Bonjour à tous. Voici ma première nouvelle que j'ai écrite bien avant de me mettre aux fanfictions. J'attends vos avis et vos conseils. Bizz

Feu d'artifices

Juliette jette un coup d'œil par la fenêtre. En contre bas, dans le parc, des gens se promènent. Adossés contre un arbre, deux amoureux s'embrassent en oubliant ce qui ce passe autour d'eux. Un groupe de fillettes joue à la corde à sauter. Un petit garçon tout blond promène son chien. Une grand-mère est assis sur un banc et lit le journal. Une jeune femme qui semble avoir son âge berce un tout petit bébé. Même de sa chambre, Juliette devine les yeux de la jeune maman qui pétillent. Le soleil brille, la vie est belle et cela parait suffire à tout le monde. On pourrait se croire dans un monde utopique. Elle sourit en les regardant. Ils sont tous insouciant et cela la rend un brin nostalgique. Au plus profond de son cœur, elle rêve de pouvoir redevenir comme eux un jour. Ils sont tous différents mais pourtant tous les même, avec cet espoir de s'en sortir même si ils sont complètement dans la merde !

Cela faisait an, un an jour pour jour qu'elle avait quitté ce monde. Désormais, elle ne peut que le regarder du haut de sa chambre d'hôpital en soupirant. Et pourtant, elle pourrait en faire partit à 21 ans. Elle est bien jolie avec ses longs cheveux bruns bouclées et ses yeux noisette. Les garçons pourraient la trouver à leur goût, la siffler dans la rue comme avant. Et elle pourrait prendre un malin plaisir à les regarder du haut de ses chaussures à talons avec son petit sourire qui semblait signifier : « Vous pouvez toujours rêver les mecs. Jamais vous ne m'aurez ! » Seulement il y a un détail nouveau qui suffit à réduire à néant le plus petit de ses projets.

Elle s'assoit doucement sur le bas de son lit et soupir. Ses yeux se posent un instant sur sa jambe ou du moins, ce qu'il en reste. Elle détourne le regard très vite. Malgré le temps, elle ne réussit pas à oublier sa vie passée et cet instant qui a tout fait basculer en la faisant quitter sa vie faite d'insouciance et de légèreté.

Une infirmière entre et met fin à cet instant de solitude nostalgique. Elle jette un coup d'œil sur le verre vide posé sur la table puis la regarde en souriant d'un air stupide.

« Alors Juliette, tu as bien pris tout ton médicament. C'est bien ça ! »

Juliette esquisse un sourire ironique. Elle ne trouve rien à lui répondre, comme toujours. De toute façon, elle ne pouvait pas lui dire ce qu'elle pensait : « Mais oui, c'est bien ! J'ai même trouvé une utilité à mon médicament. Je m'en suis servie pour arroser ma plante. Pétasse !» De toute façon, cela ne servirait à rien, l'infirmière ne l'écoute jamais. Sur sa blouse est agrafer un badge avec son prénom, Ariane. Un trop joli prénom pour une pouf pareille. C'est elle qui a l'habitude de s'occuper de Juliette. Mais pourtant malgré les moments qu'elles avaient passés toutes les deux, rien n'avait pu rapprocher la blonde pulpeuse et bien dans sa peau de la petite brunette triste et blasée.

Ariane débarrasse le verre et repart sans un mot en laissant la porte grande ouverte. Juliette ne peut réprimer un geste de colère. A chaque visite des infirmières c'est pareil. Elles entrent dans la chambre comme dans un moulin sans demander si cela dérange. En plus, elles ont pris la fâcheuse habitude de lui parler comme si elle avait 5 ans et encore quand elles lui adressaient la parole. Pourtant, elle n'est ni de ces gamines qui court à longueur de journée dans les couloir ni de ces légumes qui occupent un lit d'hôpital mais qui n'ont que très peu de chance de le quitter un jour. C'est insupportable et encore le mot est faible pour exprimer la rage que ressent la jeune fille ! Enfin quand elles daignaient quitter la pièce, elles « oubliaient » de refermer la porte derrière elles. Il lui fallait donc traverser la pièce à chaque fois et supporter les regards interrogateurs des autres patients. La raison de la porte ouverte, Ariane lui l'avait bien expliqué plus d'une dizaine de fois : « c'est pour les visiteurs éventuels ». Mais Ariane ne pouvait pas comprendre le désarroi qui se lisait dans les yeux de Juliette à chaque fois. En effet, la jeune infirmière a l'habitude d'être entourée, d'avoir des amis sur qui compter en cas de problème alors que Juliette sait bien que personne ne viendra jamais la voir ! Ses amis, cela faisait Un an qu'elle ne les a pas vu au minimum ! Elle avait passé 6 mois dans le coma puis 6 mois entre perfusions, médocs et rééducation. Ce n'est pas obligatoirement ce qu'il y a de plus passionnant à écouter et cela expliquait l'éloignement du peu d'amis qu'elle avait. Pourtant, une de ses plus proches amis lui avait dit un jour « Tu reconnaîtra tes vrais amis quand tu sera tout en bas. Ce sont les seuls qui resteront ». Et bien personne n'est resté. Pas même cette personne la qui pourtant se disait sa meilleure amie.

Mais pour Juliette ce qu'il y a de pire dans cette histoire, c'est la montagne de médicaments qu'elle doit prendre chaque jour. Une pilule rouge par ci, deux pastilles blanche par la, et ceci un nombre incalculable de fois dans la journée. « C'est pour que ta jambe guérisse plus vite » lui a dit le médecin. A chaque fois qu'elle y songeait, elle ne pouvait s'empêcher de rire. Sa jambe ne lui faisait plus mal ou presque depuis un bout de temps. D'ailleurs ses médicaments, elle ne les prenait pas toujours voir même très rarement… Soit elle les jetait par la fenêtre dans le parterre de roses, soit elle les cachait dans du papier en direction de la poubelle ou sous son lit. Elle commençait même à avoir une belle collection...

En effet sa jambe n'est pas ce qui devait être soigné au plus vite. L'endroit le plus atteint est le cœur mais le médecin n'a trouvé aucun médicament pour le guérir. Une larme coule le long de sa joue puis une autre et un flot de larme se mettent à couler. Toutes les larmes qu'elle n'a pas pu laisser couler depuis longtemps. Elle les laisse couler puis d'un seul coup se ressaisit. Ce n'est pas le moment de flancher. Il ne faut rien laisser paraître. Elle doit sembler guérit si elle veut pouvoir réussir... Elle regarde soudain sa montre. Elle affiche 16h30 autrement dit l'heure d'aller faire sa « promenade » quotidienne préconisé par son médecin. Vu qu'elle ne sortait pas d'elle même dans les couloirs, le médecin n'avait pas trouvé d'autre solution que de l'obliger à faire cette sortie quotidienne.

Elle sort de sa chambre et regarde dans le couloir. Il est vide. Elle aperçoit juste Ariane entourée d'infirmières qui rigole comme une écervelée. Pour ne pas la croiser, clopin-clopant, elle se dirige vers le fond du couloir opposé. Elle regarde les portes. Elle entend les enfants rires. Elle voit des gens s'embrasser, se retrouver, se serrer dans les bras les uns des autres. Avant d'arriver au bout, elle s'arrête et s'adosse contre le mur. Elle n'en peut plus. C'est déjà bien assez pour elle. En effet, si elle voulait elle pourrai marcher plus et descendre au parc comme les autres patients mais elle n'en a pas le courage. Elle ne veut pas voir ce qu'elle ne retrouvera jamais : la joie, le bonheur d'être entourer de gens qu'elle aime et qui l'aiment. Elle ne veut pas voir les gens se retourner sur son passage. Elle ne veut entendre personne s'apitoyer sur son sort. Elle ne veut pas non plus les entendre murmurer plus ou moins discrètement :

« Tiens regardes, c'est la jeune fille de la chambre n°245.

- Oui, elle sort faire sa promenade quotidienne.

- Tu as vu, elle est encore toute seule.

La pauvre, je ne l'ai jamais vu avec qui que ce soit, même pas ses parents. Pourtant, elle est la depuis … presque 1 an. »

Marre, marre, marre ! Ses parents ne viennent jamais la voir d'accord, mais ce n'est pas la peine de lui le rappeler à chaque fois ! Juliette sert les poings. La rage monte en elle. Elle ne manquera à personne, elle, la petite dernière, la droguée, la fumeuse, la mauvaise élève ! « La honte de la famille » lui avait dit un jour sa mère. La HONTE de la famille voilà ce qu'elle est. Le jour de ses 18 ans, elle avait quitté la maison familiale et n'y avait jamais remis les pieds. Pourtant, elle n'avait fait qu'une « erreur » mais quelle erreur ! Elle avait choisit de ne pas être comme les autres ! Elle avait osé ne pas entrer dans le moule ! Car c'était cela sa devise, Osez ! Osez ne pas être comme tout le monde ! Osez se faire une place autre parmi cette bande de clone ! Osez ne pas être un mouton de panurge ! Osez briser les barrières, les tabous. Ces maudites chaînes qui précipitent au sol ceux qui sautent vers le ciel.

Et puis, elle l'avait rencontré. Qui ? Lui, Quentin. C'était son double au masculin. Non, il n'était pas son petit copain. Elle avait eu beau se tuer à le répéter, personne ne l'avait jamais cru ! À croire que les gens ne savent pas ce qu'est l'amitié fusionnelle… Mais bon, elle avait fini par s'y habituer. Quentin lui avait permis d'être heureuse deux années dans sa vie. Il lui avait permis de vivre réellement, d'être elle-même et non la fille que sa famille avait créée. Et puis, il y avait eu cet accident. Ce jour maudit où tout a basculé …

Ce soir là, elle avait trop bu, trop fumé. C'était son habitude : noyer son chagrin dans l'alcool et la drogue. C'est vrai qu'à 20 ans, cela pouvait sembler anormale ! Quoi que... Beaucoup de jeunes de son âge avaient le même comportement. Cependant eux c'était pour montrer leur joie. Elle s'était pour se débarrasser d'un mal qui la rongeait de plus en plus. Une tristesse qui s'insinuait jusqu'au fin fond de son cœur. Quentin ne savait pas comment la sortir de ça. Il cherchait à comprendre le comportement de son amie. Mais comment lui expliquer qu'elle en avait besoin. En buvant, elle était enfin libre. Ses chaînes disparaissaient comme par magie. Rien au monde même les explications des médecins et les risques qu'on lui avait énuméré une bonne centaine de fois n'avaient pu lui faire décrocher. Elle était dépendante mais de son plein gré.

Mais cela personne voulait le comprendre même Quentin qui était venu la chercher en pleine nuit. Sobre comme à son habitude, il avait pris le volant. En même temps elle n'en aurait pas eu la force. Elle était complètement défoncée et à la limite de inconscience. Quand elle avait compris qu'elle avait atteint le point de non retour, elle l'avait appelé et comme à son habitude il était venu la chercher. Il l'avait trouve dans un coin, recroqueviller et l'avait pris dans ses bras. Puis il l'avait porté jusqu'à la voiture en la sermonnant contre son comportement de plus en plus dangereux. Il l'allongeât à l'arrière. Il allait la ramener chez lui et s'occuper d'elle jusqu'à ce qu'elle soit revenue dans un état normal. Elle le savait parce qu'il avait déjà fait ça de nombreuses fois auparavant.

Mais, à un croisement, il y avait eu un grand bruit, une lumière vive et puis, plus rien si ce n'est un énorme vide auquel a suivi un trou noir de six mois. Lorsqu'elle s'était réveillée, Ariane lui avait raconté ce qu'il s'était passé. Une voiture, composée de cinq jeunes complètement ivres, était arrivée à toute vitesse à droite. Priorité non respectée, les deux voitures s'étaient heurtées de plein fouet ! La voiture de Quentin était parti en tonneau sur le coté. L'autre voiture avait pris feu avant que ces occupant n'aient eu le temps de sortir Les pompiers avaient réussis à la sortir, mais elle y avait laissé un morceau de sa jambe. Des sept personnes présentes dans les voitures ce soir la, elle était la seule à avoir survécu. Autour d'elle médecins et infirmières n'avaient pas arrêté de lui dire qu'elle avait eu beaucoup de chance de ne pas mourir. Mais la chance, Juliette ne la trouvait nulle part. Elle avait perdu la seule personne qui tenait un tant soit peu à elle et elle était censé avoir eu de la chance ... Elle en était tombé sur les fesses devant un tel ramassis de conneries !

En plus, elle avait du se taper des dizaines de séances chez la psychologue. Elle avait pourtant l'air sympa cette pauvre psy mais non, Juliette avait fait un blocage et ne lui avait rien dit durant toutes les séances. Dix séances de silence glacial. Elles se regardaient en chiens de faïences. Dès que la psy lui posait une question, Juliette prenait un malin plaisir à regarder ailleurs et à la faire répéter. D'ailleurs, les séances chez la psy, elle s'en fichait royalement et c'est pour cette raison qu'au bout de deux mois, la psy avait abandonné la thérapie ! La seule chose qu'elle en avait retenu, c'était cette phrase balancé lors de la dernière séance : « Bon on va arrêter là. Je vois bien que ça ne sert à rien de te pousser. Tu t'es bornée à ne rien dire donc je ne peux pas t'aider mais souviens toi, il y a du bon dans chaque situation ». Juliette avait été retourné par cette phrase. Du bon ? Elle avait eu beau chercher, elle n'avait rien trouvé de bon là-dedans ! Ce n'est pas elle qui avait des problèmes mais la psy. Il fallait être vraiment être malade pour sortir des phrases pareilles !

Arrivé à l'ascenseur, elle fit demi-tour. Pas la peine d'aller plus loin. C'est bien suffisant pour aujourd'hui ! Le retour lui paraît plus rapide. Peut être parce qu'elle ne réfléchit à rien. Son esprit est ailleurs. Arrivée dans sa chambre, elle s'assoit à son bureau. Elle sort un stylo noir, une belle feuille blanche et se met à écrire. Les mots glissent sur le papier. Les phrases viennent toute seule. Parfois, elle fait une rature. Aussitôt, elle chiffonne le papier et recommence. Elle n'a pas le droit à l'erreur ! Au bout d'une heure et demi environ, elle pose enfin son stylo. Elle se relit et sourit à demi. Sa lettre est parfaite, un peu brève certes mais sincère et franche comme elle a l'habitude de les écrire. Pas besoin de prendre milles détour pour dire ce que l'on pense, non ? Elle est assez fière de son écrit et espère de tout son coeur qu'il aura l'effet attendu sur ses destinataires… Ses yeux brillent en imaginant leur tête. Elle plie la lettre et la glisse dans sa poche. Elle regarde le bureau. Il est recouvert de bout de papiers chiffonnés, déchirés et de cartouches vides, preuves du mal qu'elle s'était donnée. Pour éviter une réprimande d'Ariane en ce dernier jour, elle met le tout à la poubelle puis s'assoit sur son lit en attendant.

Un bruit familier lui fait dresser l'oreille. C'est le bruit cristallin des verres sur les plateaux repas ! Il doit donc être aux environs de 18h45. Elle regarde l'heure et pousse un soupir. Elle ne s'est pas trompée. A l'hôpital, la vie est réglée comme du papier à musique ! Mais bon, elle se rassure en pensant que cela sera bientôt terminé. Enfin ! Ariane entre et lui tend un plateau. Sous sa blouse, elle porte une jolie robe. « Tiens, Cendrillon va au bal ce soir » pensa Juliette. Elle prend le plateau en souriant. Ariane s'en va en lui souhaitant un bon appétit avec un sourire. Juliette se méfie et regarde le contenu de son plateau. Elle y trouve l'habituel potage de légumes sans couleur mais aussi sans goût, du jambon et de la purée. Cette dernière semblait insipide et froide mais cela aussi est habituel. Le fromage est dur bien sur … Rien de très appétissant. Elle comprend alors le sourire d'Ariane. Heureusement le dessert lui plait car il s'agit de son plat préféré : une tarte au citron. Ariane aurait elle sourit pour cette raison ? Mais non bien sur. Ce n'est pas parce que c'est son dernier soir ici qu'elle va faire amie-amie avec cette blondasse. Elle mange de bon cœur. Il faut dire aussi que c'est son dernier repas ici alors autant en profiter même si ce n'était pas le restaurant 5 étoiles. Une fois son repas terminé, elle repousse le plateau et s'affale sur son lit. Une infirmière qu'elle ne connaît pas passe récupérer son plateau, lui faire quelques soins et lui donner ses médicaments du soir. Elle lui dépose également avant de partir son emploi du temps pour le lendemain. Juliette ne prend même pas la peine de le lire. Elle le roule en boule, y met les médicaments et le lance dans la poubelle. « Panier !» s'écrie t'elle en riant de bon coeur. « Chut ! Il y a des gens qui dorment ici» lui répond une voie pas très aimable de l'autre coté du mur. « Merci de me le rappeler j'avais oublier les poules ! » répond t'elle à la rabat joie de service qui lui sert de voisine ! Elle entend pester de l'autre coté de la cloison mais personne ne veut ameuter les infirmières et le silence retombe vite. En effet, à partir de 19h30, il ne faut surtout pas faire de bruit sous peine de cries car « madame » dort et il ne faut pas la réveiller ! Dans le cas inverse comme ce soir mamie fait des siennes, les infirmières rappliquent et ça ne fini jamais bien. Juliette se couche. Elle éteint la lumière et reste ainsi allongée dans son lit sans bouger. Pour une fois elle ne réfléchit pas non plus. Elle est immobile, tranquille. Ses yeux sont fermés. On pourrait croire qu'elle dort. D'ailleurs même l'infirmière de nuit s'y fait prendre lors de sa visite. Juliette l'entendit murmurer :

« Ah, ça fait plaisir à voir ! Elle est calme ce soir. Pourvue que cela dure…». Puis elle quitte la chambre et Juliette l'entend soupirer : « Un an, un an déjà. Quel dommage. Que la vie peut être cruel parfois… »

Un peu avant minuit, elle se lève et ouvre la fenêtre. Qu'est ce qu'il fait chaud en ce soir d'été! Dehors un groupe joue un dernier morceau de rock. Le feu d'artifice commence. Quelle belle fête cela a dû être cette année encore. Elle s'assoit sur la balustrade et réfléchit. Qu'est ce qu'elle aurai aimé faire? Pas boire, ni fumer, cela lui était passé suite à l'accident. Revoir ses parents peut être et ses sœurs. Les voir, pas leur parler. Ou danser pourquoi pas. Chanter aussi. Ou non, revoir cette amie qui lui avait parlé d'amitié. Ou crier à la face du monde tout ce qu'elle voulait leur dire depuis toujours… Tant pis, elle n'a plus le temps de penser à tout cela. Elle regarde sa montre et soupire, à la une, à la deux, à la trois, et saute. Le bouquet final apparaît, à l'église, on entend sonner les douze coups de minuit. Les gens applaudissent sans savoir…

Le lendemain matin, son corps est découvert par un infirmier. Elle a les yeux fermés. Le sourire qui trône sur ses lèvres semble dire « ne vous en faites pas pour moi, je suis enfin heureuse ». Le jeune infirmier la regarde, elle a l'air sereine, allongée dans le parterre de rose. Il remarque un bout de papier qui sort de sa poche. Il le prend et l'ouvre. Quelques mots y sont écrits. Ses derniers mots…

« Histoire de tout…

Histoire de rien…

Histoire de vivre…

Non, plutôt de survivre…

J'ai essayé, 1 an…

Je n'y suis pas arrivé.

Bisous et à + au paradis… »

Et au dos :

« Osez ! Brisez les barrières, les tabous. Ces chaînes qui précipitent au sol ceux qui sautent vers le ciel ! (Foutue pomme !) »

Il pose le papier sur le corps de la jeune fille en soupirant. Elle était jeune. Elle était belle. Elle avait de l'humour même dans sa tristesse .Il regarda sa jambe. Mais la vie ne lui avait sûrement pas fait de cadeau… Qui se souviendra d'elle ? Telle est la pensé de ce jeune infirmier quand il part prévenir les autres de la mort de cette jeune patiente. Il se retourne une dernière fois. Un rayon de soleil illumine le visage de Juliette. Et c'est cette dernière image qui restera dans la tête de l'infirmier. Celle d'une fille qui n'attendait plus rien de la vie et qui a enfin trouvé le bonheur … ailleurs