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Lémon

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Chapitre 5 / Parfois,… il suffit…


À vingt minutes de son départ, en arrivant à l'aéroport, Thomas, s'arrêta devant une vitre qui le séparait de la piste. Le regard attristé, il posa une main contre cette paroi et, les larmes bloquées rageusement aux coins des yeux, il baissa la tête en serrant des dents. « Mon dieu,… comme il va me manquer… » Pouvait-il se permettre de se laisser aller maintenant qu'il était prêt à prendre l'avion ? Il avait cru que tout serait facile mais, finalement, rien ne l'était… Sa vie sentimentale n'était qu'un désastre…

« — Bonsoir, entendit-il à ses côtés…

Thomas tourna la tête sur l'homme qui lui tendit un mouchoir. Le regard émeraude de cet homme parut lire en lui et, intrigué, il le remercia.

— Vous savez, reprit-il en lui souriant, parfois, il suffit d'apprendre à écouter ce qui nous entoure,… pour comprendre une et une seule personne…

Thomas, les yeux ronds, ne saisissait rien à ses mots et pourtant ils eurent l'effet de le soulager. Etrange… Lorsqu'il posa une main sur son épaule, Thomas ressentit une vibration bien mystérieuse qui l'enveloppa comme si, cet inconnu avait le pouvoir de savoir exactement ce qui lui manquait à cette seconde. Ce dernier passa une main dans sa chevelure brune et qui, tombant jusqu'à ses épaules, sembla le rendre encore plus séduisant…

— Le secret,… ajouta l'inconnu, la patience, la compréhension et,… et, surtout parfois, une petite dose d'imagination peut emmener les choses encore bien plus loin…

Il commença à se retourner quand, enfin, Thomas osa lui demander son nom et, ce dernier s'approcha dangereusement de lui et, en inclinant sa tête, il marmonna à son oreille :

— Pourquoi vous donnez un nom quand, je ne suis que de passage pour vous guider ?...

Il se permit une pause avant d'ajouter d'une voix remplie de mystère :

— Kalyoss,…

Ce prénom, bien qu'aussi étrange que son être, sonnait comme le souffle de l'air puis, hésitant, il voulut lui demander s'il se recroiserait mais, ce dernier fut plus rapide :

— Nous serons amenés à nous revoir To-my ! dit-il en levant une main en signe d'au revoir… »

Immobile, il contempla le mouchoir où le sigle K.E était notée avec une auréole au-dessus. Kalyoss avait un sourire contagieux puisque lui-même souriait maintenant, effaçant sa mélancolie. Puis comment savait-il que son surnom était Tomy ? Surtout que c'était une erreur de frappe ? se demandait-il en fixant sa gourmette…

Ce serait le genre de situation que Kaine aurait adoré ! pensa-t-il en se retournant sur la vitre.

Sans vraiment savoir pourquoi, il se contempla quelques secondes et, perdu dans ses pensées, il eut l'impression d'y voir le reflet de Paul. La mélancolie sembla revenir l'embêter encore une nouvelle fois…

La fatigue, se dit-il…

Il savait qu'il partait loin ou, du moins, qu'il fuyait sa vie. Paul lui manquait toujours aussi terriblement mais, Clément… manquait tout simplement à sa vie. Il ne le voyait plus et ce dernier ne lui avait donné aucun signe alors, le message était bien passé. La main sur le cœur qui palpitait au rythme de ses pensées, il devait se résoudre à l'oublier… oublier qu'il avait un jour eu la chance qu'il embrasse. Un simple baiser qui valait bien plus que tous ceux qu'il avait pu recevoir mais, finalement, c'était un cadeau empoisonné parce que, la douleur de ressentir les lèvres de celui qui faisait battre son cœur ne l'aimait pas. Un gout de paradis au milieu d'un enfer… Clément l'avait juste marqué d'une empreinte indélébile.

La gorge nouée par son souvenir, il ferma quelques instants son regard et, comme si le besoin d'être réconforté se faisait sentir, il perçut un souffle à ses côtés. Thomas inclina légèrement la tête sur le côté et, le sourire aux lèvres, il reconnut le parfum de son frère. Une pensée ? Un rêve ? Peu importait, au point où il en était, il préférait autant divaguer et croire que son frère était présent à ses côtés. L'un comme l'autre, ils s'étaient mutuellement promis de se veiller et, maintenant, il savait que la vie était bien courte pour être gâchée par des futilités. Elle était insaisissable mais, si chère pour nos âmes mortelles parce que, éprouver, ne serait-ce qu'un type de sentiment, la vie nous apparaissait comme à un terrain de jeu. Après tout, qui aurait pu lui dire qu'il aurait rencontré Clément si Paul n'était pas décédé ? Qui aurait pu lui dire qu'il serait père avant d'avoir trouvé l'homme de sa vie ? Personne…

Ou, peut-être, avait-il seulement besoin d'un coup de pouce… une main chaleureuse qui lui dirait de rester mais, le sourire effacé, personne ne le retiendrait… Bercée par ses illusions et l'odeur de Paul qui parut soudainement le narguer, le cœur serré, il entendit de la bouche d'une mère qui parlait à une autre personne dire :

« — Ne ferme pas les yeux… »

Comme des réponses tant attendues à ses questions, Thomas qui repensa à ce que lui avait dit Kalyoss, continua à inspecter les voix des gens qui circulaient au milieu de la gare et, ce fut le corps tremblant qu'il écouta une voix d'homme dire :

«— Reste,… si tu t'en vas,… comment sauras-tu que ta vie n'est pas ici ? »

La mélancolie du moment sembla se transformer peu à peu en un espoir inimaginable. Les yeux maintenant grands ouverts, il sentit sa respiration se saccader et, le cœur battant à tout rompre, des larmes d'incertitude restèrent bloquées au bord de ses yeux.

«— Où que tu sois, tu sais que j'aurais toujours une pensée pour toi… » perçut-il d'une voix féminine.

Le regard brillant, Thomas ne sut s'il rêvait mais, il aimait se dire que tout cela ne devait que venir de son imagination… puis, un sentiment de profonde tristesse l'enveloppa lorsqu'il vit à travers la vitre que son vol venait de quitter la piste. Une main sur le front, un rire s'échappa de sa gorge comme si le destin se foutait de lui. Il était tellement absorbé par ses pensées qu'il en avait oubliées l'heure. Dépité, il pivota quand, en fixant sa montre, il discerna une voix… la voix de Clément :

« ― Tomy,… Tomy,… Tomy,… je t'aime Tomy… »

Cette voix, Thomas l'aurait reconnue entre toutes et, le cœur palpitant, il balaya les alentours de son regard. Incertain, d'un pas mal assuré, il se dirigea auprès de cette intonation qu'il chérissait déjà depuis longtemps. Un homme, assis, qui dissimulait encore son visage entre les mains releva lentement son regard sur Thomas comme s'il l'avait senti et, le souffle court, ils se contemplèrent sans dire un mot. Un moment de solitude où chacun des deux pouvait apprécier cet instant presqu'inespéré.

Paul, pensa soudainement le plus jeune …

Au bout de trois minutes de silence, Clément avait effacé ses larmes de peine et, ce fut Thomas qui lui tendit une main en lui souriant :

« — Bonsoir, commença-t-il en retenant ses larmes, je m'appelle Thomas…

Clément qui avait cru l'avoir perdu se retrouvait face à celui qui faisait battre son cœur. Lorsqu'il l'écouta, il l'empoigna tendrement cette main en le regardant droit dans les yeux.

— Enchanté, dit-il en entrant dans son jeu, moi, c'est Clément…

— Si vous permettez monsieur, j'ai pu remarquer qu'il y avait un bar à l'entrée de l'aéroport, dit-il en lui montrant la direction d'une main tremblante, aurais-je droit de vous inviter à boire un verre en ma compagnie ?

Clément n'aurait surement pas fait mieux pour rétablir un contact qu'il avait lui-même coupé. Thomas était surprenant et, le corps apaisé, il lui répondit :

— J'en serais ravi, jeune homme ! s'exclama-t-il tant son cœur bondissait dans sa poitrine. »

Ils marchèrent côte à côte et, pour ne pas perdre la magie de ce moment, Thomas continua :

« — Vous venez d'arriver où vous comptiez repartir, Clément ?

— Pas de vouvoiement entre nous, répondit-il en jetant un coup d'œil dans sa direction, nous sommes adulte après tout,… en fait, j'étais venu pour empêcher une personne ne s'en aller… souffla-t-il d'une voix tremblante.

Thomas dont le cœur palpitait à chacun de ses mots sentait une soudaine joie l'envahir : il était venu pour lui…

— Oh,… répondit-il en feignant l'étonnement, alors que fais-tu seul ?

— Hum,… je crois que je l'ai raté de peu…

Ils pénétrèrent dans le bar et, en prenant place, ils prirent commande. Clément n'arrivait pas à croire que Thomas était bien là tandis que ce dernier était content de le voir à l'aéroport.

— Dis-moi, reprit Clément en lui souriant, et toi, que fais-tu ici ?

— Ma foi, commença-t-il en plantant son regard bleu dans celui de son interlocuteur, je devais m'en aller et, j'ai bêtement raté mon vol…

— Cela signifie que tu es bloqué à l'hôtel ? demanda l'ainé dont les yeux pétillaient d'une lueur vive.

— Oui, murmura doucement Thomas puis, incertain de ce qui allait se passer par la suite, il but son verre d'une traite tant il se sentit soudainement mal à l'aise.

Clément sourit en apercevant des rougeurs sur ses joues et, sans le relâcher du regard, il lui proposa :

— J'ai toujours une chambre d'amis si cela ne te fait pas peur de suivre un inconnu…

Thomas étira un large sourire à cette réponse dont il ne s'attendait pas mais, il avait besoin de comprendre parce que Clément n'aimait pas les hommes. Il prit une profonde respiration et lui demanda :

— Je ne suis pas un homme facile vous savez…

Il sentait le rouge lui monter aux joues… Il commençait réellement à perdre le contrôle de la situation. Quelle idée avait-il eu de se lancer dans ce jeu ? Tandis que Clément profitait de cette vue, ce dernier le trouvait charmant puis, en se rappelant avec douleur qu'il était avec Kaine, il reprit en fixant son verre d'un air sérieux :

— Oh, vous êtes sûrement déjà engagé auprès d'une autre personne…

— Je,… bredouilla le plus jeune inquiet de le voir si soudainement réfléchi, non, je suis seul…

Clément voulait arrêter de jouer parce qu'il ne comprenait plus rien. Il se leva en faisant sursauter Thomas qui le regardait avec appréhension puis, il prit place à côté de lui. Les mains sous la table, il n'osa pas en saisir une mais, yeux dans les yeux, il tenta :

— Est-ce que j'ai une chance… que,…

Jamais, Clément ne s'était retrouvé dans une telle situation. Il demandait à un homme s'il aurait une chance qu'il le regarde à nouveau alors qu'il avait eu peur de s'avouer qu'il l'aimait déjà. Thomas, pendant ce temps, sentait son cœur battre avec tellement de frénésie qu'il préféra se taire au lieu de répondre. D'une, il avait peur de rêver et, de deux, il voulait absolument l'entendre de sa bouche… quoi ? Il ne savait pas mais, l'ainé était prêt… du moins, il l'espérait.

— Thomas, reprit-il d'une voix vacillante d'émotion, est-ce que je…

Plus il avançait et plus le plus jeune se disait que l'espoir lui faisait bien miroiter n'importe quoi. Blessé mais, surtout déçu, il détourna ses yeux brillants, il lui chuchota :

— Clément, je sais,… je sais que tu es hétéro et je sais que…

Il n'eut pas le temps de finir qu'il sentit une main s'emparer d'une des siennes. Le cœur palpitant, il la retira vivement puis, fébrilement en se levant, il ajouta en déposant la monnaie sur la table :

— Je,… Clément,… tu,…

Thomas avait si peur de retomber dans sa déprime qu'il préféra fuir. C'était une mauvaise idée, une très mauvaise idée… Dehors, à l'air libre, posté juste devant lui, il aperçut sur le visage de Clément qui dissimulait très mal son incertitude.

— Je suis nul avec les mots, dit-il d'une voix si basse que Thomas dût s'avancer d'un pas, mais je sais une chose… je n'aime pas quand tu es avec un autre homme, je n'aime pas quand tu es loin de moi, je n'aime pas quand tu ne me regarde pas,… je,… bafouilla-t-il avant de déglutir et de lui dire bien dans les yeux, je t'aime… »

Thomas, touché, releva son regard humide et, dans l'élan de cet aveu, il voulut l'étreindre mais, Clément recula en baissant son regard. La gorge subitement nouée, des picotements lui envahir douloureusement la poitrine. Clément n'assumait pas sa sexualité et, encore une fois, Thomas ne lui en voudra pas… mais, il ne se fera plus d'illusions. En retenant durement ses larmes, il pivota en lui disant :

« — Bon, je vais rentrer…

— Attends, lui murmura l'ainé, tu veux que je te dépose ?

— Non, répondit froidement Thomas qui héla un taxi puis, sans un dernier regard, il rentra chez lui. »

Durant le trajet, Thomas ne cessait de se tourmenter. Il était prêt à enfin vivre avec quelqu'un et cette personne ne faisait que reculer… Il avait tellement patienté qu'il daigne un jour le voir comme il était qu'il avait vraiment cru que c'était aujourd'hui ! Il secoua la tête en se disant qu'il n'avait été qu'un imbécile. Clément aurait beau lui dire qu'il l'aimait, cela finissait par sonner comme un mensonge… la pire des trahisons venait de condamner son cœur à subir l'éclatement le plus brutal. Cette fois-ci, il n'était pas sûr de remonter la pente… l'amour était si injuste ! Si imprévisible qu'il devrait être autorisé à changer de cible !

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Allongé sur son lit, Thomas pleurait de tristesse. Invisible aux regards de tous, cette blessure était la plus mortelle qu'il puisse exister. Pas de sang, pas d'entaille, juste cette terrible douleur qui s'emparait affreusement de tout son corps,… poignardant lentement son âme… Une émotion si destructrice que Thomas la ressentait avec violence. Clément lui faisait si mal que même ses mots le consumaient à petit feu. « Tomy, je t'aime » Une colère soudaine le fit lever et, comme il n'avait plus grand-chose dans sa chambre, il avait besoin de hurler, besoin de crier,… seulement besoin d'évacuer cette souffrance qui le rendait fébrile. Les paupières plissées avec force, ses cris de sanglots lui brulaient la gorge et sa poitrine se comprimait au fur et à mesure qu'il se rendait compte que jamais Clément ne verrait combien il l'aimait.

Il courut jusqu'à sa porte et, dehors, à l'air libre, le souffle du vent parut subitement lui intimer de se calmer. Debout, le regard clos, la caresse de cette brise était étrangement douce et aimante. Le souvenir de cet inconnu sembla un instant le faire sourire mais, tel un poison, Thomas souffrait effroyablement de ce chagrin... La respiration redevenue régulière, il tomba à genoux et, les mains en avant, il fixa les dalles et en regardant lamentablement ses perles de peines glisser rapidement sur le sol froid. Ce ne fut qu'en apercevant des chaussures devant lui qu'il leva son regard humide. En reconnaissant Clément, il se redressa et, le cœur battant de toute sa colère, il recula en pénétrant chez lui :

« — Va-t'en !

Il voulut fermer la porte mais, Clément l'en empêcha en le suivant de très près. Le corps tremblant et le souffle entrecoupé, Thomas savait qu'il devenait vulnérable en sa présence mais, il devait garder la tête haute. Il ne pouvait pas se permettre de s'effondrer une nouvelle fois, les enfants avaient besoin de lui.

— Je veux que tu t'en ailles ! s'écria froidement le maitre du lieu, je veux que tu sortes de ma putain de vie ! La seule chose que tu sais que me faire, c'est de me blesser ! T'as réussi ! T'es content ! Maintenant, casses-toi ! lui hurlait-il en gardant ses larmes de déceptions au bord des yeux… va-t'en… finit-il par souffler en regardant le sol. »

Immobile au milieu du couloir, il regardait d'un regard noir Clément qui refermait la porte puis, en croisant ses yeux marrons glacés, il recula jusqu'à buter contre le mur. En le voyant approcher une main, Thomas donna un coup de main violent tout en frémissant de rage.

Clément avait seulement peur de franchir le cap, de franchir cette limite qui lui disait qu'il était attiré par un homme. En refusant l'étreinte de Thomas, il savait qu'il venait surement de le perdre. Ce ne fut qu'en regardant le taxi repartir qu'il comprit qu'il n'aimait que cet homme, pas un autre, juste lui… Comme un idiot, il avait laissé la chance que lui offrait Thomas et, en allant le voir, il ferait n'importe quoi pour le convaincre qu'il n'aimait que lui. Il acceptait tous les reproches que lui faisait Thomas, après tout, il avait agi comme le plus grand des crétins.

« — Pourquoi tu viens ? Hein ! cria le plus jeune de toute sa colère, pourquoi tu ne me laisses pas tranquille ! Tu n'aimes pas les hommes ! hurla-t-il avec plus de force, tu ne m'aimes pas ! Alors cesses de… »

Un claquement résonna dans la pièce faisant taire instantanément Thomas qui hébétait par ce geste se rua de toute sa peine contenue, prêt à lui donner un coup de poing. Comment osait-il le gifler ! Quand Clément lui brisait le cœur ! Comment osait-il venir chez lui ? Quand il n'était pas capable de faire le moindre geste de tendresse ! A cet instant, il n'y avait aucune larme, aucune chaleur… juste cette terrible sensation que l'ainé le manipulait à sa guise. Comment avait-il pu tomber aussi bas pour tomber amoureux d'un homme comme lui ? Les dents serrées, Clément, plus agile que lui, empoigna son poing et, Thomas continua à lui tonner :

« — Pourquoi tu me fais ça ! Qu'est-ce que je t'ai fait ! Merde ! Tu disparais de ma vie et…

Cependant, Clément réussit à le maintenir contre le mur de tout son corps et, en le bloquant de ses bras, il se pencha à son oreille :

— Je t'aime… lui souffla-t-il…

— Noooonnnn ! s'écria de rage Thomas qui sentait à nouveau sa mélancolie le reprendre, arrête ! Je t'interdis…

— Je t'aime… coupa-t-il…

— Tais-toi ! Tais-toi ! fulmina Thomas en éclatant en sanglots.

— Je t'aime… persévéra-t-il…

— Menteur ! »

Les lèvres de Clément s'emparèrent des siennes en le soulageant de toute cette tension incontrôlable. Le baiser n'était pas violent, juste la dose nécessaire pour lui montrer combien l'ainé avait beaucoup de tendresse pour lui. Thomas en avait tellement rêvé que ses mains glissèrent rapidement sous le haut de Clément qui gémit à ce geste. Leurs langues se caressèrent amoureusement et, sous cet effet de passion, le corps de son vis-à-vis se colla encore plus contre le sien, le poussant à frémir. Les yeux fermés, ses dernières larmes coulèrent pour laisser place à cette explosion d'amour…

Thomas n'avait aucune envie de réfléchir aux conséquences. Peu importait le degré de la souffrance, il le désirait plus que tout,… peu importait la douleur que cela engendra, il était déjà sien avant que tout ne commence entre eux… Il savourait chaque seconde où sa langue taquinait la sienne, valsant au rythme de leurs respirations saccadées… Les mains de Clément passèrent sous son tee-shirt le brulant à chaque passage sur sa peau nue. Thomas était en train de s'enflammer sur place, il en voulait plus… tant son amant l'excitait de ses gestes qui paraissaient palper chaque parcelle qu'il touchait.

Clément n'aurait jamais cru qu'un simple baiser avec Thomas serait aussi doux et sensuel,… rien à voir avec tous ceux qu'ils avaient déjà eus… tout ça, c'était parce que c'était Thomas… c'était la personne qu'il aimait… même ses mains paraissaient apprécier la peau brulante de ce dernier,… ferme et douce, il découvrait de nouvelle sensation qui, loin de le dégouter, était plutôt agréable et excitante… Thomas avait quelque chose qui faisait de lui le pantin de sa vie… Il avait mis du temps à comprendre et, maintenant, il ne voulait plus le lâcher… Les doigts de son amant lui effleuraient le dos et, en frissonnant à ses caresses, il abandonna les lèvres pour lui susurrer à l'oreille :

«— J'ai envie de toi,… je veux te faire l'amour… »

Le regard brillant de Thomas suffit pour lui faire fondre le cœur car, jamais regard ne l'avait autant touché que le sien. Il encadra avec douceur le visage de son bien-aimé et, déjà en manque des lèvres de celui-ci, il colla les siennes pour encore plus de saveur… il sentait son cœur palpiter avec frénésie, sa poitrine qui se gonflait à bloc et son entrejambe qui réagissait au corps de Thomas. Tout était merveille et beau à la fois… Il sentait le désir le prendre à travers tous ses membres et, sous l'emprise de cette envie, il fit glisser le bas de Thomas qui gémit en sentant une de ses mains lui caresser le sexe gorgé d'envie.

« — Clément,… souffla-t-il en haletant, je… »

Le plus jeune était presqu'au bord de l'extase… Clément était à lui seul la réincarnation de l'excitation pure à ses yeux, alors, si en plus il commençait à le toucher à cet endroit, il sentait qu'il allait jouir avant même de commencer quoi que ce soit. Il avait chaud, trop chaud… Il déboutonna rapidement le pantalon de son ainé qui l'enleva en même temps que ses chaussures puis, d'une main, il l'attira dans sa chambre. Le temps du trajet, il calma ses ardeurs mais, les mains entreprenantes de Clément le renversèrent sur le lit et, tel un félin, Clément s'allongea sur son amant en lui demandant de se déshabiller entièrement…

Nu l'un contre l'autre, leurs peaux se mélangèrent de leurs chaleurs tandis que leurs souffles s'entrecoupèrent entre leurs baisers toujours aussi tendres et passionnés. Clément s'agenouilla sur le corps de son amant et, de son regard luisant, il observait l'essence même de sa beauté. Il n'avait jamais imaginé être hypnotisé par ce genre de vision. Des hommes, il en avait déjà vu mais, Thomas, c'était certain, tout était différent. Il pencha son visage pour déposer plusieurs baisers sur le torse du plus jeune qui gémit d'exaltation.

Thomas se cambrait sous les mains de son amant qui le maintenait sur les hanches. Le bout de son érection effleurait la peau de Clément qui ne cessait de monter et de descendre sur son ventre. Ce dernier le rendait dingue et, sa langue humide qui lui léchait maintenant un mamelon le fit haleter encore plus bruyamment. Lorsqu'il aperçut le regard étincelant de son ainé, il comprit qu'il s'amusait à le torturer.

« — Sensible mon petit Tomy ?

— Idiot,… souffla-t-il derrière un sourire qui en disait bien long… »

Clément s'étendit de tout son corps en l'embrassant tendrement pendant que Thomas qui ne cachait pas du tout son excitation, l'entoura de ses bras tremblants. Se cambrant encore plus en sentant les lèvres humides de son amant aux creux de cou, il gémit des sons plus rauques. Leur virilité se frôlant, Thomas écarta les jambes en lui chuchotant d'une voix vibrante qui fit grogner l'ainé :

« — Je t'aime… »

Des mots doux qui venaient d'enchanter les oreilles de Clément, une toute simple déclaration qui eut l'effet de le durcir un peu plus tout en se collant nerveusement contre le corps de son amant. Il ne savait plus quelle partie de la surface de la peau de Thomas, il n'avait pas encore caressé de ses mains. Le désir augmentait au fur et à mesure que son amant commençait à prononcer son prénom. Il n'en pouvait plus, il le voulait tout à lui… de voir que le corps qu'il regardait avec envie se tordait sous le sien, l'excitait de plus en plus,… et, les cris de contentement de son amant qui lui parvenait aux oreilles le rendaient fou…

« — Prends-moi, le supplia Thomas qui, pantelant, tremblotait de toute cette effervescence que lui insufflait Clément. »

Thomas ouvrit son tiroir et en sortit une boite de préservatif et un flacon de lubrifiant. Sous le regard rempli d'envie de son ainé, Thomas lui prit sa main droite et enduit ses doigts de ce gel en lui murmurant ce qu'il devait faire. En pensant qu'il aurait surement peur, il fut ravi de voir dans ses yeux une certaine lueur de désir qui le fit frissonner de tout son corps. Il releva sa jambe gauche et, en sentant les doigts de son amant commencer à le préparer, il s'essoufflait lentement en appréciant les gestes de va-et-vient qui s'enfonçait en lui.

Clément posa sa main gauche sur le bas-ventre de son amant qui se cambrait en hélant des sons de plus en plus exquis pendant que ses doigts s'agitaient à l'intérieur de Thomas. La respiration saccadée de ce dernier ressemblait à un chant mélodieux et, en le contemplant, son corps le désirait, là et maintenant. Thomas était sensuellement érotique et, en fixant ses mains qui empoignaient les draps, il s'allongea sur lui après avoir mis le préservatif… Evidemment, il avait peur et ce mélange d'excitations à cette émotion ne fit qu'augmenter son désir de l'entendre encore gémir son nom…

Les cuisses écartées, Thomas le sentit enfin en lui puis, comme une très longue attente, il laissa échapper un long râle de satisfaction qui fit sourire Clément. Ce dernier le sentit soudainement fébrile et de pouvoir s'unir à lui fut si bon qu'il l'embrassa avec plus d'agressivités. Une main calée au bas de la hanche de son amant, il appuya fortement son bassin contre le sien en gémissant de plaisir. En croisant le visage empreint de bien-être de Thomas, il releva son buste et, perdu au milieu de ces nouvelles sensations, il donna quelques coups de reins. Il se mordit les lèvres tant il apprécia cette impression de le posséder… Oui, Thomas l'avait choisi et, en souhaitant l'entendre gémir, ses coups se firent de plus en plus vite.

Le plus jeune ne se retint pas, il gémissait au rythme des coups puis, en écoutant les plaintes de Clément, il posa ses mains sur les hanches de celui-ci et, en l'accompagnant de son corps, il laissa ses cris de plaisir s'exprimer de cette union. Lorsque Clément vit Thomas s'emparer de son membre en faisant des gestes de va-et-vient, il sentit le sien se raidir encore plus devant cette vue qu'il trouvait provocante. Pris dans cet excès de plaisir, il accéléra ses coups de reins puis, il entendit les cris de jouissance de Thomas dont le jet de semence parsemait le ventre de ce dernier. Jamais pareil situation ne l'avait autant émerveillé… puis, à son tour, les reins enflammés, il jouit en hurlant le nom de Tomy qui résonna dans toute la chambre.

Thomas, perdu entre les limbes et le corps transpirant de Clément, se laissa se ressaisir avec son amant. Leur cœur battait encore à l'unisson quand, l'ainé leva ses yeux vers les siens pour l'embrasser fiévreusement. Clément n'aurait jamais cru avoir plus de plaisir avec un homme et, en le contemplant quelques secondes, il était totalement bouleversé par cet amour qu'il lui portait. Il l'étreignit si fortement que Thomas paniqua en lui demandant d'une voix vibrante :

« — Tu,… tu vas bien ?

Le cœur palpitant, le maitre du lieu pensait que les conséquences allaient bientôt commencer :

— Oui,… dit-il en le fixant de tout son amour, je ne regrette rien, c'était,… reprit-il sans trouver les mots, waow ! finit-il par s'écrier en faisant sourire Thomas qui relâcha enfin la tension,… je t'aime… »

Ils 'embrassèrent encore puis, roulèrent l'un sur l'autre pour s'embrasser à nouveau… avant de se couvrir d'un drap et de s'endormir profondément.

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Clément regardait Thomas depuis plusieurs minutes. Allongé sur le côté droit, pour la première fois, depuis si longtemps, il se sentait pousser des ailes… Il l'aimait et, à cette pensée, il se revoyait encore à l'hôpital entouré de ses frères et sœurs, même Jérôme s'était libéré pour venir le voir. Sa mère avait été la meilleure, comme d'habitude… Il se souvint encore de leur conversation lorsque, tard, ils se retrouvèrent tous les deux…

Adossé contre la tête du lit, Béatrice prit place à ses côtés et sans le lâcher du regard, elle commença :

« — Je t'écoute, Clément…

Il n'y avait que de la tendresse mais, il la sentait triste par son état. Il baissa la tête en acceptant la main de sa mère et, encore fragile par le fait d'avoir compris qu'il aimait Thomas, il sentait cette terrible douleur s'emparer à nouveaux de lui.

— Il ne le saura jamais si tu ne lui dis pas… souffla-t-elle devant son silence.

Clément avait justement peur d'avoir rêvé un instant que celui qu'il convoitait soit déjà pris mais, que jamais, il n'éprouverait quoique ce soit pour lui.

— Clément ? reprit-elle plus anxieuse, regardes-moi….

Les yeux extrêmement brillants, il avait si honte de lui que sa gorge se serra encore davantage et, en se jetant dans les bras de sa mère, il lui chuchota entre ses sanglots :

— J'ai été stupide… avec lui… j'ai… agi comme un… idiot…

— Ecoute mon lapin, coupa-t-elle, peu importe la manière dont tu as agi,… si tu n'as, ne serait-ce, qu'un peu d'estime pour lui,… va le lui dire avant qu'il ne soit trop tard…

— Il est déjà,… avec quelqu'un… souffla-t-il avant d'éclater en larmes… »

La douleur paraissait ne plus le quitter et, tel un fardeau, elle l'accompagnait ses pleurs avec toute sa tristesse. Il avait tant besoin de le sentir près de lui,… tant besoin qu'il aime à son tour…

Et ce matin, tout était réel… Son Tomy l'aimait. Il sourit en le voyant ouvrir lentement les paupières.

« — Coucou mon amour, murmura Clément en déposant un baiser sur son front.

— Bonjour toi… répondit Thomas en roulant sur le dos. »

Thomas pouvait lire dans le regard marron glacé tout l'amour qu'il lui portait et, le corps tremblant de toutes ses émotions, il posa une main sur la nuque de son amant et, l'embrassa fougueusement… Il était heureux.

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Plus tard, après avoir pris une bonne douche et s'être tous les deux prélassés au lit, ils mangèrent une pizza dans la cuisine lorsque Clément lui demanda :

« — Qu'est-ce qui t'a retardé pour prendre l'avion ?

— Je crois que,… dit-il en contemplant le plafond le temps de trouver des mots pour lui expliquer puis, en le fixant dans les yeux il ajouta, j'ai eu un peu d'aide…

Clément, la tête entre les paumes, regardait les yeux de son amant qui étincelaient de joie puis, la seule pensée qu'il eut fut pour Paul. A cette minute, un léger souffle lui effleura la nuque le faisant tressaillir quelques secondes…

— Qui que ce soit, répondit chaleureusement Clément en se levant vers son amant, je le remercie, dit-il en volant un baiser, parce que sans cette aide alors,… je serais devenu fou sans toi…

Thomas éclata de rire quand son ainé le chatouilla sur les hanches mais, ce dernier resserra son étreinte en lui chuchotant :

— T'ai-je déjà dit que je t'aimais aujourd'hui ?

— Oui, répondit-il en se tortillant entre ses bras…

— Ah,… bon, alors, est-ce que je te l'ai déjà montré ?

Le regard brillant et malicieux de Thomas le fit rougir

— Oui, lui souffla sensuellement le plus jeune, mais, rien ne t'empêche de…

Avant même de finir sa phrase, Clément le souleva et le posa sur la table en l'embrassant avec tout son amour. Leurs respirations se saccadèrent aux grés de leur envie… Un moment qu'ils profitèrent tous les deux… Une petite dose de caresses avec une petite dose de mot doux et,… une grande dose d'affection,… ils firent l'amour…

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A suivre

Eridine

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