Catégorie : Romance / Drama / Hurt / Confort / T pour le moment.

Résumé : Tout droit sorti de mon imagination.

Yaoi /Thomas, vingt-sept ans, se retrouve père de deux enfants du jour au lendemain. Sa vie ordonnée se chamboule et, c'est seul qu'il fera face à sa nouvelle condition jusqu'à ce qu'il rencontre le frère de la baby-sitter…

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Les liens d'une famille

Prologue.

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1990

Dans le parc où deux beaux petits garçons aux cheveux noirs ébène jouaient ensemble, un troisième arriva lorsque l'un des deux frères de six ans partit aux toilettes. Ce dernier donna un coup de pied à Thomas qui se mit à pleurer à chaudes larmes. Quand, son frère jumeau vit ce qu'il subissait, Paul renvoya la pareille à l'intrus.

« ― Touches pas à mon frère ! cria Paul envers le petit garçon qui décampa en pleurant.

Thomas s'essuya le visage en écoutant son frère lui dire :

― Ne fermes jamais les yeux Tom ! dit son frère, sinon tu ne sais pas où il va te taper ! »

Main dans la main, Paul consola son frère en lui disant qu'il sera toujours là pour lui. Cela parut sonner comme une promesse et, le regard empreint d'une grande tendresse pour Paul, Thomas lui fit son plus grand sourire.

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1994

En haut d'une falaise, ces deux garçons de dix ans se promenaient avec leur mère.

« ― Ne fermes pas les yeux, dit Paul à son frère jumeau en essayant d'enlever ses mains de son visage.

― Mais ça me fait peur ! répliqua Thomas qui ne cachait pas sa peur.

― Tu ne peux pas le savoir si tu fermes les yeux…

― Tu me tiens la main, hein, Paul… marmonna-t-il.

― Promis Tom ! répondit-t-il en la lui prenant dans la sienne.

Thomas, à travers son regard bleu, découvrit la beauté du paysage. Tous les deux, le sourire émerveillé aux lèvres, savouraient cet instant magique. Un coucher de soleil aussi beau qu'était leur vie.

― Merci Paul, souffla Thomas à son frère. »

Des deux, Paul était le plus fort tandis que Thomas était le plus énergique. Des frères inséparables qui pensaient vivre éternellement côte à côte.

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1997

Le jour de leur treizième anniversaire, en plus de leur cadeau, leur mère avait offert un bandana : un rouge pour Paul et un bleu pour Thomas.

― Qu'est-ce qui y a ? demanda Thomas en voyant que son frère boudait en retroussant ses lèvres.

― Rien… répondit-il en déposant le bout de chiffon sur son bureau.

Thomas n'avait pas besoin qu'il le lui dise car, au fond malgré certaine différence, ils étaient pareils. Le lendemain matin, Paul trouva le bandana de son frère et un petit mot : '' Bon anniversaire frérot !''. Heureux, il rejoignit Thomas dans la cuisine et se jeta dans ses bras en lui hurlant un merci.

― Mais je prends le tiens à la place, lui demanda ce dernier sans dissimuler son inquiétude… parce que comme ça, j'aurais toujours un peu de toi avec moi !

Leurs éclats de rire résonnèrent dans la cuisine… Thomas était heureux quand Paul l'était.

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2002

A la sortie du lycée, Paul retrouva son frère dans un triste état : écroulé à même sur le goudron, il était entouré de cinq jeunes adolescents qui le traitaient de tapette en tout genre. Sa chemise avait volé en éclat et sa figure était rougie par les coups reçus. Son sang ne fit qu'un tour et les poings serrés, la colère ancrée dans son regard habituellement doux, il frappa rageusement contre ceux qui avaient osé tabasser son frère.

Plus révolté et plus froid, Paul malmena deux d'entre eux qui fuirent ensuite la situation. De ses yeux remplis de haine, ils passèrent rapidement à de la peine lorsqu'il dévisagea Thomas. Il se baissa pour l'aider à se relever:

« ― Je n'ai pas fermé les yeux Paul… souffla-t-il en gardant ses larmes.

― Oui, Tom…

― Je n'ai pas… eu peur… dit-il entre ses hoquets et sa douleur physique.

Deux semaines plus tard, Paul lui apprit à se défendre dans le jardin de leur mère. A dix-huit ans, Thomas lui avoua qu'il aimait les garçons et la seule réponse de son frère fut :

― Et moi, je t'aime comme tu es… »

D'une telle ressemblance physique, leur caractère était très diffèrent. Cette année-là, Paul lui présenta sa petite amie, Audrey.

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2004

Leur mère venait de les quitter d'un cancer et, seuls, pour la première fois, Thomas consola son frère qui était le plus proche des deux.

''― Tu lui ressemble beaucoup, Paul… dit-il en le gardant dans ses bras.

― Tu ne m'abandonneras jamais ? Hein ? Tom ? demanda Paul en le fixant droits dans les yeux.

Thomas cala son visage contre celui de son frère et lui murmura dans le silence de leurs pleurs :

― Jamais Paul…''

En grandissant, Thomas était devenu plus fort que son frère mais, il avait fini par devenir distant avec les gens parce qu'il avait déjà eu si mal en perdant sa mère… alors, s'il devait aussi un jour perdre son frère, il n'imaginait pas sa vie sans lui. Pourtant après une année de vie commune, Paul partit vivre avec Audrey mais, ce dernier voulait être sûr de n'être jamais loin de son frère qui s'installa à quelques pas de chez lui.

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2005

Paul se maria et eut une petite fille, Valentine au cours de la même année. Thomas qui gardait une place importante dans la vie de son frère, était toujours présent à ses côtés. Audrey avait fini par l'accepter mais, au fond d'elle, c'était à Thomas de voir si elle le méritait.

Thomas passait tous les dimanches avec eux et lorsqu'Audrey rentra à la maison avec la petite, il lui chuchota :

« ― Je te le laisse, il est heureux et il n'a plus besoin de moi…

― Mais, toi, oui… répondit-elle en lui faisant la bise, alors ça me fera toujours plaisir de te voir… »

Audrey était une enfant unique et ses parents voyageaient beaucoup pour leur travail en tant que géologues. Bien qu'ils se ressemblent énormément, elle arrivait à les différencier. Thomas était plus renfermé que Paul et, parfois, elle tentait de savoir ce qui le minait.

« ― Paul est ma seule famille, commença-t-il d'une voix tremblante… enfin, vous êtes la seule qui me reste… »

Elle concevait très bien qu'un lien très fort les unissait et, à ses yeux, elle ne pouvait que le comprendre.

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2008

C'était l'été, au bord de la mer, que Thomas, jeune célibataire et endurci, rejoignit son frère jumeau et sa femme. À l'ombre d'un grand parasol, autour d'eux, Thomas regardait sa nièce, Valentine de trois ans rire aux chatouilles de Paul pendant que sa femme berçait le petit Alexandre, âgé à peine de quelques mois. Ce jour-là, quand les enfants firent leur sieste, la discussion qu'ils eurent tous les trois eut une tournure qui finit par l'effrayer.

« ― J'aimerais que tu veilles sur nos enfants, si jamais il devait nous arriver malheur, dit Paul avant d'ajouter, parce que tu es mon frère et qu'Audrey n'a personne sur qui en faire la demande.

Thomas, au souvenir de la mort de leur mère, eut un battement de travers et, bien qu'il tenta de cacher sa peur, Paul lui chuchota à l'oreille :

― C'est pour rassurer Audrey… tu sais que je serais toujours là…

Thomas ne se sentait pas l'âme d'un père en entendant cela et, en ayant tout essayé pour l'en dissuader, sa belle-sœur le fixa droit dans ses yeux bleus et lui avoua :

― Tu es la seule personne qui resterait aux enfants… et cela n'est que si et seulement si, quelques choses devaient nous arriver… mais, au moins, je serais rassurée de les savoir en sécurité…

― Le fait que je sois gay ne te dérange pas ? s'étonna Thomas.

― Tom, peu importe ce que tu es, pour moi, tu seras et resteras mon frère… dit-il en passant une main sur la chevelure noire de son jumeau et continua, nous te connaissons bien… tu es comme moi… »

Finalement, il consentit à les adopter en sachant que rien ne leur arriverait. Thomas connaissait son frère et c'était un homme qui faisait passer sa famille avant tout le monde. Il prenait soin des autres avant son bien-être. À vingt-quatre ans, il était fier d'être déjà tonton d'une petite fille adorable et d'un petit garçon encore tout bébé.

Audrey faisait partie de la famille et bien que Thomas ait eu du mal à accepter que son frère l'abandonne, elle lui avait montré qu'elle le méritait. Les jumeaux étaient très liés et, un jour presque au bord de la rupture, Audrey était venue lui dire qu'elle quittait Paul parce qu'elle savait que son jumeau passerait avant elle.

Thomas se souvint de la peine qu'elle lui fit naitre au fond de lui car, si cela le déchira sur le coup, il savait que Paul ne s'en remettrait pas. Il n'était pas très fier de lui et pour la première fois, il savait qu'il devait laisser son frère enfin vivre sa vie. Ainsi, Thomas passait beaucoup de temps avec eux, il était le tonton qui gâtait les enfants et il était heureux parce que Paul l'était.

Au fil du temps, Audrey était devenue plus qu'une amie qui aimait le charrier sur ses coups d'un soir, jusqu'à ce qu'il rencontre Alain deux ans plus tard. C'était un homme avec qui il entretenait une liaison fragile mais, il était certain d'avoir trouvé l'homme qui partagerait sa vie.

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Eté 2011

Dans une semi-pénombre, Thomas qui aimait sa vie rangée et ordonnée plongea dans un sommeil bien étrange. Il rêva de cette conversation avec son frère au bord de la plage. Tout sembla si soudainement cotonneux qu'il sentit son cœur ses serrer dans sa poitrine. Il se réveilla en hurlant le nom de Paul. Affolé, il passa ses deux mains sur son visage et rapidement, pris de panique, il saisit son téléphone et composa le numéro de son frère. Les doigts tremblotants, il dut se reprendre à plusieurs fois avant d'entendre l'intonation.

Un frisson glacial lui parcourut le dos comme si son rêve lui indiquait que tout était fini. La gorge nouée, il entendit une voix masculine lui dire :

« ― Monsieur ? Vous êtes un membre de la famille de Mr et Mme Garnier ?

― Hum… put-il seulement faire sortir de sa bouche.

― Serait-il possible de vous rencontrer à l'hôpital… »

Le reste sembla disparaitre sous le bruit d'un coup de tonnerre.

Le regard soudainement flou, il secoua la tête avec violence en se disant que tout cela était faux et qu'il allait se réveiller. Seul un hurlement réussit à franchir de sa gorge : « Non, pas Paul ! ». La mort dans l'âme, il sortit hors de son lit mais, la flagrante douleur le poignardait encore et, sous l'emprise de sa soudaine souffrance, il s'écroula à genoux, pleurant ses larmes de pertes. Thomas n'envisageait pas du tout sa vie sans pouvoir voir son frère, ce n'était pas possible… non, ce devait être un cauchemar.

Respirant avec difficulté, il ferma ses paupières quelques minutes et, il eut une pensée aux enfants. En puisant sa force pour eux, il se hâta de s'habiller et partit sans un regard à sa maison. Le corps toujours tremblant, quand il arriva à l'hôpital, il appela son amie Karline.

Tel un automate, il écouta un médecin qui lui annonça le décès de Paul et d'Audrey.

― Non ! hurla-t-il en posant une main sur sa bouche, non ! continua-t-il presqu'en sautant sur place pour refouler toute cette horrible tension.

Les larmes revinrent avec force et, la seconde main posée sur son ventre, Thomas eut si mal qu'il se cambra de douleur. Elle était telle que jamais il ne pensa un jour la ressentir aussi bouleversante, elle était encore plus dévastatrice qu'à la mort de sa mère… La vie lui parut si subitement injuste, si cruelle et si pleine d'amertume. Les yeux remplis de perles de peine, il n'arriva plus à trouver assez d'air qu'il se mit à hoqueter bruyamment puis, pris de tremblements, il vacilla sous le poids de cette terrifiante nouvelle. Des infirmières accoururent pour l'aider à s'assoir et ce fut les coudes sur les genoux et la tête entre ses mains qu'il entendit Karline soufflait son nom.

Tristement, de son regard flou et rougi, il croisa ceux de son amie qui le serra tendrement. Dans ces moments, nul besoin de mots car la présence de Karline lui suffisait. Thomas se calma doucement dans ses bras… Il retenait avec difficulté ses cris de sanglots qui traversaient sa main… et pendant quelques secondes, il fixa sa gourmette où était inscrit « Tomy » que lui avait offert Paul…

Il sourit légèrement en se rappelant que le bijoutier avait par erreur ajouter le Y mais, le chagrin était toujours là… Plus rien ne sera comme avant…