discrètement si son pansement avait été refait.

"Où tu étais ?" Demanda Tristan, tachant de masquer un reproche tout a fait inapproprié dans sa voix.

"Robert m'a obligé à dormir" répondit Peter en touchant le front de son frère pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre. "Il pense que tu devrais retourner à Castral Roc pour mieux te reposer..."

Tristan baissa les yeux, bouillonnant intérieurement. Il le haïssait, ce roi débile

"T'en pense quoi toi ?

-Tu serais plus tranquille là-bas pour te reposer. Le cadre est plus calme et plus familier...

-Je devrais y rester longtemps ?" Demanda Tristan, très surpris que Peter soit d'accord avec l'autre connard. Alors ça y était, il se mettait contre lui ?!

"Le temps que tu sois guérit, complètement guérit. Je ferais le voyage avec toi et Robert est d'accord pour laisser partir son meilleur médecin pour te soigner.

-Ou m'empoisonner tu veux dire" marmonna Tristan. "Tu resteras avec moi à Castral Roc ?" Demanda t-il avec espoir.

"Sans doute un peu, mais je ne pourrais pas me permettre de rester très longtemps."

Peter se releva, allant chercher un verre d'eau : "Je ne veux plus jamais que tu participes à un tournoi.

-Quoi ?!" S'indigna Tristan, stupéfait ; "Tu plaisante j'espère ? Bon d'accord je ne remonterai peut-être pas en scelle dans l'immédiat, même si j'en étais physiquement capable, mais je referais des tournois.

-Pour te faire tuer ? C'est toi qui plaisante j'espère ? Je ne veux plus jamais vivre ça Tristan, je crois que tu es capable de le comprendre !" Siffla Peter en approchant le verre d'eau.

Tristan sentit que la bataille se mènerait plus tard et que pour l'instant ça ne servait à rien d'insister. Il était trop fatigué pour se disputer avec son jumeau.

"De toute façon je ne suis absolument pas en état de me battre." Marmonna t-il en prenant le verre et en le vidant.

Peter parût légèrement calmé par cette réponse.

"Le départ aura lieu demain matin, nous avons fait venir le carrosse le plus confortable pour que tu sois secoué le moins possible durant le voyage. Et père a été prévenu par lettre.

-Oh joie, un ou deux mois en tête a tête avec père. Tu es sûr que tu as vraiment envie que je survive à m'a blessure ?" Grogna Tristan, se rallongeant.

Peter sourit : "Tu seras bien là-bas. Moi aussi si je pouvais j'y retournerais quelques mois" rajouta-t-il.

Mine de rien le château de leur père lui manquait, ainsi que sa chambre d'enfant, celle qu'il avait partagé pendant tant d'années avec Tristan.

Tristan grogna, se calant dans le lit :

"Ouais bah on en reparlera si je reviens vivant de cette grosse blague." Il fixa le plafond un instant avant de reprendre.

"En faite il est ambidextre. C'est comme ça qu'il a gagné. Et puis je n'étais pas assez concentré, surtout face à un ennemi si fort." Murmura t-il avec une certaine fascination, ses pensées revenant pour la centième fois vers l'homme qui avait faillit le tuer.

"Moi j'ai gagné, j't'ai vengé" sourit Peter. "Ma petite demoiselle en détresse".

Tristan sourit, tendit difficilement la main et l'attira sur le lit, tout contre lui. En deux semaines de bouillon, il avait littéralement fondu. Au moins dix ou quinze kilos de moins.

"Comment t'as réussit a le battre ?"

Peter eut l'air un peu gêné :

"En fait je m'en rappelle pas vraiment... j'étais dans une sorte d'état second".

Tristan embrassa son front.

"Merci, de m'avoir... sauvé." Chuchota t-il tout bas

"De rien" souffla Peter en tenant fortement sa main. "S'il t'avait tué toi, il m'aurait aussi tué moi".

Robert entra dans la chambre à cet instant, sûr de lui et de sa force, royal :

"J'espère que vous vous remettez sir Lannister ?" S'enquit-il de la santé du malade.

"Tiens tiens, son altesse, vous troquez le "Régicide" pour "Sir Lannister" en présence de mon frère ? Quelle charmante attention" marmonna Tristan, son mal de crâne revenant au centuple rien qu'à entendre la voix du roi.

Peter lâcha la main de Tristan par pudeur :

"Je met votre insolence sur le compte de votre état de santé" sourit Robert légèrement, mais la menace était bien présente.

Tristan détourna le regard par la fenêtre dès que Peter eut lâché sa main, serrant la sienne sur le draps, de rage, de jalousie. Il aurait pus lui la laisser, cette main. Il commençait à en avoir par dessus la tête d'être l'amant du placard.

Peter sourit aussi, d'un sourire un peu factice :

"Il commence à aller mieux et pense que retourner à Castral Roc est une excellente idée" mentit-il, revenant effleurer la main de son frère, s'en voulant de sa réaction excessive.

Surtout que Tristan venait de frôler la mort, bordel ! Robert eu l'air très satisfait de cette réponse, et tendit sa main à Peter ;

"Excellent. Un peu d'air frai vous ferra le plus grand bien Sir Tristan."

Et là tu ne m'aura plus dans les pattes pour baiser mon frère tant que tu voudras, songea Tristan. Merveilleux.

"Bien entendu" murmura t-il, continuant d'ignorer le regard du roi ou de son frère. Ça devenait épidermique. Passer après Robert pour son frère quand il était dans la même pièce le rendait fou. Peter eut une petite grimace de résignation, invisible pour Tristan et se leva venant prendre la main du roi.

"Je l'accompagnerais, pour être sûr que tout se passe bien.

"Votre dévotion à l'égard de votre frère est toute à votre honneur" répondit Robert, d'un ton faussement aimable. Tristan tourna enfin le regard vers le couple royale, sans dire un mot, attendant de voir ce que Peter allait répondre.

"Tristan m'a sauvé d'une noyade atroce dans un petit ruisseau vers l'âge de 7 ans" sourit Peter. "Il était temps que je lui rende la pareille".

"Vraiment ? Et bien dans ce cas, merci Sir Lannister, si vous ne l'aviez pas sauvé d'une noyade atroce dans un petit ruisseau, je n'aurait jamais eu le plaisir de connaitre votre cher frère.

-Quel dommage cela aurait été en effet." horrifié, Tristan se rendit compte que pendant un instant, il avait souhaité ne pas avoir sauvé Peter, des années plus tôt.

Robert fixa Tristan froidement, visiblement réellement agacé par ses petites provocations.

"Venez Peter, ils servent le dîner, j'ai demandé un canard laqué pour votre dernier soir. Il me semble que c'est votre plat préférer, hum ?" demanda t-il en lui offrant un baisemain avant de l'entrainer vers la salle à manger. Peter n'eut d'autre choix que le suivre, pas vraiment satisfait par la petite entrevue. Ca c'était assez mal passé d'un point de vue purement objectif.

"Tristan est un homme taciturne, je ne l'ai jamais vraiment vu s'entendre avec qui que ce soit" mentit-il pour rassurer un peu le roi une fois la porte de la chambre de son frère refermée ;

"Il est surtout extrêmement jaloux de son beau-frère. Votre père devrait lui trouver une épouse, cela dissiperait surement quelque peu cette possessivité mal placée à votre encontre." répondit froidement Robert. "Dans tout les cas, cela nous fera du bien à tous qu'il quitte un peu la cour, lui le premier."

Peter pinça les lèvres, n'ajoutant rien. Sale connard va, si tu savais. Il s'installa à ses côtés, ne faisant aucun effort pour engager la conversation et se laissant servir le dîner.

"Les représentations manquent d'éclat ces temps-ci" fit-il juste sèchement, en contemplant un spectacle donné devant leur table.

Robert lui servit lui-même un verre de vin ;

"Quel genre de spectacle vous plairait mon prince ?" demanda le roi, posant discrètement sa main sur sa cuisse.

"Plus de couleur, plus de sentiment, de chants, de musique. Tout est si froid là..."

Il s'empara du vin, en prenant une longue gorgée.

"Serrions nous d'humeur romantique ?" demanda Robert, peut-être un poil moqueur.

Peter posa sa main sur celle de Robert, la menant plus loin sur sa cuisse; c'était romantique ça peut être ?

"Ca vous plairait, n'est-ce pas ?"

"J'adorerais." répondit juste Robert, ne sachant plus très bien s'il parlait de le masturber sous la table ou de changer de style de spectacle. Qu'importe, il était d'accord.

"Normal, vous n'êtes qu'un pervers" le provoqua Peter en lui retirant sadiquement la main.

Il se leva avant de se pencher à son oreille :

"Je vais me délasser dans mes appartements, bonne fin de repas..."

Robert se força à poiroter sept ou huit bonnes minutes, pour ne pas faire... vraiment trop suspect, avant de monter dans sa chambre. Deux semaines qu'il faisait le garde malade avec son insupportable frère. Il ne les aurait pas volés celui-là, ses trois mois à Castral Roc... Il entra dans la chambre, et chercha à peine une minute Peter, le trouvant en train de prendre un bain.

"J'espère que vous ne comptez pas vous en tirez comme ça ?" susurra Robert, amusé, s'asseyant dans un fauteuil, son regard caressant la peau nue, exposée de son amant.

Peter s'émergea entièrement dans l'eau à ce moment-là avant d'en ressortir quelques secondes plus tard :

"De quoi parlez-vous?" Demanda-t-il avec une innocence feinte.

"Vous le savez parfaitement" répondit Robert, étendant ses jambes devant lui, appréciant plus que de raison de l'observer dans un moment si intime, se faisant presque l'effet d'être un voyeur.

"Pas vraiment" sourit Peter avant de renverser sa tête contre le bord de la baignoire.

Sa main glissa dans l'eau chaude, venant caresser son sexe avant de le prendre en main :

"Il fait si chaud..." soupira-t-il. "Vous ne trouvez pas?"

Oh si, il trouvait. Pire que chaud même. Robert ne répondit pas, déglutissant difficilement en devinant aux mouvements de Peter ce qu'il était en train de faire sous l'eau. Son propre sexe se sentit rapidement à l'étroit dans son pantalon, à son plus grand... désespoir.

Peter laissa échapper un long gémissement quelques secondes plus tard, entrouvrant les lèvres, la tête toujours rejetée et en arrière et les yeux fermés.

"Si chaud" répéta-t-il, sa main l'amenant doucement mais surement vers la jouissance.

Robert ne se rendit même pas compte que sa propre main venait masser son sexe dans ses chausses, hypnotisé par le visage brûlant de désire de Peter. A quoi pensait-il ? A ses mains à lui, à son sexe, à ses baisers ?

Peter laissa ses pensées vagabonder alors qu'il se caressait de plus en plus rapidement. Il imaginait Tristan entrer dans la pièce et le rejoindre dans l'eau, le forcer à se tourner alors qu'il le pénétrerait sans préparation, venant profondément s'enfoncer en lui :

"Oh oui" souffla-t-il avec envie.

Robert, les lèvres entrouvertes, se sentit brusquement venir dans un faible grognement rauque. Non, décidément, il allait avoir du mal à s'en séparer durant les quelques semaines de voyage pour Castral Roc. Peter, lui, jouit lui aussi quelques secondes plus tard et profita de son bain pendant un moment avant d'en sortir, ruisselant, complètement nu. Robert était partit s'étendre sur le lit et somnolait plus ou moins, l'observant sortir de la salle de bain de ses yeux mi-clos

"Je pense vous accompagner jusqu'à Castral Roc. La route n'est pas très sure et ... vous risquez de me manquer." Expliqua t-il, fronçant les sourcils.

Peter eut un sourire, venant s'étendre lui aussi ; "Vous feriez tout ce voyage pour moi ? Vous allez passer à côté de merveilleuses retrouvailles sur l'oreiller" sourit-il.

"Vous n'êtes pas obligé de partir, votre frère aura m'a meilleure escorte.

-Vous savez parfaitement qu'il m'en voudrait terriblement" soupira Peter. "Je ne resterais pas à Castral Roc de toute façon, seul le voyage m'inquiète".

Robert grogna un peu ;

"Mais vous allez être absent au moins un mois…

- N'exagérez pas, trois semaines tout au plus!"

Peter passa un fin sous-vêtement, se glissant sous la couette, fatigué.

"Profitez donc de notre dernière nuit".

Robert vint prendre Peter dans ses bras, l'embrassant assez violemment avant de lui faire l'amour, plutôt violemment, comme s'il cherchait à lui faire payer son départ.

Le lendemain matin, Peter prenait la route avec Tristan, assez fatigué et des bleus dans tout le bas du dos. Tristan avait gueulé pour qu'on le laisse monter à cheval. Il refusait d'être transporté en carrosse, comme un handicapé. Et puis en plus, ils serraient obligés d'aller moins vite, mais qui dit plus de temps de voyage disait plus de temps avec son frère sans Robert dans les pattes. Bref, tout ça était parfait pour Tristan, mise a part la douleur causée par la chevauchée dans tout son corps à longueur de journée, qu'il était obligé de cacher pour éviter que Peter ne le force à voyager en carrosse. De toute façon, il était un homme doublé d'un Lannister, il n'avait JAMAIS mal. Peter faisait un peu la gueule, mais après tout Tristan était un grand garçon. Le soir venu, il l'aida à descendre de cheval malgré les protestations de Tristan ;

"Tu es un imbécile" lui fit-il remarquer.

Tristan lui grimaça un sourire, s'asseyant avec un soupire d'aise au pied d'un arbre. Il ne pouvait pas se permettre de lui montrer qu'il avait mal, qu'il était un faible et tout le tralala.

"Viens." ordonna t-il comme un enfant, tendant une main vers son jumeau.

Ils étaient un peu à l'écart et personne ne pouvait les voir. Peter rejoignit son frère sur la mousse, profitant des quelques rayons de soleil passant à travers les branches.

"Deux semaines pour nous tout seul" sourit-il.

Tristan enfouit son visage contre le cou de son frère, tout son corps se détendant après cette douloureuse journée.

"Tu vas me manquer..." murmura Tristan "Reste avec moi à Castral Roc...

- Tu sais très bien que ce n'est pas possible, même si je le voulais de toutes mes forces" murmura Peter.

Tristan appuya son visage dans le cou de son jumeau, se blottissant contre lui :

"Je... j'essaierais de t'écrire. J'ai jamais été très doué pour la correspondance, mais..."

Peter sourit : "ça serait génial".

Ils allèrent ensuite manger avec les autres et les tentes furent montées, Peter dormant bien évidemment avec son frère. Personne n'avait fait de remarque quand au faite qu'ils dorment ensembles et Tristan espérait juste que ça ne parlerait pas trop une fois rentrée. En même temps, ils avaient chacun leur lit (officiellement bien sûr). Une fois à l'abri des regards, Tristan se coula contre son frère, lui volant un baiser. Sa main se glissa sous la chemise de Peter alors que, malgré l'épuisement, son corps n'était capable de ne penser qu'a une chose : posséder enfin ce qui lui appartenait de droit. Peter le repoussa gentiment mais fermement :

"Pas ce soir Tristan s'il te plais".

Son corps ne s'était pas encore franchement remit des assauts répétés de Robert mais Tristan ne compris absolument pas la raison de son rejet ;

"Peter, j'ai envie qu'on fasse l'amour... on l'a pas fait depuis des semaines. " Souffla t-il, ses mains revenant à la charge.

"On aura tout le temps pour ça Tristan, on est pas obligé de le faire ce soir" siffla Peter agacé contre Tristan, contre Robert, contre lui-même.

Tristan retira ses mains, stupéfait par le ton colérique de Peter. Il cessa toute caresse, fixant le plafond. Il passerait toujours après Robert. Quand ce dernier baisait son Peter trois fois par jours, lui se faisait envoyer paître s'il désirait lui faire l'amour après trois semaines un mois sans contact physique amoureux. Il n'avait pas envie de lui ? De ses baisers, de ses caresses, de son sexe ? Il était moins bon que Robert, moins expérimenté, il ne le traitait pas assez comme une chienne c'était ça ? Peter ne dit rien pendant de longues minutes, sentant la colère de son jumeau :

"Il a été très entreprenant la nuit dernière" finit-il par avouer. "C'est...c'est pour ça que ce n'est pas une bonne idée".

Merveilleux. Il passait donc littéralement après Robert. Le plaisir du Roi d'abord et lui se contenterait du reste. La colère grondait dans son ventre, et il se détourna de son frère, se couchant dos à lui ;

"J'espère qu'au moins tu t'es bien amusé." Fit-il d'un ton cynique.

Peter ne répondit rien, sortant du lit sans rien dire. Il quitta la tente, et partit s'enfoncer dans la forêt pour dissimuler ses larmes. Tristan retint difficilement les siennes. Il en était donc au point d'être l'amoureux du placard, plus que l'amant, vu que l'époux était bien suffisant sexuellement parlant. Et quand cette complicité naissante entre eux -que Peter tentait tant bien que mal de lui cacher- se développerait, qu'est ce qu'il lui resterait ? Il avait longtemps cru que son frère serrait sien à jamais et pourtant il ne pouvait que l'observer s'éloigner de lui. Et ce ne serrait certainement pas ses remarques acides ou même ses pleurs qui le retiendrait, au contraire. Si seulement il avait été Robert, stupide, beau et dominateur. Si seulement il avait su frapper son frère, le baiser comme une chienne et le traiter comme de la merde. Alors Peter serrait resté et l'aurait désiré comme un fou. Mais non, il était trop faible, trop con pour ça. Trop amoureux.

Peter revint beaucoup plus tard, marchant dans la pénombre jusqu'à son frère. Il monta dans le hamac ne prenant pas garde à ne pas le réveiller.

"Pardonne-moi" gémit-il. "Tristan, mon seul amour..."

Tristan l'accueillit dans ses bras sans pouvoir retenir un gémissement de douleur en le sentant s'appuyer sur sa jambe blessée un bref instant.

Il le laissa se coucher près de lui et le serra dans ses bras, essuyant doucement de ses lèvres les larmes sur les joues de Peter, sans un mot. Malgré tout, il était rassuré par cette promesse, quelque soit sa véracité.

"J't'aime plus que tout au monde, j'donnerais ma vie pour toi. Je t'aime Tristan, j'aime que toi" répéta-t-il pendant un temps infini.

Tristan bu ses paroles quelques longs instants avant de poser ses doigts sur ses lèvres pour le faire taire ;

"Chut... Peter, calme toi. " Murmura t-il doucement ; "Moi aussi je t'aime."

Peter se sentit à peine rassuré et trembla encore longtemps entre les bras de son frère avant de finir par s'endormir d'un sommeil agité. Le lendemain matin, ils levèrent le camps à l'aube et Peter força son frère à aller dans le carrosse après trois heures de route, ne supportant plus de le voir avoir mal.

Quelle foutu orgueil.

Tristan fit mine de trouver ça injuste, mais une fois dans ce maudit carrosse, il s'endormit presque immédiatement. Sa fièvre l'avait violemment reprise le matin même, son corps n'étant pas du tout près à subir un tel effort. La douleur au niveau de son bras était si forte qu'il redoutait que ça se soit de nouveau rouvert, ou infecté, ou les deux. Impossible d'en parler à Peter, il allait être comme fou.

Ils firent une pause dans l'après-midi et Peter rejoignit son frère pour voir comment il allait. Ce dernier ne s'était même pas réveillé, roulé en boule sur la banquette.

Peter secoua son frère, tout doucement d'abord puis il commença à franchement paniqué en touchant son front brûlant.

"Merde, Tristan ?!"

La minute d'après, le médecin était appelé et Peter sortit pour le laisser soigner son frère.

Au bout d'une bonne heure de cris plus ou moins étouffés de Tristan, le médecin ressortit et alla directement voir Peter ;

"Les fils avait cédés au niveau de son bras, j'ai du recoudre sans anesthésiant. Si votre frère refait la tête brûlée, il ne passera pas le voyage." Fit-il, très sérieux.

Peter hocha la tête avant de retourner dans le carrosse alors que le convoi redémarrait. Il s'assit sur la banquette, près de son frère, prenant silencieusement sa main. Tristan, recroquevillé comme un chien blessé, la serra à peine, les paupières clauses, le teint cadavérique. Ce connard insensible de toubib l'avait charcuté sans pitié. Il le lui ferait payer un d'ses quatre... s'il s'en sortait bien sûre.

"T'es qu'un imbécile" souffla Peter, effrayé de le voir ainsi.

"Tu dis ça... tout le temps. J'vais finir... par le croire."

Peter pinça les lèvres, retenant ses larmes;

"Ca va aller de toute façon. T'as pas le choix, tu peux que t'en sortir.

- Mais ça va bordel Pete... je vais juste dormir et..." marmonna t-il vaguement, sans finir sa phrase, avalé par le sommeil. Il resta complètement immobile de longues heures, tétanisé tant par la fièvre que par le sommeil que par la douleur. Cette dernière refluait lentement, et le soir venu, il se sentait beaucoup mieux.

Peter s'était endormit lui aussi, furieux que Tristan lui fasse vivre une épreuve pareille.

L'arrêt du véhicule, suivit de très près par les cris pour monter le camp réveillèrent Tristan, qui se redressa, hagard, mais en meilleur forme qu'en début de journée.

"Peter, on monte le camp. " murmura t-il en déposant un baiser sur la joue de son jumeau.

Peter se réveilla et se leva pour aller aider à monter les tentes. Ils s'endormirent tôt et le reste du voyage, Peter força son frère à rester dans le carrosse, catégorique.

Cinq ou six jours plus tard, Tristan se sentait mieux. Beaucoup mieux en faite. Suffisamment pour s'ennuyer comme un mort. Sa cuisse allait beaucoup mieux, tout comme son flan. Seul demeurait réellement son bras, qui ne semblait pas presser de guérir. Enfin, il supposait que ça reviendrait rapidement.

Accoudé à la fenêtre, il regardait la campagne défiler tout le long de la journée, trouvant ces paysages de vert grisâtre, de bleu détrempé et de terre boueuse d'un ennui mortel.

Peter lui semblait apprécier le voyage et son étalon d'un blanc immaculé (offert par Robert avant son départ bien sûr) trottait devant le convoi, le nez au vent.

Le soir venu, Tristan réclama un peu d'amour à son frère chéri, venant doucement embrasser la peau de son cou, son corps malgré tout affaiblit et amaigrit se réchauffant contre celui de Peter.

Peter répondit volontiers à ses caresses, son baiser se faisant de plus en plus exigeant, jusqu'à ce qu'il pose une main sur la bouche de son frère :

"Tu auras moins d'effort à faire si c'est moi qui te prend" souffla-t-il à son oreille "Mais essaye de ne pas crier" rajouta-t-il présomptueusement.

Tristan étouffa un rire.

"N'importe quoi, je ne crie pas." Souffla t-il en le laissant se mettre au-dessus de lui. "Tu vas être obligé de faire doucement." Précisa t-il quand même, malgré sa répulsion à avouer sa faiblesse.

Peter ne répondit pas, venant juste l'embrasser, lentement, savourant le goût de ses lèvres. Bien sur qu'il allait faire doucement. Ses mains accrochèrent la boucle de ses chausses qu'il défit lentement; depuis combien de temps n'avaient-ils pas fait l'amour ?

"La dernière fois... je me suis fait plaisir devant Robert... il me regardait mais c'est toi que j'imaginais, c'est à tes mains, à tes yeux que je pensais que le plaisir montait et c'est ta bouche que j'imaginais autours de mon sexe lorsque j'ai jouit".

Tristan caressa les cheveux de son frère, un petit sourire venant tirer le coin de ses lèvres. Il se sentait un peu pris au dépourvus par son aveux. Non parce que bon, parler de Robert alors qu'il était excité, parler de son frère en train de se branler devant Robert, c'était pas... disons que ça ne le rendait pas fou de joie. Mais il supposait qu'il devait se sentir flatté, et il l'était quelque part. Après tout, Peter pensait à lui.

"Et maintenant, tu voudrais que je te le fasse en vrai ?" proposa t-il.

"J'aimerais tellement Tristan" gémit Peter en frottant un peu son bassin contre celui de Tristan. "Montre -moi que tu m'aimes..."

Tristan l'embrassa, les joues un peu rouges de désir, et le fit se coucher sur le dos, s'agenouillant entre ses cuisses pour défaire maladroitement le lassage de ses chausses, en sortant le sexe gonflé de désire de son jumeau.

Il jeta un regard complice à Peter avant de se pencher pour laper le gland humide avec dévotion. Bien sur qu'il allait lui montrer qu'il l'aimait...

Peter dut étouffer des gémissements de pur plaisir, une main posée sur sa bouche, l'autre dans l'épaisse chevelure blonde de son frère. Tristan lui fit plaisir quelques minutes, puis :

Si tu m'aime. .." commença t-il a susurrer, collé à son frère "tu devrais me laisser te faire l'amour" murmura t-il, caressant les fesses de Peter avec désire.

"Si je t'aime je voudrais surtout tout faire pour que tu restes en bonne santé" répliqua Peter essayant de ne pas fléchir.

"Oh mais je ne suis pas obligé de me faire mal pour t'offrir du plaisir..." chuchota Tristan en venant embrasser sa gorge, tirant ses vêtements. Peter parût vouloir protester, mais Tristan le fit taire d'un long et savoureux baiser. Ses mains serrèrent la taille de son frère, le faisant s'installer a cheval sur lui, sans cesser ses baisers. Peter parût enfin céder au bout d'un moment et cessa de protester, se mouvant à la place lascivement sur lui, sentant la queue de son frère bien dure sous ses fesses.

"Il faut que tu bouges le moins possible alors" dit-il en fronçant les sourcils.

Tristan eu un large sourire ravit, ses mains se délectant de retirer le pantalon de velours de Peter pour se saisir de ses fesses tendres, les caressant avec un fort plaisir.

"J'ai envie de toi tout le temps." murmura difficilement Tristan, le désir montant très vite, ses lèvres se pressant contre celles de son jumeau, son propre corps souhaitant juste se fondre dans celui de Peter.

Peter sourit, sentant lui aussi le désir monter par vague.

"J'espère te satisfaire alors" sourit-il, une lueur perverse brillant dans ses yeux.

Il se détourna de Tristan, s'installant dos à lui et ouvrit son pantalon, exposant la virilité de son frère.

Il suça rapidement ses doigts, venant se préparer en laissant une vue qui ne pouvait rien cacher à Tristan, avant de se surélever pour s'enfoncer doucement sur lui, se mordant les lèvres pour ne pas trop gémir.

Tristan, les yeux écarquillés d'un plaisir stupéfait, les joues brulantes, le regarda faire en l'accompagnant de sa main valide. Le spectacle que lui offrait son jumeau était magnifique et totalement nouveau.

"Peter..." gémit-il de plaisir, venant toucher les muscles de son dos avec délice.

Peter l'avait déjà fait avec Robert et il savait combien ça avait plu au roi...et visiblement Tristan n'était pas insensible non plus.

"Tu aimes ?" Haleta-t-il, connaissant déjà la réponse.

Tristan ne pus que gémir un "oui" rauque de plaisir. Il eu l'intense satisfaction de constater que sous malgré ses semaines sans rien faire, ses abdos avaient résistés quand il se redressa en position assise, enroulant ses bras autour du torse de son Peter, commençant à le masturber en savourant intensément ses allées et venues sur son sexe gonflé de plaisir.

"Mon amour..." chuchota t-il tout bas, perdu de bonheur d'être enfin en lui.

Peter mordit la main de Tristan qui s'était posé sur sa bouche, pour éviter de crier lorsqu'il jouit enfin, le sexe de son frère profondément ancré en lui. Il se força cependant à continuer ses allées et venues pour libérer Tristan.

Le jeune chevalier ne tarda guère à le suivre, le serrant très fort contre lui avant de le libérer.

Ils roulèrent l'un contre l'autre et Tristan, haletant, en sueur mais réjouit, frotta son nez à celui de Peter

"C'était fabuleux...

-Je savais que t'aimerais" sourit Peter en posant une main sur sa joue.

"Et comment tu pouvais savoir ça ?" demanda Tristan avec un soupire d'aise, se callant contre lui sans penser un instant à son beau-frère.

"C'est que... enfin j'ai supposé" rougit Peter, balbutiant. "Enfin à qui ça ne plairait pas... hein"

Tristan fronça les sourcils un bref instant. Ah oui, c'était Robert qui devait aimer ça, hein ? Sa jalousie revint en force en imaginant Peter, son frère chéri, chevauchant Robert aussi sensuellement qu'il venait de le faire pour lui. Mais il ne pouvait pas engueuler son frère pour ça. Après tout, il n'avait pas le choix, et puis il avait juste voulu lui faire plaisir toute à l'heure...

"Merci" murmura Tristan en embrassant son front ; "C'était très bien"

Fin de cette discussion, pas besoin de parler de qui avait montré tout ça à Peter.

Peter se sentit soulagé ;

"Je t'aime" murmura-t-il avec langueur.

Tristan allait se rhabiller mais il l'arrêta, venant déposer un baiser au creux de sa hanche ; "On a encore au moins une semaine devant nous" souffla Peter. "Je veux profiter de toi le plus possible".

Si seulement il n'était pas blesser, ils auraient pu faire l'amour encore et encore mais à présent, Tristan devait se reposer.

"C'est ridicule que l'on ne puisse être ensemble que quand je suis blessé et incapable de te faire l'amour toute la nuit" grogna Tristan, un peu frustré malgré le plaisir qu'il venait de prendre. Il tira son frère dans ses bras et le laissa remonter la couverture sur eux, le blottissant dans ses bras

"J'aimerai tant que tu reste avec moi à Castral Roc... qu'est ce qui va bien pouvoir se passer de si horrible si tu ne rentre pas ?"

"Robert sera très en colère, il me fera revenir de force, sera méchant et ne voudra plus que tu reviennes à Port réal" répondit simplement Peter. "Nous n'avons pas vraiment envie que ça arrive".

Tristan pinça les lèvres

"Merci, je suis pas débile. Tu n'aurais qu'à dire que mes blessures s'étaient rouvertes à cause du voyage, que tu étais inquiet, truc du genre..."

Peter déposa encore un baiser sur son ventre puis plus haut sur son torse, respirant son odeur avec un plaisir difficilement comparable :

"Non. Je ne prendrais pas le risque. Je m'estime déjà satisfait qu'il m'ait laissé partir. Il aurait très bien pu dire non; je ne sais pas si tu te rends compte du pouvoir qu'il a sur nous".

Tristan fixa le plafond un instant, sans répondre, laissant Peter l'embrasser.

"Pourquoi est-ce que l'on ne le tue pas dès maintenant ?

- Il faut attendre le bon moment pour ça, pour être sûr que personne ne nous accusera de sa mort. Le tuer quelques mois à peine après notre mariage... ce serait trop suspect. Je deviendrais Roi Tristan, cela va attirer la convoitise, la jalousie, les rancœurs..."

Le visage de Tristan s'assombrit ;

"Ce ne serra jamais le bon moment avec ta technique. Tu seras toujours suspecté, tu es un Lannister. Et, et même si un jour tu devais être suffisamment bien vu de la cour pour qu'on puisse le tuer sans risque, ça serrait dans dix, peut-être vingt ans...

- Je n'ai pas encore réfléchis au ...problème" souffla Peter. "Je suppose qu'on va trouver une solution. Pour que ça ait l'air accidentel".

Tristan grimaça une nouvelle fois.

"Je sais pas si je pourrais attendre jusque là." Soupira t-il avant de fermer les yeux, déjà somnolent.

Ils dormirent jusqu'au matin, Peter faisant bien attention à ce que son frère se repose et lui ordonna, encore une fois, de rester dans le carrosse toute la journée. Il s'en remettrait le pauvre petit. Ou pas. Tristan passa encore quelques jours à s'ennuyer à mourir, Peter refusant qu'ils refassent l'amour parce que Tristan était "trop fragile pour l'instant". Fragile, fragile, il lui en donnerait de la fragilité...

Leur retours à Castral Roc fut fait dans l'allégresse, les gens de leur demeure se réjouissant de la venue des deux héritiers Lannister et ne pouvaient s'empêcher d'imaginer ce que ce serait quand l'un des deux prendraient enfin la place de son père -surement Tristan-. Lord Tywin n'était pas particulièrement aimé par ses courtisans et ses serfs. Le repas fut grandiose, malgré la présence du père des jumeaux qui les scrutait tant que ça finissait par être très agaçant.

"Comment le domaine se porte-t-il ?" Finit par demander Peter, n'y tenant plus.

"Mieux que ton frère apparemment. Comment as-tu pus me déshonorer ainsi ? Perdre face à ce Yvan de Marsillac" attaqua Lord Tywin d'une voix basse et coupante en se désintéressant totalement de Peter. Visiblement, il rongeait son frein depuis leur arrivée, voir même surement avant.

"Regarde toi, qu'est ce que je vais bien pouvoir faire d'un fils incapable de tenir à nouveau une épée ? Si j'ai donné Peter à Robert, c'était bien parce que je savais que tu pourrais me succéder. Et à présent, je n'ai qu'un fils faible et stupide".

Tristan avait blêmit considérablement ;

"Je pourrais à nouveau me battre bientôt...

- Vraiment? Ce n'est pas ce que le mestre m'a dit. Tu peux bouger la main correctement ?"

Tristan ne répondit pas, ne releva pas les yeux, livide. Non, il ne pouvait pas la bouger correctement. Elle lui semblait malhabile, presque rouillée, comme le reste de son bras droit. Mais c'était juste passager non ? Ça reviendrait...

Lord Tywin siffla de dépit et se leva, quittant le diner sans rien ajouter, estimant que la discussion était close.

Peter avait assisté à la scène sans pouvoir rien dire, préférant ne pas s'interposer entre son père et son frère :

"Ne l'écoute pas" fit-il à Tristan après le départ de Lord Tywin. "Ce n'est qu'un vieillard aigri".

Tristan desserra à peine les dents pour réussir à souffler à son frère ;

"Et si ça n'revenait pas... mon bras ?

-Et bien tu t'adapteras; tu ne feras plus de tournois voilà tout, ça ne t'empêchera surement pas de gérer un domaine, je peux te l'assurer. »

Tristan se leva à son tour, lentement ;

"Mais moi, c'est pas de gérer un domaine qui m'intéresse le plus." souffla t-il avant de quitter la salle, montant dans sa chambre.

Peter termina de manger tranquillement, pas plus perturbé que ça; de toute façon rien n'était encore dramatique et Tristan retrouverait surement très vite l'usage de son bras.

Il se leva une fois son assiette terminée et sortit du château, faisant sceller son cheval pour aller se promener dans son domaine. Il discuta avec plusieurs personnes sur le chemin, leur donnant des nouvelles de Port Réal et se fit bien voir en donnant quelques écus à une petite mendiante d'environs 13 ans. Il rentra vers 21 heures et demanda qu'on lui prépare un bain pour qu'il puisse s'y délasser.

Tristan dormit deux ou trois heures, toujours très affaiblit après ses blessures, bien que le plus dur soit passé.

Il sortit un peu prendre l'air après ça, restant dans les jardins au bord de la falaise, profitant de l'air pur du large qui lui avait cruellement manqué à Port Réal. La mer là-bas était si calme, d'un bleu turquoise... rien a voir avec les vagues gris-vert qui craquaient violemment sur les falaises qui dentelaient la côte.

Peter l'aperçut à travers une fenêtre mais décida de le laisser tranquille. Malgré tout ce que pourrait en dire Tristan, il était convaincu que c'était une bonne chose qu'il soit rentré à Castral Roc; il serait beaucoup mieux ici qu'au milieu de l'effervescence de Port Réal, à ressasser sa haine contre Robert.

Il grignota un en-cas un peu plus tard et demanda à leur valet de chambre de prévenir Tristan qu'il valait mieux qu'il rentre dormir à présent avant de rejoindre sa propre chambre. Il alluma une bougie, lisant un ouvrage ramené de Port Réal.

Tristan monta peu après lui aussi, le morale au plus bas. D'autant qu'il avait espéré que Tyrion soit à Castral Roc pour lui tenir compagnie. Quelle déception au diner d'apprendre que son ainé était partit au Mur, faire du "tourisme".

C'était bien sa veine tient.

Il fut assez surpris de ne pas trouver Peter dans sa chambre quand il monta, et alla donc frapper à la porte de son frère, perplexe quand à la raison qui l'avait pousser à dormir ailleurs que dans son lit à lui...

"Entrez" autorisa Peter sachant très bien que c'était son frère qui était derrière la porte. Il reposa son livre en le voyant entrer et refermer la porte.

Ca allait être la première fois depuis longtemps qu'ils dormiraient ensembles dans ce lit.

"J'peux dormir ici ?" demanda Tristan, refermant la porte derrière lui et s'y adossant.

Peter fit mine d'hésiter alors qu'il le bouffait discrètement du regard. Sa dernière nuit avec Tristan... d'ailleurs il ne l'avait pas encore dit à ce dernier, redoutant une crise.

Tristan pris ça comme un oui et le rejoignit, un sourire germant sur ses lèvres. C'était curieux comme la présence de Peter lui rendait la vie plus douce, comme si rien n'avait d'importance tant que son frère était avec lui. Comme si tout irait forcément bien...

Il s'assit à ses côtés sur le lit, retirant sa propre tunique.

Peter le regarda faire, profitant du spectacle. Il attira ensuite son frère contre lui, lui posant sa tête sur le haut de son torse, enfouissant ses mains dans les cheveux si doux de son frère. C'était à la fois une malédiction et le don le plus merveilleux qu'on leur ait donné cet...amour.

"Je t'aime" murmura-t-il avec adoration, avant d'éteindre la lumière. Il sentait que ce soir ils n'avaient besoin de rien d'autre que cette étreinte innocente.

Tristan soupira d'aise, écoutant battre le cœur de Peter. Il s'endormit ainsi, bercé par le souffle de son frère, bien au chaud dans ses bras. Il avait l'impression d'être dans une sorte de petit nid d'amour douillet, l'endroit le plus extraordinaire au monde. Il aurait voulus rester toujours ainsi, que jamais Peter ne lui soit arraché.

Peter du se lever à l'aube le lendemain matin pour finaliser son départ. Il prépara toutes ses affaires avant de remonter dans sa chambre dire au revoir à son frère vers neuf heures.

"Tristan" souffla-t-il en déposant un baiser sur son front.

Le jeune homme s'étira doucement ;

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda t-il, grogna t-il plutôt, le visage barbouillé de sommeil.

"Je dois partir" souffla-t-il, posant un genou sur le lit. "Tu m'écriras comme tu m'as dis ?"

Tristan se redressa, fronçant les sourcils, essayant de mettre de l'ordre dans ses idées :

"Tu pars maintenant ?" demanda t-il, brusquement nerveux. Non, il avait du mal comprendre. Peter avait dit qu'il resterait un peu à Castral Roc, il l'avait dit !

"Je n'ai pas le choix, Robert m'a fait parvenir une lettre hier me demandant d'être au plus vite à ses côté. De toute façon dès que tu iras mieux tu reviendras à Port Réal..."

Le visage de Tristan se ferma.

Robert ordonne, Peter obéis. C'était... écœurant. Il le détestait, à faire passer Robert avant lui, tout le temps, à le reléguer très loin dans l'ordre de ses priorités.

Il se leva sans un mot de plus, passant ses vêtements difficilement, restant de dos à son frère pour boutonner difficilement sa tunique, finissant par le faire juste avec sa main gauche.

Peter se sentit désemparé :

"T'as pas le droit de m'en vouloir" lui reprocha-t-il.

"Tu n'as pas le droit de me laisser seul ici, tu le sais très bien, ça ne vas pas t'empêcher de le faire. Casse toi, vas retrouver ton époux et n'en parlons plus" grinça Tristan, les dents serrées par la colère.

Peter eut très envie de le frapper, il avait de la chance d'être blessé ce connard.

"Ça te plaît de tout gâcher hein ? D'être toujours la victime, de me répéter sans cesse que j'suis heureux de la situation, de vivre avec Robert le grand amour de ma vie. Ça te déculpabilise hein, connard va !" Cracha-t-il.

Tristan dégluti, incapable de se retourner pour faire face à son frère.

"Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Tu... il passe toujours avant moi. Je ne te vois jamais, tu es toujours avec lui. Tu ne regardes que lui quand je suis dans la même pièce que lui. Dès qu'il est là, je disparais. Il t'appelle, tu accours. Je peux crier autant que je veux, tu vas à peine tourner la tête vers moi, je... j'en ai marre de ses lichettes d'amour que tu me distribue au compte goutte alors que lui en a autant qu'un homme puisse rêver.

"Je savais que tu étais jaloux de Robert mais je ne pensais pas que c'était au point de déformer autant la réalité. Continues à voir les choses comme ça t'arrange, c'est plus facile pour toi visiblement".

Tristan se retourna, le foudroyant du regard :

"Non à mon niveau, je ne suis plus "jaloux" de Robert. J'ai atteins le niveau ou j'étouffe à chaque fois que tu dis quelque chose qui puisse me faire seulement penser à Robert ! Il ne va rien se passer si tu arrête de baiser avec, il ne vas pas te chasser, ou ce genre de chose, tu es prince, c'est à vie !

-Oui bien sur, fais-moi me sentir encore plus coupable" siffla Peter. "On a besoin qu'il me fasse confiance et tu le sais très bien. C'que tu fais c'est... c'est minable voilà tout. Et si tu penses comme ça, que tout ce que j'ai du faire avec Robert depuis notre mariage c'est inutile et bah c'est encore pire ce que ce que je pensais. C'est pas la peine de revenir à Port Réal quand tu seras guéris, j'crois qu'on s'est tout dit" siffla-t-il avant de quitter la pièce.

"Non Peter !" cria Tristan, le rattrapant, sa main se serrant sur son poignet. Il l'embrassa sur la joue, brusquement.

"J't'en prie, dis pas ça..." chuchota t-il le serrant dans ses bras "J't'aime..." L'idée qu'il l'abandonne sur ces paroles cruelles suffisant à lui faire réaliser, au moins un peu, qu'il avait été trop loin.

Peter passa ses bras autours de la taille de Tristan :

"On dirait pas.

- Pardon Peter... je dis n'importe quoi, je suis tellement en colère. C'est pas ta faute, je sais que tu as raison, c'est juste que c'est... c'est dur." Il ne voulait pas qu'il l'abandonne ici pendant des semaines entières, loin de lui, loin de tout. Bloqué avec son père pour seule compagnie et ce bras qui refusait de fonctionner correctement. "Je sais que dur Tristan... mais ce sera pas toujours comme ça, j'te le promets. Il faut que je parte maintenant".

Tristan hocha la tête pour lui dire qu'il comprenait et se détacha de lui après un dernier baiser ;

"Je vais devoir rester ici combien de temps à peu près ?" demanda t-il quand même, refusant de lui lâcher la main.

"Ce n'est pas une prison Tristan, c'est seulement jusqu'à ce que tu sois guéris" se moqua-t-il gentiment.

Il entendit son père l'appeler en bas :

"On se revoit bientôt" lui promit-il se penchant vers lui pour respirer son odeur une dernière fois.

Puis il se détourna et quitta la pièce.

Tristan l'observa partir par la fenêtre de sa chambre et y resta encore des heures, bien après que Peter ai disparut à l'horizon, perdu dans ses pensées.

Ça y était, il était seul maintenant. Enfin, pas tout à fait, si l'on comptait son géniteur qui devait roder quelque part dans leur château sombre et humide, tel un vampire se cachant de la lumière du jour.

Il finit par descendre de sa solitude, et au fur et à mesure que ses pas le menait vers la cour d'entrainement.

Les voix fortes des domestiques, l'odeur des cuisines, ses chiens qui couraient vers lui, lui sautant dans les jambes, trop heureux de revoir leur maitre, le reconnaissant après trois ans d'absence. Il croisa les gardes rentrant de la taverne au petit matin qui le saluèrent en riant, lui ébouriffant les cheveux, lui donnant une claque dans le dos, comme s'il avait encore treize ans et qu'il était encore leur petit lord, guerrier prodigue pour un enfant de cet âge, toute la journée à jouer à poursuivre des dragons imaginaires et à s'entrainer avec son maitre d'arme Géricault.

Marianne, la gouvernante, le serra contre son opulente poitrine après une bref seconde d'hésitation.

"Comme vous avez grandit ! Vous êtes un beau jeune homme maintenant !"

Et lui de sourire alors qu'elle le forçait à se gaver de nourriture. L'odeur de sa tarte aux pommes qu'il avait mangées si souvent avec Peter...

Le rire fantôme de son frère qui le couvait d'un regard indulgent en le voyant se prendre pour un chevalier, promettre qu'il l'épouserait plus tard. Qu'il serrait roi et qu'il ferait de lui son Prince. Lui voler un baiser d'enfant, le retenir pour qu'il joue avec lui. A l'époque, c'était tellement évident qu'il garderait son frère dans ses bras pour toujours, que rien ne les séparerait jamais.

Et le château était vide de la voix de Peter récitant le nom de leurs ancêtres dans la bibliothèque, de Peter exigeant qu'il joue avec lui, de Peter faisant une colère et s'enfermant dans sa chambre, de Peter venant se blottir contre lui la nuit. Vide de tout ce qui avait toujours fait que cette maison avait été le plus bel endroit du monde pour lui.

La falaise, pic déchiré qui surplombait la mer de près de quarante mètres. Il avait sauté si souvent ici avec les écuyers et les enfants de domestiques quand il avait eu quatorze ans. Et son dernier été ici, quand lui à quinze ans quitterait le château pour Port Réal, pour devenir écuyer, pour devenir chevalier et servir le dernier les Targaryen. Comme il avait été fier à l'époque... quelle sottise que d'avoir juré fidélité à cet homme.

Tristan resta sur la falaise de longues heures, profitant du soleil qui montait dans le ciel. Ses trois chiens, après avoir gambadé un moment autour de lui, s'étaient finalement assoupis. Dans son dos, Castral Roc se dressait, inébranlable forteresse qui serrait probablement à lui un jour.

Les jours s'égrainèrent et le calme de sa maison lui fit réellement du bien. Après le stress et le qui-vive permanent de Port Réal, il était très appréciable de pouvoir enfin prendre le temps de se poser et de réfléchir. Il écrivit une courte lettre à son jumeau, juste pour lui dire qu'il allait bien, qu'il lui manquait et que Castral Roc était bien vide sans lui. Il n'osa en dire trop, de peur que Robert ne tombe sur cette lettre si son frère la laissait traîner -ce dont il doutait tout de même-

Les jours devinrent des semaines et si son ventre restait douloureux lorsqu'il faisait un effort trop important, son bras et sa cuisse avaient complètement cicatrisé. Au fur et à mesure que le temps s'écoulait, il devait doucement affronter la réalité ; la maitrise totale de son bras droit ne reviendrait pas. Le mestre le lui avait dit plusieurs fois, mais il n'arrivait pas à l'accepter. Ce bras, cette main, c'était toute sa vie, sa seule fierté. Cette main devenue gauche, maladroite, qui refusait de serrer fermement le pommeau d'une épée ou de saisir correctement un couvert.

Il n'en parla pas à Peter, il n'en parla à personne. Et si tous avaient remarqués au château, personne ne fit le moindre commentaire au jeune seigneur.

La frustration devint plus forte, à mesure que Tristan reprenait des forces et que son bras refusait de redevenir comme avant. Il avait beau essayer de s'entrainer encore et encore, il n'y avait aucune amélioration. C'était même presque pire.

Qu'allait-il devenir ? Handicapé à dix-huit ans, à vie. C'était tellement injuste ! Tout ça parce qu'il avait été plus occupé à guetter l'arrivée de Peter qu'à se battre avec ce connard d'Yvan de Marsillac.

De rage, il jeta son épée à terre dans un hurlement de colère. Des heures qu'il était là, sans aucun résultat. Il était si faible sans cette main, ça en était effrayant.

"Comment t-a t-il battu ?" demanda brusquement la voix de son maitre d'arme, Géricault, visiblement ivre. Il se laissait vraiment aller depuis qu'il n'avait plus d'élève. Il avait toujours été assez penché sur la bouteille, mais à présent c'était pire que jamais.

Tristan lui jeta un regard noir, mais le respect qu'on lui avait inculqué dès son plus jeune âge pour cet homme, même ivre, le força à répondre.

"J'étais distrait et... il était très fort.

-Fort comment ?" demanda Géricault en se laissant tomber sur un banc, ses cheveux bruns crasseux lui tombant devant les yeux.

"Très bon jeu de jambe, et... il était rapide, plus rapide que moi, je n'arrivais pas à prévoir ses coups, il était ambidextre... contrairement à moi" grogna t-il en jetant un regard mauvais à son épée. Si seulement lui aussi avait eu la chance de naitre ambidextre, sans doute qu'il n'aurait pas perdu, et que même s'il avait perdu, il aurait pu se battre avec sa main gauche, cette inutile.

"Ta main droite marche plus, c'ça ?"

Tristan eu envie de l'envoyer se faire voir. Il n'avait aucune envie de parler de sa main droite.

"Je suis foutu." répondit-il finalement, ces quelques mots lui déchirant le cœur.

"T'as qu'a apprendre à t'servir d'ta main gauche, espèce d'empoté.

- Facile à dire. Ce n'est pas naturel chez moi, je suis droitier point finale.

- Moi j'ai jamais vu, mais paraît que c'possible, qu'c'est long et dur mais qu'c'est possible, d'apprendre à se battre avec l'aut' main. Ouais chai, tu vas d'mander qui pourrait t'apprendre... sert toi d'ta tête un peu d'fois. Ton copain Yvan le Loup, pourrait t'apprendre nan ?"

Tristan le regarda avec un scepticisme grandissant. Ca y était le vieux fou partait définitivement dans ses délires.

"Il a essayé de me tuer. Pourquoi me prendrait-il comme élève ? C'est ridicule...

- Bha pas tant qu'ça hein... il a bientôt 36 ou 37 ans, pas d'enfant, jamais eu d'élève. T'es excellent Tristan, meilleur que moi alors que t'es presque trois fois plus jeune.

- J'étais meilleur. Maintenant je me ferrais battre par un enfant de dix ans." Son maitre d'arme balaya sa remarque d'un geste :

"Arrête avec ça. T'as un don, c'tout. Va l'voir et demande lui d'être ton maitre, moi j'peux rien pour toi.

- Il acceptera jamais. Et même si il acceptait, j'pense pas que ce soit une bonne idée, il a essayé de me décapiter je vous ferrais dire.

- Blablabla, l'ivresse du combat, ça arrive à n'import' qui... De quoi ta peur hein ?

- Je n'ai peur de rien, se défendit Tristan, je suis un L…

- Ouais j'sais, t'es un Lannister. Bon aller, casse-toi, tu m'déprimes avec tes pleurnicheries. Prend un cheval, c'est a six jours d'ici. Emmène Harry et Ulrick, ils t'escorteront."

Sur ce, le vieil ivrogne se leva et quitta la cour, laissant son ancien élève méditer sur la soi-disant pertinence de ses propos...Tristan ne dit rien à son frère quand à son départ pour le domaine des Marsillac, le Château d'Or. Pour plusieurs raisons : tout d'abord parce qu'il était censé se "reposer" à Castral Roc, deuxièmement parce que son frère ne serrait probablement pas enchanté qu'il revoit Yvan le Loup (tout comme lui d'ailleurs) et troisièmement, parce qu'il avait envie de voir ses yeux briller de passion quand il le verrait triompher de tous au prochain combat qu'il ferrait. Il lui enverrait un baiser et Peter en défaillirait de bonheur.

...

Aaah, quel rêve charmant, songea t-il en enfourchant son cheval baie avec un sourire lointain. Il avait signifier rapidement à son père la raison de son départ. Ce dernier n'avait répondu que par un petit reniflement méprisant et Tristan en avait conclu qu'il marquait son accord. S'il avait trouvé ça stupide, il le lui aurait fait savoir plus clairement.

Ils voyagèrent sans encombre jusqu'au Château d'Or, nommé ainsi tout simplement à cause des champs de blé qui tapissaient la colline ou se dressait la forteresse de pierres noires.

On ne les laissa tout d'abord pas entrer, mais après bien des insistances de la part de Tristan, le maitre du domaine se montra enfin.

"Sir Lannister, quel plaisir de vous revoir... curieusement j'avais pensé que vous ne vous en tireriez pas..." Annonça De Marsillac avec un drôle de sourire, faisant signe à ses gardes de les laisser entrer.

Ils descendirent de cheval dans la cour et Ulrick resta près de son maitre pendant que Harry emmenait boire les chevaux.

"Vous êtes venu laver votre honneur, quelque chose comme ça ?" Demanda Yvan, l'air dubitatif.

Tristan déglutit, le rouge lui montant aux joues. Il savait ce qu'il devait faire, mais il n'était pas certain d'avoir envie d'exposer à nouveau sa nuque à Yvan...

Il s'agenouilla pourtant, doucement, fixant le sol.

"Je suis venu vous demandez de me prendre comme élève." articula t-il clairement à la surprise du chevalier au Loup.

L'homme éclata de rire, mais Tristan ne bougea pas ;

"Vous ? Mais pourquoi diable voudrais-je d'un élève ? Et même si j'en voulais un, pourquoi prendrais-je un Lannister arrogant et fier ?"

Tristan s'obligea à ne pas lui jeter un regard brulant de colère.

"Vous êtes le meilleur guerrier des sept royaumes et j'ai besoin d'appendre. Je saurais me montrer attentif et discipliné."

Il y eu un court silence, et la botte d'Yvan vint donner un petit coup dans l'avant bras droit de Tristan, posé au sol. Le jeune homme frémit, crispant sa main.

"Je vous ai vu chevaucher... ça a l'air bien vilain dites donc, êtes vous au moins capable de tenir une épée ?" demanda t-il, presque méchamment. Tristan serra les dents ;

"Non" répondit-il juste

"Quel gâchis." soupira Yvan. "Vous désireriez donc que je vous apprenne à vous servir de l'autre ?

- Oui." souffla Tristan, plus bas, relevant brièvement les yeux.

Yvan soupira, l'ai circonspect :

"Admettons que j'accepte, au vu de votre intéressant potentiel, de vous prendre quelques semaines, à l'essaie. Sachez que je suis extrêmement exigeant, et que vous ne devrez attendre de moi aucune pitié, ni aucune compassion. Vous travaillerez dur, vous ne vous plaindrez pas, et vous ferrez tout ce que je vous dirais de faire. Le tout avec le respect évident que vous devrez à votre maitre. En serriez-vous capable, Lannister ?" demanda t-il en sautant volontairement le "sir"

Tristan sentit son cœur s'accélérer et hocha la tête ;

"Oui Sir"

Il y eu un court silence, Yvan semblant réfléchir.

"Bien, relevez-vous, prenez vos affaires et suivez Brom qui va vous indiquer une chambre."

Tristan masqua difficilement un sourire et se leva, le remerciant avant de se tourner vers ses deux gardes :

"Rentrez et dites à mon père de faire suivre les lettres de mon frère jusqu'ici."

Harry eu l'air nerveux.

"Vous êtes sur que vous voulez faire ça ? Il n'a pas l'air très... enfin je ne suis pas sur que c'est une bonne idée de vous laissez seul ici mon Seigneur..."

Tristan haussa les épaules :

"Faites ce que je vous dit et ne vous inquiétez pas pour moi, Yvan n'est pas suffisamment stupide pour se mettre la maison Lannister à dos en me tuant... du moins je l'espère."

Oui, il l'espérait très fortement même...